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Église paroissiale Saint-Michel, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010722 inclus dans Fontevraud-l'Abbaye : présentation de la commune réalisé en 2010

Fiche

L'église Saint-Michel est l'un des édifices majeurs de Fontevraud-l'Abbaye. Sa construction, autour de l'an 1200, correspond à la formation de la paroisse (1177). Notamment par ses travées de chœur à nervures multiples et son arc triomphal, cette église s'inscrit dans un corpus d'édifices locaux de la fin du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle : Saint-Maurice de Chinon (chœur), Saint-Florent de Saumur (Galilée), Saint-Jean de Saumur (chapiteaux). On y retrouve aussi des éléments mis en œuvre dans des édifices contemporains élevés à Fontevraud même : à Saint-Jean-de-l'Habit (détruite) et à la chapelle Sainte-Catherine.

Saint-Michel connut une série de remaniements plus ou moins importants et des fragilités structurelles qui contribuèrent à multiplier les campagnes de travaux menés sur l'édifice. Obstruction ou percements de baies, interventions sur les charpentes, mise en place de tirants ou de contreforts compliquent la lecture d'un édifice qui, de prime abord, semble aisément perceptible. S'il est généralement admis, par exemple, que l'église comptait à l'origine trois travées et que la première travée de la nef n'est rajoutée qu'à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, il semblerait plutôt qu'elle était présente dès les premiers temps et que les travaux, importants, réalisés vers 1500 ne furent qu'une réfection de cette travée.

Le mobilier, mais aussi les décors sculptés ou peints qui ornent l'église en font l'un des édifices les plus intéressants pour analyser les productions et influences artistiques à l'œuvre en Saumurois.

VocablesSaint-Michel
Appellationséglise Saint-Michel
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Adresse : place
Saint-Michel
Cadastre : 1813 E 67 ; 2011 F 40

L'église paroissiale, de sa fondation au milieu du XVe siècle

En 1177, sous l'abbatiat d'Audeburge de Haute-Bruyère, le large finage qui formait la partie nord de la paroisse de Roiffé, où était implantée l'abbaye de Fontevraud, fut soustrait par l'évêque Jean de Poitiers de la paroisse Saint-Martin de Roiffé (Vienne), dont il faisait partie, pour former une paroisse à part entière qui continuait de relever du diocèse de Poitiers. En dédommagement, la cure de Roiffé recevait annuellement une rente de 36 deniers (18 à la Pentecôte et 18 à la Saint-Luc) et les desservants de la nouvelle église paroissiale Saint-Michel de Fontevraud avaient obligation de s'y procurer les saintes huiles. L'abbesse avait droit de présentation à la cure et choisissait le desservant, sur lequel elle avait le même pouvoir que sur les religieux de l'ordre, dont il était généralement issu. Saint-Michel a alors le titre de prieuré-cure et le prieur-curé fait alors partie des "conseillers-nés" de l'abbesse.

Selon Célestin Port (cf. bibliographie : Dictionnaire..., t. 2, 1876, article "Fontevraud"), à l'origine de l'église paroissiale se trouverait une chapelle funéraire, construite probablement plus tôt au cours du XIIe siècle dans le vaste cimetière situé à l'ouest de l'ensemble monastique et placée sous le vocable de Saint-Michel. Seule une étude archéologique pourrait déterminer si l'édifice actuel recouvre ou conserve des éléments de ce qui serait l'ancienne chapelle funéraire ou s'il faut rejeter la tradition dont C. Port se fait écho pour voir en l'actuelle église une création ex nihilo.

Les trois travées orientales de l'église paroissiale Saint-Michel sont élevées entre la fin du XIIe et le tout début du XIIIe siècle ; on ne sait si l'église disposait dès cette phase de construction d'une quatrième travée à l'ouest (hypothèse qui est ici privilégiée) ou s'il s'agit d'un prolongement ultérieur (point de vue traditionnellement admis).

Les travées orientales de l'église paroissiale Saint-Michel sont élevées entre la fin du XIIe et le tout début du XIIIe siècle. Si la travée occidentale de la nef est de construction plus tardive, il se peut qu'il s'agisse d'une réédification (fin XVe ou début XVIe siècle) d'une travée ruinée : l'église pourrait donc avoir compté quatre travées dès son état initial.

En 1297, le desservant, Denis de Véron (frater Dyonisius de Verrone prior Sancti Michaelis), fonde une chapelle placée sous le vocable de Saint-Martin, attenante à l'église et qui doit correspondre au premier état de la chapelle latérale nord.

L'église paroissiale, du milieu du XVe siècle à la fin de l'Ancien Régime

Dans la seconde moitié du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, la travée de façade de l'église est construite en style flamboyant, soit par simple souci d'allonger la nef (hypothèse du passage de trois travées à quatre), soit par nécessité de la reconstruire (hypothèse des quatre travées d'origine). Dans ce dernier cas, les ravages des bandes armées au cours de la guerre de Cent ou bien les conséquences d'un moindre entretien durant la longue période de crise que furent les XIVe et XVe siècles pourraient avoir causé la ruine de cette travée. La charpente qui la couvrait (intégralement restaurée depuis) a été datée par dendrochronologie de l'année 1511 (source : Service archéologique départemental d'archéologie de Maine-et-Loire).

Dès le Moyen Âge, plusieurs éléments sont venus se greffer contre l'église : au sud, un prieuré-cure (premier état de l'actuel presbytère) et peut-être aussi la sacristie pourraient flanquer la nef depuis le XIIIe siècle (voire dès l'origine) ; au nord, une barrière qui clôt le cimetière, érigée contre l'église, est attestée en 1478 ; à l'ouest, il est mentionné en 1554 qu'une demeure s'appuie contre le chevet (l'obstruction des baies orientales du chœur est donc antérieure), maison pour laquelle on précise en 1578 qu'elle est en appentis.

