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Demeure dite la Pichonnière

Dossier IA85002614 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéesparc, cour, communs, clôture, portail
Dénominationsmaison, demeure
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Maillé
Lieu-dit : Pichonnière (la)
Adresse : route
D15
Cadastre : 1835 C 260, 262 ; 2020 ZB 173

La Pichonnière est mentionnée sur la carte de la région par Claude Masse. Il s'agit alors d'un domaine dont les bâtiments se situent de part et d'autre du chemin reliant Maillezais et La Ronde, à la frontière entre les terres hautes de Maillé et les marais. Cette configuration est la même sur le plan cadastral de 1835. Il montre un grand corps de bâtiment à l'ouest de la route, ainsi que le petit qui existe encore de nos jours au sud de la maison (fournil ?).

Il semble qu'au milieu du XVIIe siècle, le domaine de la Pichonnière, tout comme le moulin de la Pichonnière, appartenait à la famille Carrel, en particulier Jean Carrel, sieur du Peux, conseiller secrétaire de Gaston, duc d'Orléans, marié en 1646, à Fontenay-le-Comte, avec Renée Pascaud. Parmi leurs deux filles, Suzanne, épouse de Louis Barraud, transmet le moulin à ses descendants. Sa sœur, Catherine, mariée en 1664, à Pissotte, avec Gabriel Dorin, écuyer, seigneur du Poiron, à Pissotte, apporte à son mari le domaine de la Pichonnière.

Le 8 mai 1680, Messire Gabriel Dorin, écuyer, seigneur du Poiron, et Dame Catherine Carrel son épouse, demeurant au Poiron, à Pissotte, vendent pour 3000 livres à Geoffroy Picoron, seigneur de la Bernegoue et des Champs, demeurant à La Rochelle (marié en 1657, à Fontenay-le-Comte, avec Anne Brisseteau de Saint-Michel), "la maison, fournil, grange, toits, appents, cours, jardins, mottes, aires, quaireux, prés, bois, marais, écluse, bouchau, pêcherie et la tierce partie des droits du passage, port, arrivage de la Pichonnière à La Ronde, et généralement tout ce qui dépend de la borderie desdits sieur du Poiron et dame Carel son épouse, sis au village de la Pichonnière, paroisse de Maillé". Jacques Riffaud en est alors fermier. Gabriel Dorin de Poiron conserve les deux autres tiers du passage de la Pichonnière, qui dépend donc aussi du domaine.

Après Geoffroy Picoron, la Pichonnière passe à son fils, Joseph Picoron de la Pichonnière, avocat au présidial de La Rochelle, marié en 1709, à Saint-Sauveur de La Rochelle, avec Anne Bertrand. Il transmet le domaine à sa fille, Marie Picoron de la Pichonnière (1710-1790), mariée à Charles Billaud de la Butterie puis, en secondes noces, à Pierre Alexis Bonvallet des Brosses. Veuve, elle vend le 24 juillet 1781, pour 24500 livres, à Anne Guérin veuve Quoy, demeurant au bourg de Maillé, la métairie et maison de la Pichonnière, ainsi que ses dépendances dont le port et passage de la Pichonnière à La Ronde, avec le droit de péage, et le fief de la Grande Bernegoue.

Anne Guérin (1731-1784), veuve de Dominique Quoy (1729-1774), marchand, assoit ainsi son influence à Maillé où elle est déclarée "maîtresse chirurgienne" au décès de son mari, et où va naître, en 1790, son petit-fils, le chirurgien de marine et scientifique Jean René Constant Quoy. A la mort d'Anne Guérin veuve Quoy, la Pichonnière ainsi que de nombreux autres biens (la maison paternelle dans le bourg, 10 rue du Four, le pré de l'ancienne chapelle Saint-Pient, etc) passent à sa fille, Jeanne Anne Quoy (1760-1820), épouse de Joseph Constantin, demeurant rue du Palais à Fontenay-le-Comte. Les bâtiments et terres de la Pichonnière figurent dans son testament rédigé le 1er avril 1818 et enregistré après sa mort, le 21 octobre 1820. Ils sont alors attribués à sa fille, Joséphine Constantin, épouse de Michel Brossard, notaire au Busseau (Deux-Sèvres).

Quant à la ferme, à l'est du domaine, de l'autre côté de la route, elle est exploitée dès la fin du XVIIIe siècle par la famille Simonneau : François Simonneau, fils de François et de Jeanne Patarin, naît à la "ferme du passage de la Pichonnière" en 1783. C'est à lui que le domaine appartient désormais en 1835 (de même que le passage de la Pichonnière), quand la ferme à l'est est détenue par Jean Prunier. Ils les ont probablement achetés quelques années auparavant auprès de Josephine Constantin épouse Brossard. Pendant tout le XIXe siècle, la propriété de la Pichonnière appartient à la famille Simonneau, soit François Simonneau (1817-1880), gendre du précédent, époux d'Agathe Simonneau, puis leur fils Théophile Simonneau (1851-1929), maire de Maillé de 1896 à 1904, époux de Marie Martin. En 1900, ce dernier fait démolir les anciennes bâtisses et construire la nouvelle demeure, à la mesure de sa réussite sociale et économique. La propriété passe ensuite à son gendre, François Bonavita. Né en 1873, originaire d'Ustaia, en Italie, celui-ci a d'abord vécu à Taugon (où il a construit la villa Cyrnos, 7 rue de la Vinette), et a été maire de cette commune de 1912 à 1919.

Période(s)Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Dates1900, daté par source

La propriété est située sur le côté ouest de la route D15 qui relie Maillé et La Ronde. Elle s'élève sur les terres hautes, à quelques encablures des marais qui s'étendent au sud. Elle est entourée par un muret surmonté d'une grille, interrompu à l'est par un portail et une porte piétonne à piliers maçonnés. Chaque pilier est orné d'une corniche à denticules et d'un amortissement surmonté d'une boule. La demeure s'élève en arrière, en retrait par rapport à la voie, au milieu d'un parc en partie arboré. Double en profondeur, elle comprend un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage. Elle est couverte d'un haut toit à croupes, en ardoise, au-dessus duquel s'élèvent des souches de cheminées en brique et pierre et une crête de faîtage en zinc. Les angles du bâtiments sont marqués par des pilastres qui soutiennent la corniche moulurée. La façade principale, à l'est, comme la façade ouest, présente trois travées d'ouvertures, réparties symétriquement autour de la porte centrale. Les pleins de travées sont appareillés. Chaque baie possède un linteau en arc délardé et un encadrement saillant. Celle-ci est accessible par un degré. La porte, accessible par un degré, présente en outre un encadrement mouluré, sous une corniche à denticules, ainsi que des vantaux et une imposte en bois et ferronnerie.

Dans le parc, au sud-ouest de la demeure, se trouvent d'anciens communs en grande partie remaniés ou disparus. On observe une pierre monolithe, en losange, entaillée de deux larges rainures (socle d'une structure en bois ?).

Murscalcaire moellon enduit partiel
Toitardoise
Plansplan massé
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
TypologiesMaison indépendante ; Maison de maître ; 3
Techniquessculpture
ferronnerie
Représentationsdenticule ove colonne rinceau
Précision représentations

Les vantaux de la porte présentent un décor de denticules et d'oves, ainsi qu'une colonnette centrale terminée par un chapiteau à motifs végétaux. Les éléments en ferronnerie sont formés de rinceaux.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée ; B 659-1, fol. 10v. 1764, 26 juin : acte de vente du moulin de la Pichonnière, à Maillé, par Charles de La Boucherie à François Simonneau.

  • Archives départementales de la Vendée ; B 664-2, fol. 34. 1781, 27 juillet : enregistrement de l'acte de vente du domaine de la Pichonnière, à Maillé, par Marie Picoron, veuve de Pierre Alexis Bonvallet des Brosses, à Anne Guérin, veuve Quoy.

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 E 36 D (en ligne, vue 337/492). 1680, 8 mai : vente du domaine de la Pichonnière, à Maillé, par Gabriel Dorin, écuyer, sieur du Poiron, à Geoffroy Picoron, sieur de la Brenegoue, devant Elie Train, notaire à Fontenay-le-Comte.

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 P 1460 à 1465, 3578, 3579 (complétés par les registres conservés en mairie). 1836-1914 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Maillé.

  • Archives départementales de la Vendée ; 2 Q 6409. 1820, 21 octobre : enregistrement et transcription du testament de Jeanne Anne Quoy, veuve de Joseph Constantin.

Documents figurés
  • 1720, 29 octobre : Carte du 46e quarré de la generalle des costes du Bas Poitou, païs d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse Guienne..., par Claude Masse. (Service Historique de la Défense, Vincennes ; J10C 1293, pièce 17).

  • Plan cadastral de Maillé, 1835. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 132 ; complété par l'exemplaire conservé en mairie).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


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