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Usine de vaseline (vestiges), puis atelier de vannerie, actuellement maisons ; route de Fontenay

Dossier IA85002009 réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéeslogement
Dénominationsusine, atelier
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : L'Île-d'Elle
Lieu-dit : Bourg
Adresse : route, de Fontenay, 33 avenue
de la Gare
Cadastre : 1834 E 1548 ; 2017 AK 461, 462 et 463

Cette ancienne usine s'est établie sur une vaste parcelle de terrain appelée le Petit communal sur le plan cadastral de 1834. Il s'agit alors d'une grande prairie, appartenant à la commune, et sur laquelle les habitants envoient chaque année paître leurs troupeaux. L'endroit est traversé par un chemin qui rejoint le coteau au niveau du stade actuel et qui, ensuite, longeant le coteau, file vers Fontenay-le-Comte. Ce chemin est supprimé peu après avec la création, en 1838, de la route stratégique n° 2 de Saumur à La Rochelle, devenue en 1862 route nationale 938 ter (route départementale en 1973). A partir du milieu du 19e siècle, le site du Petit communal est de plus en plus convoité par des industriels, notamment des tuileries et briqueteries, pour les propriétés de son terrain, argileux. En 1851, Pierre Monimeau, fabricant de tuiles, originaire de Vagres, près de Libourne, est autorisé à construire un four à tuiles au bord de la route. La construction de la ligne de chemin de fer, de la gare et de ses équipements, en 1870, bouleverse les lieux encore un peu plus. En 1886, M. Laboureux, maçon, établit là son atelier. En 1908, la SNCF est autorisée à occuper une partie du terrain communal, en pâturage, pour s'en servir de dépôt de matériel.

En 1919, Optat Gautron (1877-1939), né à L'Île-d'Elle, propriétaire de la maison "Optatus", bourrelier devenu représentant de commerce à Poitiers et à Paris, s'associe à Louis Métayer, de La Garenne-Colombe (Hauts-de-Seine) et à Gaston Moreau, de Marans, pour fonder la Société Métayer-Gautron-Moreau. L'objectif est d'utiliser le sol argileux du Petit communal pour en extraire des huiles de naphte et produire de la vaseline, selon un procédé dont Louis Métayer a déposé le brevet dès 1911. Ce procédé, novateur, permet "la filtration automatique et continue des huiles concrètes de naphte, en vue de l'obtention de la vaseline blanche naturelle". L'opération est financée par différents actionnaires, dont Marceau Bretaud, de Vix, le docteur Maurice Bizière, médecin à Marans, et le Père Arthur Martin, curé de la cathédrale de La Rochelle.

Le 16 mars 1919, le conseil municipal autorise la nouvelle Société à "extraire dans les anciennes glaisières de terre à tuiles aujourd'hui abandonnées, la couche de glaise bleue pour la somme de 3000 francs par hectare, sur une superficie de 3 hectares". Le 24 décembre suivant, un arrêté préfectoral autorise la Société Métayer-Gautron-Moreau à construire son usine sous réserve de disposition anti-incendie. Le 15 avril 1921, l'entreprise, rebaptisée Société des vaselines de L'Île-d'Elle, représentée par son administrateur, Marceau Bretaud, passe avec la commune un bail emphytéotique de 99 ans pour l'occupation d'un terrain de 1,16 hectare à l'extrémité occidentale de l'ancien communal, formant une pointe entre la route nationale et la rue qui conduit au bourg. Sont alors construits divers bâtiments énumérés par le cadastre : bureau, garage et atelier, chaufferie, salle des machines de broyage et de séchage, salle des machines électriques, cheminée d'usine, deux logement d'ouvriers, salle des filtres, pont roulant, salle de lavage, salle de mise en fûts et en boîtes, extracteur. Une partie de l'électricité produite par l'usine pour son propre fonctionnement est revendue à la municipalité, permettant l'électrification du bourg de L'Île-d'Elle dès 1921, suivant acte de concession du 20 décembre 1920.

