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Église Saint-Gilles, rue de l'Église

Dossier IA72058828 inclus dans Bourg de Montfort-le-Gesnois : ancien bourg de Pont-de-Gennes réalisé en 2019

Fiche

VocablesSaint-Gilles
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Montfort-le-Gesnois
Adresse : rue de l'
Église
Cadastre : 1836 B3 815 ; 2019 AC 166
Précisionsanciennement commune de Pont-de-Gennes

Si une église existait probablement à Pont-de-Gennes (Geneda, Janna) plusieurs siècles auparavant, on joint généralement la construction de l'édifice actuel à la fondation du prieuré attenant, par Agnès de Chaources, veuve d'Hugues de Gennes, vers 1092. L'étude des murs de la nef et du chevet, attribuables à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle, ne dément pas cette datation. Si l'on se réfère à l'acte de fondation du prieuré, compilé dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Avit près de Châteaudun, l'église portait à l'origine le vocable de Saint-Victeur, auquel fut accolé puis substitué celui de Saint-Gilles lorsqu'elle devint à la fois paroissiale et prieurale. Le droit de présentation du curé à l'évêque était accordé à l'abbesse de Saint-Avit. En 1176, une bulle du pape Alexandre III confirme les possessions du prieuré de Pont-de-Gennes, parmi lesquelles l'église ("ecclesiam sancti victuris de Janna").

Quelques modifications du bâti sont à signaler à la fin du Moyen Age et à l'Époque Moderne. Ainsi, le contour d'une baie gothique semble apparaître dans la maçonnerie du mur sud. La charpente actuelle pourrait dater du XVe ou du XVIe siècle (dépourvu de contreforts, l'édifice ne fut jamais voûté), tandis que le lambris fut renouvelé en 1604. En 1670, le curé René Moncelet déclare avoir fait "construire son clocher à l'église dudit Pont de Gennes au lieu où estoit son ancien pinnacle qui menaçoit ruine et ne pouvoit supporter les cloches". Par ailleurs, une pièce de 1748 conservée aux archives du diocèse, malheureusement isolée, indique qu'un oratoire des sœurs du prieuré greffé sur l'église aurait été démoli. De plus, elle suggère qu'une des absides latérales daterait du milieu du XVIIIe siècle : en effet, l'évêque Mgr de Froulay accorde aux habitants, pour agrandir l'église, l'autorisation de "faire d'un côté droit de la sacristie [alors située dans l'abside centrale fermée par un grand retable] un enfoncement pareil à celui du côté gauche et porter les deux autels celuy de la Vierge et de saint Michel dans ces deux enfoncements". Or, si cette absidiole n'est pas romane, peut-être que son pendant ne l'est pas non plus, auquel cas l'édifice roman n'aurait compté qu'une seule abside, celle du centre. Cela serait d'ailleurs beaucoup plus cohérent avec ce que l'on sait des églises romanes du secteur.

A la Révolution, l'église devient bien national mais n'est pas aliénée afin de servir au culte et aux assemblées citoyennes. Mais rapidement, le mobilier est vendu aux enchères, les cloches sont fondues et l'édifice est utilisé comme atelier salpétrique. En mars 1795, les femmes de la paroisse se réunissent et sortent de l'église les tonneaux et brisent les instruments de fabrication du salpêtre. A la même époque, un incendie se déclare dans l'église et le conseil municipal décide d'arrêter l'activité de l'atelier pour la sécurité des maisons du bourg.

Le culte est rétabli dans l'église en 1801, mais celle-ci est dans un état déplorable. Elle est partiellement repavée en 1806, mais il faut attendre l'arrivée d'un jeune curé de vingt-quatre ans, François Van Wanghen, en 1818, pour que soit lancée une véritable restauration de l'édifice. Au cours du 2e quart du XIXe siècle, il acquiert de nouveaux meubles et ornements, achève le pavement, ouvre l'oculus de la façade occidentale, fait repeindre les murs et construire la tribune (1849). Dans les années 1870, son successeur François Bouet fait remettre en état les chapelles et les dote d'autels, acquiert une chaire en pierre calcaire. Soutenu par la générosité de plusieurs donateurs dont la famille de Nicolaÿ, châtelains de Montfort, le curé Alphonse Robveille se lance à son tour dans de grands travaux. En 1889-1890, sur les plans de l'architecte Léon Poivet, il fait percer au-dessus de l'abside centrale deux baies géminées et retoucher les fenêtres de la nef qui reçoivent de nouveaux vitraux (une grande baie a ainsi été obturée sur le mur sud de la nef). Afin d'ouvrir l'abside principale, il fait construire une sacristie contre le mur nord de l'église et sa petite annexe sur la placette le long de la rue. Le grand retable du XVIIIe siècle qui fermait jusqu'alors l'abside, avec son tableau de la Nativité signé "De Cherche, fecit et pinscit Cenomani, anno 1732", fut dépecé et le tableau vendu. En 1899, sous la direction de l'architecte Auguste Ricordeau, Robveille fait entièrement remanier la façade occidentale dans un style néo-roman. La toiture est également refaite et l'intérieur est réaménagé et repeint. Un triplet envisagé à la place des baies géminées du chevet, devant permettre un meilleur éclairage, ne sera pas réalisé.

En 1936, le maître-autel en bois du XVIIIe siècle est remplacé par un autel Art-déco en pierre. Brisés par l'explosion d'un train de munitions survenue le 6 juin 1944, les vitraux sont remplacés en 1957 par des créations de Maurice Bordereau, d'Angers. L'intérieur est entièrement restauré en 1965 par l'entreprise Grevet de Laval, sous l'égide du curé Frédéric Lemeunier : la sobriété est de mise pour tenter de retrouver "son caractère primitif", selon la vision de l'église romane dépouillée que l'on avait à l'époque. On doit à cette restauration la mise en évidence des pierres des ébrasements des fenêtres et des chapelles et la suppression des peintures du lambris (il n'en reste qu'un vestige sous le clocher) "orné d'une litre à laquelle sont suspendus des écussons et pendentifs". La chaire est supprimée. Le chemin de croix en terre cuite, œuvre de Claude Gruer, de Solesmes, est posé en 1966. En 1975, un nouveau dallage et de nouveaux bancs prennent place dans l'église. Le clocher et les toitures sont restaurés en 1997.

Au cours du XIXe siècle, un bâtiment avait été bâti sur la placette devant l'église pour servir de prison. Reconverti en local pour les pompiers, il fut ensuite démoli.

Période(s)Principale : limite 11e siècle 12e siècle, 16e siècle, 3e quart 17e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 3e quart 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Ricordeau Auguste
Ricordeau Auguste (1872 - 1949)

Auguste Ricordeau (1872-1949), architecte [1894-1936 ?] 18, rue du Château au Mans (Sarthe)

1897 : Réparations à l'église paroissiale de Beaumont-la-Chartre.

1903 : dresse le plan du nouveau clocher-porche de l'église de Lhomme.


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L'église est orientée, c'est-à-dire que le chœur fait face à l'est. L'édifice se compose d'une nef unique rectangulaire, complétée à l'est par trois absides dont la plus grande est celle au centre, pourvue de deux contreforts plats. De chaque côté, les murs de la nef sont percés de quatre fenêtres en plein cintre, dont certaines ont été remaniées voire restituées (on aperçoit notamment le contour d'une grande baie gothique dans le mur sud). La partie basse des murs présente encore ça et là son appareillage en épi (opus spicatum), principalement au nord. Les fenêtres du mur nord conservent leurs arcs à claveaux alternant calcaire et grès roussard. Une petite porte chanfreinée aujourd'hui murée reliait directement l'église au prieuré. La nef est couverte d'ardoise, de même que le clocher octogonal surmonté d'un dôme à côtes et d'une flèche, tandis que les absides sont couvertes de tuile plate. Les baies géminées au pignon oriental, la sacristie accolée au nord ainsi que la façade occidentale tripartite, avec ses portes en plein cintre à larmiers, son oculus et ses contreforts, sont des réfections du XIXe siècle.

L'intérieur est sobre et dépouillé. La voûte lambrissée a perdu son décor peint à motifs géométriques et végétaux, dont des bribes sont encore visibles sous le clocher, au-dessus de la tribune. Les vitraux représentent des scènes des vies de la Vierge et du Christ. Le mobilier comprend une grille de chœur du XVIIIe siècle, la statuaire, les autels secondaires et les stalles du XIXe siècle, un autel majeur et un Christ en croix Art déco (signé P. Gosserez et H. Bignon 1936), ainsi qu'un chemin de croix de 1966. Dans la sacristie, une porte vitrée présente trois vitraux du XIXe siècle d'inspiration Renaissance, représentant saint Pierre, saint Paul et saint Philippe.

