Logo ={0} - Retour à l'accueil

Moulin dit le Moulin Neuf, maison

Dossier IA85001984 réalisé en 2017

Fiche

Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Sainte-Radégonde-des-Noyers
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 20 rue, du Moulin Neuf, 8 rue
de la Procession
Cadastre : 1834 C 576 et 577 ; 2017 AC 365 et 371

Un moulin est mentionné à cet endroit sur la carte des marais du Petit-Poitou par Siette en 1648, puis sur la carte de la région par Claude Masse en 1701. Le moulin tel qu'il se présente aujourd'hui, a pu être (re)construit au 17e siècle. Parmi nombreuses inscriptions visibles sur ses murs et autour de ses ouvertures, notamment au rez-de-chaussée, figure celle-ci, sur le jambage gauche de la porte est : "3 FEVRE 1613". La maison qui accompagne le moulin remonte probablement pour partie à la fin du 18e siècle ou au début du 19e (forme des ouvertures). Le Moulin Neuf et le logement qui l'accompagne font en tout cas l'objet d'un procès-verbal de visite des réparations à y effectuer, le 28 septembre 1677, à la requête de son farinier, François You. Le moulin est alors en mauvais état.

Le moulin apparaît sur le plan cadastral de 1834 et est alors dénommé le Moulin Neuf. Il appartient à cette date à Pierre Grasset, farinier. Parmi les inscriptions visibles au rez-de-chaussée du moulin, autour de la porte est, on lit, entre autres : "Pierre JObard, 1812 [ou 1822]", "Pierre David farinier bon garçon 1831" ou encore "Martin Pierre 1843". Vers 1860, le moulin est réaménagé et doté d'ailes de type Berton, dont on devine aujourd'hui les vestiges du mécanisme. Pour pouvoir accueillir ces nouvelles ailes, plus longues que le système à voiles traditionnel, la tour du moulin est surélevée d'un mètre environ.

A la fin du 19e siècle, le moulin est détenu par le meunier Alexis Erard, puis passe en 1915 à son gendre, Baptiste Guilbot, en 1922 à Eugène Def, meunier, et en 1938 à Fernand Jourdain, minotier à Vix. La même année, celui-ci fait aménager une minoterie. Observé en 1969, le moulin est alors en état d'abandon. Racheté dès 1967 par Fernand Wernert, il est alors restauré (marches de l'escalier, divers éléments du mécanisme...). En 1969-1970, les planches des ailes, trop lourdes pour l'arbre qui maintient les ailes, sont démontées ; les verges seront aussi retirées, pour la même raison, dans les années 1980. En 1971, le toit est refait par un charpentier de Pons (Charente-Maritime).

Période(s)Principale : 1er quart 17e siècle, 3e quart 19e siècle , (?)
Dates1613, porte la date

Le moulin, désaffecté, est situé à la sortie ouest du bourg. La tour, construite en moellons avec chaînage de renfort en pierre de taille, est percée de plusieurs ouvertures dont une porte à l'est et une autre à l'ouest, et une baie haute et étroite, au second étage. C'est par cette baie que l'on pouvait faire passer les meules. Le moulin est couvert d'un toit en bardeau de bois, prolongé au sol par la longue pièce de bois ou "guivre" qui permettait de le faire pivoter selon l'orientation du vent. L'extrémité de son arbre porte des pièces métalliques, vestiges de ses anciennes ailes de type Berton.

A l'intérieur, le moulin se compose de trois niveaux. Les étages sont accessibles par un escalier tournant en pierre. Une paire de meules (pour produire la farine panifiable) se situe au premier étage, une autre (meules plus grandes, pour la farine non panifiable) au second étage. Chacune a conservé son mécanisme composé de différentes pièces en bois et en métal, destinées à distribuer la force motrice depuis les ailes. Parmi ces éléments de transmission et de régulation de la force et du mouvement, eu premier étage, se trouve un régulateur Watt ou régulateur à boules (voir en annexe).