Afin de faire face à l'entretien et aux réparations de l'église, l'abbesse institue une fabrique pour Saint-Michel en 1543.

Les archives conservent plusieurs mentions de travaux effectués sur l'église depuis le XVIe siècle. En 1550-1551, la couverture de la nef est réparée, avec remplacement de plusieurs éléments de charpente et réfection des coyaux ; toutefois cette intervention est insuffisante et en 1553 "le danger de la ruine de l'esglize et cloché de Sainct Michel" nécessite d'importants travaux de charpente et de couverture. Jacques Boutin, peintre et maître verrier à Saumur intervient sur les vitraux de l'église en 1567 et des graffitis attestent qu'au XVIIe siècle certaines verrières sont aussi reprises par l'atelier des Champion, vitriers à Fontevraud.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, de nouveaux travaux sont menés. La partie orientale de la charpente connaît des interventions en 1661. En 1688, les charpentes de la nef et du clocher sont de nouveau en travaux et, dans le même temps, est aussi réparée la galerie charpentée extérieure qui longe l'église (vraisemblablement mise en place au cours du XVIIe siècle).

En 1696 est envisagé un très important chantier de restauration. À cette date, des désordres structurels du couvrement sont repérés qui nécessitent des travaux considérables de reprise des murs de la nef et du chœur, des voûtes, de la charpente et de la couverture. On ne connaît que le devis de cette intervention et il est difficile d'établir si tous les travaux ici envisagés furent réalisés. Outre la pose de nombreux tirants, il était en effet prévu de détruire les voûtes et l'arc triomphal et de les refaire à l'identique, ce qui poserait problème pour l'interprétation des parties hautes de l'actuelle église, qui ne semblent pas avoir connu une telle transformation.

Au cours du XVIIIe siècle, on relève plusieurs chantiers. En 1734-1735, des travaux de couverture sont réalisés sur l'église, toutefois c'est surtout la galerie extérieure qui est l'objet des interventions les plus importantes : la charpente est conservée, mais les piliers sont surhaussés et trois d'entre eux sont reconstruits en totalité.

Sans doute en mauvais état, la chapelle nord (dont on ne sait quand elle perdit le vocable de Saint-Martin) est rebâtie et couverte d'une voûte lambrissée ; le financement de cette réfection est notamment permis grâce au don de 1.120 livres fait à la fabrique, sans doute par voie testamentaire, par l'ancien vicaire Joseph Boutault. La bénédiction de cette nouvelle chapelle, sous le vocable de Saint-Joseph, est assurée le 7 octobre 1742 par Henri Louis Cherbonnelle, prieur de Saint-Jean de l'Habit, commis à cet effet par l'évêque de Poitiers.

En 1750, les registres paroissiaux mentionnent qu'il convient "d'empêcher la ruine totale du clocher qui est prët à cabrer" et il est possible que d'autres réfections eurent lieu, sans que l'on n'en conserve trace.

Enfin, il semble que ce soit dans le troisième quart du XVIIIe siècle qu'ait été installée dans la première travée de la nef la tribune en charpente qui s'y trouve encore de nos jours : percée en partie haute du mur nord, la porte qui permet d'y accéder depuis un escalier établi sous la galerie extérieure est en effet couverte d'une plate-bande dont la clef est datée de 1761.

L'organisation et l'ornementation anciennes de l'église ne sont livrées que par bribes, dans diverses sources d'archives : registres paroissiaux, actes de fondations pieuses, testaments ou encore marchés de travaux. Les recherches ici conduites ne sont en rien exhaustives et les mentions repérées ponctuellement sont livrées pour information a minima : on sait ainsi qu'en 1485, on y trouvait les « images » (sculptures) de s. Jean-Baptiste et de s. Jacques et en 1538 une « ymage » de Notre-Dame ; une chaire est mentionnée en 1623 ; outre le maître-autel, plusieurs autels sont mentionnés et placés sous divers vocables : Saint-Hilaire (attesté en 1538), Saint-Jacques (attesté de 1569 à 1708, avec à cette date mention d'une chapelle Saint-Jacques), Saint-Jean (attesté en 1538), Saint-Joseph (attesté depuis au moins 1641), Saint-Martin (sans doute depuis 1297 et encore attesté en 1538), Saint-Nicolas (attesté de 1538 à 1569), Sainte-Barbe et Saint-Roch (attesté en 1538, mention de Sainte-Barbe seulement en 1569), Sainte-Némoise (attesté de 1658 à 1680), Notre-Dame (attesté de 1502 à 1661) qui semble différent de l'autel Notre-Dame du Rosaire (attesté de 1654 à 1676 et qui était en vis-à-vis avec l'autel Saint-Jacques ; en 1661, on mentionne une chapelle du Rosaire) ; etc. Sur le plan de l'abbaye et de ses abords, dit de 1762, on peut repérer quatre de ces autels : le maître-autel, celui de la chapelle Saint-Joseph et deux autels se faisant face au pied des piles à colonnes engagées qui portent l'arc triomphal.

Plus intrigante, la mention de la construction d'un « jubé » par l'entrepreneur Antoine Cailleau en 1741 renvoie sans doute plutôt à celle d'une tribune (aujourd'hui disparue) percée à cette même période dans le mur sud de la première travée de chœur pour que les filles de Louis XV puissent assister aux offices en empruntant le plus court chemin depuis les bâtiments abbatiaux du Clos Bourbon où elles résidaient.

La présence de Mesdames de France à Fontevraud se traduisit également par des dons faits à Saint-Michel : l'une d'elles, Victoire, offrit ainsi en 1748 une cloche gravée aux armes de France (conservée dans le clocher), par ailleurs une inscription (XIXe siècle ?) et leurs armes permet d'attribuer aux princesses le don en 1755 du tableau de Saint Joseph à l'Enfant qui orne l'autel Saint-Joseph. Il est difficile d'établir les conditions de réalisation du retable architecturé qui contient ce tableau, même si plusieurs hypothèses peuvent ici être proposées. Ce retable porte en effet la date de 1753, ce qui est assez tardif par rapport à la réfection de la chapelle en 1741-1742, mais qui correspondrait peut-être à une conception préparant l'insertion du tableau avant sa livraison. Il est pourtant tout aussi possible que la toile ait été insérée plus tardivement à un retable qui paraît de toute façon un remontage puisqu'il semble mêler des éléments du XVIIIe siècle à d'autres qui paraissent plus anciens et d'un style très orné rappelant les productions mancelles des premières décennies du XVIIe siècle (amortissement très ornemental, colonnes cannelées à bagues décorées de rinceaux). Deux des colonnes sont frappées des monogrammes SFX et SIDL (pour saint François Xavier et saint Ignace de Loyola), deux saints jésuites auxquels n'est toutefois consacré aucun autel de l'église Saint-Michel, mais dont la date de canonisation, en 1622 (bulle promulguée en 1623), peut être mise en relation avec la période où la présence du retablier manceau Gervais Delabarre est attestée à Fontevraud. Il est tentant de rapprocher ces éléments d'un autel et une chapelle de l'église abbatiale, qui étaient consacrés à ces deux saints dans l'abbatiale, attestées en 1670, mais pour lesquels (dans l'état actuel des recherches) on ne trouve pas de mention dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Ce retable pourrait donc être un remontage d'éléments provenant de l'abbaye. La date de 1753 portée sur ce retable correspond, par ailleurs, à celle du passage d'une mission de frères jésuites à Fontevraud où, du 11 mars au 7 avril, ils procédèrent à l'installation dans le village de trois croix de mission, aux carrefours de l'Ormeaux (actuelle place Bernard Triquier) et de l'Ânerie (aujourd'hui carrefour des rues de l'Hermitage et Saint-Lazare) et près de la chapelle Saint-Maimbœuf. Il est donc possible qu'à cette occasion fut aussi décidé, sans modifier le vocable de la chapelle Saint-Joseph tout juste reconstruite en 1741-1742, d'édifier dans l'église paroissiale Saint-Michel ce retable marqué des monogrammes des deux saints jésuites, avec peut-être remploi d'éléments provenant de l'abbaye (ou inspirés de l'autel consacrés à ces deux saints qui s'y trouvait).

Enfin, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, l'église fut aussi un lieu d'inhumations et à la lecture des registres paroissiaux, on peut noter que de nombreuses personnes s'y firent enterrer. Certaines familles y eurent même un caveau, comme les Delamotte, dynastie d'architectes au service de l'abbaye, dont l'un des membres, Nicolas, entrepreneur des ouvrages du Roi, est enseveli là en 1704 « au sépulcre de ses ancestres ».

L'église, de la Révolution française à nos jours

Sous la Révolution, l'église Saint-Michel accueille temporairement des séances du Conseil municipal. Lorsque les ordres réguliers sont abolis et que bâtiments abbatiaux sont confisqués au titre des biens nationaux, il est envisagé de transformer l'abbatiale en paroissiale et la question se pose du devenir de Saint-Michel. En définitive, avec le choix de transformer l'ancienne abbaye en maison de détention, Saint-Michel demeure l'église paroissiale de Fontevraud. Durant la tourmente révolutionnaire, l'église est vidée d'une partie de son mobilier liturgique et deux des cloches sont fondues. Toutefois, lorsque les bâtiments monastiques sont dépouillés de leur ornementation, divers éléments sont démontés ou récupérés pour être réinstallés dans l'église Saint-Michel. Ainsi, Alexandre Guerrier, ancien frère de Saint-Jean-de-l'Habit devenu prêtre assermenté de Saint-Michel (puis démissionnaire et maire de la commune), parvient à récupérer une partie des objets liturgiques de Saint-Jean-de-l'Habit pour en doter Saint-Michel. D'autres éléments, remarquables, sont aussi directement récupérés de l'abbaye entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, comme le tabernacle de bois doré (1621) du maître-autel de Notre-Dame de Fontevraud et sans doute aussi des éléments démembrés du retable architecturé qui l'entourait jusqu'alors (issu des aménagements du chœur de l'abbatiale réalisés par Gervais Delabarre en 1621-1623). Les retables architecturés de la nef proviennent aussi probablement du complexe monastique. Au fil du XIXe siècle, des particuliers qui avaient parfois protégé, récupéré ou acquis certaines des œuvres de l'abbaye en firent don à Saint-Michel. Si elle abrite aussi des oeuvres d'autre provenance, l'église Saint-Michel, de par sa proximité, est donc l'un des principaux conservatoires d'objets fontevristes, même si plusieurs églises des paroisses environnantes en reçurent aussi leur lot (Montsoreau, Turquant, Lerné, etc.).

Au cours des XIXe et XXe siècles, l'église connaît de nombreux travaux d'entretien, de restauration, voire de reconstruction.

La charpente aurait été partiellement refaite en 1805, avec remplacement ou confortement d'entraits et poinçons par des moises.

Les années 1864-1881 sont un chantier permanent et il est à noter que Francisque Masson, l'architecte de la Maison centrale de détention de Fontevraud, est régulièrement sollicité pour ces travaux. En 1864, le clocher est réparé, puis restauré à nouveau (1873-1876) après avoir été endommagé par la foudre en 1873. En 1867, dons de la famille Barré-Hudault, trois nouvelles verrières sont posées dans le chœur et la nef, réalisées par l'atelier de Lucien-Léopold Lobin à Tours. La sacristie est refaite en 1872-1874. La chapelle Saint-Joseph est en partie reconstruite en 1876 (notamment mur nord et couvrement voûté en tuffeau). En 1875-1878, des problèmes structurels (lézardes et déversements) surviennent dans la seconde travée de la nef, conséquences de l'installation au début du XIXe siècle des retables architecturés provenant de l'abbaye, qui surchargent les sols et fragilisent les élévations qui avaient été reprises pour les y fixer ; les piliers de l'arc triomphal et la voûte de cette travée sont alors consolidés. Enfin, une chute de grêle durant l'été 1880 oblige à reprendre l'ensemble de la couverture d'ardoises des toitures de l'église en 1881. C'est sans doute dans ces mêmes années que le décor de polychromie du chœur fut restauré et complété.

Le chœur et la porte nord de l'église sont protégés au titre des monuments historiques par arrêté du 9 septembre 1909. L'église ne connaît que des interventions mineures dans les premières décennies du XXe siècle. En 1942, le bas des murs du chœur reçoit un décor de peintures murales, réalisées par René Rabault (1884-1969), décorateur à Angers.

La protection au titre des monuments historiques est révisée et l'église est entièrement classée le 12 avril 1955. Un examen minutieux de l'édifice accompli parallèlement à cette procédure montre l'état très dégradé de la charpente et la fragilisation induite du gros-œuvre. Dès lors sont menées d'importantes réfections de la couverture ainsi que des travaux complémentaires de maçonnerie, en plusieurs campagnes étalées de 1953 à 1993 : consolidation des charpentes, remise en état du clocher, couverture du chœur et de la galerie extérieure, restauration de vitraux, etc.

Dans la seconde moitié XXe, sous l'impulsion du desservant, l'abbé Joseph Pohu (prêtre de la paroisse de 1951 à 1996) et en accord avec les services de l'État, de nombreuses œuvres d'art, souvent reléguées dans la sacristie ou le presbytère, sont redéployées et mises en sécurité dans l'église, ce qui en fait aujourd'hui, au-delà de l'édifice lui-même, un lieu de visite majeur.

Période(s)Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : 13e siècle
Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 16e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La structure générale

L'église Saint-Michel de Fontevaud occupe un emplacement qui correspondait à l'origine à l'extrémité orientale du cimetière de Fontevraud, dont elle marquait l'entrée. Elle est construite en moyen appareil de tuffeau et couverte d'ardoise. Il s'agit d'une église à chevet plat à vaisseau unique de quatre travées couvertes de voûtes bombées relevant du style gothique angevin. Comme de nombreuses églises du Saumurois, elle est formée de l'alignement de deux corps de volume inégal, plus réduit pour celui qui abrite les deux travées de chœur et un peu plus ample pour celui qui abrite les deux travées de la nef. Cette disposition en deux volumes est originelle. Comme la première travée de la nef présente de nombreux éléments de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle (portail, voûte, etc.), il est possible que l'église n'ait cependant pu compter que trois travées dans un premier temps. Toutefois, au vu de la volumétrie d'ensemble et de la mise en œuvre des murs gouttereaux de la nef, il paraît plus probable que cette première travée fut reconstruite sur les ruines d'une travée préexistante dont des éléments de maçonnerie sont, semble-t-il encore en place ; cette hypothèse est plutôt celle retenue ici. Les deux corps sont couverts d'un toit à deux pans et un clocher à flèche, en charpente, essenté et couvert d'ardoises, est établi au-dessus de la deuxième travée de la nef. Une chapelle latérale (ajoutée à la fin du XIIIe siècle et plusieurs fois remaniée depuis) flanque la première travée de chœur, au nord. Les murs sont confortés, mais tous ces contreforts semblent liés à des travaux postérieurs de consolidation, mis à part ceux de la première travée de la nef (fin XVe ou début XVIe siècle). Dans un épais massif de maçonnerie qui contrebute le mur nord à la retombée de l'arc triomphal (articulation de la deuxième travée de nef et de la première travée de chœur) est aménagé un étroit escalier en vis qui, depuis l'extérieur de l'église, permet l'accès aux charpentes qui couvrent indépendamment l'un de l'autre les deux corps de l'église. Ces charpentes, très souvent remaniées et restaurées sont des plus hétérogènes et seules deux de la dizaine de fermes principales relèvent d'un même type. Les façades nord et ouest de l'église sont précédées d'une galerie extérieure en appentis couverte d'ardoises sur piles de tuffeau (et colonnes de calcaire dur pour le portique précédant l'entrée).

Les accès

L'accès à l'église se faisait par deux portes, l'une dans le mur nord de la deuxième travée de la nef, obturée, l'autre en façade occidentale ; une troisième porte, haute et accessible par un escalier extérieur en maçonnerie flanquant le mur nord, permet de desservir la tribune charpentée de la première travée de la nef. Le portail nord est en partie caché derrière un contrefort (ajouté entre la fin du XIIIe et le milieu du XVIe siècle ?) ; placé juste après l'entrée du cimetière, il pourrait à l'origine avoir été le seul accès à l'église. Il est couvert d'une voussure plein-cintre appareillée en trois rouleaux à ressauts et à mouluration torique et était sans doute encadré de colonnettes, disparues, dont ne subsistent, à droite, que les chapiteaux à corbeilles feuillagées. Les vantaux de la porte bâtarde (avec porte-guichet aménagée postérieurement) conservent leurs pentures d'origine (fin XIIe ou début XIIIe siècle) à ramifications multiples. À l'ouest, le portail flamboyant (fin du XVe ou du début du XVIe siècle), tout en verticalité, est composé d'une porte et d'une fenêtre en tympan inscrites dans la même embrasure. La fenêtre haute comprend trois lancettes trilobées et un remplage à soufflets et mouchettes. La porte elle-même est couverte d'un arc segmentaire et l'accolade élancée à crochets gothiques qui la surmontait fut tronquée lors de l'édification de l'auvent extérieur ; au-dessus du couvrement de la porte du presbytère, juste au sud de ce portail, se trouve un fragment de sculpture orné d'un Christ en croix qui pourrait provenir du fleuron qui devait amortir cette accolade.

L'espace intérieur et le couvrement

La division entre travées de nef et travées de chœur, perceptible par la différence des volumes extérieurs, est matérialisée par un puissant arc triomphal à l'intérieur de l'édifice. L'église est intégralement couverte de voûtes d'ogives bombées qui relèvent du gothique angevin, mais toutes diffèrent par leur type ou leurs dimensions. Les ogives et formerets de la première travée de la nef, à voûte quadripartite, présentent une mouluration flamboyante, à cavets ou tores à listel ; le bombement de cette travée est obtenu par des voûtains brisés. Dans les autres travées, où le bombement est souligné par des liernes, toutes les moulures sont constituées d'un épais tore. Le couvrement du chœur liturgique est composé d'un réseau de nervures multiples et la voûte est plus complexe : les liernes qui ailleurs rejoignent les clefs des formerets retombent ici au même niveau que les ogives et la liaison de la voûte aux angles nord-est et sud-est est assurée par une trompe nervurée plein-cintre à lunettes jumelées. Les formerets sont ici en plein cintre, alors que pour les trois autres travées de l'église, ils forment un arc brisé. Présentes dès la construction de l'église, des colonnes adossées ou engagées supportent les arcs du couvrement du chœur et de la seconde travée de la nef. Dans les deux travées de chœur, un stylobate court au bas de l'élévation et porte des colonnettes adossées sur lesquelles retombent plein cintre à cinq rouleaux en ressaut côté nef et un seul côté chœur. Chacun de ces ressauts est souligné d'un tore, qui retombe, comme les doubleaux, sur des colonnes engagées, montant de fond côté nef et posées sur stylobate côté chœur, selon un agencement que l'on trouvait aussi au sein du complexe abbatial dans la nef de Saint-Jean-de-l'Habit (mais avec là un arc triomphal brisé). Toutefois, les piliers à colonnes engagées qui assurent l'articulation entre la première et la deuxième travée de la nef sont un remaniement flamboyant : les colonnes à chapiteaux feuillagés supportent les rouleaux du doubleau, mais ne reçoivent aucune des retombées d'ogives, car celles-ci ont été reprises afin de pénétrer directement dans le pilier sous forme de faisceaux plus ou moins bien intégrés aux moulurations verticales. Les différences de couvrement et de volume semblent procéder d'un subtil parti de construction. L'intérieur de l'église surprend ainsi par l'effet d'accentuation de la perspective qui tient à ce que le gabarit des travées va en s'amenuisant de l'entrée vers le chœur, en largeur d'abord, puis en hauteur ce qui fait se concentrer le regard vers l'autel. Peut-être du fait de la réfection de la première travée, la différence est faible entre celle-ci (L=8,5 ; l=9 ; h=13,5 m) et la seconde (L=9 ; l=9,5 ; h=13 m), mais la diminution de volume se fait nettement sentir dans la première travée de chœur (L=7,50 ; l=8,5 ; h=10,5 m), puis le chœur liturgique (L=7 ; l=7 ; h=9 m). Particulièrement réussi, cet effet de rétrécissement du volume est accru par l'arc triomphal et surtout renforcé dans la travée de chœur par le jeu des nervures multiple et des trompes à lunettes jumelées qui contribuent à abaisser encore le couvrement et à faire converger les regards vers le maître-autel. S'il est envisageable qu'un tel parti pris architectural ait été conçu dès l'origine (l'exemple, antérieur, de Saint-Lazare est à immédiate proximité), il est aussi possible qu'il se soit agit d'une adaptation du programme au module initial réduit qu'aurait présenté l'éventuelle chapelle funéraire Saint-Michel, qui pourrait correspondre au chœur liturgique.

