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Chapelle templière puis église paroissiale Notre-Dame de Puyravault

Dossier IA85001897 inclus dans Commanderie, actuellement maison et ferme réalisé en 2017

Fiche

VocablesNotre-Dame
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Puyravault
Lieu-dit : Bourg
Adresse : rue
de la Garne
Cadastre : 1834 A 68 ; 2017 AC 248

Construite, semble-t-il, au 12e siècle pour l'essentiel, l'église était jusqu'à la Révolution la chapelle de la commanderie de Puyravault dans l'enceinte de laquelle elle se trouvait. Servant également d'église paroissiale, son curé était désigné par le commandeur. Sa façade occidentale a connu des transformations après la guerre de Cent ans, avec notamment le remplacement de l'ancien portail roman (dont il reste l'arc) par un portail de style gothique (première moitié ou milieu du 16e siècle ? voir ci-dessous les dates inscrites). La partie supérieure de cette même façade résulte aussi sans doute d'une reconstruction (appareillage différent des pierres, ouverture murée au-dessus du portail), au 15e ou au 17e siècle. Différents graffiti portés sur les voussures du portail comprennent des dates, sans que l'on sache à quoi elles correspondent (date de reprise du portail et de la façade ?) : 1552 sur le côté gauche (en faisant face à la porte) ; 1549 et "I P / H 191550 / S1755Z" sur le côté droit. La baie d'axe du chevet aurait été réalisée au 17e siècle. Les baies de la nef ont été agrandies en hauteur (en 1763 selon le bulletin paroissial de septembre 1930, pour résoudre des problèmes d'humidité).

En 1670, une visite des lieux fait état de riches ornements : une cloche, un ciboire et un ostensoir en argent, une croix-reliquaire en argent également, un tableau représentant l'Assomption, placé au-dessus du maître-autel, et différents vêtements sacerdotaux entreposés dans un espace faisant office de sacristie, derrière l'autel. Cette dernière information semble indiquer que la sacristie a été construite après 1670, ce que confirme une autre visite effectuée en 1748 : son procès-verbal comprend bel et bien la sacristie, indépendante du choeur. Sa construction a dû faire partie des nombreux travaux effectués à la commanderie et dans ses dépendances dans les années 1730-1740 par Louis Biaille, puis son fils Etienne Biaille, curé de Puyravault et fermier de la commanderie. La visite de 1748 fait aussi état de non plus une seule cloche mais de deux ; c'est effectivement Etienne Biaille qui a fait poser, en 1744, la cloche qui se trouve encore aujourd'hui dans le clocher.

A la Révolution, l'église est saisie comme bien national, comme tous les autres biens de la commanderie. Le 17 juin 1796 (29 prairial an IV), elle est estimée à 1800 livres. A une date indéterminée, elle est acquise par Nicolas Tiffereau qui a déjà acheté la commanderie quelques années plus tôt. Les créanciers de celui-ci s'en saisissent et la revendent le 12 mai 1807, devant Me Cougnaud, notaire à Fontenay-le-Comte, à divers particuliers, pour 630 francs. Aussitôt rendue au culte, l'église fait l'objet d'un contentieux avec la municipalité lorsque, le 19 novembre 1829, ses propriétaires la lui cèdent gratuitement, par acte passé devant Me Hurtaud, notaire à Chaillé-les-Marais. Cette cession n'est pas en effet officialisée par une ordonnance royale, et les vendeurs refusent alors un temps d'en rendre les clés.

De toute façon, depuis le rétablissement du culte en 1801, Puyravault ne constitue qu'une succursale à la paroisse de Sainte-Radégonde-des-Noyers. Malgré tout, jusqu'au rétablissement de la paroisse de Puyravault en 1857, la municipalité rechigne à participer aux frais engagés par sa voisine de Sainte-Radégonde-des-Noyers pour l'entretien de sa propre église et pour le logement du curé.

En 1858, l'abbé Louis Billet est nommé premier curé de Puyravault depuis la Révolution. En 1859, on projette de construire un clocher et d'agrandir l'église, projet sans suites. La sacristie est agrandie en 1901-1902. En 1907, le curé Dumas quitte la paroisse et n'est pas remplacé. Le curé de Sainte-Radégonde-des-Noyers, assisté d'un vicaire auxiliaire, prennent le relai. Dans les années 1930, l'église de Puyravault est desservie par un missionnaire de la Plaine, de Luçon. En 1940, le père Berteau, est nommé vicaire économe de Puyravault, et entreprend de remettre l'église en état : remplacement des ornements, mise en place de l'électricité, etc. Cet élan se poursuit après 1945. L'intérieur de l'église connaît une complète réfection en 1965, faisant disparaître beaucoup de ses ornements, et se traduisant par un traitement controversé des pierres extérieures.

