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Presbytère, puis maison 1, rue des Mazières, Montsoreau

Dossier IA49009616 réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • cour
    • jardin
    • communs

Relativement peu transformé, cet ancien presbytère est représentatif des principes architecturaux en vigueur au XVIIIe siècle, avec un logis entre cour et jardin, distribution individuelle d'espaces très hiérarchisés, bel escalier à balustres, façade sobre, mais d'un dessin élégant. Remontant vraisemblablement du XVe siècle, la margelle de puits du jardin mérite une attention archéologique.

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéescour, jardin, communs
Dénominationspresbytère
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Adresse : 1 rue des
Mazières
Cadastre : 1813 C 1-2 ; 1936 C 165 ; 2011 C 165

L'église Saint-Pierre de Rest était à la fois une paroissiale, desservie par un prêtre, et un prieuré de l'abbaye de Saint-Florent, avec à sa tête un prieur. Il se peut les deux religieux résidèrent un temps dans un bâtiment commun, mais à la fin de l'Ancien régime chacun dispose de sa propre habitation Cette maison est ainsi la résidence, construite probablement dans la première moitié du XVIIIe siècle, du curé de la paroisse de Montsoreau (le prieur habitait alors, quant à lui, le logis attenant à l'église).

Saisi comme bien national ce presbytère est vendu nationalement : le 3 Messidor An IV (soit le 21 juin 1796), Charles Meunier, marchand demeurant à Montsoreau s'en rend adjudicataire, moyennant 2.112 F. Par acte reçu Me Lamiche, le 6 Fructidor an IV (23 août 1796) et récrit du 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796), six habitants (MM. Jean-Augustin Lemaire, Pierre et Louis Sigongne, Michel Besnard, Casimir Boulnoy, René Maulion), souhaitant conserver le bâtiment pour y maintenir le logement du prêtre, obtinrent du nouveau propriétaire qu'il renonce à la vente contre rétribution, et ils remboursèrent les enchères à la commune.

La Préfecture de Maine-et-Loire refusa l'arrangement, exigeant que le bâtiment revienne à la commune, ce que les six nouveaux acquéreurs refusèrent. Face à la procédure administrative qui s'ensuit, cinq des nouveaux propriétaires décident cependant de se démettre et leurs parts sont acquises par la seule famille Lemaire-Heu. La commune, qui avait instruit un procès avec le soutien de l'État pour récupérer le presbytère, est déboutée par le Tribunal de Grande instance de Saumur, le 23 août 1806. La sentence est confirmée en appel le 13 août 1807 par la Cour d'appel d'Angers : Marie Anne Julie Heu, veuve de Jean Augustin Lemaire, et Louis Ambroise Heu son frère l'emportent et conservent leur maison.

En 1827, toutefois, la veuve Lemaire vend finalement le bâtiment à la commune qui, par délibération du Conseil municipal du 13 février 1826 avait décidé d'en entreprendre l'acquisition pour le rétablir dans son usage ancien et y loger le desservant de la paroisse. Des plans et des vues en élévation de la propriété furent dressés à l'occasion de cette acquisition, mais sont à considérer avec précaution : si la distribution semble convenable, la représentation des façades et des toitures présente des incohérences au regard du bâtiment dont les éléments constitutifs sont suffisamment lisibles de nos jours encore pour qu'on ne suive pas le dessin.

En 1931, la municipalité cède à nouveau le presbytère qui devient, dès lors, une habitation en mains privées. Au cours des XIXe et XXe siècles, quelques transformations mineures sont effectuées (suppression du four à pain, à l'est, aménagements intérieurs, etc.).

Période(s)Principale : 1ère moitié 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Cet édifice de plan oblong, simple en profondeur, est situé entre cour et jardin. Il comprend un corps principal de trois travées, où se lit une recherche de symétrie sans réel ordonnancement, composé d'un rez-de-chaussée, un étage-carré et un comble à surcroît couvert d'un toit d'ardoises à longs pans et à croupes. Ce logis est clairement individualisé par rapport à un prolongement secondaire d'une travée, à l'est, pourtant érigé dans le même temps et plus bas d'un niveau.

L'ensemble est élevé sur un soubassement de calcaire dur, sans doute afin d'éviter les inondations dues aux débordements de la Loire ou du proche cours de l'Arceau ; cela permet aussi de compenser la légère déclivité du terrain. En façade nord, sur cour, l'accès principal est précédé d'un petit degré. En façade sud, le soubassement se poursuit pour former une terrasse qui domine le jardin, auquel on descend par une volée de marches (restaurée au XXe siècle). Ce petit escalier droit, décentré par rapport au corps principal et à la porte postérieure, est en fait dans l'axe de symétrie qui partageait la parcelle originelle du jardin du presbytère.

Le gros œuvre est constitué de moellons de tuffeau, enduits, avec un moyen appareil réservé aux éléments architectoniques : chaînes à bossages en table, bandeaux, appuis saillants, pleins de travées, corniches et encadrements harpés des baies. L'opposition entre aplats enduits et éléments en pierre de taille permettait ainsi de souligner plus nettement le dessin des façades et les articulations du bâtiment ; l'usure et la disparition de la plupart des enduits nuisent désormais à cette lecture. On discerne, par ailleurs, un jeu entre les couvrements des baies : à l'étage-carré ceux-ci ne sont constitués que de plates-bandes, alors que les lucarnes du comble et les portes et fenêtres du rez-de-chaussée, qui les encadrent, sont couvertes d'arcs segmentaires. De même, les fenêtres sont dotées de clefs saillantes alors que lucarnes et portes sont surmontées de corniches curvilignes (à l'exception de la porte du cellier, latérale et plus modeste).

Les cheminées des du corps principal (disparues à l'ouest) sont portées par des murs refends ; celles de l'appentis sont contre le pignon est.

Les poutraisons diffèrent selon les niveaux : entre le rez-de-chaussée et l'étage-carré, elles sont composées de seules solives, perpendiculaire à l'axe de la maison et de section assez importante ; entre l'étage-carré et le comble, le parti est différent avec plusieurs poutres massives, qui portent des solives de section réduite, parallèles aux gouttereaux.

La distribution verticale de la maison est assurée par un large escalier intérieur d'origine, rampe sur rampe, en charpente et à balustres tournés, situé en travée centrale. À partir des paliers qu'il dessert, on accède aux différentes pièces, distribuées de part et d'autre en enfilade, par des portes situées du côté du gouttereau nord. L'étroite travée axiale comme chacune des grandes salles des travées latérales prennent le jour par une grande baie côté cour et une autre côté jardin. Le décentrement de la travée centrale du corps principal s'explique du fait de ce qu'en plus des grandes salles, la partie ouest du logis comprend de plus petites pièces : un cellier au rez-de-chaussée qui ouvre par une porte sur cour et deux petits cabinets à l'étage-carré dotés chacun d'une fenêtre ouverte dans le pignon sur rue.

Le bâtiment s'achève à l'est par un corps en appentis couvert d'ardoises, d'une seule travée et à baies plus petites. Bien que séparé visuellement du logis principal par une chaîne, ce corps secondaire présente une maçonnerie cohérente avec celui-ci et participe pleinement de la distribution intérieure, pour n'y accueillir cependant que des pièces à fonctions moins nobles et commandées par les grandes salles orientales du logis. Ce corps secondaire compte ainsi un rez-de-chaussée (cuisine avec vaste cheminée autrefois équipée d'un four à pain) et un comble à surcroît (sans doute initialement chambre de domestique attenante à la chambre principale) ; ce dernier fut rehaussé en étage de comble sans doute dès la seconde moitié du XVIIIe ou au début du XIXe siècle.

Ces dispositions anciennes furent ponctuellement modifiées dans le dernier quart du XXe siècle, notamment : établissement d'un corridor à l'étage-carré, suppression des cheminées des salles ouest, transformation en porte d'une fenêtre sur jardin de la grande salle est du rez-de-chaussée, etc.

Au nord de la cour, près de l'entrée de la propriété se trouvent de petites dépendances, très probablement contemporaines de la maison : aujourd'hui sans affectation, il s'agissait à l'origine d'une écurie et d'une petite grange, dont la porte, à clous en bois, est notable.

Dans la parcelle de jardin qui aujourd'hui prolonge celui originellement lié au presbytère, à environ 80 m au sud de celui-ci, se trouve un puits déconnecté de toute habitation anciennement attestée. La margelle, qui repose à même le sol est de pierre dure et il semble qu'elle soit monolithique. Elle présente les caractéristiques d'un puits vraisemblablement du XVe siècle, avec une gorge périphérique destinée à recueillir les eaux tirées du puits pour les faire se déverser par la gueule d'une gargouille à face anthropomorphique et aux oreilles effilées. En l'absence d'une étude archéologique, il est difficile de savoir si l'implantation de ce puits est ancienne, s'il est à mettre en relation avec un habitat des derniers siècles du Moyen Âge lorsque Rest était encore un foyer de peuplement important à l'échelle de la paroisse ou s'il s'agit d'un élément en réemploi, qui pourrait provenir d'un site majeur, comme le château de Montsoreau.

Mursenduit
moellon
moyen appareil
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
appentis
croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours sans jour en charpente
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. O 766. Communes : Montsoreau. Divers, dont presbytère : acquisition, plan (1826), procédures, correspondance, etc. (1796-1881).

    AD Maine-et-Loire. 4 Q 13520. Domaines, enregistrement, hypothèques. Registre de conservation des hypothèques, transcription n°23 : acquisition de l'ancien presbytère devenu maison par la commune de Montsoreau (pour en faire à nouveau un presbytère), pour 6.000 francs (20 avril 1827).

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