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Église paroissiale Saint-Pierre de Saint-Pierre-du-Lorouër

Peinture monumentale : scène de funérailles, tête d'homme, damnés, fragments non identifiés

Dossier IM72002601 réalisé en 2003
Dénominationspeinture monumentale
Aire d'étude et cantonForêt de Bercé - Le Grand-Lucé
AdresseCommune : Saint-Pierre-du-Lorouër
Adresse : rue de la Veuve
Emplacement dans l'édificeles peintures couvrent ponctuellement le mur nord de la nef et le mur sud au niveau de la tribune

Plusieurs campagnes gothiques se sont succédé dans la nef après les deux campagnes romanes. Elles sont ponctuellement visibles au milieu du mur nord, à l'extrémité occidentale du mur sud et sur le mur ouest. En l'état actuel, il est impossible de les dénombrer car les couches sont extrêmement mêlées. Seules des analyses stratigraphiques accompagnées de relevés, réalisés par un conservateur-restaurateur, permettraient de s'y retrouver. Il est toutefois possible de caler les couches gothiques dans le temps entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle et la deuxième moitié du XVe siècle. Le couple de gisants pourrait appartenir à la fourchette la plus haute, le saint sur un fond de rameaux à une couche intermédiaire, le barbu à une plus récente comme les damnés. Le mur sud de la nef semble avoir servi de support à des programmes funéraires depuis la fin du XIIe siècle comme en témoigne le couple de gisants. Côté nord et peut-être ouest, l´espace paraît avoir été consacré au Jugement dernier auquel appartiennent les damnés bien visibles au-dessus de la tribune. Ce Jugement de la fin du Moyen Age pourrait avoir été précédé au XIVe siècle d´une autre représentation. Le comte de Janssens signalait également une lapidation de saint Etienne que nous n´avons pas retrouvée, elle appartenait peut-être aux nombreuses scènes fragmentaires qui furent recouvertes de plâtre où détruites peu après leur découverte. En effet, les travaux de dégagements réalisés en 1892 à l'initiative de l'abbé Eugène Vallée permirent de mettre au jour de nombreux fragments de peintures dans toute la nef. Seule une partie des décors fut conservée, ceux du mur nord qui avaient peu souffert, tandis qu'une partie de ceux des murs sud et ouest fut presque entièrement sacrifiée. Le croquis établi par l'abbé Vallée comme la description succincte du comte de Janssens qui rapporta la découverte à la Société Nationale des Antiquaires de France ont permis de conserver le souvenir de ces peintures aujourd'hui perdues. A la différence des peintures du mur nord restaurées par Robert Baudouin en 1961, puis en 1967, celles de mur sud ne l´ont jamais été. Il est souhaitable que ces peintures puissent faire l'objet très rapidement de mesures conservatoires.

Période(s)Principale : limite 13e siècle 14e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Auteur(s)Auteur : Auteur inconnu

La technique d'exécution pour les couches les plus récentes est une technique à sec, la nature du liant n'est pas connue. La palette colorée est très large et un ton orange saturé a été utilisé dans la scène d'enfer. L'état lacunaire des peintures n'a pas permis d'en déceler l'organisation. Seul du faux-appareil limité par une bordure bicolore semble s'étendre dans la partie haute du mur sud, probablement pour limiter une scène.

Catégoriespeinture murale
Matériauxenduit, support peinture à la chaux, détrempe à la colle, polychrome
Précision dimensions

h = 120 ; la = 85. Il s'agit des dimensions des damnés visibles à l'extrémité occidentale du mur sud de la nef, dans la tribune.

Iconographiesmort: homme, femme
Enfer: Damné
femme: prière
à rameau
à faux appareil
à fleurette
saint: préhension, tête, saint Avertin, ?
Précision représentations

