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Tannerie Quatecous, puis atelier de menuiserie, 5 rue Faidherbe, Connerré

Dossier IA72058776 inclus dans Bourg de Connerré : cité intra-muros réalisé en 2018

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénominationatelier de menuiserie
Appellationstannerie Quatecous
Parties constituantes non étudiéesséchoir à peaux, atelier, cour, hangar agricole, lavoir, moulin à tan
Dénominationstannerie, atelier
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Connerré
Adresse : 5 rue
Faidherbe
Cadastre : 1836 C2 127 ; 2018 AC 23

La tannerie de la rue de Faidherbe est une des trois encore visibles sur le cadastre napoléonien de 1836 dans le bourg de Connerré et une des deux encore partiellement debout aujourd'hui. Elle est achetée en 1776 par François Dady à Charles-Nicolas Hermé, marchand-tanneur. Située dans un jardin, elle se trouve à l'intérieur de l'ancien enclos fortifié dont elle jouxte le fossé. François Dady possède alors également une maison avec boutique de l'autre côté du quartier de la Boule d'Or (au niveau de l'actuel n°1 rue Michel Beaufils). Au cours du XIXe siècle, les Dady, véritable dynastie de maîtres-tanneurs à Connerré, développent leur affaire et possèdent jusqu'à trois tanneries dans le bourg.

Reprise en 1878 par Adolphe Quatecous qui y adjoint le moulin Bas (rue de la Gare) qu'il transforme en moulin à tan, la tannerie est en grande partie voire entièrement reconstruite. Les matrices cadastrales indiquent l'édification d'un nouveau magasin en 1878 (enregistré en 1881) et du séchoir actuel en 1885 (enregistré en 1888). Selon le carnet des patentes industrielles, l'établissement comprenait une maison d'habitation en rez-de-chaussée de trois pièces, avec four, une écurie, des hangars, un séchoir, six fosses en briques et trois en bois et seize cuves pour le trempage des peaux. Le moulin à tan était un bâtiment de 3m sur 2m avec une machine à broyer l'écorce "consistant en deux plaques circulaires munies de dents tournant autour d'un cylindre". La maison Quatecous, qui se situait près du moulin, est dite incendiée en 1890.

L'établissement Quatecous est la dernière tannerie du bourg en activité : elle fonctionne jusque dans les années 1930 mais s'arrête vraisemblablement pendant ou peu après la Seconde guerre mondiale. Les bâtiments sont ensuite reconvertis en atelier de menuiserie (famille Le Tessier). L'agrandissement du séchoir (construction d'un appentis) et la reprise de la charpente en sous-œuvre datent sans doute de la 2e moitié du XXe siècle, comme la reconstruction partielle d'un bâtiment accolé en parpaings, sans doute suite à un incendie dont on voit les traces sur certaines pièces de bois. L'ensemble est aujourd'hui désaffecté. L'ancien moulin, transformé en maison, a été intégralement remanié.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

La tannerie comprenait un moulin à tan situé rue de la Gare (impasse du Moulin Bas), aujourd'hui totalement remanié, ainsi que des bâtiments pour le traitement des peaux situés à l'arrière de la rue Faidherbe. Il subsiste un grand séchoir tout en bois, auquel sont accolés deux bâtiments en rez-de-chaussée et à ouverture sur le pignon, à structure en bois hourdée de brique partiellement enduits. Le séchoir possède trois niveaux et les parois entièrement ajourées sont pourvues de ventelles (dont l'ouverture est réglable sur les murs gouttereaux) pour optimiser le séchage des peaux. Un lavoir est également présent sur la propriété.

Mursbois
Toitmatériau synthétique en couverture
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans
État de conservationbon état, établissement industriel désaffecté
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Annexes

  • L'activité des tanneries à Connerré.

    L'activité du tannage à Connerré remonte au Moyen Age, sans qu'on puisse la dater avec plus d'exactitude. Un document de 1455 mentionne "la rue de la tannerie". En 1608, il est question, dans les registres du chapitre, de transformer le moulin à tan d'en Haut en moulin à blé. La "remembrance de la châtellenie, fief et seigneurie de Connerré" (1613-1683) fait également référence à plusieurs tanneries. En 1622, Jacques Garnier est marchand tanneur à Connerré. A l'occasion d'une enquête statistique de 1811, le maire de la commune écrit que les tanneries de Connerré existaient "d'un temps immémorial" et étaient autrefois "une fabrique assez conséquente : on y en comptait 15 à 18" (sans doute de très petites dimensions). On y produisait un cuir de bonne qualité, fabriqué avec de la chaux puis avec du tan (poudre d'écorce de chêne). L'activité aurait beaucoup périclité à l'époque de la Révolution.

    Toujours selon cette enquête, il se fabrique en 1811 à Connerré "du baudrier, du veau et du mouton qu'on appelle bazanne. On tire ces peaux des communes voisines [...]. Les tanneries de Connerré n'ont chacune que deux fosses, le tan qu'elles consomment provient en entier du pays" ; au XIXe siècle, le moulin Bas de Connerré et surtout le moulin de la Folie, près du bourg mais commune de Thorigné-sur-Dué, sont producteurs de tan. Selon les dires du maire, les tanneries de Connerré n'emploient que quelques ouvriers, consomment chaque année 3 000 kg de tan (mais, pleinement employées, pourraient en consommer jusqu'à 6 000) et traitent les peaux de 300 bœufs ou vaches, 1 440 veaux ou moutons, soit une production équivalente aux villes de La Ferté-Bernard et Bonnétable. Les produits sont vendus principalement à Tours.

    Au début du XIXe siècle, le bourg compte trois tanneries, toutes dessinées sur le cadastre napoléonien de 1836 : une située rue de La Rochelle, rive droite du Dué, et deux autres derrière la rue Faidherbe (dont une aujourd'hui disparue), rive gauche. Les trois sont étroitement liées aux Dady, principale famille de tanneurs à Connerré à cette période. L'entreprise Dady démarre peut-être en 1776, avec l'acquisition par François Dady d'une tannerie (la plus en aval du Dué) provenant de la succession de Charles-Nicolas Hermé, marchand tanneur. Une boutique Dady est mentionnée non loin de là dans la Grande rue en 1787 (au niveau de l'actuel 6, rue Faidherbe). En 1860, un autre François Dady obtient l'autorisation d'établir un plancher sur le Dué pour l'agrandissement de son usine. La tannerie aujourd'hui disparue appartenait à cette même famille jusqu'à ce qu'elle la fasse démolir en 1880, toujours selon les matrices.

    Selon le carnet des patentes industrielles, dans les années 1870, la tannerie du faubourg de La Rochelle, rive droite (Jérôme Dady) comprend une maison à étage de quatre pièces, hangar, séchoir, onze fosses et quatorze cuves. La tannerie rive gauche (François Dady) comprend elle une maison d'habitation en rez-de-chaussée de trois pièces, avec four, écurie, hangars, séchoir, six fosses en briques et trois en bois et seize cuves pour le trempage des peaux. Vers 1878, celle-ci passe à Adolphe Quatecous, également propriétaire du moulin d'en Bas, dont il fait un moulin à tan pour le broyage des écorces. D'après les matrices cadastrales, il fait construire de nouveaux bâtiments dont un séchoir en 1885. Au début du XXe siècle, une petite vingtaine de tanneurs vivent encore au bourg de Connerré. Ils ne sont plus qu'une dizaine dans les années 1930, travaillant à la tannerie Quatecous de Connerré ou à la tannerie Guilmet de la Folie (Thorigné). L'activité cesse dans l'entre-deux guerres.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; G 42. 1776. 8 mai : vente d'une tannerie de la succession de Charles-Nicolas Hermé au sieur François Dady.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 1035. 1787 : terrier de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe. 6 M 775. 1811-1812 : statistique sur les tanneries du département de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 P 1582. 1852-1879 : carnets des établissements industriels de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe. 3 P 91. Matrices cadastrales, registres des augmentations et diminutions de construction de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 S 153. 1843-1929 : alignements en bordure du Dué, commune de Connerré.

Documents figurés
  • 1771 et 1787 : plan du bourg et plan terrier de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 1 Fi 663).

  • 1836 : plan cadastral napoléonien de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\091).

  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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