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Demeure dite la Prévôté, puis café-restaurant dit le Lion d'Or, actuellement restaurant

Dossier IA85002159 réalisé en 2019

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour
Dénominationscafé, restaurant
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 25 place
Charles-De-Gaulle
Cadastre : 1836 C 735, 736, 737, 741 ; 2019 AK 226

La Prévôté jusqu'au XVIe siècle

Ce bâtiment, la cour au nord et les bâtiments qui l'entourent ont succédé au XIXe siècle à une ancienne demeure appelée la Prévôté. Elle devait sans doute son nom au fait d'abriter probablement au Moyen Age le siège d'une prévôté, juridiction royale locale. Au XIe siècle, juste après la donation de l'île de Vix à l'abbesse de Saintes, un certain Thibaud et son fils Raoul sont prévôts de Vix. Au début du XIIe, cette fonction est exercée par André Trahent qu'un contentieux oppose à l'abbesse de Saintes. La fonction de prévôt se perd ensuite au cours du Moyen Age, mais la Prévôté en tant que bâtiment et domaine noble et foncier perdure.

La Prévôté et ses dépendances sont mentionnées à plusieurs reprises à partir du XIVe siècle. En 1374 (selon l'acte de 1559 cité ci-dessous), une terre dépendant de la Prévôté se trouve au lieu-dit la Combe, près du Bourbia (c'est là où sera ensuite construite la métairie de la Combe). Le 23 octobre 1460, Me Jehan de Fougières, licencié en droit, futur chanoine prébendé de Poitiers, et neveu d'Isabeau de Couhé, abbesse de l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers, donne à Jehan Aguenier, écuyer, en nue propriété, et à dame Marie Aguenière sa sœur, religieuse de la même abbaye, en usufruit, "les houstels de la Prévousté de Vix tenu noblement et par hommage de l'abbesse de Notre-Dame hors les murs de Xainctes", avec la métairie de la Combe qui en dépend. D'ailleurs, le 23 août 1505, Perrine Olivier, veuve de Jean Symonneau, sieur de la Prévôté, marchand à Fontenay-le-Comte, rend aveu à l'abbesse de Saintes.

Dans la première moitié du XVIe siècle, la Prévôté est détenue par la famille Marchand, notamment Julien Marchand, sieur de la maison de la Prévôté et de la Combe, époux d'Anne Augereau, procureur et praticien en cour lay à Fontenay-le-Comte où il demeure, au faubourg des Loges. Le 9 mai 1515, Me Jehan Gazeau, procureur de Julien Marchand, prévôt de Vix comme ayant les droits de Perrine Olivier veuve Symonneau, rend aveu à l'abbesse de Saintes. Le 1er mai 1557, Julien Marchand afferme à Jehan Bachelier et à son fils Mandé, laboureurs à Vix, "ses maisons et métairies de ladite Prévôté et de la Combe".

En 1559, après la mort de Julien Marchand, ses biens sont partagés entre ses enfants. Sa fille Marie, épouse de Jehan Garreau, obtient "le chemerage de ladite Prévôté" (le chemerage est un droit lié à l'aîné des enfants ou au bien principal des parents). En 1580, veuve, elle demeure au bourg de Vix (à la Prévôté ?). Elle décède vers 1592. En 1601, son fils Jehan Garreau, époux de Jacquette Cochet, demeurant au faubourg des Loges à Fontenay-le-Comte, cède à Me Jehan Rolland, conseiller et secrétaire de l'abbesse de Saintes, le droit de fief à complant au fief des Vignes blanches, dépendant de la Prévôté de Vix, ainsi que tous ses droits sur ladite Prévôté. Mais un contentieux s'élève au sujet de la possession de la Combe et de la Prévôté entre les héritiers Garreau et l'abbesse de Saintes, d'une part, et Me Paul Babin, sieur de la Combe, d'autre part. Le 4 juin 1611, une transaction intervient entre les deux parties. L'autorité de l'abbesse est reconnue sur "l'houstel et maison noble de la Prévôté".

Un des biens de la famille Garos-Denfer aux XVIIe et XVIIIe siècles

On retrouve la Prévôté quelques décennies plus tard lorsque, le 19 avril 1671 (acte cité par celui de 1685 ci-dessous), Jean Billaud, seigneur de Fief-Lambert, président du siège royal et sénéchaussée de Fontenay-le-Comte, et Françoise Billaud, veuve de Philippe Agroué, seigneur de l'Orbrie, en héritent de leur père, François Billaud, sieur de Pigeasse. Le 5 mai 1685, ils vendent la métairie de la Prévôté à Pierre Garos (1637-1708), époux de Françoise Regnaud. Celui-ci est procureur fiscal et fermier seigneurial de Vix, au nom de l'abbesse de Saintes, depuis 1683 environ. Il est le commanditaire en 1687 de la demeure qui se trouve face à la Prévôté (58-60 rue Georges-Clemenceau). La Prévôté va rester pendant tout le XVIIIe siècle dans les mains de la famille Garos-Denfer qui monopolise les principales fonctions administratives et seigneuriales à Vix jusqu'à la Révolution.