Très vite pourtant, l'entreprise connaît des difficultés et peine à atteindre la rentabilité. Optat Gautron tente de commercialiser des produits dérivés, comme la pommade "Optatus", à usage vétérinaire. La Société des vaselines est liquidée en 1926 et l'usine est mise en vente l'année suivante. En 1928, la commune reprend le terrain pour le transformer en lotissement. Le conseil municipal du 5 février s'inquiète du devenir du réseau électrique de la commune, jusqu'ici alimenté par l'usine et qui est en mauvais état. Le 1er mars 1929, il accepte la proposition de reprise de ce réseau par M. Bossée, ingénieur électricien à La Rochelle, concession finalement transférée le 16 octobre 1930 à l'Union électrique de la région vendéenne.

Quant aux bâtiments de l'ancienne usine, ils sont repris par différentes activités, dont dès 1928 la scierie Raba, elle-même liquidée en 1934, puis, en 1938, une éphémère usine de tapis en caoutchouc, "le Tapizon", créée par Eugène Pizon, industriel au 35 rue d'Aligre, à Marans. Jusque dans les années 2000, le site abrite une entreprise de transports. Les vestiges de l'usine, le long de la route de Fontenay, sont en grande partie démolis en juin 2018. Quant à l'ancien atelier qui longe l'avenue de la Gare, il est réutilisé jusque dans les années 1980 par un atelier de vannerie, tenu par René Phelippeau, un des derniers vanniers de L'Île-d'Elle, avant d'être transformé en logement.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle

L'ancienne usine est établie le long de la route de La Rochelle, route D938 ter, près de son intersection avec l'avenue de la Gare qui conduit au bourg. Une grande partie de ses bâtiments a disparu. Il n'en reste que trois pans de murs, prolongés vers l'ouest par un logement, ainsi qu'un ancien atelier, le long de l'avenue de la Gare, transformé en logement.

Murscalcaire moellon
brique
Toittuile creuse
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
États conservationsvestiges
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. 5 M 170. 1838-1928 : hygiène et santé publique, établissements classés, commune de L'Île-d'Elle.

  • Archives départementales de la Vendée. 1 O 365. 1816-1932 : édifices et services publics de L'Île-d'Elle, chemins de fer (1904-1926), moto-pompe incendie (1931), réseau distribution électrique (1932), canaux et routes d'eau (1844-1924), inondation dans les marais de la Sèvre (1910), gestion occulte du maire (1816-1817), pétition de propriétaires concernant des terrains appartenant à l'État près de l'écluse du Gouffre (1913-1914).

  • Archives départementales de la Vendée. 1 O 935. 1895-1938 : édifices et services publics de L'Île-d'Elle, fossés communaux (1926), société de musique (1925), square du monument aux morts (1924), bâtiments communaux (1922-1923), poste (1930-1931), éclairage électrique (1932), église (1921-1932), cimetière (1921-1932).

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 1222 à 1228, 3559. État de section et matrices des propriétés du cadastre de L'Ile-d'Ellle, 1835-1958.

  • Archives municipales de L'Île-d'Elle. Dossier "Vie économique".

  • Archives municipales de L'Île-d'Elle. Registres des délibérations du conseil municipal depuis 1838.

    séances des 12 septembre et 20 décembre 1920, 5 février 1928, 1er mars 1929, 16 octobre 1930.
  • Informations, documentation et notes de dépouillements d'archives transmises par M. Daniel Goguet (L'Île-d'Elle).

Documents figurés
  • Plan cadastral de L'Île-d'Elle, 1834. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 111).

Bibliographie
  • PAWLOWSKI, Auguste. "La fabrication de la vaseline en France et la nouvelle usine de l'Ile d'Elle (Vendée)", La Nature, revue des sciences et de leurs applications à l'art et à l'industrie, n° 2435, 4 décembre 1920.

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