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Usine de poterie Guilmet, actuellement immeuble à logements, 7 place de la République, 12 rue Faidherbe, Connerré

Dossier IA72058722 inclus dans Bourg de Connerré : cité intra-muros réalisé en 2018

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellationsusine Guilmet
Destinationsimmeuble à logements
Parties constituantes non étudiéescour, atelier, logement patronal, portail
Dénominationsusine de poterie
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Connerré
Adresse : 7 place de la, République, 12 rue
Faidherbe
Cadastre : 1836 C2 358 359 ; 2018 AC 435

L'emplacement de la maison actuelle, exactement situé au centre de la cité intra-muros de Connerré, est probablement occupé depuis les origines du bourg, mais il ne reste aucun élément visible antérieur au XIXe siècle. Le plan terrier de 1781 mentionne une maison avec un vaste jardin à l'arrière, appartenant à un certain Marin Brunet, tandis que la parcelle du cadastre napoléonien de 1836 est occupée par un grand ensemble en L.

Au milieu du XIXe siècle, la propriété appartient aux Guilmet, semble-t-il tout d'abord marchands de vaisselle avant de devenir également fabricants. En 1853, René Guilmet obtient l'autorisation d'exhausser sa maison d'un étage et de changer les ouvertures. Les matrices cadastrales indiquent que la maison a été de nouveau modifiée en 1877 par René-Pierre Guilmet fils (enregistrement d'une augmentation et d'une diminution de construction et ajout d'un magasin enregistrés en 1880). En 1891, Félix-Casimir Guilmet est autorisé à exhausser la maison de nouveau. L'édifice a donc été construit en plusieurs étapes, mais façades ont vraisemblablement été harmonisées dans les années 1890.

Si, d'après la date visible sur le fronton et les factures à en-tête de l'entreprise, la maison de négoce Guilmet a été fondée en 1802, on ignore la date de création de la fabrique de poteries, mais celle-ci est attestée en 1890. Félix Guilmet (maire de Connerré de 1879 à 1893) complète son affaire en 1907 par le rachat des deux poteries de Denis-Auguste Henry. L'entreprise se transmet de père en fils : à Félix succèderont Gustave (également maire de 1920 à 1925), puis la veuve de celui-ci, puis Pierre. L'usine compte jusqu'à 25 employés. La production s'arrête pendant la guerre 1939-1945 et reprend ensuite uniquement pour la fabrication d’œufs à couver, puis ferme définitivement ses portes dans les années 1950, probablement en 1958 si l'on en croit la date portée sur la façade. En revanche, l'activité du magasin se poursuit jusque dans les années 1990. Les bâtiments ont été transformés par Sarthe Habitat pour abriter des logements au cours des années 2000.

D'après Lucette Combes-Mésière, qui a recueilli les témoignages de descendants de potiers de Connerré, la poterie Guilmet fabriquait des plats, soupières, tripières, jattes, brocs, tasses, facelles, potines. La production comptait également des jouets, ménageons (dinettes) et des sifflets en forme d'oiseau, ou "coucous". La matière première provient des environs de Bonnétable, notamment Saint-Denis-des-Coudrais. "La terre utilisée, presque blanche, recevait un peu de chaux. Beaucoup de pièces sont brun de manganèse, d'un ton chocolat ; le jaune est soutenu et tire un peu sur l'orangé". On pouvait aussi trouver du blanc d'étain à l'intérieur et sur le bord du goulot, procédé emprunté à la fabrique Henry.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle

Maison la plus haute de Connerré, le logement patronal, donnant sur la place de la République et orienté au sud-ouest, compte trois étages et trois travées, dont une grande ouverture de boutique au rez-de-chaussée. La façade présente des décors soignés, avec quatre bandeaux, une corniche moulurée et des pilastres d'angles à bossages. Les fenêtres de chaque travée sont reliées par des pilastres, couronnés au niveau de la corniche par des frontons triangulaires. Le traitement de la travée centrale est particulièrement raffiné. La fenêtre du premier étage est surmontée d'un médaillon avec les initiales CG entrelacées (G pour Guilmet), orné de cuir découpés et flanqué de cornes d'abondance. La porte-fenêtre du second étage donne sur un balcon à rambarde en fer forgé, supporté par des consoles sculptées (triglyphes, gouttes et motifs végétaux, elle est également surmontée d'une guirlande sculptée dans un panneau encadré de volutes. Enfin, la fenêtre du troisième étage, en arc segmentaire, est encadrée de deux paires de pilastres, surmontée d'un agrafe sculptée et de chutes de fleurs, tandis que le fronton supporte un amortissement en forme d'urne.

Les bâtiments de l'ancienne usine, disposés à l'arrière, sont plus sobres. Elles présentent une alternance de brique et de pierre de taille dans les pilastres l'encadrement des baies en arc segmentaire, ainsi qu'une corniche en brique. L'une des toitures est à longs pans et à croupes brisés. Plusieurs lucarnes ornées de volutes éclairent les combles.

Mursmoellon enduit (?)
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée, 3 étages carrés
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
État de conservationbon état, remanié
Techniquessculpture
Précision représentations

Fenêtres de chaque travée reliées par des pilastres, couronnés au niveau de la corniche par des frontons triangulaires.

Au niveau de la travée centrale : médaillon avec les initiales CG entrelacées (G pour Guilmet), orné de cuir découpés et flanqué de cornes d'abondance, balcon à rambarde en fer forgé, supporté par des consoles sculptées (triglyphes, gouttes et motifs végétaux, guirlande sculptée dans un panneau encadré de volutes, agrafe sculptée et chutes de fleurs, amortissement en forme d'urne.

Statut de la propriétépropriété d'une personne morale

Annexes

  • L'industrie de la poterie à Connerré, d'après COMBES-MESIERE, Lucette. Galbrun-Chouteau, Gil. Potiers et faïenciers de la Sarthe. Le Mans : éditions de la Reinette, 2002. p. 169-175.

    On trouve trace de potiers à Connerré dès 1405, mais il est vraisemblable que cette industrie a connu une véritable ampleur dans la 2e moitié du XIXe siècle, de nombreux ateliers de poterie étant attestés dans le bourg de Connerré à cette période. Le développement de cette industrie, malgré l'absence de terre à poterie dans le secteur, est vraisemblablement lié à l'implantation du chemin de fer à proximité à partir de 1854. Un inventaire des potiers de Connerré a été dressé par Mme Combes-Mésière.

    En 1861, un certain Julien Amelot obtient l'autorisation de construire un fourneau pour la cuisson de poteries, sur un terrain qu'il possède à la sortie du bourg, route de Thorigné-sur-Dué. La poterie Amelot est louée à plusieurs artisans, François Marais tout d'abord, puis Denis-Pierre Henry en 1873. Dans la même rue, Jean-Isidore Besnard est cité comme fabricant de poteries dans la 2e moitié du XIXe siècle. D'après les matrices cadastrales, il semble avoir repris la poterie qu'un certain Jean Louvel a déclaré avoir construit en 1868 (enregistrement en 1870). La propriété comprend maison, four et séchoir. Il emploie deux à trois ouvriers. En 1891, il vend son affaire à Denis-Pierre Henry. Toujours route de Thorigné, Victor-Edouard Aubin est signalé comme marchand de poteries en 1886, puis fabricant d'objets en terre cuite en 1894. Il aurait quitté Connerré pour la Villa du Rond (en forêt de Bonnétable) en 1909.

    Originaire de Prévelles, habitant la Villa du Rond où il est tourneur en faïence, Denis-Pierre Henry crée une fabrique de poterie de terre dans le bourg de Connerré vers 1873. Celle-ci comprend une maison d'habitation, un petit bâtiment et un four. Son industrie se développe dans les années 1880 et Henry emploie plusieurs ouvriers, acquiert de nouveaux terrains et agrandit sa poterie. Il rachète ainsi les affaires de Julien Amelot et Jean-Isidore Besnard. Son fils, Denis-Auguste Henry reprend les établissements de son père et poursuit leur développement, employant plusieurs dizaines d'ouvriers. Il vend l'affaire familiale à Félix Guilmet en 1907.

    La première poterie Guilmet de Connerré pourrait dater des années 1870. La fabrique sur la place de la République aurait été montée entre 1880 et 1890. Félix Guilmet rachète les deux poteries Henry, faisant de sa fabrique de poterie une affaire florissante et quasi-hégémonique à Connerré. L'imposante usine en plein centre-bourg en est le fleuron et traduit bien cette prospérité. Gustave Guilmet ouvre dans les années 1930 une succursale au Mans, 9 rue Claude Blondeau et 2 rue des Jacobins, "la faïencerie des Jacobins". A Connerré, la production s'arrête pendant la guerre 1939-1945 et reprend ensuite uniquement pour la fabrication d’œufs à couver, puis ferme définitivement ses portes dans les années 1950. En revanche, l'activité du magasin se poursuit au Mans, déménageant à plusieurs reprises suite aux démolitions pour l'aménagement de la galerie marchande des Jacobins en 1977.

Références documentaires

Documents figurés
  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

Bibliographie
  • COMBES-MESIERE, Lucette, GALBRUN-CHOUTEAU, Gil. Potiers et faïenciers de la Sarthe. Le Mans : éditions de la Reinette, 2002.

    p. 174-175
  • COURCELLE, André, PELLETIER, Alphonse. Connerré, monographie de notre cité. Connerré : mairie de Connerré, 1982.

    p. 125-127
  • Le patrimoine des communes de la Sarthe. Paris : Flohic éditions, 2000. 2 vol.

    p. 1196
  • JALINIER, Suzanne. Connerré au fil du XXe siècle. Mulsanne : ITF imprimeurs, 2009.

    p. 92
Périodiques
  • CORDONNIER, Paul. "Les derniers potiers de Prévelles et de la région de Tuffé et Bonnétable". Revue Historique et Archéologique du Maine, t. 34, 1954.

    p. 12-15
  • DELAPERELLE, Jean-Pierre. "La faïencerie Guilmet, de Connerré au Mans". La Vie mancelle et sarthoise, n° 441, juin 2015.

    p. 7-10
Multimedia
  • http://www.mucem-sifflets-terre-cuite.fr [consult. 19/07/18].

  • http://www.sifflets-en-terre-cuite.org [consult. 19/07/18].

  • http://www.perche-gouet.net [consult. 19/07/18].

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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