L'absence d'analyse stratigraphique ne permet pas de démêler les nombreuses couches picturales auxquelles appartiennent les fragments visibles. Seules les parties les mieux conservées seront décrites. L'image la plus lisible rassemble trois damnés présentés sur un fond uniformément gris-noir. Il faut signaler qu'Aimée Neury, après sa visite de l´église en 1950, nota que les personnages étaient de couleur rouille sur un fond blanc. S´agit-il alors d´un pigment à base de blanc de plomb qui se serait oxydé depuis cette date ou d´une erreur de l´auteur ? La scène est limitée par une bordure bicolore, ocre rouge et ocre jaune, devant laquelle passent des cordes qui étaient vraisemblablement attachées à une potence. Le premier des damnés est pendu par le cou ; il s´agit vraisemblablement d´un homme et son corps à la peau rouge-orangé est entièrement nu comme le sont les suivants. Sa tête à la chevelure blonde très courte et aux petits yeux ronds est tournée vers l´est. Près de lui se tient un deuxième personnage attaché par les chevilles dont seules les jambes sont conservées. Quant au dernier, on peut supposer qu´il s´agit d´une femme car il est pourvu d´une longue chevelure blonde très fournie. D´ailleurs, c´est par les cheveux qu´elle devait être pendue bien que les pointes de sa chevelure soient encore sous badigeons. Son visage est empreint d´une grande frayeur comme l´indique sa bouche entrouverte qui laisse voir sa dentition. Ces figures assez grossières sont cernées d´un large trait noir qui est utilisé également pour indiquer les physionomies et souligner les chevelures. Il ne subsiste aucun modelé, mais uniquement de grands aplats de couleurs. La couleur rouge-orangé des corps de tous ces condamnés évoque les brûlures de l´enfer et donne à ces figures un aspect encore plus saisissant. La scène devait se poursuivre vers l´est et sur le mur ouest comme en témoignent quelques fragments dégagés de l´enduit de plâtre. A l´est, seuls des morceaux de corps sont visibles sur un fond noir à travers d´autres fragments n´appartenant pas à la même couche. A ce niveau, un faux-appareil à double trait vertical et horizontal limité par une bordure bicolore plus fine que celle de la scène précédente est conservé. Ce décor passe sous le premier, surmontait-il la scène avec la femme nimbée en prière, peut-être la Vierge ? Cette femme nimbée avait en face d´elle un autre personnage dont une partie du corps est visible. La tête barbue et nimbée, inclinée qui évoque le Christ, pourrait appartenir à une autre couche. Dans cette zone, le comte de Janssens avait vu au moment des dégagements (JANSSENS, 1893, p.95-96) : « Sur le panneau central du mur sud, nous voyons la Résurrection des morts. La personne divine qui occupe le milieu de la scène est suffisamment indistincte pour que nous n´y voyions le Christ que par présomption. A sa droite, une femme, agenouillée, la tête entourée d´un nimbe, semble être la Vierge. Derrière elle, un chevalier debout, qui pourrait être saint Michel. De l´autre côté, un vieillard, nimbé, la barbe et les cheveux longs, le visage tourné et levé vers le Christ, nous semble devoir être Abraham. Au-dessous de ces divers personnages, les morts sortent de leurs tombeaux [..]. La scène placée à droite de la Résurrection nous offre le spectacle de l´Enfer. Nous y voyons distinctement des démons et des damnés enchaînés, grinçant des dents, qui ne laissent aucun doute sur l´attribution du sujet ». Il n´a pas été possible de localiser tous les personnages identifiés par le comte de Janssens, d´ailleurs une partie de ces derniers semble avoir été recouverte. Sous la tribune, la compréhension des différents fragments est encore plus délicate. On discerne un fond à grosses fleurettes, un personnage barbu très lacunaire qui tend la main vers un second qui semble agenouillé, au-dessus la partie basse d´un autre personnage coupé par la tribune et enfin à gauche du barbu, sur une autre couche, plus ancienne, un personnage qui se tient la tête et se détache sur un fond de rameaux très fins. Il s'agit peut-être de saint Avertin représenté généralement se tenant douloureusement la tête. Sur le mur nord de la nef, les compositions dégagées à la fin du XIXe siècle ont beaucoup souffert et on ne voit plus aujourd´hui que deux corps qui se superposent, sans doute les gisants d´un couple. Le visage de l´homme a quasiment disparu sous les efflorescences et celui de la femme tombe malheureusement. Il se caractérise par de petites pommettes rondes sur les joues. En l´état, nous n´avons pas pu faire le lien avec les couches visibles sur le mur sud.

Inscriptions & marquesarmoiries, peint, partiellement illisible
Précision inscriptions

Les armoiries qui accompagnaient le couple de gisants sur le mur nord de la nef sont quasiment illisibles.

État de conservationmauvais état
œuvre dissimulée
œuvre incomplète
œuvre menacée
manque
Précision état de conservation

Les peintures du mur nord de la nef sont en très mauvais état de conservation et en grand danger. La couche picturale avec la tête de femme menace de tomber. La scène au-dessus est couverte d´efflorescences ! Côté sud toutes les couches se mêlent de manière inextricable et sont plus ou moins bien conservées. Une partie des peintures est mal dégagée. Une étude stratigraphique serait indispensable.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1908/07/18

Références documentaires

Bibliographie
  • DAVY, Christian. La peinture murale romane dans les Pays de la Loire. Thèse d'Histoire de l'Art sous la direction de Robert Favreau et Hélène Toubert. Université de Poitiers, 1994.

    p. 914-924
  • LEDUC, Christine. La peinture murale en Anjou et dans le Maine aux XVe et XVIe siècles, Thèse d'Histoire de l'Art sous la direction d'Albert Châtelet. Université Marc Bloch de Strasbourg, 1999.

    p. 1311-1314
  • PRE, Madeleine. La peinture murale dans la région du Maine et ses confins angevins du XIIe siècle au XVIIIe siècle.Thèse de l'Ecole du Louvre, Paris, 1944.

    p. 79, 311-312
Périodiques
  • CORDONNIER-DETRIE, Paul. Aux pays de Gabrone et du Lorouër. Revue historique et archéologique du Maine, 1957.

    p. 80
  • DUPRAT, Clémence-Paule. Enquête sur la peinture murale en France à l'époque romane. Bulletin monumental, 1943-1944.

    p. 80
  • E, C. Inauguration et bénédiction de l'église de Saint-Pierre-du-Lorouër. La semaine du Fidèle, 2 novembre 1895, n°49.

    p. 971-972
  • JANSSENS, Gaston de. Les peintures murales de Saint-Pierre-du-Lorouër (Sarthe). Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1893.

    p. 95-96
  • JANSSENS, Gaston de. Saint-Pierre-du-Lorouër et ses peintures murales. L'Union historique et littéraire du Maine, 1895.

    p. 143-152, 177-185, 211-216
  • TRIGER, Robert. Saint-Pierre-du-Lorouër. Revue historique et archéologique du Maine, 1892.

    p. 125
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