Murscalcaire moellon enduit partiel
grès moellon enduit partiel
Toitardoise, tuile plate
Étages1 vaisseau
Couvrementslambris de couvrement
Couverturestoit à longs pans croupe ronde
flèche polygonale
État de conservationrestauré
Techniquesvitrail
peinture
Représentationsornement géométrique ornement végétal représentation figurative, scène chrétienne, vie de la Vierge, Christ, saint Paul, saint Pierre, saint Philippe
Précision représentations

Vestiges des peintures du lambris à motifs géométriques et végétaux.

Vitraux représentant des scènes de la vie de la Vierge et du Christ.

Vitraux dans la sacristie représentant saint Pierre, saint Paul et saint Philippe.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; H 4234. 1176-1226 : confirmations des possessions de l'abbaye de Saint-Avit près de Chateaudun.

  • Archives départementales d'Eure-et-Loir ; H 4611. 1202-XVIIe siècle : donation à l'abbaye de Saint-Avit près Châteaudun par Agnès, femme de Hugues de Gennes, des églises de Saint-Victeur de Gennes, de Saint-Jean de Vibraye et autres biens (et copies de cette donation).

  • Archives départementales de la Sarthe ; 135 AC 112. 1873 : église de Pont-de-Gennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 13 F 870. Collection Callendini, Pont-de-Gennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; H-Dépôt 26 E 7. 1565-1789 : administration de l'hospice de Pont-de-Gennes et travaux à l'église.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 575. Collection Paul Cordonnier, ancienne commune de Pont-de-Gennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; L 552. 1795, 27 mars : ordre d'enquêtes sur les dégâts commis par un attroupement de femmes à l'atelier salpêtrique établi dans l'église de Pont-de-Gennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Mi 1343 (R 155). 1790-1889 : délibérations du conseil municipal de Pont-de-Gennes.

  • Archives diocésaines du Mans ; boîte 1106. Papiers concernant la paroisse de Pont-de-Gennes.

  • Archives municipales de Montfort-le-Gesnois ; 2 M 1 à 4. 1890-1982 : église de Pont-de-Gennes.

  • DRAC des Pays de la Loire. Documentation CRMH : église Saint-Gilles de Montfort-le-Gesnois.

Documents figurés
  • Cartes postales anciennes, commune de Montfort-le-Gesnois. (Archives départementales de la Sarthe ; 2 Fi).

  • 1836 : plans cadastraux napoléoniens de Montfort-le-Rotrou et Pont-de-Gennes. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\208 et 244).

  • 1898 : coupe et chœur de l'église de Pont-de-Gennes, projet non réalisé de création d'un triplet, par Auguste Ricordeau. (Archives municipales de Montfort-le-Gesnois ; 2 M 1).

Bibliographie
  • BOUDIN, Jérôme. Inventaire des églises du doyenné de Montfort. Mémoire de Master I, Université du Maine, t. II.

    p. 78-83
  • CAUVIN, Thomas. Géographie ancienne du diocèse du Mans. Paris : Derache libraire, Le Mans : Gallienne imprimeur-libraire, 1845.

  • DEBUISSER, J.-P. Histoire de Pont-de-Gennes, Montfort-le-Rotrou, Saussay (avant 1789). Pont-de-Gennes : 1981.

    p. 13-14
  • Le patrimoine des communes de la Sarthe. Paris : Flohic éditions, 2000. 2 vol.

    p. 1203
  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, t. 1, 1829. Réédition Paris : Lorisse, 1999.

    p. 481
Périodiques
  • CUISSARD, Charles. "Sommaire des chartes de l'abbaye de Saint-Avit". Bulletin de la Société Dunoise, t. 9, 1898.

    p. 172
  • ROBVEILLE, Alphonse, FROGER, Louis. "La communauté d'habitants de Pont-de-Gennes". La Province du Maine, 1908.

    p. 315, 341-345, 350, 353-354
  • ROBVEILLE, Alphonse. FROGER, Louis. "La communauté d'habitants de Pont-de-Gennes" (suite et fin). La Province du Maine, t. 17, 1909.

    p. 24-26
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Barreau Pierrick

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois jusqu'en octobre 2020. Depuis novembre 2020, chercheur auprès du Conseil départemental de la Mayenne.


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