Dossier d’œuvre architecture IA44004658 | Réalisé par
Lelièvre Françoise
Lelièvre Françoise

Chercheur, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

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  • inventaire topographique
Port, quai Libert ; quai Chassagne ; Sadi-Carnot ; quai Boulay-Paty ; quai Gautreau ; quai Eole, Paimbœuf
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Archives départementales de Loire-Atlantique

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Paimbœuf (commune)
  • Commune Paimbœuf
  • Adresse quai Libert , quai Chassagne , Sadi-Carnot , quai Boulay-Paty , quai Gautreau , quai Eole

La rupture de charge, devenue nécessaire avec l'augmentation du tonnage des navires, fixe à Paimbœuf dès le XVIIe siècle une activité dont témoigne en 1659 l'arrentement par le duc de Retz à la ville de Nantes d'un terrain pour servir au dépôt du lest en amont de l'actuel quai E. Libert. Deux aires d'ancrage se dessinent au XVIIe siècle, l'une dite la rade des Quatre amarres en amont et à hauteur de l'actuelle place Frégate-Aréthuse, la seconde en aval devant les actuels quais Gautreau et Eole, cette dernière davantage destinée à une immobilisation prolongée des navires. Des corps morts en rive, quelques cales et des berges naturelles propices à l'échouage représentent les seules infrastructures portuaires jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Un fort de terre armé de canons, mentionné en 1683, assure en aval la protection des deux rades. A partir du milieu du XVIIIe siècle les premiers travaux s'inscrivent dans le cadre de projets plus larges destinés à maintenir l'estuaire navigable de Nantes à la mer. Le 6 août 1762 l'ingénieur de la marine Magin livre les plans d'une jetée à construire à l'emplacement de la jetée actuelle quai Boulay-Paty. Elevée mais vite fragilisée, elle a fait l'objet d'une reconstruction achevée en 1781 sur des plans présentés le 1er juillet 1776 par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées du département, Mathurin Groleau. Il présentait parallèlement les plans et les élévations d'un deuxième ouvrage parallèle, une jetée submersible dite de la Pierre à l'oeil à élever en aval au-delà de l'actuelle place Charles Querbez. Construite, elle a depuis été absorbée par les atterrissements encouragés au début du XXe siècle le long des quais Eole et Gautreau, ne laissant visible aujourd'hui que la tour élevée côté Loire sortant des sables (au sud de la base nautique). Dans le même temps Mathurin Groleau produit un plan général pour la construction de quais, de la Grande chaussée (actuelle place Frégate-Aréthuse) jusqu'à l'extrémité ouest de l'actuel quai Eole. L'alignement de ce qui deviendra ultérieurement le quai Eole devait longer un nouveau lotissement implanté sur une bande de terre gagnée sur le fleuve. Ce projet n'eut pas de suite au XVIIIe siècle au cours duquel seule la construction d'une courte portion de quai sera amorcée en amont de la jetée, quai Boulay-Paty actuel. A l'aube du XIXe siècle la construction de quais concerne la rive comprise entre l'actuelle place Frégate-Aréthuse et la jetée quai Boulay-Paty. Le projet est engagé à partir d'un plan signé le 22 février 1806 par le successeur de Mathurin Groleau, l'ingénieur Duboys-Dessausais. Une cale oblique en forme de fer à cheval dite le grand fer à cheval (cale actuelle) interrompt l'ensemble au débouché de l'actuelle rue Pasteur, là où Groleau prévoyait en 1803 plusieurs petites cales semi circulaires régulièrement espacées. La place semi-circulaire opposée à la cale, au sud, quoique restreinte en profondeur sur le projet modifié en 1808, ne sera pas réalisée. Elle figure encore sur le plan d'alignements de 1810 mais elle est absente du plan général dessiné par l'architecte-voyer de la ville de Nantes Mathurin Peccot en 1813. Cette place aurait dû répondre à une place dite place impériale à l'emplacement de la place du Marché actuelle. Le 14 novembre 1836, un arrêté valide le projet présenté par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Cabrol, d'un élargissement à dix mètres de la route royale n° 23 dans la traverse de la ville ; il induisait une régularisation du front bâti sur les actuels quais Sadi-Carnot et Boulay-Paty. L'extension de la ligne de quai vers l'aval entre la jetée quai Boulay-Paty actuelle et la tour de la Pierre à l’œil doit être appréhendée dans le cadre des missions confiées au service spécial de surveillance de la Loire placé à partir de 1826 sous la direction de l'ingénieur Lemierre. Le comblement progressif de la rade des Quatre amarres oblige à prendre des mesures présentées sur le plan du 2 décembre 1836, deux digues submersibles élevées en amont, entre les îles du Carné et de la Maréchale. Un dragage de la rade des Quatre amarres est envisagé. Le sable et les vases sont déplacés vers l'aval à hauteur des actuels quais Gautreau et Eole pour remblayer la rive, permettre la constitution d'atterrissements et suivre l'élévation de la ligne de quai. Le projet de quai approuvé en 1843 à partir du plan présenté par l'ingénieur des Ponts et Chaussées en chef du département Cabrol est celui d'un mur de soutènement partiellement élevé sur une semelle de béton ou de pierres sèches ou directement ancré sur le rocher en fonction de la profondeur de ce dernier, l'ensemble retenu du côté de la Loire par des pieux. Une promenade plantée sépare le quai du front bâti régularisé. Les matériaux utilisés proviennent de la plate-forme de l'île Saint-Nicolas (le projet de lazaret ayant été abandonné), des carrières de la garenne de Lavau, des carrières voisines du calvaire et de la démolition de la courte portion de quai précédemment construite entre la jetée et la rue de l'Hôpital. La rive située en amont des chantiers de constructions navales (actuel quai Chassagne) est restée libre. L'administration des Ponts et Chaussées projette en 1857 la construction d'une forme de radoub (bassin de carénage), financée et exploitée dans un premier temps par l'Etat. Le bassin adossé à la voie sur berge (route impériale 23) est achevé en 1860 ainsi qu'une seconde cale en forme de fer à cheval dite le Petit fer à cheval, quai Chassagne actuel. Le 1er août 1872, un avant-projet d'agrandissement de l'actuel quai Sadi-Carnot est déposé par l'ingénieur Paul Joly, pour la construction d'un quai vertical de 190 mètres de long planté d'arbres. Le projet est approuvé le 28 mai 1879 et achevé en février 1883. Les travaux ont été dirigés par l'ingénieur civil Conrad Zschokke, entrepreneur de travaux publics à Paris. La reconstruction de l'estacade en béton armé au nord de la cale du grand fer à cheval est programmée en 1915. Les aménagements du XXe siècle concernent avant tout la rive longeant le site industriel situé en amont ; une longue estacade a été construite pour le débarquement des matières premières. Une estacade en béton armé remplace en 1926 l'estacade en bois du haut Paimbœuf en amont de la forme de radoub. Dans le même temps, les quais Gautreau et Eole ayant perdu toute utilité sont déclassés et la Grande rade entre la jetée et la tour de la Pierre à l’œil définitivement comblée et remplacée par une vaste prairie destinée dans un premier temps à l'élevage comme en témoigne les cartes postales de la première moitié du XXe siècle. Dans la seconde moitié du siècle, ce territoire gagné sur le fleuve a été aménagé en zone de loisirs associée à une base nautique.

  • Période(s)
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle
    • Principale : 20e siècle
  • Statut de la propriété
    propriété de l'Etat