Dossier IM72058788 | Réalisé par
Ensemble de trois peintures monumentales : Christ en gloire entouré des symboles des Evangélistes, apôtres, imitation de pierre de taille
Auteur
Giraud Patrice
Giraud Patrice

Photographe au Service de l'Inventaire général.

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Guillotin Yves
Guillotin Yves

Photographe, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

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Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Lude (Le) - Mayet
  • Commune Coulongé
  • Lieu-dit Village
  • Emplacement dans l'édifice les peintures sont situées dans la partie de l'abside fermée depuis le XVIIe siècle par un retable et transformée en sacristie elles couvrent la voûte en cul-de-four également les murs et les ébrasements des fenêtres
  • Dénominations
    peinture monumentale
  • Titres
    • Christ en gloire entouré des symboles des Evangélistes
    • apôtres
    • imitation de pierre de taille

Le chœur de l'église de Coulongé fut peint à plusieurs reprises au cours du Moyen Age. Les campagnes picturales qui s'y sont succédé aux XIIIe et XIVe siècles apparaissent aujourd'hui extrêmement entremêlées. En l'absence d'analyse stratigraphique, il est difficile de les situer toutes dans l'espace et dans le temps. Cependant, il semble que dans un premier temps l'abside ait reçu un décor purement ornemental. Il s'agit d'une imitation de pierre de taille conservée sur les murs et dans les ébrasements des fenêtres. Sur la conque, rien n'est visible. Ce décor est largement postérieur à la construction de l'édifice. Dans un second temps, l'abside a vraisemblablement été ornée d'un décor historié : une Majesta Domini entourée des symboles des quatre évangélistes et accompagnée d'un collège apostolique. L'ensemble paraît avoir été repris avant la fin du Moyen Age, sans doute à deux reprises au moins. Il a ensuite été recouvert d'une couche de couleur bleu, puis de badigeons. La campagne historiée peut être stylistiquement rapprochée des peintures de l'église de Pontigné, située dans le nord-est du département de Maine-et-Loire à moins d'une vingtaine de kilomètres de Coulongé. Madeleine Pré avait proposé dès 1973 de rapprocher les motifs étoilés des deux églises. Outre ce détail, les parentés sont nombreuses : le fond clair semé d'étoiles rouges, les mains et les visages uniquement dessinés, le travail en rehaut des tissus, les plis en éventail du manteau du Christ, les plis ondulants au bas des vêtements ou encore les postures des évangélistes. Ces rapprochements permettent de dater les peintures de Coulongé du second quart du XIIIe siècle. Le décor se poursuivait à l'origine dans la travée droite du chœur comme l'indiquent les petits fragments visibles sous le badigeon écaillé de la voûte (fig.19). Si des travaux étaient entrepris sur les enduits du chœur, il serait indispensable de faire exécuter au préalable des sondages par un conservateur-restaurateur. L'abside en cul-de-four de l'église fut fermée en 1644 par l'édification du retable du maître-autel et alors transformée en sacristie. A cette date, les peintures étaient cachées depuis plus d'un siècle sous plusieurs couches de badigeons de chaux. C'est la chute d'un morceau d'enduit qui révéla en 1960 l'existence du décor et notamment des éléments de la frise de palmettes. La même année, le service régional des Monuments historiques commanda une campagne de sondages. Réalisés par Robert Baudouin et Ten Kate, ces derniers firent apparaître le sommet d'une mandorle, une partie du visage du Christ et le symbole de l'évangéliste Luc. Le dégagement de l'ensemble fut réalisé au cours des années 1962 et 1963 par les deux restaurateurs, sous la direction de l'inspecteur des Monuments historiques Jean Taralon. Cette découverte permit le classement de l'ensemble de l'abside de l'église en juillet de l'année suivante. En 1967, des travaux complémentaires furent programmés, il s'agissait de réintégrer les lacunes et de restaurer les enduits de fond.

Les différentes campagnes picturales paraissent toutes exécutées à sec. Dans le cul-de-four, la peinture est posée sur un enduit de sable et de chaux recouvert d'une épaisse couche de badigeon. Les campagnes suivantes sont réalisées sur un simple badigeon, la technique est identique sur les pierres appareillées du mur de l'abside. Dans la campagne historiée, le dessin préparatoire exécuté en jaune est visible partout ou la peinture est usée, c'est le cas sur l'ange, le lion, l'aige ou encore le manteau du Christ. Le tracé d'une très grande finesse et minutie a été accompli avec virtuosité, vigueur et rapidité. Très détaillé, il indique notamment l'emplacement de tous les plis des vêtements. Le peintre a parfois réalisé plusieurs tracés comme pour la tête du lion de saint Marc (fig.8), avec deux repentirs. La palette est constituée principalement de rouge, jaune, bleu, blanc et noir et d'une couleur bleu-vert particulièrement éclatante. Le Christ en gloire entouré des symboles des évangélistes est traditionnellement placé au cul de four au-dessus d'un collège de six apôtres représentés debout sous des arcatures, entre les fenêtres en plein cintre qui éclairent l'abside. Une frise de palmettes rouges, bleues et vertes, adossées ou affrontées, inscrite dans un double bandeau, rouge et jaune, limite toute la voûte et forme un demi-cercle au centre duquel est placé la mandorle. L'imitation de pierre de taille recouvrait tout le mur et les ébrasements des fenêtres. Les traces de polychromie visibles dans le choeur, au-dessus du retable, laissent supposer que le décor se poursuivait sur la travée droite du choeur.

  • Catégories
    peinture murale
  • Matériaux
    • enduit, support détrempe à la colle, polychrome
  • Précision dimensions

    h = 19 ; la = 53. Ces dimensions sont celles du module du faux-appareil, double joint compris. Les apôtres mesurent environ 1m50 de hauteur.

  • Iconographies
    • Christ: en majesté, figuration des Evangélistes: aigle de saint Jean, boeuf de saint Luc, homme de saint Matthieu, lion de saint Marc
    • Apôtre: en pied, ornementation: arcade
    • ornement à forme géométrique: faux appareil
  • Précision représentations

    L'image du Christ glorieux occupe le centre de la conque de l'abside. Placée à l'intérieur d'une mandorle très étroite, elle laisse ainsi une large place aux symboles des évangélistes. La figure du Christ ressort sur un fond bleu-vert très lumineux tandis que les évangélistes se détachent sur un fond beige rosé semé d'une multitude de motifs étoilés rouges à six branches. Le fond bleu-vert a manifestement été repeint car il recouvre des étoiles, à moins qu'il ne s'agisse d'un changement de parti en cours d'exécution puisque aucun de ces motifs n'apparaît à l'intérieur de la mandorle. Le Christ bénit de la main droite et tenait probablement le livre de l'autre. La banquette sur laquelle il trône est recouverte d'un tissu à losanges et possède des pieds caractéristiques avec des extrémités à volute. Les symboles des évangélistes occupent une place habituelle et tournent tous la tête vers le Christ. Au sommet, à droite, est placé l'aigle de saint Jean les ailes éployées, en face l'ange de Matthieu et en bas le lion de saint Marc d'un côté et le taureau de saint Luc de l'autre. Les visages sont uniquement dessinés de manière vigoureuse et cerné d'un large aplat ; en revanche, les vêtements sont modelés avec des rehauts. Le style de l'ensemble est parfois empreint de maladresse. L'image de la Majestas Domini dominait un collège apostolique. Au nombre de six, les apôtres étaient figurés debout sous une arcature et tenant à la main un attribut. Le troisième en partant de la droite possède une clé il s'agit de saint Pierre. Les suivants trop lacunaires n'ont pas pu être identifiés. Le quatrième semble porter une sorte de palme et le cinquième un livre. L'imitation de pierre de taille jaune est à double joint vertical et horizontal, rouge et blanc. Chaque pierre, au module très allongé, est ornée d'un quintefeuille et de fleurons.

  • Inscriptions & marques
    • inscription concernant l'iconographie, peint, sur l'œuvre, latin, partiellement illisible
  • Précision inscriptions

    Les inscriptions du nom de chacun des symboles des évangélistes peintes en rouge sont incomplètes et partiellement couvertes de badigeons. Toutefois il est possible de lire : S MATEVS, aux pieds de l'ange et S MA [RCVS] entre les pattes du lion. Pour les deux derniers, seuls de petits vestiges de couleur attestent de leur présence.

  • État de conservation
    • mauvais état
    • œuvre incomplète
    • œuvre dissimulée
  • Précision état de conservation

    Sur le cul-de-four, la couche picturale est très usée et laisse apparaître en de nombreux points le dessin préparatoire. Plusieurs zones lacunaires sont à déplorer, en bas à gauche, près du symbole de Marc et dans la partie haute de la mandorle autour du visage du Christ et au niveau de son bras gauche. Sur le mur, les peintures plus usées et lacunaires sont difficiles à identifier. Partout il reste des badigeons de chaux à enlever comme sur certains motifs étoilés entièrement recouverts. En outre, la couche picturale est couverte de dépôts qui forment un voile à différents endroits. Un dégagement complet et un nettoyage de l'ensemble assureraient une meilleure lisibilité de l'œuvre.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    À signaler
  • Protections
    classé au titre immeuble, 1964/07/30
  • Précisions sur la protection

    Abside y compris les peintures murales et le retable du maître-autel est classée au titre des immeubles.

Documents d'archives

  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; AOA, carton 182 bis Taralon. Rapport de Jean Taralon (sans date) ; mémoire de Robert Baudouin, 2 octobre 1962.

  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; documentation immeubles, carton 2579. Rapport de Jean Taralon du 22 novembre 1960 et du 4 mars 1963.

Bibliographie

  • DAVY, Christian. La peinture murale romane dans les Pays de la Loire. L'indicible et le ruban plissé. Laval, Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, 1999.

    p. 98
  • DEYRES, Marcel. Maine roman. La Pierre-qui-Vire : Zodiaque, 1985.

    p. 43

Périodiques

  • PRE, Madeleine. Les peintures murales de l'église de Coulongé (Sarthe) XII-XIIIe siècle. La Province du Maine, tome 75, fascicule 6, 1973.

    p. 105-107

Documents figurés

  • Quatre clichés noir et blanc, sans date, ni auteur : 72W00535, 72W00536, 72W00537, 72W00538. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; documentation des objets mobiliers).

  • Service régional de l'Inventaire des Pays de la Loire. Trois clichés noir et blanc : 68-72-2124, 2125 et 2215.

Annexes

  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine : Mémoire de Robert Baudouin du 2 octobre 1962 et Rapport de Jean Taralon du 4 mars 1963.
Date d'enquête 2009 ; Dernière mise à jour en 2009
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de la Sarthe