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Eglise paroissiale Saint-Sulpice de Bonnétable

Dossier IA72058452 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

VocablesSaint Sulpice
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes Maine 301 - Bonnétable
AdresseCommune : Bonnétable
Adresse : rue
Saint Etienne
Cadastre : 1835 E 1481 ; PCI 2016 AE 165

Historique

Peut-être fondée à la limite des Xe et XIe siècles par la famille de Bellême, l'église Saint-Sulpice de Melereio n'est toutefois mentionnée qu'en 1133 et relevait alors du prieuré de Sainte-Gauburge d'Aulaines (?), dépendant de l'abbaye de Saint-Denis.

Au cours de l'importante campagne de travaux menée entre 1680 et 1686 sous la direction du curé André de Jonchères et du procureur de fabrique René Dupont, sont signalées la présence d'une tour au bas de la nef, d'une chapelle Saint-Jehan, ainsi que l'agrandissement de la sacristie et la transformation du chœur (destruction d'arcades, façon de deux contrepilliers et d'une arche). Le décor et le mobilier furent renouvelé dans le même temps (interventions du peintre manceau Boisnard et du sculpteur Doudieux).

Selon le plan de 1747-1748, l'église était de plan en croix latine, la nef à trois vaisseaux et le chœur à chevet plat.

Restée invendue pendant la Révolution, l'église fut restaurée et augmentée entre 1827 et 1832 pour la duchesse de Montmorency, par l'architecte départemental Pierre-Félix Delarue et sous la surveillance de Pierre Jean-Baptiste Milon, expert géomètre à Bonnétable, et par l'entrepreneur manceau Benjamin Le Barbier puis son successeur Branchu.

Le projet de 1827 consistait à régulariser l'édifice et à l'augmenter de 36 pieds de long sur 30 de large vers l'est, en reconstruisant le chœur et une partie des bas-côtés. Il fut modifié une première fois pour donner plus de développement au sanctuaire ainsi qu'aux sacristies, et une seconde fois après l'écroulement des parties anciennes initialement conservées, lesquelles furent reprises ou reconstruites à l'imitation des parties neuves pour faire de l'une églises les plus mal construites du diocèse […] l'une des plus solides et régulières. Seule l'ancienne tour-clocher située au bas de la nef fut conservée et consolidée. Les devis et comptes de travaux mentionnent la reprise ou construction des pignons des deux autels, des sacristies et du sanctuaire, de 17 croisées à meneau et de la corniche, en pierre neuve de tuffeau ou de Villaines ou en pierre de réemploi, la réfection de la charpente et de la couverture en tuiles et en ardoises. Ils mentionnent également la réalisation de 10 colonnes isolées, avec socle, gros tore, filet et chapiteau, de 16 piliers engagés et de 24 arcades pour les bas-côtés divisés en 12 chapelles couvertes de voûtes d'arêtes, ainsi qu'une corniche intérieure, divers plafonds en terrasse et les grandes chapelles en côtés du clocher, avec grandes voûtes. Le portail ou frontispice plaqué contre la façade ouest comprenait un soubassement avec corniche et quatre pilastres avec base et chapiteau, portant un fronton avec corniche, le tout construit en tuffeau de Saumur et en calcaire de Bernay et couvert en ardoises.

En 1836, les grandes arcades présentant un important dévers furent renforcées de tirants en fer de Moncor. En 1843-1845, il est proposé d'ouvrir la croisée du fond du chœur aujourd'hui condamnée pour y installer, ainsi que dans les deux croisées adjacentes, des vitraux peints. En 1852, François Guibert, entrepreneur à Bonnétable, augmenta le perron et reconstruisit les deux portes latérales de la façade occidentale.

Les projets de reconstruction de la façade ouest moderne et d'un goût douteux et la tour-clocher, jugée trop peu élevée pour une église située dans une vallée, présentés en 1859 par l'architecte d'arrondissement Nourry-Blottin puis en 1872 par l'architecte diocésain Rodier furent rejetés. En 1875, l'architecte manceau Pascal Vérité proposa de reprendre le rez-de-chaussée conservé de l'ancienne tour et d'élever au-dessus une tour de style néo-roman terminée par une flèche. Le projet reçut un début d'exécution par les entrepreneurs manceaux Eugène Roux et Gervais Gainier entre 1877 et 1878, puis fut modifié en 1879-1880, après l'affaissement des maçonneries anciennes conservées (consolidation des piles intérieures et projet de flèche plus légère de charpente ou de fer couverte d'ardoises), et fut achevé en 1882 par l'entrepreneur local Auguste Roger, avec la contribution financière du duc de La Rochefoucauld.

Synthèse

Il ne subsiste de l'église ancienne, peut-être augmentée d'une tour-clocher à la fin du Moyen-Age puis réaménagée dans le dernier quart du XVIIe siècle, que quelques vestiges de baies, visibles notamment dans les maçonneries des 4e et 5e travées du bas-côté sud, ainsi que les piles et peut-être la voûte sur croisée d'ogives du rez-de-chaussée de la tour-clocher.

L'édifice actuel résulte pour l'essentiel des travaux menés entre 1827 et 1832 par l'architecte Delarue, à tel point qu'il est difficile de distinguer les parties réemployant des maçonneries anciennes (parties ouest de la nef et des bas-côtés, jusqu'à la 5e travée ?) de celles construites à neuf (partie est de la nef et abside polygonale du chœur avec les deux sacristies qui la flanquent ?). La façade alors réalisée (disparue, cf fig. 4), les grandes arcades sur colonnes à chapiteaux toscans et les fausse-voûtes en berceau plein-cintre du vaisseau central ou d'arêtes sur les bas-côtés illustrent le style néo-classique employé à la même époque par l'architecte pour les églises de Saint-Martin de Pontlieue au Mans ou de Saint-Vincent à La Chartre-sur-le-Loir. La baie d'axe du chœur semble n'avoir été ouverte qu'en 1845, pour la pose des trois verrières néo-gothiques des ateliers Fialex à Mayet. La flèche de tour-clocher reconstruite entre 1877 et 1882 sur les plans de Pascal Vérité aurait conservé sa charpente métallique.

Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Delarue Pierre-Félix
Pierre-Félix Delarue (1795 - 1873

Architecte départemental de l'Orne, à partir de 1818, puis de la Sarthe de 1824 à 1863.


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architecte départemental attribution par source
Auteur : Vérité Pascal architecte attribution par source

L'église, de plan allongé, est composée d'une nef flanquée de bas-côtés, d'un chœur à abside polygonale flanquée de deux sacristies et d'une tour-clocher à 2 étages carrés située sur la première travée de la nef. Le gros-œuvre est en moellons de calcaire et de grès roussard avec chaînes d'angle en pierres de taille, sauf la tour-clocher construite en pierre de taille. L'abside du chœur est couverte d'une croupe polygonale, les bas côtés de croupes et la tour-clocher d'une flèche sur charpente métallique (?). L'escalier de la tour-clocher est logé dans une tour dans-oeuvre placée dans le bas-côté nord.

Le rez-de-chaussée de la tour-clocher est couvert d'une voûte d'ogives, le vaisseau central de la nef et le chœur sont couverts d'une fausse-voûte en berceau plein-cintre et les bas-côtés de fausse-voûtes d'arêtes.

Murscalcaire moellon
grès moellon
calcaire pierre de taille
Toitardoise
Plansplan allongé
Étages2 étages carrés
Couvrementsfausse voûte en berceau plein-cintre
fausse voûte d'arêtes
voûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans croupe
croupe polygonale
flèche polygonale
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier en vis
Techniquespeinture
Statut de la propriétépropriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Sarthe : 7 F 50. Fonds Menjot d'Elbenne. papiers Robert Charles. Extraits d'archives de fabriques (dont Bonnétable f° 36-67).

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 7 F 50
  • Dossiers d’administration communale. Bonnétable. Bâtiments communaux. Eglise (1827-1933). Presbytère (1812-1930).

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 2 O 39/8
Documents figurés
  • Plan de la route du Mans à Mortagne, depuis Le Mans jusqu'à Saint-Cosme, levé en 1747 et 1748 par Oudry et envoyé le 22 septembre 1748 à Paris pour copie au net (extrait). Portion du territoire communal de Terrehault (Archives départementales de la Sarthe ; C add. 142).

Bibliographie
  • GUY, Auguste. Étude historique sur Bonnétable depuis son origine jusqu'à nos jours. Bonnétable : Impr. de Prévost-Guillemin, 1895.

  • SABLE Lucien. Terres de Bonnétable (terres d'histoire et de légende). La Ferté-Bernard, Bellanger et fils, 1971.

Multimedia
  • Inventaire des chartes de l’abbaye de Saint-Denis en France selon l’ordre des dattes d’icelles, commencé en l’année 1688. Inventaire général des chartes de Saint-Denis : tome I (Archives nationales, LL 1189), par Dom François Thomas et des continuateurs anonymes. Édition enrichie, préparée par Olivier Guyotjeannin, Sandrine Della Bartolomea et Florence Clavaud (École nationale des chartes). 1ère édition électronique. École nationale des chartes, Paris, juin-septembre 2010. [http://saint-denis.enc.sorbonne.fr/inventaire.html, consulté le 23 février 2016].

    notice n° 255 Archives nationales, Paris : LL 1189
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Hardy Julien