Les baies et verrières

Plusieurs des baies de l'église ont été remaniées. La première travée de la nef compte une fenêtre au nord, dont l'emplacement semble originel (hypothèse d'une travée présente dès l'origine), mais qui a été partiellement remaniée lors de la réfection de la travée, à la fin du XVe ou au début XVIe siècle, puis lors de l'établissement de la tribune en charpente. Au sud, on distingue nettement les reprises de maçonneries qui correspondent à l'obturation de la grande baie originelle qui faisait face à la précédente ; décalée et couverte d'une arrière-voussure segmentaire, une plus petite baie, flamboyante, a été aménagée sans doute lors de la réfection de la travée, vers 1500. Le pignon occidental porte, enfin, une grande baie brisée à trois lancettes trilobées et réseau de soufflets et mouchettes. La seconde travée de la nef est aujourd'hui aveugle. Elle était dotée d'une grande baie plein-cintre au nord qui surmontait l'ancien portail, obturés tous deux depuis l'installation d'un retable architecturé au début du XIXe siècle. Côté sud, il n'y avait pas de fenêtre, sans doute car cette travée est, peut-être dès l'origine, flanquée du presbytère. La première travée de chœur conserve au sud sa grande fenêtre, mais au nord on ne voit dans la maçonnerie que les vestiges de l'arc plein-cintre qui couvrait la baie qui lui faisait face : elle fut supprimée sans doute dès la fin du XIIIe siècle lors de la construction de la chapelle latérale nord dont l'accès par une grande arcade (plusieurs fois remaniée) remplace depuis lors cette baie. Dans la seconde travée de chœur, à l'ouest, deux petites baies en plein cintre se trouvent sous les formerets des murs nord et sud. Plus à l'est, il n'y avait à l'origine pas de baies sous les lunettes nord et sud des trompes, mais côté nord, une fenêtre a été percée ultérieurement : elle est décalée par rapport à l'axe du formeret qui la couvre et dotée d'une embrasure qui n'est en rien comparable aux baies originelles de cette travée. Cette fenêtre est dotée d'un remplage à oculus et baies jumelées plein-cintre. Enfin, le mur oriental est aujourd'hui aveugle, mais on discerne les traces dans la maçonnerie de deux petites baies en plein cintre qui étaient situées sous les formerets des lunettes des trompes. Toutes les baies de l'église sont dotées de verrières à losanges de verre blanc, à l'exception de trois d'entre elles, créées en 1867 par l'atelier tourangeau de Lucien-Léopold Lobin à Tours. La petite baie flamboyante au sud de la première travée de la nef est ornée d'une verrière ornementale en grisaille offerte par Olympe Hudault. Les deux fenêtres nord de la seconde travée de chœur présentent de plus riches verrières figurées, d'une facture très académique, offertes par la veuve Barré-Hudault. La première, plus étroite, est consacrée aux saints Pierre et Paul, figurés en pied, encadrés de deux rondels : en haut saint Eugène et en bas saint Jean-Baptiste. La seconde fenêtre, plus large associe dans un fond de dais architecturaux les figures de saint Casimir et sainte Sophie qui occupent chacun une des baies du remplage et sont surmontés d'un oculus consacré au Christ Bon Pasteur.

Le décor sculpté

Le décor sculpté est limité aux éléments architectoniques qui matérialisent l'articulation entre le couvrement des travées et les divers organes qui le supportent (piliers, colonnes, arcs). Dans les travées du chœur et jusqu'à l'arc triomphal, les colonnes qui reçoivent les nervures sont coiffées de chapiteaux surmontés d'un épais tailloir cubique. Les figures d'angles ou frises en relief des corbeilles et tailloirs composent un décor sculpté d'acanthes et de têtes humaines, de monstres, d'anges ou d'animaux (ânes, éléphants, etc.). Les clefs des voûtes, des arcs formerets et des doubleaux sont aussi ornées de sculptures et décors de polychromie : Christ bénissant, anges, personnages (dont plusieurs rois, etc.) voire simples fleurons. Dans leur symétrie, les frises à ressauts que composent les tailloirs qui supportent l'arc triomphal présentent aux yeux du fidèle qui s'avance dans la nef, un programme iconographique consacré au Jugement dernier. On voit ainsi s'opposer à droite les élus (hommes et femmes revêtus de beaux atours et alignés en une composition régulière et rythmée par des arbres) et à gauche les damnés (présentés en désordre et soumis aux tourments de démons). Une inscription couronnait ces sculptures, mais a presque disparu au-dessus de l'Enfer et demeure très lacunaire au-dessus du Paradis. À gauche (au nord), au-dessus des sculptures consacrées aux Damnés du Jugement dernier, on peut lire : (...) (A) LESP (R) (...) (ET) (...). À droite (au sud), au-dessus des sculptures consacrées aux Élus du Jugement dernier, on peut lire : (...) RE SEMs : PARADISVS : QUEM : MANV (S) ARTI (E) (...) XPI SACRAVIT AMICIS (...). L'ensemble de ce décor sculpté relève de la production courante à la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle.

Le décor peint

Il est vraisemblable que ces éléments de sculpture présentent une polychromie médiévale, mais la plupart de ces scènes ont été repeintes, notamment lors de travaux d'embellissement de l'église au XIXe siècle où le chœur liturgique fut en particulier entièrement repris dans un décor de peinture néogothique (faux-appareil, nervures, clefs et chapiteaux). Ce chœur connut une dernière campagne de peinture murale au XXe siècle puisqu'en 1942 le décorateur et homme de théâtre angevin René Rabault y signe un ensemble de peintures dans un style réinterprétant des modèles romans dans une expression picturale relevant de l'Art déco, avec bandeaux à frises de dragons stylisés et de motifs géométriques encadrant un Saint Michel terrassant le dragon, ainsi que des panneaux évoquant l'eucharistie (la Vigne et le Blé moissonné, pour le pain et le vin) ou la victoire contre le Mal (le Dragon terrassé par une épée aux allures de croix). Dans les autres travées, le décor peint se fait plus discret, limité aux chapiteaux, tailloirs, clefs des arcs et voûtes ainsi qu'aux bordures peintes (en rouge) qui encadrent les nervures. Le parement intérieur des murs des quatre travées de l'église, en moyen appareil de tuffeau, présente des joints gras bombés et soulignés par une double incision tirée à la pointe. Ce jointoiement n'a peut-être été réalisé que vers 1500, pour homogénéiser l'ensemble des parois intérieures après la construction de la première travée de la nef, à moins que les bâtisseurs de cette dernière aient souhaité mieux intégrer la travée en imitant le parement originel (fin XIIe ou début XIIIe siècle), d'autant que l'on repère une nette continuité des assises entre les deux travées de la nef. La dernière possibilité, en lien avec l'hypothèse d'une église à quatre travées d'origine, serait que dans cette première travée de la nef conserve encore une bonne partie des maçonneries intérieures et que les remaniements flamboyants se limiteraient à certains pans des murs nord et sud, aux piliers, au couvrement et au pignon ouest de cette première travée. Si la plupart de ces murs sont aujourd'hui recouverts d'un badigeon blanc, on discerne des traces de peinture (rouge) sur certains de ces joints, ce qui constituerait un décor de faux-appareil peint reprenant exactement la disposition de l'appareil de revêtement et qui pourrait donc s'être étendu à tout l'intérieur de l'église.

Les aménagements intérieurs : autels secondaires et tribunes

Dans la première travée de la nef, les murs latéraux abritent des chapelles peu profondes qui devaient correspondre à des autels secondaires (peut-être la chapelle Saint-Jacques et la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire, dont on sait qu'elles se faisaient face). Au sud, la chapelle semble procéder d'un dégagement postérieur à la construction du mur, mais antérieur la réalisation du pilier flamboyant lié au couvrement de la première travée de la nef (ce qui renforce encore l'hypothèse de ce que la première travée de la nef serait présente avant le XVIe siècle, voire dès l'origine). Couverte d'un arc en plein cintre, ce renfoncement accueille une petite niche crédence entourée d'un cavet en accolade qui paraît contemporain de la réalisation de la chapelle ; l'autel a aujourd'hui disparu et la chapelle conserve des traces d'un décor peint qui fut bûché. Ces divers éléments peuvent être rapprochés de la première référence à saint Jacques dans cette église, à savoir une statue du saint mentionnée en 1485. Côté nord, la chapelle est de facture plus récente et pourrait dater du XVIIe siècle, période où la dévotion au Rosaire est particulièrement vive à Fontevraud, si l'on suit l'hypothèse de l'attribution de ces deux chapelles en vis-à-vis. Elle est constituée, elle aussi, d'un renfoncement aménagé dans l'épaisseur du mur, couverte d'un arc en anse de panier. Deux autres autels étaient situés dans la seconde travée de la nef, établis chacun en oblique au-devant des piliers de l'arc triomphal (visibles sur le plan de l'abbaye, dit de 1762). Ces autels furent sans doute démontés au début du XIXe siècle, lorsque l'on installa dans la même travée les grands retables architecturés qui s'y trouvent aujourd'hui. La tribune par laquelle les filles de Louis XV pouvaient assister aux offices, en empruntant le corridor établi le long du presbytère entre leur logis et l'église, se trouvait dans le mur sud de la première travée de la nef. Il n'en reste aucune trace dans l'église même, mais on discerne des vestiges de l'arc qui la couvrait dans le parement extérieur du mur, en partie basse de la baie qui donne le jour à cette travée. Dans la première travée de la nef, enfin, se trouve une tribune en charpente, à balustrade, accessible par un escalier extérieur en maçonnerie distribuant une porte haute percée dans le mur nord (date portée : 1761, qui doit aussi être la date de construction de la tribune). Elle occupe toute la largeur de la nef et repose sur deux colonnes ioniques monoxyles.

La chapelle nord

La chapelle nord fut probablement ajoutée à l'édifice à la fin du XIIIe siècle. Le seul vestige de cet état premier est un ensemble discontinu de claveaux que l'on peut discerner dans l'élévation du mur nord de la première travée du chœur et qui devait former une grande arcade brisée. Cette arcade a été remaniée plus tard et présente désormais un couvrement biais en plein cintre. La chapelle est transformée dans le second quart du XVIIIe siècle. Couverte d'une voûte lambrissée, son volume est alors sans doute voisin de l'actuel et elle compte aussi une petite resserre, à l'ouest. En 1875, son mauvais état induit une nouvelle intervention. La chapelle est couverte d'une voûte appareillée, à ogives et formerets à mouluration flamboyante. Trois des ogives reposent sur des colonnes d'angle à chapiteaux à sobres feuilles d'eau. Le pignon nord et une partie du mur ouest sont refaits. Afin d'unifier l'espace, le mur entre la chapelle et la resserre est percé d'un large passage, couvert d'une plate-bande segmentaire et une petite porte donne accès à l'ensemble depuis l'extérieur (à l'extrémité orientale de la galerie extérieure charpentée) ; cette porte, couverte d'une plate-bande sur coussinets, est surmontée d'une archivolte plein-cintre et d'un tympan orné d'une croix. Conformément aux plans dressés en 1875 par l'architecte Francisque Masson, le pignon est doté de deux baies géminées plein-cintre séparées par une colonne à chapiteau orné de feuilles d'eau et surmontées d'un trilobe ; plus haut, les rampants sont ornés d'une frise d'arceaux ou bande lombarde. Tous ces éléments sont conçus comme des intégrations néo-romanes en adéquation avec ce que l'on pensait sans doute être le style architectural originel de cette église. Plus tard, sans doute du fait de problèmes de stabilité, l'arcade segmentaire est murée à l'exception d'une petite porte qui permet d'accéder à la resserre ouest, ainsi reconstituée.

La sacristie

Flanquement en appentis situé au sud de la seconde travée de chœur, la sacristie est couverte d'une voûte en berceau brisé et est éclairée par des trois baies en arc brisé. Elle remonte vraisemblablement à l'époque médiévale (XIIIe siècle ?). On y accède depuis le chœur par une porte basse couverte en plein cintre. Plus tard, la sacristie a été prolongée d'un espace supplémentaire vers l'ouest et une autre porte plein-cintre (remaniée) permet d'y accéder à partir de la première travée de chœur. Ce prolongement fut très repris à partir du milieu du XVIIIe siècle, lorsqu'en cet emplacement fut établie la tribune des filles de Louis XV, supprimée ultérieurement. La sacristie a fait l'objet d'importants travaux de réfection en 1872-1874, avec travaux de maçonnerie, mais aussi décor de peinture murale, notamment en faux-appareil.

Le décor mobilier

L'église Saint-Michel dispose d'un mobilier remarquable, d'origine diverse : acquisitions, dons, mais aussi récupération d'éléments provenant de l'abbaye de Fontevraud. L'inventaire exhaustif des ornements et éléments issus de l'abbaye est impossible à dresser, mais l'on peut citer ainsi pêle-mêle, le tabernacle en bois doré provenant du maître-autel de l'abbatiale, des retables architecturé entiers ou fragmentaires (deux dans la nef, celui du chœur, vraisemblablement celui de la chapelle Saint-Joseph), plusieurs tableaux et statues, deux cloches, des reliquaires, etc.

Mursmoyen appareil
Toitardoise
Plansplan allongé
Étagesen rez-de-chaussée
Couvrementsvoûte d'ogives bombée
voûte à nervures multiples
Couverturestoit à longs pans
pignon couvert
pignon découvert
noue
Escaliersescalier demi-hors-œuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
escalier hors-œuvre : escalier tournant en maçonnerie
Techniquessculpture
décor stuqué
peinture
vitrail
ferronnerie
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH partiellement, 1909/09/09
classé MH, 1955/04/12

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. C 1916. Contrôle des actes. Bureau de Fontevraud. Acte passé par Antoine Cailleau pour l'adjudication du jubé dans l'église de Fontevraud, reçu Me Despieds (f°26, 16 juillet 1741, acte original perdu).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 166. Notaires. Bail au rabais pour des réparations à la charpente de l'église Saint-Michel de Fontevraud (12 juin 1661).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 166. Notaires. Marché de charpente pour l'église Saint-Michel de Fontevraud (26 juin 1661).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 182. Notaires. Marché de charpente pour l'église Saint-Michel de Fontevraud (2 août 1688).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 182. Notaires. Marché de charpente pour l'église Saint-Michel de Fontevraud (20 décembre 1688).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 222. Notaires. Bail au rabais des réparations à faire à l'église de Fontevraud, adjugées à à François et René Renault (24 juillet 1734).

    AD Maine-et-Loire. 122 G 2. Clergé séculier. Église paroissiale Saint-Michel de Fontevraud : registre des titres et rentes dus à la fabrique (1750, continué jusqu'en 1836).

    AD Maine-et-Loire. 101 H 38. Abbaye de Fontevraud. Dépenses pour l'église Saint-Michel de Fontevraud, faites par Baudouyn Cherbonneau (1551).

    AD Maine-et-Loire. 101 H 41. Abbaye de Fontevraud. Pièce 12 : fondation de la chapelle Saint-Martin, attenante à l'église Saint-Michel par frère Denis Véron (1297).

    AD Maine-et-Loire. 101 H 158. Abbaye de Fontevraud. LARDIER, Jean (dom). Volume sixiesme de l'inventaire des titres de la fenestre LVI du Thrésor de Font-Evraud disposé, contenant les titres de la petite recpte & le supplément de la grande recepte ou greneterie fait du temps de très religieuse princesse madame Jeanne Baptiste de Bourbon, etc., manuscrit, Fontevraud, 1656.

    AD Maine-et-Loire. 101 H 160. Abbaye de Fontevraud. LARDIER, Jean (dom). Thrésor de l'ordre de Font-Evraud disposé en 3 volumes. Volume 1. Contenant l'inventaire des registres et extraits de conseil des abbesses pour les affaires qui regardent l'abbesse & le temporel de ladite abbaye par ordre alphabétique du temps de M. Jeanne Baptiste de Bourbon, XXXII. Abbesse, chef & générale dudit ordre, manuscrit, Fontevraud, 1649.

    AD Maine-et-Loire. 101 H 206. Abbaye de Fontevraud. Devis des réparations à faire à l'église Saint-Michel de Fontevraud (1696).

    AD Maine-et-Loire. O 560. Communes : Fontevraud-l'Abbaye. Église : travaux, plans (1843-1928)

    AD Maine-et-Loire. 4 V 7. Cultes, immeubles et bâtiments paroissiaux. Arrondissement de Saumur : tableaux, correspondances, aides et état des églises et des presbytères (1810-1838). Accord d'un secours pour achever les travaux commencés sur l'église en 1829 AD Maine-et-Loire. C 1916. Contrôle des actes. Bureau de Fontevraud. Acte passé par Antoine Cailleau pour l'adjudication du jubé dans l'église de Fontevraud, reçu Me Despieds (f°26, 16 juillet 1741, acte original perdu).

    AM Fontevraud-l'Abbaye. 1 E / 1 à 24. État civil. Registres paroissiaux: baptêmes, mariages, sépultures (1579-1793).

    BN. Ms. lat. 5480. Chartularium monasterii Fontis-Ebraldi, dioecesis Pictaviensis, ex chartis et magno chartulario describi curavit Rog. de Gaignières. Bulle de réconciliation après crimes et vilenies de la Guerre de Cent ans (1372). Voir t. 2, p. 289-290.

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  • POHU, Joseph (abbé). L'église Saint-Michel de Fontevraud, Lescuyer, Lyon, 1961.

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  • PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, réédition mise à jour et augmentée, Angers, tome 2, 1978. Voir article : Fontevraud-l'Abbaye

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  • SALBERT Jacques. Les ateliers de retabliers lavallois aux XVIIe et XVIIIe siècles : étude historique et artistique, Paris, Lib. C. Klincksieck, 1976.

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