Logo ={0} - Retour à l'accueil

Presbytère, puis maison, 1 place Saint-Michel, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010676 réalisé en 2010

Fiche

Plusieurs fois remanié et agrandi, l'ancien presbytère de Fontevraud est un édifice majeur du patrimoine fontevriste, lié dès son origine à l'église Saint-Michel et qui conserve des éléments médiévaux même si son allure actuelle relève surtout des transformations des XVIIe-XIXe siècles.

Parties constituantes non étudiéescour
Dénominationspresbytère, maison
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Adresse : 1 place
Saint-Michel
Cadastre : 1813 E 65 à 66 ; 1965 F1 44 ; 2009 F 44

Le presbytère de l'église Saint-Michel de Fontevraud est un bâtiment qui fut de très nombreuses fois remanié et agrandi, mais dont l'origine est médiévale.

Il semblerait qu'un bâtiment, très probablement à l'usage du desservant, ait été édifié à l'emplacement actuel du presbytère, flanquant l'église, peu après la construction de celle-ci au début du XIIIe siècle et sur un emplacement qui devait originellement correspondre à l'angle sud-est du vaste cimetière de Fontevraud. En effet, le parement extérieur de la travée de la nef contre laquelle il s'appuie est visible au niveau du comble du presbytère (dont il forme donc le parement intérieur) et le très bon état des blocs de tuffeau que l'on peut y observer, où les hachures de la taille originelle sont encore vives, semble témoigner de ce que cette partie de la façade de l'église n'a pas dû subir une longue période de ruissellement d'eaux pluviales depuis sa construction. Cette impression de contemporanéité entre l'église et ce qui serait peut-être la première cure est encore renforcée par le fait que le mur de cette travée de la nef est le seul de l'église à n'avoir jamais comporté de baie, probablement du fait même de ce flanquement. Enfin, dans le comble de ce presbytère sont conservés, contre ce même mur, des fragments de peinture murale qui pourraient dater du XIIIe siècle et là encore sembleraient attester d'un lien très ancien entre l'église et ce bâtiment. Dans cet état médiéval, il s'agit d'un logis à rez-de-chaussée et salle haute sous charpente, couvert d'un toit à deux versants dont l'axe est perpendiculaire à celui de l'église ; sa largeur devait être comparable au corps principal actuel et sa hauteur un peu moins importante (on discerne les ancrages de la première couverture dans le comble), mais l'on ne connaît pas sa longueur (autour de 10 mètres si elle correspond à la partie nord du bâtiment actuel).

À une époque non déterminée, vraisemblablement entre le XVe et le XVIIe siècle, ce bâtiment fit l'objet de travaux du fait de la nécessité de conforter le mur de la nef. Des contreforts furent élevés dans le presbytère lui-même, ce qui impliqua un dégagement d'une partie au moins de son couvrement et une reprise d'une partie de ses maçonneries. La cause de cette fragilisation de l'église n'est pas connue, mais elle pourrait être liée à la campagne de ce qui doit être la reconstruction de la première travée de la nef l'église, entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, à moins que d'autres désordres n'en soient la raison. On ne peut estimer si seul le tronçon nord ou bien si l'ensemble du presbytère fut affecté par ces travaux, lors desquels disparurent (sous les contreforts) une large part des peintures murales. S'il est totalement reconstruit, c'est cet état qui correspond alors à l'actuelle partie nord de l'édifice.

Pour les siècles suivants, la documentation archivistique permet d'éclairer ponctuellement l'histoire de ce bâtiment. Une mention du premier quart du XVIIe siècle évoque ainsi que le procureur fiscal de la châtellenie de Fontevraud poursuit les paroissiens pour les réparations du presbytère. La partie centrale ou second tronçon du presbytère est peut-être construit autour de cette période.

Plusieurs textes, vers 1645, font état de réparations et d'agrandissement du bâtiment, qui accueille alors la cure et le vicariat de la paroisse, mais nécessite d'importants travaux. Il est alors décidé d'inverser l'accès au bâtiment, dont la façade principale doit désormais s'ouvrir à l'est pour être accessible par la rue (actuelle rue du Logis-Bourbon) dont il est séparé par une petite cour où doivent donc être établis une porte charretière et des murs de clôture qui rejoignent ceux du Clos-Bourbon. Le second tronçon est largement repris et doté d'une cave, la plupart des baies sont remaniées et de nouvelles sont percées, les espaces intérieurs sont réaménagés (cloisons, nouvel escalier, cheminée, carrelages, etc.). Outre les parties habitées, le presbytère dispose aussi de dépendances (notamment une grange).

En 1687, le prêtre et les vicaires quittent provisoirement les lieux et laissent place pour un temps à Madame de Montespan et aux Filles de la Charité de l'Hôpital de la Sainte-Famille qu'elle fonde à Fontevraud, en attendant que ne soit construit le bâtiment qu'elle leur destine. Ils réintègrent avant 1692 le presbytère où la marquise (soeur de l'abbesse Marie-Madeleine-Gabrielle de Rochechouart de Mortemart) a entretemps fait réaliser pour 700 livres de travaux de réparations et d'agrandissement. C'est peut-être lors de ceux-ci, à moins que ce ne soit dans les décennies qui suivent, qu'est construit le troisième tronçon, partie sud du presbytère qui rejoint alors la clôture du Clos-Bourbon, ultime prolongement, attesté en 1738 et qui donne au bâtiment sa longueur actuelle.

Lorsqu'entre 1738 et 1750 Mesdames de France, filles cadettes de Louis XV, sont accueillies à Fontevraud et qu'est édifié pour les y établir le Logis Bourbon, une galerie (disparue) est construite depuis le Clos-Bourbon jusqu'à l'église. Cette galerie longe ainsi le bas de la façade orientale du presbytère, leur permettant ainsi d'accéder à une tribune qui est alors percée dans la première travée de chœur afin d'y suivre les offices sans passer par une voie publique. C'est probablement à cette occasion que l'orientation du presbytère fut à nouveau changée, avec retour à un accès en façade occidentale et aménagement d'une porte (datée sur œuvre : 1751) qui mène du jardin de la cure au ballet précédant l'entrée de l'église.

C'est sans doute dans les décennies qui suivent qu'est aménagée dans la salle sud de l'étage-carré du presbytère une chambre à alcôve ornée de lambris peints et dotée d'un parquet Versailles ; on ne connaît pas les circonstances de cet aménagement ni les commanditaires de l'aménagement de cette salle aujourd'hui connue sous le nom de "chambre de l'évêque".

Lors de la Révolution française, les bâtiments qui abritaient la cure sont saisis et vendus nationalement le 13 Messidor an IV (1er juillet 1796), devenant ainsi une habitation en mains privées. Dans les décennies qui suivent, plusieurs propriétaires se succèdent dans l'ancien presbytère et le bâtiment est plusieurs fois transformé et agrandi. Une partie de la cour orientale est cédée pour y établir de nouvelles maisons alignées sur l'actuelle rue du Logis-Bourbon et un mur de séparation avec portail est élevé pour maintenir un accès, avec servitude de passage, depuis cette rue. À l'ouest de l'ancien presbytère, une aile en appentis est élevée contre la nef de l'église. À l'est, la galerie des filles de Louis XV est détruite et sont bâtis une écurie là encore en appentis contre l'église et une extension de la maison contre le mur de clôture du Clos-Bourbon. Au sud, de l'autre côté du mur de clôture du Clos-Bourbon, un court tronçon des dépendances du Logis Bourbon qui flanque le mur est conservé et rattaché au presbytère dont il distribue par des portes et escaliers les salles sud.

Durant cette période, les prêtres successifs sont logés ailleurs dans la commune, puis la municipalité acquiert en 1822 une partie de l'ancienne maison du sénéchal des abbesses (place des Blatiers) devenu l'hôtel de la Boule d'Or pour en faire le nouveau presbytère ; le prêtre ne s'y installe qu'une fois les travaux achevés, en 1827. En 1842, l'ancien presbytère est à vendre et le conseil municipal en envisage l'acquisition pour en faire une école publique de garçons. L'acquisition est engagée dès 1842, mais pour des raisons d'ordre pratique, il apparaît bientôt évident qu'il convient plutôt de réinstaller le prêtre dans l'ancien presbytère et d'établir l'école place des Blatiers, ce qui est décidé en 1843. En 1847, le prêtre réintègre donc l'ancien presbytère, réaffecté dans ses fonctions originelles. Le bâtiment, jugé dans un état déplorable, connaît de nouvelles réparations en 1861.

Vers 1977, est démoli le tronçon en appentis des dépendances du Logis Bourbon, appendice au presbytère qui servait d'accès aux filles de Louis XV et était situé au revers du mur de clôture, dans le Clos-Bourbon.

En 2008, après le départ du dernier desservant de Fontevraud-l'Abbaye, le conseil municipal décide de faire du lieu un local à usage culturel, établissement recevant du public lors d'expositions ou accueillant un artisan d'art, ce qui se traduit par un réaménagement complet du bâtiment en 2010-2013. À cette occasion, le décor peint de la salle lambrissée du XVIIIe siècle, qui avait été repris et repeint en imitation bois au cours du XIXe siècle, est totalement restauré.

Période(s)Principale : 13e siècle , (?)
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Auteur(s)Personnalité : Montespan Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de
Montespan Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de
Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
habitant célèbre attribution par source

L'ancien presbytère de Fontevraud est un bâtiment qui flanque la nef de l'église paroissiale Saint-Michel, au niveau de sa seconde travée. Il s'agit d'un bâtiment d'axe perpendiculaire à celui de l'église et qui est formé d'un premier édifice au nord, contre la nef, et de ses deux prolongements successifs vers le sud, le dernier venant flanquer le mur de clôture du Clos-Bourbon. Ce corps principal compte un rez-de-chaussée, un étage-carré et un comble, mais les volumes (hauteur des élévations, pente des toits), la mise en œuvre des maçonneries ou encore les types de sols de l'étage-carré (carrelages, parquet) varient pour ces trois états qui sont donc aisément discernables les uns des autres. Le presbytère comprend aussi une aile en retour d'équerre, au nord-ouest, qui flanque la première travée de la nef, et une seconde, au nord-est, qui flanque la première travée de chœur. Au sud, en façade postérieure, un remaniement du dernier tronçon du corps principal forme une petite aile en retour d'équerre.

Le tronçon nord du presbytère est le plus ancien : flanquant la nef et doté de murs en moellons de tuffeau de près d'un mètre d'épaisseur, il conserve peut être des éléments du bâtiment originel (XIIIe ou XIVe siècle ?), mais doit plutôt remonter à un état du XVe ou du XVIe siècle. Son allure initiale n'est plus perceptible, car les travaux du milieu du XVIIe siècle contribuèrent au remaniement des baies du bâtiment, plusieurs fois reprises après encore. Au rez-de-chaussée, on retrouve certains des aménagements décrits lors des travaux de 1645 (dont l'ancienne cuisine, son évier et sa porte donnant côté cour). Le toit fut plusieurs fois refait et rehaussé ; on peut y voir, contre le mur nord, qui est le mur extérieur de la nef, des fragments du décor peint du XIIIe ou XIVe siècle, qui ornait le niveau haut du bâtiment originel qui était donc une salle haute sous charpente. Par ailleurs, on observe dans l'escalier un élément de claire-voie en bois mouluré, peut-être du XVIe siècle, vraisemblablement en remploi et qui pourrait provenir d'un escalier plus ancien.

La partie centrale du corps principale correspond très certainement à un prolongement édifié dans la première moitié du XVIIe siècle. Les murs en sont bien moins épais que dans le volume nord du bâtiment il est élevé en moellons avec des pleins de travée en moyen appareil de tuffeau. La cave qui est sous ce tronçon du bâtiment est accessible depuis la cour, à l'est, et fut réalisée en sous-œuvre vers 1645, date à laquelle furent aussi remaniés les aménagements intérieurs et les baies (dont plusieurs furent encore reprises au XIXe siècle). Cette partie centrale conserve sa charpente sans doute du début du XVIIe siècle, à chevrons-porteurs (ou chevrons formant fermes), contreventement complexe (avec faîtière et deux sous-faîtages) et fermes à faux-entraits assemblés à tenons et mortaise entre les chevrons et le second sous-faîtage.

Le tronçon sud, édifié vraisemblablement à la fin du XVIIe siècle, comprend peut-être des éléments plus anciens qui pourraient avoir été des dépendances antérieures. Il présente une façade principale, à l'ouest, en moyen appareil de tuffeau, moins épaisse encore que les murs du tronçon précédent, mis en œuvre que l'on retrouve aussi pour une partie des assises du pignon au niveau du comble (le bas du pignon sud est en fait le mur en moellons de du Clos-Bourbon) ; sa partie postérieure est érigée en moellons. La salle de l'étage-carré est ici remarquable par son décor de boiseries : lambris hauts, placards et encadrement de son alcôve. Cet ensemble, peint en imitation bois au XIXe siècle a révélé, lors des récentes restaurations un décor peint originel à liserés bleu sur fond blanc qu'il a été décidé de restituer pour l'ensemble de ce qui dut être la chambre d'un hôte de prestige dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le décor ajouré de chiffres fleuronnés qui orne l'alcôve pourrait être un remploi d'un ornement du XVIIIe ajouté là au XIXe siècle.

Les ailes est et ouest du bâtiment résultent de mises en œuvre de la fin du XVIIIe et surtout du XIXe siècle, avec maçonneries en moyen appareil de tuffeau.

De part et d'autre du bâtiment se trouvent, à l'ouest un jardin et à l'est une cour, plus réduite.

La cour, rétrécie au regard de ses dimensions originelles, est barrée d'un mur où une porte charretière à double vantaux permet, par une servitude de passage, d'accéder à la rue du Logis-Bourbon après la traverse d'une seconde cour. Le jardin ouvre par une porte piétonne sur le parvis de l'église couvert d'un auvent. Cette porte bâtarde à deux vantaux qui donne accès au presbytère est encadrée d'un corps de mouluration et coiffée d'une corniche cintrée dont l'amortissement à volute est daté de 1751 et est sommé d'un crucifix. Ce dernier est un remploi qui pourrait provenir de l'accolade flamboyante de la porte de l'église Saint-Michel, dont l'extrémité est détruite au XVIIIe siècle lorsqu'est érigé l'auvent qui couvre aujourd'hui encore les abords est et nord de l'église.

Deux formules de salutations latines sont gravées (d'une graphie du XVIIIe siècle ?) dans l'embrasure de la porte d'entrée du jardin du presbytère, l'une, "Ave", sur l'ébrasement est, plutôt visible par les personnes qui entrent dans la cour, l'autre, "Salve", sur l'ébrasement ouest, par celles qui sortent. Deux têtes d'anges sculptées rapportées accompagnaient ces mots : sans doute placées là dans la seconde moitié du XXe siècle, elles ont aujourd'hui disparu. Ces chérubins, d'une facture qui semble de la fin du XVIe ou du XVIIe siècle (avec traces d'outils : trépan et gradine), provenaient sans doute de bâtiments de l'abbaye détruits après la Révolution (peut-être les églises Notre-Dame-de-Liesse, La Madeleine ou Saint-Jean-de-l'Habit).

Mursmoellon
moyen appareil
Toitardoise
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
appentis
pignon couvert
pignon découvert
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
escalier dans-œuvre : escalier droit
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Document 1

    AD Maine-et-Loire. 101 H 39. Abbaye de Fontevraud. Pièces diverses (1516-1770), dont : réparations à la cure de Saint-Michel (1645-1692).

    Visite de la cure par Frère Michel Moulinneuf et Étienne Gendoux, architecte et maçon de Saumur en vue de travaux : murs de jardins, terrassements, escalier de bois, aménagements et redistributions de pièces (salle, cuisine, chambres) de la grange pour faire une écurie, planchers, pavages, cheminées, 2 arcades de pierre de taille côté cour du vicariat (10 avril 1645) :

    Du dixiesme jour d'Avril mil six cents quarante cinq. A esté procédé à la visitte du logis de la cure par nous Charles Chevreau et Mtre Pierre Couronneau et Mtre Pierre Pavillon en présence de frère Michel Moulinneuf commis a la conduitte et réparation des bastiment et de Estienne Gondouin Mtre architecte et masson demeurant à Saumur mandé à cette fin, et pour rendre ledit logis habitable et mettre en estat de pouvoir servir audit Pavillon, c'est trouvé à propos y faire ce qui sensuit.

    Premierement pour l'entrée principalle de ladite maison, se trouve à propos de faire sur la ruë tendant de l'abbaye à l'Asnerie de laisser du costé de l'églize un jardin pour servir à l'un des vicaires et faire une muraille de séparation à prendre depuis la muraille qui est en reclave par devers ladite rue en tirant en droite ligne jusqu'à l'ancien jardin du vicaire afin que la charrette puisse aller droit dans la grange et refuge dudit logis, laquelle muraille sera seulement de moison et aura vingt toises, et reporter ladite muraille qui va en recoin au niveau de l'entrée cy dessus afin d'accroistre le jardin dudit vicaire et pour cet effet fault cinq toises de murailles de moison au coin de ladite muraille où sera la porte on fera un pan coupé laquelle porte sera suffisament grande pour passer une charrette de foin et à cette fin sera ladite porte de dix à onze pieds de large et autant de hauteur et pour clostre ladite cour du coste du jardin de ladite maison de la cure il y faudra sept toises et demie de muraille aussi de moison.

    Plus aussi a esté jugé à propos de faire un escallier de boys de charpente à repos, avec deux limons, dans la vieille cuisine et pour cette effet prendre huit pieds en largeur d'icelle, du costé de la salle, et pour donner du jour dans ledit escallier et y entrer ensemble dans la salle qui sera faite cy après en ladite cuisine, faudra faire une porte et une fenestre au-dessus, lequel escallier communiquera dans toutes les chambres haultes de ladite maison, soubs lequel escallier y aura une allée pour entrer dans la chambre antienne de ladite maison et dans l'antienne estude, et afin de séparer et degager, ladite antiennes chambres d'avec ladite estudes sera fait une separation de colombage soubs l'une des saulives et une petitte fenestre, ou abajour, pour luy donner clarte du coste du jardin et dans ledit cabinet y sera fait une croisée au lieu d'une demie qui y est, et massonner une porte qui est dans ledit cabinet et oster la souche du four.

    Plus afin de faire servir ladite cuisine antienne de salle, fault un plancher supporté de deux saullives, chascune de 17 pieds et demi de long, garnies de soulliveaux de dix huict poulces de l'un à l'aultre et y aura quatre travées dont deux seront supportées sur le pignon de ladite cuisine et sur le parpin ou sera ledit escallier.

    Plus fault retroissir la cheminée de ladite cuisine y faire deux jambages et un manteau soubs le tuyau.

    Plus fault démolir la croisée qui est dans ladite cuisine et la remettre dans le milieu de la muraille du pignon où elle est.

    Plus fault faire deux croisées dans laizière de ladite salle Plus fault paver ladite salle tout à neuf et la hausser d'un grand pied de terre.

    Plus réparer la porte antienne qui est dant ladite laiziere.

    Plus dans l'espace qui est entre ladite antienne cuisine et l'ancien cabinet cy dessus fault y faire une cuisine et, à cette fin, y faire une cheminée dans le pignon et une autre cheminée au-dessus pour servir à la haulte chambre dont sera parlée cy apres, laquelle cuisine sera aussi pavée de pavé de Champigny taillé et deux quarts de croisées et un aiguier et un petit four dans ladite cheminée a cuire dix boisseaux de bled. et afin de sortir de ladite cuisine dans la cour sera fait une porte, et seront demolis les aisements proche ledit lieu.

    Plus dans l'espace qui est au dessus de ladite cuisine et de l'ancien cabinet y sera fait une chambre et, à cette fin, sera planchée de saulliveaux passant et portans sur les sablères comme sont les tirants et, pour cet effet, y en fault jusques au nombre de [laissé en blanc] de dix huit pieds chascun Si mieux on n'aime poser des soullieaux sur lesdits tirans qui serviront de soullives et au bout de ladite chambre du costé du midy y sera fait une clouaison pour faire un cabinet et un carrefour pour degaiger ledit cabinet de ladite chambre le tout de colombage et bousillis, et une porte pour entrer dans l'escallier cy dessus. En laquelle chambre sera fait une croisée et une demie dans ledit cabinet et seront lesdits chambre et cabinet pavez de carreau de terre cuitte.

    Plus dans la salle antienne sera bouchée la croisée du costé de l'occidant et fait une autre du costé du midy au lieu d'un abajour qui y est et sera condamnée la porte qui ouvre dans le jardin.

    Plus à costé de ladite salle antienne et soubs l'escallier qui est à présent et qui sera ruiné y sera pratiqué un petit cabinet ou garderobe.

    Plus sera rejoint le manteau de la cheminée de ladite salle.

    Plus afin de dégager le puy du jardin, ensemble la grange, sera fait une muraille de separation de moison en laquelle y aura quinze toises, et demolir la petitte muraille où est le tout.

    Plus sera demoly un petit apanty proche ledit puy . Et dans l'espoisseur de la muraille y sera fait des aisements et autres commodités qu'il sera jugée à propos.

    Plus fault refaire le pignon de la grange et du mesme coste y sera fait une muraille de separation de moison seulement et pour y pratiquer une escurie et sera ladite grange planchayée de boys pour mettre du foin dessus.

    Plus fault environ trois toises de muraille pour closre le jardin de ladite maison d'avec celuy antien dudit vicaire.

    Et d'aultant que les terres des lieux où se doibvent faire les cours sont plus haultes que le sol desdites maisons, en seront oster les terres et mises dans ledit jardin en lieu plus commodes.

    Plus fault paver de carreau de terre cuitte la chambre haulte ancienne et faire une croisée dans ladite chambre au lieu d'une demie qui y est et une lucarne au dessus.

    Plus au grenier estant à costé de ladite chambre dont la charpente et couverture est toute crevée et enfoncée le plancher qui est au-dessoubs fault y faire un pignon du costé du midy et y faire un petit cabinet en galetas et une demie croisée dans ledit pignon.

    Plus fault faire deux arcades ou arceaux de pierre de taille au lieu des deux portes qui sont à l'entrée dudit logis du costé de la cour du vicariat.

    Document 2

    AD Maine-et-Loire. 101 H 35. Abbaye de Fontevraud. Hôpital de la Sainte-Famille d'Oiron : pièces diverses, avec mention de la cure où est un temps installée la Sainte-Famille (1682-1710).

    Acte d'achat (11 décembre 1692) d'une terre à l'abbaye par Madame de Montespan, avec paragraphe mentionnant qu'elle installa son Hôpital de la Sainte-Famille dans le vicariat du presbytère de Saint-Michel en 1687, avant de transférer sa fondation pieuse dans le bâtiment qu'elle avait entre temps fait construire à l'ouest du village :

    [...] Cette vendition et transport faite moyennant le prix et somme de quinze cens cinquante et quatre livres trois sols quatre deniers, sur laquelle somme demeure déduitte celle de sept cens livres que Madite Dame de Montespan auroit payée dès l'année mil six cens quatrevingt sept au Révérend Père frère Yves Vacher prestre religieux de ladite abbaye et curé de la parroisse de Saint Michel dudit Fontevraud, pour faire des augmentations et réparations au logis du vicariat de ladite cure de Sainct Michel pour s'y loger au lieu et place du logis et appartenances ordinaires de ladite cure, dans lequel ledit Révérend Père Vacher et ses prédécesseurs curez avoient coutume de loger et où en ladite année mil six cens quatrevingt sept Madite Dame de Montespan avoit estably la Charité de la Saincte Famille, laquelle ayant depuis esté transférée dans le bastiment que Madite Dame a fait bastir et construire pour cet effet dans le bout dudit Clox des Chaffaux, Madite Dame abbesse auroit depuis réuny et mis au-dedans de la closture de ladite abbaye ledit logis et appartenance de la cure pour y faire des jardins et la mesnagerie de son logis abbatial, et au regard du surplus de ladite somme de quinze cens cinquante et quatre livres trois soles et quatre deniers montant à huit cens cinquante et quatre livres trois sols quatre deniers, Madite Dame de Montespan le l'a présentement payée comptant [...].

    Document 3

    AD Maine-et-Loire. 1 Q 213. Biens nationaux. District de Saumur, biens de 1ère origine, procès-verbaux d'estimation par ordre alphabétique des communes : D à J (1790-1791).

    Procès-verbal du 27 novembre 1790, municipalité de Fontevraud :

    Article 1er. La maison presbitéralle de la paroisse Saint Michel de Font'Evrault, consistante au rez de chaussée, dans une cuisine, un refuge à côté, une salle, un vestibulle, un escallier en bois, un bûcher, cave voûtée au dessous, un autre refuge du côté de la gallerie de l'église ; au premier étage trois chambres à cheminée et cabinets, grenier sur le tout couvert d'ardoise ; une basse-cour dans laquelle est une écurie, collombier voûté au dessus, lattrines, une cour d'entrée et un petit jardin [passage laissé en blanc], le tout contenant environ deux boissellées et les bâtiments en ruine, estimés de revenu soixante quinze livres, joignant au nord l'église paroissialle, au midi la cour de Mesdames de France en l'interrieur de l'abbaÿe desdittes dames relligieuses, au levant la rüe qui dessend du Carrefour à la cure et au couchant le cimetière de laditte paroisse.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 101 H 35. Abbaye de Fontevraud. Hôpital de la Sainte-Famille d'Oiron : pièces diverses, avec mention de la cure où est un temps installée la Sainte-Famille (1682-1710).

    AD Maine-et-Loire. 101 H 39. Abbaye de Fontevraud. Pièces diverses (1516-1770), dont : réparations à la cure de Saint-Michel (1645-1692).

    AD Maine-et-Loire. 101 H 160. Abbaye de Fontevraud. LARDIER, Jean (dom). Thrésor de l'ordre de Font-Evraud disposé en 3 volumes. Volume 1. Contenant l'inventaire des registres et extraits de conseil des abbesses pour les affaires qui regardent l'abbesse & le temporel de ladite abbaye par ordre alphabétique du temps de M. Jeanne Baptiste de Bourbon, XXXII. Abbesse, chef & générale dudit ordre, manuscrit, Fontevraud, 1649. Voir f°372v.

    AD Maine-et-Loire. O 559. Biens communaux : Fontevraud-l'Abbaye. Pièces diverses (XIXe-XXe siècles), dont : achat de l'ancien presbytère (1842-1852).

    AD Maine-et-Loire. O 560. Biens communaux. Fontevraud-l'Abbaye. Presbytère (1803-1861).

    AD Maine-et-Loire. 1 Q 213. Biens nationaux. District de Saumur, biens de 1ère origine, procès-verbaux d'estimation par ordre alphabétique des communes : D à J (1790-1791).

    AD Maine-et-Loire. 1 Q 518. Biens nationaux. Département, procès-verbaux de vente des biens immobiliers de 1ère origine (1796).

    AD Maine-et-Loire. 4 Q 13588, n°20. Hypothèques. Acquisition de l'ancien presbytère par la commune de Fontevraud pour en faire à nouveau le presbytère (14 août 1842).

    Centre culturel de l'Ouest (Abbaye de Fontevraud). Non coté. Documentation iconographique. Plan de l'abbaye de Fontevraud, dit « plan de 1762 » (3e quart du XVIIIe siècle).

Bibliographie
  • PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, 3 vol., Paris-Angers, 1876-1878 ; réédition, mise à jour et augmentée (coll.), 4 vol., Angers : 1965-1989 ; supplément (Sarazin, André), 2 vol. Angers : 2004.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine - Stalder Florian