Murscalcaire moellon enduit
Toitbois en couverture
Couvrements
Couverturestoit conique
États conservationsrestauré, désaffecté
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Description des principes de fonctionnement du moulin (d'après l'observation du moulin, le témoignage de M. Philippe Wernert, fils du propriétaire, et le site internet http://www.moulinavent-dautin.com) :

    Les ailes du moulin sont de type Berton, un système inventé dans les annés 1840 par Pierre Berton. Chaque aile est composée de planches en sapin, donc fragiles mais imputrécibles. Ces planches, superposées, coulissent de manière à ce que l'aile s'ouvre plus ou moins en fonction de la surface d'aile que l'on veut donner pour que la prise au vent soit optimale. Cette ouverture est actionnée par un système de broches extérieures, fixées à la base des ailes, et actionnées depuis l'intérieur. Les ailes peuvent être orientées, en fonction de la direction du vent, à l'aile d'un long morceau de bois, le "guivre", qui relie le toit du moulin au sol. Equipé de commandes et de freins, il permet de faire tourner le toit, celui-ci étant posé sur un système circulaire, à rail, la "sablière".

    Le mouvement entraîné par le vent est transmis à l'axe des ailes, ou "arbre". Il est possible de contraindre ce mouvement par un système de freinage à main (les ailes fermées, on fait descendre la meule supérieure sur la meule inférieure pour accroître le frottement et ainsi ralentir le mouvement). A l'arbre est fixée une roue, le "rouet", munie de dents, les "alluchons", en bois très dur (du cormier, alors que le reste du mécanisme est en chêne), de manière à entraîner au-dessous une pièce cylindrique, la "lanterne". Cette dernière est fixée à un axe qui passe à travers les deux meules superposées. La meule supérieure, appelée "meule tournante", tourne alors sur la meule inférieure, fixe, la "meule gisante" ou "dormante", en silex.

    Au-dessus des meules, les grains sont déversés dans un entonnoir ou "trémie". De là, ils glissent dans un récipient en bois, "l'augette", qui les fait tomber dans le trou central de la meule tournante, "l'oeillard". Fixés à l'axe, entre les deux meules, de petits balais en jonc régulent cet approvisionnement. Les meules sont "habillées", c'est-à-dire creusées de sillons qui, au fur et à mesure de l'opération, par la force centrifuge, amènent la mouture vers l'extérieur de la meule où elle est collectée. L'écart entre les deux meules ainsi que la vitesse d'approvisionnement par l'augette se règlent automatiquement, en fonction de la vitesse du vent, par l'intermédiaire d'un régulateur Watt. Cet appareil est constitué de sphères métalliques qui s'élèvent dès que les ailes tournent trop vite sous l'action du vent. Suivant le réglage fixé par le meunier en fonction de la vitesse du vent, donc de la vitesse de rotation des meules, une corde incline alors l'augette (afin qu'elle apporte davantage de grains) et augmente légèrement l'écartement entre les meules. Ce réglage permet d'éviter un échauffement de la mouture, source d'incendie.

    Ainsi obtenue, la mouture passe dans un tamis rotatif, le "blutoir", pour être affinée. La farine, de différentes grosseurs et qualités, tombe alors dans des sacs, au rez-de-chaussée, et peut ainsi être évacuée.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. 3E 53/4-1. 1677, 28 septembre : procès-verbal de visite des réparations à faire au Moulin neuf, paroisse de Sainte-Radégonde-des-Noyers.

    En ligne : vues 143-146
  • Archives départementales de la Vendée. 21 Fi 2/7. 1969-1971 : pré-inventaire des monuments et richesses artistiques de la France, commune de Sainte-Radégonde-des-Noyers.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3013, 3015, 3016, 3695. 1835-1958 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Sainte-Radégonde-des-Noyers.

  • Informations, documentation et photographies fournies par M. Philippe Wernert, fils de l'ancien propriétaire, Fernand Wernert.

Documents figurés
  • 1648 : Plan et description particuliere des maraits desseichés du petit Poictou avecq le partaige sur icelluy faict par le sieur Siette escuier conseiller ingenieur et geografe ordinaire du roy et controleur general des fortiffications de Daulfiné et Bresse, le 6 aoust 1648. (Bibliothèque nationale de France, GE DD 2987)

  • 1701 : Carte contenant une partie du Bas Poitou et de l'Aunis où se trouve Marans et l'embouchure de la Seyvre Niortaise, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, J10C 1293, pièce 7).

  • Archives départementales de la Vendée. 76 Fi 76. 1978, mars : plans coupe et façade du moulin à vent de Sainte-Radégonde-des-Noyers, par l'agence des bâtiments de France de la Vendée.

  • 1834 : plan cadastral de Sainte-Radégonde-des-Noyers. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 267).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis