L'existence d’un prieuré-cure est attestée à Montreuil-le-Henri dès le XIIIe siècle (1296). Il dépend alors de l'abbaye de Saint-Georges-du-Bois en Vendômois (Loir-et-Cher). Il était originellement situé au centre du village, sur le côté nord de l'église et du cimetière médiéval, emplacement où il se trouvait encore au début du XVIIe siècle.
L'hommage rendu en 1664 par Marin Bourgault, prieur de Montreuil-le-Henri, à Claude Chapuiset, seigneur des lieux, nous donne le détail des biens du prieuré dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, époque à laquelle il a vraisemblablement été déplacé au sein de l'édifice étudié. La description est la suivante : maison presbytérale, avec grange, étable, galerie, toits à porcs, cours, fossé et réservoir, un grand jardin derrière la maison renfermé de fossés, un bois de hautes futaies et une noue au bas du jardin, une pièce de terre naguère en labeur, actuellement une noue appelée le "champs de la vigne", le tout entouré de fossés et de haies, ainsi que de nombreux terrains alentours, notamment des pièces de terres auprès de la métairie du Brouillard et à la Davière. Un autre hommage, rendu en 1729, nous apprend que le prieuré était alors composé du logis du prieur comprenant trois chambres basses à feu et un petit cabinet au bout, ainsi qu'une chambre haute à feu. Le domaine comprend en outre un fournil, une écurie, une étable, une porcherie, une grange, un appentis placé sur le mur du jardin servant de bûcher, une cour entre les deux bâtiments, un jardin partie potager partie vigne et un puits à eau. S'y ajoutent le jardin, les noues, le bois de haute futaie, le tout entouré de haies vives, ainsi que de nombreuses terres déjà évoquées en 1664.
En 1791, les bâtiments du prieuré sont vendus comme bien national. L'édifice est alors racheté par la municipalité en 1809, "avec jardin et dépendances", pour y établir le presbytère. L'ensemble est ainsi décrit : "maison destinée au logement dudit curé, composée de plusieurs chambres à feu, chambre froide et cave dessous, grenier dessus, d'un autre bâtiment au bout servant de boulangerie et d'un autre servant d'écurie et de pressoir, un quatrième corps de bâtiment servant de grange, cour au milieu des bâtiments, cloture espallier avec un portail, bucher en forme d'appentis".
Les bâtiments font l'objet de travaux en 1814, 1821 et 1835. En 1834, l'édifice, désigné comme "la Cure", est composé d'une maison, de deux bâtiments de dépendances et d'un jardin.
Le terrain et ses bâtiments sont loués au curé de la commune jusqu'en 1919, puis à un cultivateur, dont le bail prend fin en 1936. L'édifice accueille ensuite l'école (filles et petites sections) et le logement de l'institutrice.
L'ensemble est vendu par la commune en 1956.
Parmi les éléments de l'édifice d'origine, le logis apparaît comme le bâtiment le plus ancien. Il s'agit peut-être d'un bien ayant appartenu à la famille de l'un des prieurs, qui l'aurait ensuite légué au prieuré. Le corps de logis principal a vraisemblablement été le premier construit, sans doute au XVIe siècle, à en juger par l'importante pente de toit, l'absence de surcroît et le style de la cheminée. Le deuxième corps de bâtiment en pavillon est probablement venu s'adosser à ce premier bâtiment, sans doute à la fin du XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle.
La grange-étable, seule partie agricole subsistante, est construite au XIXe siècle puis remaniée au XXe siècle. L'appentis abritant les toilettes extérieures, réalisé par Lucien Huger, maçon-cimentier à Montreuil-le-Henri, est construit en 1948 pour répondre aux besoins de l'école.
Photographe au service Patrimoine de la Région de 2022 à 2024.