Dossier d’œuvre architecture IA49010676 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Presbytère, puis maison, 1 place Saint-Michel, Fontevraud-l'Abbaye
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Fontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
  • Commune Fontevraud-l'Abbaye
  • Adresse 1 place Saint-Michel
  • Cadastre 1813 E 65 à 66 ; 1965 F1 44  ; 2009 F 44
  • Dénominations
    presbytère, maison
  • Parties constituantes non étudiées
    cour

Plusieurs fois remanié et agrandi, l'ancien presbytère de Fontevraud est un édifice majeur du patrimoine fontevriste, lié dès son origine à l'église Saint-Michel et qui conserve des éléments médiévaux même si son allure actuelle relève surtout des transformations des XVIIe-XIXe siècles.

Le presbytère de l'église Saint-Michel de Fontevraud est un bâtiment qui fut de très nombreuses fois remanié et agrandi, mais dont l'origine est médiévale.

Il semblerait qu'un bâtiment, très probablement à l'usage du desservant, ait été édifié à l'emplacement actuel du presbytère, flanquant l'église, peu après la construction de celle-ci au début du XIIIe siècle et sur un emplacement qui devait originellement correspondre à l'angle sud-est du vaste cimetière de Fontevraud. En effet, le parement extérieur de la travée de la nef contre laquelle il s'appuie est visible au niveau du comble du presbytère (dont il forme donc le parement intérieur) et le très bon état des blocs de tuffeau que l'on peut y observer, où les hachures de la taille originelle sont encore vives, semble témoigner de ce que cette partie de la façade de l'église n'a pas dû subir une longue période de ruissellement d'eaux pluviales depuis sa construction. Cette impression de contemporanéité entre l'église et ce qui serait peut-être la première cure est encore renforcée par le fait que le mur de cette travée de la nef est le seul de l'église à n'avoir jamais comporté de baie, probablement du fait même de ce flanquement. Enfin, dans le comble de ce presbytère sont conservés, contre ce même mur, des fragments de peinture murale qui pourraient dater du XIIIe siècle et là encore sembleraient attester d'un lien très ancien entre l'église et ce bâtiment. Dans cet état médiéval, il s'agit d'un logis à rez-de-chaussée et salle haute sous charpente, couvert d'un toit à deux versants dont l'axe est perpendiculaire à celui de l'église ; sa largeur devait être comparable au corps principal actuel et sa hauteur un peu moins importante (on discerne les ancrages de la première couverture dans le comble), mais l'on ne connaît pas sa longueur (autour de 10 mètres si elle correspond à la partie nord du bâtiment actuel).

À une époque non déterminée, vraisemblablement entre le XVe et le XVIIe siècle, ce bâtiment fit l'objet de travaux du fait de la nécessité de conforter le mur de la nef. Des contreforts furent élevés dans le presbytère lui-même, ce qui impliqua un dégagement d'une partie au moins de son couvrement et une reprise d'une partie de ses maçonneries. La cause de cette fragilisation de l'église n'est pas connue, mais elle pourrait être liée à la campagne de ce qui doit être la reconstruction de la première travée de la nef l'église, entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, à moins que d'autres désordres n'en soient la raison. On ne peut estimer si seul le tronçon nord ou bien si l'ensemble du presbytère fut affecté par ces travaux, lors desquels disparurent (sous les contreforts) une large part des peintures murales. S'il est totalement reconstruit, c'est cet état qui correspond alors à l'actuelle partie nord de l'édifice.

Pour les siècles suivants, la documentation archivistique permet d'éclairer ponctuellement l'histoire de ce bâtiment. Une mention du premier quart du XVIIe siècle évoque ainsi que le procureur fiscal de la châtellenie de Fontevraud poursuit les paroissiens pour les réparations du presbytère. La partie centrale ou second tronçon du presbytère est peut-être construit autour de cette période.

Plusieurs textes, vers 1645, font état de réparations et d'agrandissement du bâtiment, qui accueille alors la cure et le vicariat de la paroisse, mais nécessite d'importants travaux. Il est alors décidé d'inverser l'accès au bâtiment, dont la façade principale doit désormais s'ouvrir à l'est pour être accessible par la rue (actuelle rue du Logis-Bourbon) dont il est séparé par une petite cour où doivent donc être établis une porte charretière et des murs de clôture qui rejoignent ceux du Clos-Bourbon. Le second tronçon est largement repris et doté d'une cave, la plupart des baies sont remaniées et de nouvelles sont percées, les espaces intérieurs sont réaménagés (cloisons, nouvel escalier, cheminée, carrelages, etc.). Outre les parties habitées, le presbytère dispose aussi de dépendances (notamment une grange).

En 1687, le prêtre et les vicaires quittent provisoirement les lieux et laissent place pour un temps à Madame de Montespan et aux Filles de la Charité de l'Hôpital de la Sainte-Famille qu'elle fonde à Fontevraud, en attendant que ne soit construit le bâtiment qu'elle leur destine. Ils réintègrent avant 1692 le presbytère où la marquise (soeur de l'abbesse Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart de Mortemart) a entretemps fait réaliser pour 700 livres de travaux de réparations et d'agrandissement. C'est peut-être lors de ceux-ci, à moins que ce ne soit dans les décennies qui suivent, qu'est construit le troisième tronçon, partie sud du presbytère qui rejoint alors la clôture du Clos-Bourbon, ultime prolongement, attesté en 1738 et qui donne au bâtiment sa longueur actuelle.

Lorsqu'entre 1738 et 1750 Mesdames de France, filles cadettes de Louis XV, sont accueillies à Fontevraud et qu'est édifié pour les y établir le Logis Bourbon, une galerie (disparue) est construite depuis le Clos-Bourbon jusqu'à l'église. Cette galerie longe ainsi le bas de la façade orientale du presbytère, leur permettant ainsi d'accéder à une tribune qui est alors percée dans la première travée de chœur afin d'y suivre les offices sans passer par une voie publique. C'est probablement à cette occasion que l'orientation du presbytère fut à nouveau changée, avec retour à un accès en façade occidentale et aménagement d'une porte (datée sur œuvre : 1751) qui mène du jardin de la cure au ballet précédant l'entrée de l'église.

C'est sans doute dans les décennies qui suivent qu'est aménagée dans la salle sud de l'étage-carré du presbytère une chambre à alcôve ornée de lambris peints et dotée d'un parquet Versailles ; on ne connaît pas les circonstances de cet aménagement ni les commanditaires de l'aménagement de cette salle aujourd'hui connue sous le nom de "chambre de l'évêque".

Lors de la Révolution française, les bâtiments qui abritaient la cure sont saisis et vendus nationalement le 13 Messidor an IV (1er juillet 1796), devenant ainsi une habitation en mains privées. Dans les décennies qui suivent, plusieurs propriétaires se succèdent dans l'ancien presbytère et le bâtiment est plusieurs fois transformé et agrandi. Une partie de la cour orientale est cédée pour y établir de nouvelles maisons alignées sur l'actuelle rue du Logis-Bourbon et un mur de séparation avec portail est élevé pour maintenir un accès, avec servitude de passage, depuis cette rue. À l'ouest de l'ancien presbytère, une aile en appentis est élevée contre la nef de l'église. À l'est, la galerie des filles de Louis XV est détruite et sont bâtis une écurie là encore en appentis contre l'église et une extension de la maison contre le mur de clôture du Clos-Bourbon. Au sud, de l'autre côté du mur de clôture du Clos-Bourbon, un court tronçon des dépendances du Logis Bourbon qui flanque le mur est conservé et rattaché au presbytère dont il distribue par des portes et escaliers les salles sud.

Durant cette période, les prêtres successifs sont logés ailleurs dans la commune, puis la municipalité acquiert en 1822 une partie de l'ancienne maison du sénéchal des abbesses (place des Blatiers) devenu l'hôtel de la Boule d'Or pour en faire le nouveau presbytère ; le prêtre ne s'y installe qu'une fois les travaux achevés, en 1827. En 1842, l'ancien presbytère est à vendre et le conseil municipal en envisage l'acquisition pour en faire une école publique de garçons. L'acquisition est engagée dès 1842, mais pour des raisons d'ordre pratique, il apparaît bientôt évident qu'il convient plutôt de réinstaller le prêtre dans l'ancien presbytère et d'établir l'école place des Blatiers, ce qui est décidé en 1843. En 1847, le prêtre réintègre donc l'ancien presbytère, réaffecté dans ses fonctions originelles. Le bâtiment, jugé dans un état déplorable, connaît de nouvelles réparations en 1861.

Vers 1977, est démoli le tronçon en appentis des dépendances du Logis Bourbon, appendice au presbytère qui servait d'accès aux filles de Louis XV et était situé au revers du mur de clôture, dans le Clos-Bourbon.

En 2008, après le départ du dernier desservant de Fontevraud-l'Abbaye, le conseil municipal décide de faire du lieu un local à usage culturel, établissement recevant du public lors d'expositions ou accueillant un artisan d'art, ce qui se traduit par un réaménagement complet du bâtiment en 2010-2013. À cette occasion, le décor peint de la salle lambrissée du XVIIIe siècle, qui avait été repris et repeint en imitation bois au cours du XIXe siècle, est totalement restauré.

L'ancien presbytère de Fontevraud est un bâtiment qui flanque la nef de l'église paroissiale Saint-Michel, au niveau de sa seconde travée. Il s'agit d'un bâtiment d'axe perpendiculaire à celui de l'église et qui est formé d'un premier édifice au nord, contre la nef, et de ses deux prolongements successifs vers le sud, le dernier venant flanquer le mur de clôture du Clos-Bourbon. Ce corps principal compte un rez-de-chaussée, un étage-carré et un comble, mais les volumes (hauteur des élévations, pente des toits), la mise en œuvre des maçonneries ou encore les types de sols de l'étage-carré (carrelages, parquet) varient pour ces trois états qui sont donc aisément discernables les uns des autres. Le presbytère comprend aussi une aile en retour d'équerre, au nord-ouest, qui flanque la première travée de la nef, et une seconde, au nord-est, qui flanque la première travée de chœur. Au sud, en façade postérieure, un remaniement du dernier tronçon du corps principal forme une petite aile en retour d'équerre.

Le tronçon nord du presbytère est le plus ancien : flanquant la nef et doté de murs en moellons de tuffeau de près d'un mètre d'épaisseur, il conserve peut être des éléments du bâtiment originel (XIIIe ou XIVe siècle ?), mais doit plutôt remonter à un état du XVe ou du XVIe siècle. Son allure initiale n'est plus perceptible, car les travaux du milieu du XVIIe siècle contribuèrent au remaniement des baies du bâtiment, plusieurs fois reprises après encore. Au rez-de-chaussée, on retrouve certains des aménagements décrits lors des travaux de 1645 (dont l'ancienne cuisine, son évier et sa porte donnant côté cour). Le toit fut plusieurs fois refait et rehaussé ; on peut y voir, contre le mur nord, qui est le mur extérieur de la nef, des fragments du décor peint du XIIIe ou XIVe siècle, qui ornait le niveau haut du bâtiment originel qui était donc une salle haute sous charpente. Par ailleurs, on observe dans l'escalier un élément de claire-voie en bois mouluré, peut-être du XVIe siècle, vraisemblablement en remploi et qui pourrait provenir d'un escalier plus ancien.

La partie centrale du corps principale correspond très certainement à un prolongement édifié dans la première moitié du XVIIe siècle. Les murs en sont bien moins épais que dans le volume nord du bâtiment il est élevé en moellons avec des pleins de travée en moyen appareil de tuffeau. La cave qui est sous ce tronçon du bâtiment est accessible depuis la cour, à l'est, et fut réalisée en sous-œuvre vers 1645, date à laquelle furent aussi remaniés les aménagements intérieurs et les baies (dont plusieurs furent encore reprises au XIXe siècle). Cette partie centrale conserve sa charpente sans doute du début du XVIIe siècle, à chevrons-porteurs (ou chevrons formant fermes), contreventement complexe (avec faîtière et deux sous-faîtages) et fermes à faux-entraits assemblés à tenons et mortaise entre les chevrons et le second sous-faîtage.

Le tronçon sud, édifié vraisemblablement à la fin du XVIIe siècle, comprend peut-être des éléments plus anciens qui pourraient avoir été des dépendances antérieures. Il présente une façade principale, à l'ouest, en moyen appareil de tuffeau, moins épaisse encore que les murs du tronçon précédent, mis en œuvre que l'on retrouve aussi pour une partie des assises du pignon au niveau du comble (le bas du pignon sud est en fait le mur en moellons de du Clos-Bourbon) ; sa partie postérieure est érigée en moellons. La salle de l'étage-carré est ici remarquable par son décor de boiseries : lambris hauts, placards et encadrement de son alcôve. Cet ensemble, peint en imitation bois au XIXe siècle a révélé, lors des récentes restaurations un décor peint originel à liserés bleu sur fond blanc qu'il a été décidé de restituer pour l'ensemble de ce qui dut être la chambre d'un hôte de prestige dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le décor ajouré de chiffres fleuronnés qui orne l'alcôve pourrait être un remploi d'un ornement du XVIIIe ajouté là au XIXe siècle.

Les ailes est et ouest du bâtiment résultent de mises en œuvre de la fin du XVIIIe et surtout du XIXe siècle, avec maçonneries en moyen appareil de tuffeau.

De part et d'autre du bâtiment se trouvent, à l'ouest un jardin et à l'est une cour, plus réduite.

La cour, rétrécie au regard de ses dimensions originelles, est barrée d'un mur où une porte charretière à double vantaux permet, par une servitude de passage, d'accéder à la rue du Logis-Bourbon après la traverse d'une seconde cour. Le jardin ouvre par une porte piétonne sur le parvis de l'église couvert d'un auvent. Cette porte bâtarde à deux vantaux qui donne accès au presbytère est encadrée d'un corps de mouluration et coiffée d'une corniche cintrée dont l'amortissement à volute est daté de 1751 et est sommé d'un crucifix. Ce dernier est un remploi qui pourrait provenir de l'accolade flamboyante de la porte de l'église Saint-Michel, dont l'extrémité est détruite au XVIIIe siècle lorsqu'est érigé l'auvent qui couvre aujourd'hui encore les abords est et nord de l'église.

Deux formules de salutations latines sont gravées (d'une graphie du XVIIIe siècle ?) dans l'embrasure de la porte d'entrée du jardin du presbytère, l'une, "Ave", sur l'ébrasement est, plutôt visible par les personnes qui entrent dans la cour, l'autre, "Salve", sur l'ébrasement ouest, par celles qui sortent. Deux têtes d'anges sculptées rapportées accompagnaient ces mots : sans doute placées là dans la seconde moitié du XXe siècle, elles ont aujourd'hui disparu. Ces chérubins, d'une facture qui semble de la fin du XVIe ou du XVIIe siècle (avec traces d'outils : trépan et gradine), provenaient sans doute de bâtiments de l'abbaye détruits après la Révolution (peut-être les églises Notre-Dame-de-Liesse, La Madeleine ou Saint-Jean-de-l'Habit).

  • Murs
    • moellon
    • moyen appareil
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
    • pignon couvert
    • pignon découvert
  • Escaliers
    • escalier dans-œuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
    • escalier dans-œuvre : escalier droit
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune