Dossier IA85002766 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Port de Damvix, place André-Audouin
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de la Vendée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Commune Damvix
  • Lieu-dit le Bourg
  • Adresse place André-Audouin
  • Cadastre 1835 C 1425  ; 2022 AH
  • Dénominations
    port
  • Parties constituantes non étudiées
    place

Le grand port de Damvix est, dès le Moyen Age, l'un des principaux points d'appui du commerce fluvial sur la Sèvre Niortaise entre Niort et Marans, et le point de contact entre le fleuve et les marais, villages et terres hautes alentour. Le port est mentionné sur la carte de la région par Claude Masse en 1720. Le document indique aussi l'existence d'un passage à cet endroit (gué, bac, pêcherie ?). Sur le plan cadastral de 1835, le port semble se limiter à une grève sur la rive droite de la Sèvre, l'eau avançant vers le nord, à proximité des habitations qui se trouvent alors à cet endroit (à la place de l'actuelle salle des fêtes). Le plan cadastral ne mentionne par ailleurs aucun pont ou passage, et l'actuelle rue du Centre aboutit en cul-de-sac au port, après avoir contourné des maisons qui se trouvent alors au nord-ouest (actuel parking sur le côté de la salle des fêtes).

De premiers aménagements ont lieu au milieu du XIXe siècle, conçus par l'ingénieur en chef du service de la Sèvre Niortaise, Joseph Maire, lui-même. Le projet dont il présente les plans le 28 avril 1857, comprend la création d'une grande cale et, juste en amont, d'une passerelle de halage sur la conche des Oisillers. Il prévoit en outre d'aménager une cale d'abordage sur la rive gauche du fleuve, avec une autre passerelle, cette fois sur la conche du Mauvais Bout. Ce projet est approuvé par décision ministérielle du 16 juin 1857.

La construction en 1886-1887 du grand pont franchissant la Sèvre, dans la continuité de la route d'Arçais, facilite l'accès au port depuis la rive gauche de la Sèvre, et contribue au développement de son activité, à l'interface entre le trafic terrestre et le trafic fluvial. Tout l'espace en avant du port (sur le côté ouest et à l'emplacement de l'actuelle salle des fêtes) est dégagé à la fin des années 1880 et au début des années 1890 lorsque la commune achète les bâtiments qui s'y trouvent (un café, une boulangerie, des maisons). L'objectif est de les démolir pour créer un champ de foire. Le 27 août 1893, le conseil municipal constate que ce nouveau champ de foire sera sous peu entièrement déblayé et disponible.

Dès 1888, la commune fait appel à l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées Viennot pour concevoir un mur de quai, permettant de créer une cale d'abordage prolongée à l'est par une cale abreuvoir. L'aménagement prendra naissance sous le grand pont tout juste construit, avec un mur de soutènement pour soutenir le chemin de halage. En 1898, la cale du port est empierrée et des caniveaux pavés sont créés pour mieux écouler l'eau pluviale. Souhaité par la municipalité pour améliorer le commerce et la navigation, le projet est conçu par le conducteur des Ponts et Chaussées Pelloquin, et adjugé le 7 août à Jean Autet, entrepreneur à Damvix. Peu après 1900, le curage et l'approfondissement de la Sèvre rendent nécessaire la modification de la grande cale. Le projet, conçu le 28 juin 1903 par le conducteur des Ponts et Chaussées Denizeau, prévoit une cale retenue par des pieux et une traverse en chêne, et pavée avec des moellons posés sur champ, provenant d'Arçais et de la Bernegoue. Les travaux ont lieu au cours de l'été.

Le dégagement des abords du port et de la place qui le borde au nord, commencé dans les années 1880-1890, se poursuit dans l'entre-deux-guerres. Le 22 janvier 1925, le conseil municipal considère que la place du port est trop petite pour les besoins de la circulation et l'installation des marchands forains les jours de fêtes et d'assemblées. Il décide d'acheter une des maisons situées auprès du port (en avant de l'actuelle salle des fêtes), appartenant aux héritiers d'Emmanuel Guenon. La vente échoue cependant et n'est conclue qu'en 1932 avec Alfred Favreau. Elle permet la construction d'une nouvelle salle des fêtes en 1934.

Dès la première moitié du XXe siècle, l'activité fluviale et commerciale diminue sur le port alors qu'émergent les activités de loisirs et de tourisme. Dans les années 1940, on envisage la création d'une aire de baignade dans la Sèvre Niortaise juste en amont du grand port, au pied du pont qui ouvre la rue des Petites Cabanes. Le 25 septembre 1943, un arrêté préfectoral autorise l'aménagement d'un bassin de compétition à travers la Sèvre, avec ponton de départ en face, sur la rive gauche, et pont de virage sur la rive droite, au pied du pont. Sur la rive droite aussi, en se rapprochant du port, un bassin école long de 25 mètres et large de 5, sera créé, limité par des poteaux d'angle et un treillage vertical en bois. Ces installations seront démontables de manière à ne pas entraver la navigation. Partiellement mis en œuvre, ce projet est repris en 1947 et réalisé par l'entreprise Grimaud, de Bouillé-Courdault.

Divers aménagements successifs ont lieu sur le port dans la seconde moitié du XXe siècle et jusqu'au début du XXIe. Par exemple, un nouveau mur de quai est construit en 1950 par l'entreprise Grimaud, pour faciliter le dépôt des produits agricoles. Une importante campagne de restructuration et de rénovation est menée en 2002 sur le port, en même temps que dans le centre-bourg. Depuis lors, le port accueille une activité de batellerie de tourisme.

Le grand port est situé sur la rive droite de la Sèvre Niortaise. Il occupe une place primordiale au coeur du bourg, à proximité des commerces et des principaux bâtiments publics. L'été, il sert de base à un embarcadère pour promenades en barques. Le port s'étend entre la rive du fleuve au sud et la salle des fêtes au nord, entre le pont sur la Sèvre à l'ouest et la conche des Bougnoux à l'est. Les abords du fleuve sont aménagés en cale inclinée, tandis qu'en arrière s'étend un parking, et qu'un quai vertical prend le relai à l'ouest, en allant vers le pont. Majoritairement en béton, la cale est empierrée lorsqu'elle plonge dans l'eau.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • béton
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Archives départementales de la Vendée ; 1 O 266. 1833-1909 : édifices et équipements publics de la commune de Damvix, écoles, horloge, bascule, champ de foire, asile de nuit.

  • Archives départementales des Deux-Sèvres ; 3 S 466. 1857-1903 : construction d'un port et d'une passerelle, restauration du port de Damvix.

  • Archives départementales des Deux-Sèvres; 3 S 744. 1898 : construction de caniveaux pavés et empierrement de la cale du port de Damvix.

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 P 873, 874, 875, 876, 878 et 3522. 1836-1950 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Damvix.

  • Archives départementales de la Vendée ; 23 W 145. 1933-1958 : édifices et services publics à Damvix.

  • Archives municipales de Damvix ; 4 M 1. 1890 : adjudication de matériaux de démolition de bâtiments acquis pour l'extension de la place du port de Damvix.

  • Archives municipales de Damvix ; carton Construction du pont. 1888-1960 : aménagement du port, construction de ponts dans les marais.

Documents figurés

  • 1720, 29 octobre : Carte du 46e quarré de la generalle des costes du Bas Poitou, païs d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse Guienne..., par Claude Masse. (Service Historique de la Défense, Vincennes ; J10C 1293, pièce 17).

  • Plan cadastral de Damvix, 1835. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 78).

Date d'enquête 2021 ; Dernière mise à jour en 2022
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de la Vendée
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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