En 1708, au décès de Pierre Garos, son fils Pierre-Fort, époux de Catherine Chevallereau, est dit sieur de la Prévôté. En 1756, le curé de Vix Henri Raboteau acquiert une maison située "au fief du Prévôt", le long du chemin qui descend au port Naudon (actuelle rue Pousse Fenouil). La fille de Pierre-Fort Garos, Françoise (1707-1773), épouse de René Denfer de Haute-Roche, transmet la Prévôté à sa propre fille, Françoise Denfer (1733-1808), mariée à Venant François Gaudicheau, marchand et maître apothicaire à Fontenay-le-Comte. La Prévôté est mentionnée une dernière fois le 25 mai 1805 lorsque Françoise Denfer veuve Gaudicheau la vend à Pierre Rossard, marchand.

De la demeure au café-restaurant (XIXe-XXe siècles)

L'emprise de l'ancienne Prévôté apparaît encore sur le plan cadastral de 1836. Le plan montre à cet endroit une cour ouvrant sur la place par un passage qui depuis a été couvert. La cour est entourée par plusieurs habitations qui forment un vaste U refermé. Leurs différents propriétaires se partagent la propriété de la cour. L'aile sud de ces bâtiments, le long de la grande rue, est elle-même divisée en deux logements : celui à l'extrémité ouest appartient à la veuve de Louis Mion ; le reste, parallèle à la rue, est détenu par Louis Michel Pochon, menuisier. Dans l'angle sud-est de la cour se trouve un four, propriété de Jean Phelippeau dit Jolibois.

L'aile sud de cet ensemble est reconstruite en 1861 et 1870 pour le compte de François Héraud (1813-1863), sabotier, puis de sa veuve, Magdeleine Garnier (1814-1893). Celle-ci tient là une auberge et un restaurant avec son second mari, Jean Boutin (1812-1878) puis seule. Un autre agrandissement a lieu en 1883. C'est sans doute à l'occasion de ces différents travaux que l'entrée de la cour est transformée en passage couvert.

Le café-restaurant est ensuite tenu (au recensement de 1906) par Amélina Simonnet, hôtelière, veuve d'Edgar Guédon. Son fils Robert, comme son père avant lui, tient là aussi un atelier de bourrelier. Appelé le Lion d'Or (à la suite d'un autre établissement du même nom, laissé à la ruelle où il se trouvait), l'établissement est repris après la guerre de 1914-1918 par Maxime Mariteau (1887-1936) (également voiturier et conducteur d'omnibus entre le bourg et la gare de Vix-Le Gué-de-Velluire) et son épouse, Hélène Héraud (1891-1965). Le café-restaurant est ensuite tenu par leur fille, Marcelle Mariteau. Jusque dans les années 1980, l'établissement, réputé, accueille repas de familles et festivités. L'activité de restauration se perpétue de nos jours.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle

Le bâtiment est situé en alignement sur la voie, à l'angle de la place Charles-De-Gaulle. Il masque une cour intérieure, accessible par le passage couvert qui se trouve sous le corps de bâtiment à gauche. Le corps principal, parallèle à la rue, est couvert d'un toit avec une croupe surmontée d'un épi de faîtage en terre cuite. Une corniche souligne le toit et un solin marque la base du bâtiment. La façade sur la rue présente trois travées d'ouvertures et quatre baies au rez-de-chaussée. Les encadrements des baies sont saillants et les pleins de travées sont appareillés. Sur le mur pignon, côté place, une porte fenêtre ouvre sur un balcon avec garde-corps en ferronnerie, orné de volutes. Un autre balcon en ferronnerie, à motifs floraux cette fois, court le long de l'étage du corps secondaire, toujours du côté de la place.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré, étage en surcroît
Couvrements
Couverturestoit à longs pans croupe
Techniquesferronnerie
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, B 1233, fol. 41. 1685, 5 mai : vente de la métairie de la Prévôté de Vix par Jean et François Billaud à Pierre Garos.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 37/267. 1601, 5 juin : Françoise de la Rochefoucault, abbesse de l'abbaye Notre-Dame de Saintes et à cause de sadite abbaye, dame du prieuré, terre et seigneurie de l'île de Vix, par son procureur Jehan Rolland, son conseiller et secrétaire, achète à Jehan Carreau, demeurant au faubourg des Loges de Fontenay, fils et héritier en partie des feus Jehan Garreau et Marie Marchant, tous ses droits concernant la prévôté de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 38/31. 1805, 25 mai (5 prairial an 13) : vente de la maison de la Prévôté de Vix par Françoise Denfer, veuve de Venant Gaudicheau, à Pierre Rossard.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/38. 1756, 17 avril : acquisition par Henri Raboteau, curé de Vix, d'une maison au fief du prévôt.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Collection particulière Maynard. Archives relatives à la Combe et à la prévôté de Vix, provenant du château de la Saucelière, à Foussais-Payré.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

Bibliographie
  • GRASILIER, abbé Th. Cartulaires inédits de Saintonge, t. 2, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Saintes, Niort, L. Clouzot, 1871.

    p. 147-148
  • LA BOUTETIERE, Louis de. "Recherches historiques sur le département de la Vendée : un document par canton. Les prévôts de Vix à la fin du XIe siècle", Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, 1874, p. 109-113.

    p. 109-113
  • MAILLAUD, Jean. Notes généalogiques.

    famille Marchand
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis