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Pigeonnier troglodytique des Roches ou fuie des Roches, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010763 réalisé en 2010

Fiche

Ce site, remarquable par son ampleur et son lien avec l'abbaye, est des plus intéressants. Il mériterait une attention patrimoniale.

Appellationsfuie des Roches
Parties constituantes non étudiéescarrière
Dénominationspigeonnier, abri troglodytique
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Lieu-dit : les Roches
Cadastre : 1813 F 162013 E 140

Attesté en 1615, ce pigeonnier troglodytique date vraisemblablement des derniers siècles du Moyen Âge ou du XVIe siècle et prend place dans un plus ancien site d'exploitation de tuffeau alors en partie abandonné. Il relevait de l'abbaye de Fontevraud et, à distance du complexe monastique, mais au sein même de l'important écart des Roches, traduisait l'empreinte seigneuriale de l'abbaye. À raison d'environ deux pigeons par hectare possédés par le seigneur selon la coutume d'Anjou, l'immense emprise foncière de l'abbaye de Fontevraud se perçoit aussi aux très nombreux boulins qui devaient à l'origine être de plusieurs centaines. Il est à noter que l'abbaye possédait par ailleurs un pigeonnier au sein de la clôture monastique et, vraisemblablement, un autre pigeonnier troglodytique près de la métairie du Courty, à l'est de Saint-Jean-de-l'Habit.

Il est possible que ce pigeonnier ait, dans un premier temps, été exploité en faire-valoir direct par l'abbaye ou associé au fonctionnement de sa métairie du Portal des Roches, qui était située à faible distance, au sud de ce site. Le pigeonnier est donné à ferme, individuellement, le 5 janvier 1615 à André Cherbonneau par l'abbesse Louis de Bourbon pour un revenu annuel de 15 douzaines de pigeonneaux. Cette rente en nature est convertie en rente en numéraire en 1626 et passe à 9 lt. par an. Le pigeonnier ainsi que les abris troglodytiques et la petite parcelle qui en dépendent, sont décrits comme étant en très mauvais état le 2 mars 1667, toutefois cette "fuye à pigeons des Roches" fut affermée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, sans que l'on sache si l'élevage de pigeons y était seul pratiqué ou si le site connut aussi d'autres usages, comme dépendances agricoles ou en lien avec l'extraction du tuffeau, activité ancienne, attestée encore en 1750 et qui se poursuivit jusqu'à la fin du XIXe siècle dans la carrière attenante, au nord.

Période(s)Principale : Moyen Age , (?)
Principale : Temps modernes , (?)
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'accès à ce site se fait par un chemin public, petite voie qui s'enfonce à l'est vers le coteau, entre le 122 et le 126, avenue des Roches, et desservait l'ancienne entrée (aujourd'hui effondrée) de la carrière, située quelques mètres au nord de l'entrée du pigeonnier, lui-même accessible par une petite parcelle distribuée par ce chemin. Là, dans le coteau rocheux qui forme la limite orientale du hameau, est percée une arche qui ouvre sur ce pigeonnier.

La "fuie troglodytique" ou pigeonnier troglodytique des Roches consiste en un site excavé de très grande ampleur aménagé dans les strates calcaires du relief qui domine le secteur nord-est de l'écart des Roches, où l'habitat est très discontinu. Il est constitué d'un volume en forme de cloche surbaissée (près de 25 mètres de diamètre par 6 à 7 mètres de haut) creusé dans la roche et doté en son centre d'un large puits de lumière cylindrique (environ 11 mètres de diamètre) qui traverse les couches supérieures jusqu'à la surface.

Il s'agit très probablement d'un site de fontis, qui correspond au gouffre d'effondrement d'une ancienne carrière de tuffeau exploitée par piliers tournés. La chambre effondrée paraît toutefois avoir été aménagée après cet accident : les piliers latéraux, conservés, permirent d'en assurer la stabilité, mais il semble qu'il y ait eu un dégagement des strates latérales pour obtenir un niveau de ciel homogène afin d'éviter tout nouvel effondrement massif. De plus, l'effondrement central (qui pourrait à l'origine ne pas avoir atteint la couche de surface) paraît avoir été recreusé (voire percé) et élargi, sans doute pour réduire la charge à soutenir et limiter les risques : l'aspect cylindrique du puits de lumière est de toute évidence artificiel.

Depuis l'espace principal de cette cavité troglodytique, d'anciennes galeries de carrière rayonnent, le plus souvent murées. Plusieurs de ces murs sont dotés de boulins disposés très régulièrement pour former ainsi un immense pigeonnier maçonné en petit appareil de tuffeau. Cet aménagement laisse à penser ce que le pigeonnier dut succéder à l'abandon de cette portion de la carrière, or, comme le pigeonnier est attesté en 1615 (mais il peut être plus ancien), l'exploitation du tuffeau devait être antérieure et remonter au Moyen Âge ou au moins au XVIe siècle. Des boulins furent également creusés à même la paroi rocheuse, sur les piliers tournés et sur les parties hautes de la cavité. Le nombre de boulins devait ainsi être considérable (près de 300 boulins sont encore conservés de nos jours) et l'ensemble portait le nombre d'oiseaux accueillis à plusieurs centaines, au point qu'au début du XVIIe siècle la rente annuelle à acquitter par le fermier à l'abbaye était de 180 pigeonneaux.

C'est sans doute au XIXe siècle, après la disparition de l'abbaye et l'abandon du pigeonnier, que l'ensemble servit de dépendances agricoles, avec construction d'un appentis et utilisation des parois abritées et des caves comme lieux de stockage ; plusieurs murs de boulins sont alors éventrés. Au fil du XXe siècle ce site a progressivement été délaissé.

Mursmoellon
petit appareil
Couvrementsroche en couvrement
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loires. 101 H 159. Abbaye de Fontevraud. LARDIER, Jean (dom). Volume septiesme, inventaire des titres de la Petite Recepte de Font-Evraud divisé en 3 cantons, etc., manuscrit, Fontevraud, 1658 (1658, mis à jour jusqu'en 1756).

    Voir n°417
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