Dossier IA49010753 | Réalisé par
Cimetière, rue Saint-Jean-de-l'Habit, Fontevraud-l'Abbaye
Auteur
Rousseau Bruno
Rousseau Bruno

Photographe auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine jusqu'en 2018.

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Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Fontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
  • Commune Fontevraud-l'Abbaye
  • Lieu-dit l' Abbaye
  • Adresse rue Saint-Jean-de-l'Habit
  • Cadastre 2011 F 161
  • Dénominations
    cimetière
  • Parties constituantes non étudiées
    tombeau, chapelle funéraire, croix de cimetière

La présence du carré des détenus de la Maison centrale de Fontevraud est une des principales caractéristiques de ce cimetière. On y trouve aussi plusieurs monuments funéraires notables. Par ailleurs, on peut noter que ce site perpétue l'emprise d'une partie d'un jardin des moines de Saint-Jean-de-l'Habit et de son mur de clôture.

En application du décret impérial du 23 prairial an XII (12 juin 1804) et de ses préoccupations hygiénistes, les autorités municipales de Fontevraud décident, dès 1807, d'abandonner l'ancien cimetière au cœur du bourg pour en établir un nouveau, à l'écart des habitations, ce que réclamait également des habitants de la commune. Les vendeurs se font rares, redoutant la proximité d'un lieu d'inhumation aux abords d'autres de leurs terres. Le Conseil municipal parvient tout de même à acquérir des parcelles qui correspondent aux contraintes imposées par le décret impérial : en retrait des zones habitées, exposées au nord, d'une superficie suffisante pour assurer la rotation des sépultures sur un bon nombre d'années, dans un site légèrement surélevé et déjà en partie clos de murs.

Autrefois compris dans l'enclos de l'abbaye de Fontevraud, ces terrains formaient, jusqu'à la Révolution française siècle, une partie de l'assise foncière du couvent de Saint-Jean-de-l'Habit, au sud même de l'église conventuelle, avant d'être saisis comme biens nationaux et mis en vente en un lot vite morcelé.

Les terrains, soit au total 4.432m2, sont acquis par la commune et des travaux y sont conduits pour établir une rampe d'accès, depuis ce qui est aujourd'hui la rue Saint-Jean-de-l'Habit, et murer le côté est qui n'était pas clos.

Le nouveau cimetière est établi en 1814.

Rapidement, ce cimetière s'avère trop petit, car la commune est confrontée à la surmortalité carcérale que connaît la Maison centrale de Fontevraud, inaugurée en cette même année 1814 et où les conditions de détention deviennent vite très rudes. Dans les décennies suivantes, le Ministère du commerce et des travaux publics estime que l'on observe là une moyenne annuelle de 100 décès ce qui, à raison d'une surface de 2m2 par inhumation, correspond à 2000m2 de terrain nécessaire pour 10 ans de fonctionnement de la centrale. Par ailleurs, les concessions perpétuelles imposent aussi une extension à terme du cimetière des habitants de la commune. En 1833, le Conseil municipal envisage donc d'agrandir le cimetière et obtient, en 1833, la promesse de vente de trois propriétaires pour des terrains attenants. Pour faire cette acquisition, exposée à une situation qu'elle impute en grande partie à la prison, la commune demande l'aide du gouvernement qui, de la main même du Ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers, lui refuse tout secours financier, estimant qu'une commune doit pourvoir elle-même aux inhumations des personnes qui décèdent sur son territoire. En 1836, le Conseil municipal recourt donc à une imposition extraordinaire pour acquérir les plus de 2.200m2 de terres nécessaires à l'extension du cimetière, avec paiement réparti sur les budgets municipaux de 1837 à 1839.

Dans le carré des détenus, le mode d'inhumation adopté consiste en une rotation des sépultures avec délai minimal d'ensevelissement. L'entretien et le suivi en sont toutefois minimes et en 1870, dans une lettre adressée au Préfet de Maine-et-Loire, le directeur de la Maison centrale de détention de Fontevraud, J. Christaud, s'indigne de l'état du carré des détenus : "ce terrain est moins un cimetière qu'une grande friche dont rien n'indique la destination particulière". Il se plaint que l'on ne sait où se trouvent les sépultures, au risque de les mettre au jour en creusant de nouvelles tombes et désire en faire un espace plus digne, où l'on puisse "y suivre un peu la main de l'administrateur et aussi le signe consacré de la religion". Pour lui, "il s'agirait simplement de diviser le terrain en quatre grands carrés au moyen de deux grandes allées dont le centre porterait une croix en pierre. C'est peu de chose et cela suffirait pour donner au cimetière de la Maison le caractère religieux qui lui manque complètement". Le devis du calvaire des détenus (143 francs) en est approuvé par autorisation ministérielle du 15 juillet 1870. Sur des plans dressés par l'architecte de la Maison centrale, Boutry, qui contrôle ce chantier, les travaux sont réalisés par l'entrepreneur général Lippmann, du 1er novembre 1870 au 31 décembre 1870, pour la somme de 131,84 francs. L'économie est due au fait que la pierre dure de la croix n'est pas du calcaire de Champigny, mais de Chauvigny, réputé plus beau et alors moins cher. Au fil du temps et notamment après la fermeture de la maison centrale de détention (1963, avec fonctionnement a minima jusqu'en 1985), le monument des détenus tombe dans un certain abandon (croix brisée, pierres du socle descellées). Ce calvaire est intégralement restauré en 2011-2012.

Dans sa configuration actuelle, le cimetière a une superficie de 6.700m2 et forme un trapèze de près de 90m de long par 60 à 85m de large. Le mur de clôture, en partie remonté et restauré en 2011-2012, correspond, au nord, à l'ouest et au sud, à un mur qui enfermait un jardin attenant au couvent de Saint-Jean-de-l'Habit.

La partie occidentale accueille l'ancien carré des détenus, où s'élève la croix monumentale érigée en 1870 (intégralement restaurée en 2011-2012) ; la partie nord accueille un carré des enfants et un columbarium a été récemment construit dans l'angle nord-ouest du cimetière.

Outre le calvaire du carré des détenus, plusieurs tombes et monuments funéraires sont notables comme la chapelle funéraire de la famille Hudault-Dumoustier (avec bel ensemble de vitraux peints en 1893 par les ateliers Foulonneau et Chouteau à Angers) ou le monument aux victimes du 31 mai 1883.

  • Murs
    • moellon
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • AD Maine-et-Loire. O 560. Biens communaux. Fontevraud-l'Abbaye. Dossier "cimetière" : pièces diverses sur le nouveau cimetière (1807-1837).

  • Archives départementales de Maine-et-Loire, Angers. O 561. Biens communaux. Fontevraud-l'Abbaye. Dossier "1883 Fontevrault" : délibération municipale pour la construction d'un monument funéraire (1883).

  • AD Maine-et-Loire. 4 Q 13558. Domaines, enregistrement, hypothèques. Acquisitions de terres auprès de trois propriétaires par la commune de Fontevraud pour une extension du cimetière : actes n°32, 33 et 34 (23 septembre 1836).

  • AD Maine-et-Loire. 1 Y 114. Etablissements pénitentiaires. Maison centrale de Fontevraud. Bâtiments : travaux (1869-1879).

  • AM Fontevraud-l'Abbaye. 1 N 5. Cimetière. Pièces relatives à l'ancien et au nouveau cimetière (1813-1833).

  • AM Fontevraud-l'Abbaye. 1 N 7. Cimetière. Cimetière : tombes et concessions (1864-1976).

Annexes

  • Annexe n°1
Date d'enquête 2010 ; Dernière mise à jour en 2010
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine