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Quartier Roche-Maurice, Nantes

Dossier IA44005201 réalisé en 2012

Fiche

Appellationsdit Roche-Maurice
Destinationshabitation, magasin de commerce, hôtel de voyageurs, entrepôt commercial, cale
Parties constituantes non étudiéesquai, cale
Dénominationsquartier
Aire d'étude et cantonBas-Chantenay - Nantes
AdresseCommune : Nantes
Adresse : route de, Roche-Maurice , rue, Durance , rue du, Rail , rue de la
Pompe
Cadastre : KL 1 à 000 ; KL 1 0
Précisionsanciennement commune de Chantenay

Origine

Une première mention de ce quartier est visible sur la Carte de Cassini sous la toponymie de "Bois Maurice". Il semble qu'à l'origine, Roche-Maurice soit un village de pêcheurs établi à l'extrémité sud du Sillon de Bretagne, sur un promontoire rocheux qui s'avance dans la Loire et bordé à l'est et à l'ouest par des prés ou des marais. En 1833, sur le cadastre napoléonien, on dénombre vingt-cinq maisons ainsi que quatre bâtiments, trois cours (associées à des maisons) et de nombreux jardins. Le quartier se développe alors sur trois îlots et est desservi par deux chemins venant du nord, l'un de Saint-Martin et l'autre du bourg de Saint-Herblain. Les parcelles sont essentiellement de forme allongée, perpendiculaire à la Loire. Les constructions, lorsqu'il y en a, se situent en alignement le long de la voie. Elles sont principalement concentrées le long de la Loire et au bord du chemin menant à Saint-Martin. En dehors de ce village, s'étendent de grandes parcelles (Le grand Blanchard, Les Hiorts...) et le manoir du Vignau (Bois du Vignaux) au nord. Sur le plan de 1850 comme sur le plan d'état major de 1866, Roche-Maurice est nettement figurée comme une avancée dans la Loire avec de part et d'autre des zones inondables. Le tracé de la ligne de chemin de fer reliant Nantes à Saint-Nazaire en 1856 va profiter de ces grandes plaines (assèchement des prairies) évitant le Sillon de Bretagne et des dénivellations trop importantes. Le chemin de fer va ainsi passer en limite nord du village avec un passage à niveau au nord-est (vers le bourg de Chantenay), d'où une première mise à l'écart du village de Roche-Maurice et la création d'un quatrième îlot à l'ouest due à la division d'une parcelle par le tracé. Aujourd'hui, il scinde le village de Roche-Maurice en deux. Néanmoins, cette ligne participe au développement de la rive de la Loire dans la seconde moitié du XIXe siècle et notamment de Chantenay. Le village de Roche-Maurice se densifie alors le long des voies. En dehors du hameau, les terrains conservent leur caractère rural.

Aménagement du bord de Loire

Sur différentes cartes de 1902 à 1905, la représentation d'un octroi à l'est du village permet de déduire que le "chemin de grande communication n° 107" (ancienne route de Basse-Indre à Nantes, le long de la Loire) constituait une voie importante. Le quartier de Roche-Maurice se situait du côté extérieur de la "frontière" définie par l'octroi, d'où le développement des constructions principalement vers l'ouest avec la présence de nombreux commerces (restaurants, hôtel, tabacs, épicerie, pompe à essence...).

L'aménagement du quai et de l'estacade au sud-est de Roche-Maurice vient régulariser le bord de Loire et notamment de l'embarcadère et de la cale déjà présents. Cette construction se déroule entre 1908 et 1911 et emploie le procédé en béton armé "Hennebique". Elle est constituée de pieux en béton sur trame rectangulaire contreventée supportant une plate-forme en ciment armé et une voie de desserte du chemin de fer. La cale et le quai en terre-plein avec mur de quai taluté maçonné en pierre semblent avoir été construits dans la même période. La route de Roche-Maurice, le long de la Loire, a été relevée suite aux inondations de 1910.

Une voie de desserte centrale "les Hiorts" est aménagée au nord de la ligne de chemin de fer permettant une division parcellaire et de nouvelles constructions.

La cité Blanchard

Au cours de la Première Guerre mondiale, un ensemble de baraquements "camp de prisonniers de guerre de Roche-Maurice" est édifié sur la commune de Saint-Herblain pour les prisonniers allemands employés dans les usines de Chantenay et de Roche-Maurice. Il se composait de hangars métalliques, de bâtiments en parpaings ou en bois couverts en ardoises et d'auto-constructions en bois préfabriqués. En 1921 le camp est reconverti en cité ouvrière, la "cité Blanchard". Certains baraquements sont détruits, d'autres sommairement aménagés, sans confort. Cette cité réalisée par l'Office Public "Habitat Bon Marché" perdure jusqu'en 1984, date de sa destruction.

Développement industriel du XXe siècle

Après la Première Guerre mondiale, le quartier de Roche-Maurice est décrit comme "tourné vers la Loire où l'on pêchait à la senne, à l'épervier, aux balances, des civelles, des lamproies, des aloses et du saumon". L'activité de pêche (pécheurs au filet) y est encore importante bien que l'essentiel des habitants soit des ouvriers des usines de Chantenay (usine Amieux, usine Kulhmann, usine à gaz...). A partir de 1934, l'usine à gaz s'installe à l'ouest du quartier de Roche-Maurice, sur la commune de Saint-Herblain. Elle produira du gaz, dans son unique gazomètre, à partir de la distillation de la houille jusqu'en 1958. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les constructions se densifient principalement au nord de la voie de chemin de fer avec l'arrivée d'entreprises (chais, hangars, bureaux...). Le tracé du périphérique et de ces voies de dessertes (échangeur) au nord du quartier et la construction du pont de Cheviré en 1990 à l'ouest vont fortement impacter le quartier tant au niveau visuel (surplomb du pont) que d'un point de vue urbain : fermeture du passage à niveau et de la rue Durance, agrandissement du pont sur le chemin de fer et élargissement / surélévation de la rue Philippe Lebon. Le quartier est ainsi enclavé, mis à l'écart du reste de l'agglomération avec des implantations de constructions industrielles à l'est sur des parcelles auparavant rurales. Le terrain situé à l'entrée du quartier en contrebas du pont est proposé pour y installer un deuxième camp d'accueil des gens du voyage. Mais les habitants s'y opposent et, en 1991, est décidé la création d'un square. Les habitants ont dénommé ce jardin "Square Toussaint-Louverture" et son inauguration a été effectuée le 5 décembre 1992 en présence de personnalités africaines et antillaises. Le choix de ce nom s'explique par le désir d'associer à ce jardin un nom évoquant à la fois les voyages Outre-Atlantique et un défenseur des droits de l'homme (esclave affranchi et chef de révolte contre les planteurs blancs).

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le quartier

On trouve dans la zone du Bas-Chantenay un noyau d'habitation de type village de bord de Loire : le quartier Roche-Maurice. Situé à l'extrémité sud du sillon de Bretagne, Roche-Maurice constitue le premier élément de la ville de Nantes sur la Loire, en amont du Port autonome. C'est une zone particulièrement bouleversée par des aménagements récents et l'implantation progressive d'usines. Hameau isolé du développement de la ville, il est inséré entre la Loire au sud, le Pont de Cheviré à l'est, l'échangeur du périphérique au nord, des usines à l'ouest et il est scindé en deux par la voie de chemin de fer. Les voies de circulation autour du hameau sont relativement importantes, notamment la route de Roche-Maurice située le long de la Loire. Historiquement liés, cela crée une rupture entre le quartier et la Loire. Un espace délaissé est encore présent au sud de cette route et conserve le vestige d'une ancienne voie de desserte du chemin de fer (passerelle ferrée), des anciens quais, une cale, une végétation abandonnée mais caractéristique des bords de Loire. Un contraste important est remarquable entre les petites parcelles du XIXe siècle de Roche-Maurice et les grandes parcelles industrielles à proximité qui gardent le souvenir des grandes prairies inondables du bord de Loire. Le quartier se compose actuellement de petites maisons (zone résidentielle) et d'entreprises (zone d'activité). Un seul commerce (hôtel-restaurant) existe encore sur la place de Roche-Maurice dit "La Marmitte", unique lieu de rassemblement pour les habitants du quartier. La végétation, située en dehors des jardins, se développe en bordure de la zone sous forme de délaissés, notamment le long de la voie de chemin de fer.

La partie sud

D'après les archives, les rues du quartier présentaient déjà les mêmes tracés en 1833 : la rue de la Pompe (présence d'une pompe/fontaine au sud de la rue sur la place), la rue du Rail, la rue l'Embarcadère, la rue des Roquios (anciens bateaux permettant la traversée de la Loire) et la rue Philippe Lebon (ingénieur et chimiste français, inventeur du gaz d'éclairage). Seule la rue Durance (ancien propriétaire important du quartier) au nord a été créée suite à l'implantation de la voie de chemin de fer. Les parcelles ne sont pas régulières mais conservent encore visibles les anciens parcellaires en longueur au travers des tracés actuels et les vestiges de murs de clôture anciens construits en pierres.

Les maisons sont implantées en alignement de la rue avec mur gouttereau sur rue. Seules quelques maisons sont placées en retrait avec un jardin délimité par un muret de clôture. Les cœurs d'îlots sont végétalisés (jardins).

Les maisons, autrefois divisées en petits appartements avec deux à trois ménages dans la même maison, sont aujourd'hui habitées par une seule famille. Elles ont souvent fait l'objet d'agrandissements avec les anciens "caveaux" devenus pièces ou des extensions contemporaines en bois. Trois tendances se dégagent en élévation : un étage carré avec combles, deux étages carrés, deux étages carrés et combles avec lucarnes passantes.

Les toitures sont à longs pans, couvertes d'ardoises ou de tuiles. Le gros œuvre est essentiellement constitué de moellons et de briques avec enduit de revêtement en ciment. Certaines de ces maisons possèdent encore leurs décors d'origine (entourages de baies en briques et/ou calcaire). Des restaurations récentes ont remplacées les menuiseries d'origines par des menuiseries et des coffres de volets roulants en PVC. Les combles ont parfois fait l'objet d'aménagements récents avec insertion de fenêtres de toit.

La partie nord

L'unique rue de desserte de cette partie est nommée "chemin des Hiorts" en référence au lieu-dit ancien. Son tracé rectiligne est caractéristique du XXe siècle. Les constructions sont éparpillées et aucune règle ne semble avoir précédé leur implantation (à l'alignement ou en retrait). En fonction des aménagements, les maisons en retrait possèdent côté rue un jardin délimité par un muret de clôture. De l'autre côté, chaque maison possède son jardin individuel. Chacune de ces habitations se compose de deux niveaux avec un rez-de-chaussée et un étage carré ou un rez-de-chaussée et combles aménagés. La façade principale est en gouttereau. Le toit est à longs pans, couvert pour l'essentiel en tuile mécanique. Le gros œuvre est en matériaux composites recouvert d'un enduit ou parfois d'un bardage bois. Certaines de ces maisons (dont 2 jumelles, route de Pompierre) sont construites en moellons avec entourages des baies en briques. Les bâtiments des entreprises sont construits en béton ou en structure bois. Ils sont couverts en zinc ou en tôles.

Murscalcaire
brique
enduit
pierre de taille
Toitardoise, tuile mécanique, tôle ondulée
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à deux pans
appentis
pignon découvert
État de conservationremanié, restauré

Le quartier de Roche-Maurice est depuis toujours à l'écart du reste de Chantenay (sans école, sans église). Il conserve un aspect de village du XIXe siècle avec son architecture vernaculaire de petites maisons et de ruelles étroites. La cale et la passerelle ferrée sont mentionnées petit patrimoine dans le PLU de Nantes, vestiges d'une occupation passée du territoire et témoins d'une époque, d'une technique et d'un usage d'un savoir-faire disparus. Elles font partie de l'identité de ce quartier.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • ANSELME, Michel, BOURDON, D., DEPRIESTER, Marc, LEON, Hervé., MOLLET, Albert, VACHETTE, A. Droit de la cité : A la rencontre des habitants des banlieues délaissées. Paris, Editions L'Harmattan, Villes et Entreprises, 1986.

    p. 6 et p. 21
  • CAVE, Roger, QUIMBRE, Xavier. Saint-Herblain, parcours d'une ville en mouvement. Cheminements - Ville de Saint-Herblain, 2006.

    p. 38-39
  • De VALON, Armelle. Roche-Maurice, le village des oubliés. In Nantes au quotidien, supplément à Nantes Passion, n° 147, septembre 2004.

    p. 26-28
  • PATILLON, Christophe, SOUCHET, Jean-Luc. Chantenay histoires illustrées d'une ville devenue quartier. Editions du Centre de Documentation du Mouvement Ouvrier et du Travail, Nantes, 1993.

  • PINSON, Daniel. L'Indépendance Confisquée d'une Ville Ouvrière, 1982. Editions arts-cultures-loisirs.

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