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Moulin dit le Petit moulin de la Mortonnière (détruit), ferme, actuellement maison ; le Pont aux chèvres, 66 et 66 ter rue du Pont-aux-chèvres

Dossier IA85002303 réalisé en 2019

Fiche

  • Le logis vu depuis l'est.
    Le logis vu depuis l'est.
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  • Parties constituantes

    • cour
    • jardin
    • clôture
    • grange
    • étable
    • écurie
    • toit à porcs
    • puits
    • four

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, clôture, grange, étable, écurie, toit à porcs, puits, four
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Pont aux chèvres (le)
Adresse : 66 et 66 ter rue du
Pont-aux-chèvres
Cadastre : 1836 J 65 ; 2019 AM 177 et 181

Il existait à cet endroit, sur le plan cadastral de 1836, deux petits bâtiments (habitation et dépendances), l'un en alignement et parallèle à la rue, l'autre en retrait, dans l'angle ouest d'une petite cour. Ils étaient liés à un moulin à vent, appelé le Petit moulin ou Vieux moulin, qui se trouvait dans le terrain en prolongement, au sud-ouest (dans le jardin de la maison voisine, au numéro 68).

Ce moulin, les bâtiments ainsi que les deux autres moulins du quartier (aux 76 et 78 rue du Pont aux chèvres) appartiennent depuis la Révolution aux membres de la famille Turgné, descendants de Marie Cibard (1753-1806) et de ses deux maris successifs, Jacques Fort (1750-1782) et Jean Turgné (1751-1805). Marchand et farinier à Montreuil, Jean Turgné achète en 1790 à Pierre Bonnaud une maison "située au terroir du Pont aux chèvres", dans le secteur de cette maison-ci et de ses voisines. Il s'installe alors dans le quartier. En 1798, il vend la part qu'il a hérité de son père dans un moulin à L'Île-d'Elle et déclare vouloir utiliser l'argent pour la construction d'un nouveau moulin, à Vix, soit le moulin du 78 rue du Pont aux chèvres, appelé le Grand moulin dans un acte de 1842. Le moulin qui se trouvait en arrière des 66 et 68 rue du Pont aux chèvres semble plus ancien : il est appelé le Vieux moulin au cadastre de 1836, ou encore Petit moulin.

En 1805, après la mort de Jean Turgné, un partage des biens de Marie Cibard est réalisé entre les enfants issus de ses deux mariages, dont un moulin à vent situé à la Mortonnière, soit le Petit ou Vieux moulin, ainsi qu'une maison où habite Marie Cibard, composée de deux chambres basses, deux greniers par-dessus, une écurie, une grange à foin et un fournil. Parmi les enfants de Marie Cibard, René Fort, meunier, Marie Fort, épouse de Louis Fillonneau (1768-1830), meunier, et Jeanne Turgné, épouse de Pierre Malécot, également meunier, reçoivent chacun une part du moulin.

Après la mort de Jean Turgné et Marie Cibard, leurs fils et gendres continuent l'exploitation des deux moulins. En 1810, l'un d'eux, Louis Fillonneau passe un accord avec Jean Girard, garçon meunier demeurant chez lui, pour l'exploitation du Petit moulin de la Mortonnière et d'un autre moulin nouvellement construit non loin du premier (sans doute le moulin Fillonneau qui se trouvait au 76 rue du Pont aux chèvres). En 1807, Pierre Malécot afferme à Louis Fillonneau sa moitié du Petit moulin de la Mortonnière. En 1825 et 1836, Louis Fillonneau et Marie Fort vendent leurs parts du Petit moulin à Louis Turgné (1798-1878), meunier, leur demi-frère et oncle, qui rachète sans doute aussi à la même époque la part de Pierre Malécot.

Après Louis Turgné, le Petit ou Vieux moulin et les petits bâtiments qui lui sont liés, au bord de la rue, passent à son fils, Jean Turgné (1831-1897), meunier, époux de Jeanne Phelippeau. Le logis actuel remplace les anciennes bâtisses en 1863. La date, confirmée par le cadastre, est inscrite à l'intérieur, sur une pierre d'évier remployée comme fond de placard, avec le nom "Rousseau" (un certain Mathurin Rousseau est à cette époque maçon à Vix). A la mort de Jean Turgné, ses biens sont partagés entre ses enfants : Auguste Turgné (1863-1945), meunier, époux de Marie Guéret, obtient le moulin et les dépendances au sud de la maison, qu'il va faire remplacer en 1899, selon le cadastre, par une nouvelle habitation (actuel 68 rue du Pont aux chèvres). Sa soeur, Emilie Turgné, épouse Guérin, demeurant à Taugon, obtient la maison paternelle (au numéro 66), en laissant au devant un droit de passage pour son frère. De 1906 à 1919, le logis est divisé en deux logements, dont un loué à Auguste Turgné et l'autre à sa belle-mère, Geneviève Denis veuve Guéret et épouse divorcée Denis. Le Petit ou Vieux moulin finit par être démoli par Auguste Turgné en 1916.

En 1919, Rose et Marcel Guérin, enfants et héritiers d'Emilie Turgné, vendent la ferme à leur cousin Félix Charbonnier (1881-1950) et son épouse, Marie Moinard (1883-1969). Cultivateurs, ils vivaient auparavant, avec les parents de Félix, au numéro 74. Une grande partie des dépendances (grange, hangar en appentis à l'arrière du logis) est reconstruite peu après. L'ensemble a été restauré et en partie remanié dans les années 2000 (suppression du hangar, surélévation et transformation de la grange-étable en logement).

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1863, porte la date, daté par source

Cette ancienne ferme comprend un logis, perpendiculaire à la voie, et une ancienne grange-étable (transformée en logement), perpendiculaire à l'arrière du logis. S'y ajoutaient un hangar (il était en appentis derrière le logis, accessible depuis l'intérieur), un four et un toit à porcs, ainsi qu'un jardin avec un puits. Le logis est couvert d'un toit avec une croupe sur le côté droit, côté rue, uniquement. La façade, soulignée par un solin, présente quatre travées d'ouvertures (trois à l'origine, la deuxième à partir de la droite ayant été ajoutée à la fin du 19e siècle). Les appuis des baies sont saillants. Une pierre d'évier, sous un oculus, se trouve à côté de la porte.

A l'intérieur, le logis, qui comprend un rez-de-chaussée et un ancien grenier habitable, se décompose, à chaque niveau, en trois volumes d'une superficie équivalente, divisés par deux murs de refend. Au rez-de-chaussée, chaque pièce contient une cheminée en pierre. Entre la pièce centrale et la pièce côté rue, une ancienne porte basse (vestiges de l'ancienne construction visible sur le plan cadastral de 1836 ?) a été murée et transformée en placard, avec insertion d'une ancienne pierre d'évier sur laquelle sont inscrits la date 1863 et le nom "Rousseau". Dans l'ancien grenier, la charpente intègre une ancienne aile de moulin.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, étage en surcroît
Couvrements
Couverturestoit à longs pans croupe
TypologiesFerme à bâtiments jointifs
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/70. 1805, 3 juin (14 prairial an 13) : partage des biens de Marie Cibard épouse de Jacques Fort puis de Jean Turgné.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/92. 1836, 13 janvier : acte de vente par Marie Fort, épouse de Jean Pouzin, à Louis Turgné d'un quart du Vieux moulin de la Mortonnière.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/198. 1894, 30 septembre : donation-partage des biens de Jean Turgné, époux de Jeanne Phelippeau.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

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