Période(s)Principale : 12e siècle
Secondaire : 15e siècle, 17e siècle

L'église est située dans la partie ouest du bourg. Elle est comprise entre le cimetière, au sud, et l'ancien logis de la commanderie, au nord. Son architecture, caractéristique des églises de l'ordre des Templiers, présente une harmonie de formes et de dimensions qui traduit une conception mathématique du plan et des proportion. De plan rectangulaire, longue de 21 mètres sur 9 de large à l'extérieur (19 mètres de long à l'intérieur), elle comprend un simple nef, sous un toit à longs pans. Les deux murs pignons sont découverts et encadrés de contreforts d'angles. Un autre contrefort soutient chacun des deux murs de la nef.

La façade occidentale est construite en pierre de taille pour sa moitié inférieure, en moellons pour sa moitié supérieure. Elle présente un arc en plein cintre orné de pointes de diamants, peut-être le vestige d'un premier portail d'époque romaine. Les sommiers de cet arc se prolongent en un bandeau jusqu'aux angles de la façade. Dans cet arc est inscrit un portail en arc brisé (1ère moitié ou milieu du 16e siècle ?), à trois voussures retombant sur des fines colonnettes. Le rouleau d'archivolte est soutenu par deux culots sculptés qui, bien que dégradés, semblent présenter des anges portant des armoiries. Au-dessus, de part et d'autre d'un départ de baie murée, quatre corbeaux devaient soutenir un auvent en bois. La base d'une ancienne colonne est placé. La façade se termine par un clocher-mur à fronton triangulaire, en pierre de taille, percé de deux baies en plein cintre.

Les murs de la nef sont percés chacun de trois baies en arc brisé. Au sommet du mur sud, sous la ligne du toit, des modillons muets alternent avec des modillons sculptés, ornés de figures humaines ou fantastiques. Au sommet du mur nord, un seul modillon présente une figure humaine ; les autres sont muets. Une baie à réseau, en arc brisé (17e siècle ?), est percée dans le mur de chevet plat. Au-dessus, un drapeau tricolore en métal (fixé au 19e siècle ?) est placé au sommet du mur pignon est.

A l'intérieur, la nef, haute de 9,50 mètres, est voûtée en berceau brisé. Un arc doubleau, retombant sur deux colonnes engagées, sépare la nef du chœur. Les chapiteaux des colonnes sont sculptés d'entrelacs et de palmettes gravées. Des bandeaux courent de chaque côté de la nef et du chœur, en prolongeant le tailloir des chapiteaux des deux colonnes. Le sol est recouvert d'un pavement à motifs géométriques dans la nef, végétaux dans le chœur.

Murscalcaire moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Plansplan rectangulaire régulier
Couvrementsvoûte en berceau brisé
Couverturestoit à longs pans
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1991/12/16
Précisions sur la protection

Inscription par arrêté du 16 décembre 1991

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. BIB PB 408. 1927-1932, 1937-1939 : Bulletin paroissial de Puyravault et Sainte-Radégonde-des-Noyers.

  • Archives départementales de la Vendée. 21 Fi 2/6. 1969-1971 : pré-inventaire des monuments et richesses artistiques de la France, commune de Puyravault.

  • Archives départementales de la Vendée. 1 O 533. 1829-1931 : édifices et services publics, édifices du culte, cimetière, endiguement et bornage des relais de mer à Puyravault.

  • Archives départementales de la Vendée. 1 Q 180. Procès-verbaux d'estimation des biens nationaux du canton de Chaillé-les-Marais.

  • Archives départementales de la Vienne. 3 H 1/860. 1684-1758 : baux à ferme de la commanderie de Puyravault, procès-verbaux de visite, comptes-rendus de travaux, nomination à la cure.

  • Archives paroissiales, Chaillé-les-Marais. 1869-1959 : carnet de chroniques paroissiales de la paroisse de Puyravault.

Documents figurés
  • 1834 : plan cadastral de Puyravault. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 185).

Bibliographie
  • AILLERY, Eugène (abbé). Chroniques paroissiales : canton de Chaillé-les-Marais, manuscrit, vers 1855, 67 p. (Archives départementales de Vendée, 1 J 2698).

  • DILLANGE, Michel. Vendée romane. Bas-Poitou roman. La-Pierre-qui-Vire : Zodiaque, 1976

    p. 205-210
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