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Moulin à farine, puis minoterie - le Moulin-de-la-Rongère, Saint-Sulpice

Dossier IA53000543 réalisé en 2001

Fiche

Parties constituantes non étudiéesmaison, four à pain, puits, porcherie, remise, étable à chevaux, étable à vaches, logement, fenil
Dénominationsminoterie
Aire d'étude et cantonMayenne - Château-Gontier Ouest
Hydrographiesla Mayenne
AdresseCommune : Saint-Sulpice
Lieu-dit : le Moulin-de-la-Rongère
Cadastre : 1833 A 4 à 6, 299 ; 1984 A 33 à 36

Le moulin de la Rongère, sur la rive droite de la Mayenne, est attesté en 1460. Jusqu'en 2004, il a toujours appartenu au propriétaire du château tout proche. En 1829, il disposait d'une roue hydraulique assurant la rotation d'une paire de meules. Le déplacement du barrage lors de la construction de l'écluse a entraîné sa reconstruction quelques mètres en aval de l'ancien site. Demandée par le marquis de Chavagnac en mars 1876, elle a été effectuée pendant les écourues de 1877. La maison du meunier a été reconstruite en même temps : elle était achevée en 1878. Le bâtiment de dépendance lui est sans doute contemporain. Le moulin a été modernisé en 1907 ; sa roue verticale unique a été remplacée par deux turbines et, d'après le fils du dernier meunier, l'ensemble des machines a été changé : des broyeurs et des convertisseurs à cylindres ont notamment été installés à la place des meules. La capacité journalière du moulin était évaluée en 1935 et 1936 à 50 quintaux de farine de blé. Le dernier exploitant, Léon Courtois, installé à la Rongère en 1925, produisait en 1957 1183 quintaux de farine de blé de commerce, 1173 quintaux de farine de blé d'échange (à façon) et traitait 298 quintaux de céréales secondaires. Il a cessé son activité en 1961. Le moulin a conservé son mécanisme et la plupart de ses machines, jusqu'à sa vente par la famille de Chavagnac en 2004 et sa transformation en maison et chambres d'hôtes entre 2006 et 2008. Seul le rez-de-chaussée présente désormais encore une configuration proche de celle qui était la sienne lorsque le moulin était en fonctionnement. La maison et la dépendance sont à l'état d'abandon.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates1877, daté par source

Le moulin, de plan rectangulaire est disposé dans le lit de la rivière, entre l'écluse et le pertuis. Il était accessible par un pont mobile, conservé. Il présente deux étages carrés et un comble à surcroît. Les encadrements des ouvertures sont en briques et calcaire et les chaînes d'angle en briques. Les baies sont disposées en quatre travées sur l'élévation sud-ouest où se trouve l'entrée principale. Une seconde entrée est percée sur la façade nord-ouest dont c'est la seule ouverture, à l'exception du percement, bouché, où passait l'axe de la roue hydraulique. L'entrée et la sortie du coursier unique sont cintrées. Les deux turbines de type Francis (à vérifier), de 11 et 7 chevaux y prennent place, côte à côte, dans sa partie aval. Elles entraînent par l'intermédiaire de leurs rouets horizontaux un axe situé au ras du sol qui transmettait, par le biais d'un roue à courroie placée contre le mur latéral, la force motrice à un axe établi en hauteur qui permettait le fonctionnement de l'ensemble de la machinerie : les deux broyeurs et les deux convertisseurs à cylindres, situés juste au-dessus, mais aussi les deux paires de meules grâce à une autre longue courroie latérale et un axe horizontal à engrenages, ainsi que les élévateurs à godets. Le blé, stocké au premier étage dans la réserve à blé sale était épierré au rez-de-chaussée, trié dans l'étage de comble, puis, après un passage dans la réserve de blé propre au second étage, était broyé et tamisé plusieurs fois avant d'être réparti en son et farine et d'être ensaché. Les meules assuraient la transformation de l'orge et de l'avoine et l'aplatisseur (au premier étage) la fabrication de l'aplati pour les animaux. La plupart des machines semblaient avoir été fabriquées par la société Pichot-Douillard (témoignage du fils du dernier meunier, les plaques portant les marques ayant été arrachées). Les dépendances sont situées de part et d'autre du chemin d'accès. La maison du meunier, en rez-de-chaussée couvert d'un grenier en surcroît accessible par une gerbière, est positionnée perpendiculairement à lui. Elle est précédée d'une cour où se trouve un puits. Elle présente des ouvertures soignées à montants en briques, linteaux en calcaire et appuis en granite. Sur son côté, une deuxième porte donne accès au four à pain qui forme une saillie polygonale à l'arrière, dans l'axe du bâtiment abritant la porcherie. Les corps de bâtiment formant alignement sur le chemin, une dizaine de mètres au sud, servaient pour le premier de remise et pour le second d'étable à chevaux et à vaches, de logement (en appentis à l'arrière) et de fenil (dans le comble). Les encadrements sont en bois et en parpaings de brique (?).

Mursschiste moellon enduit
Toitardoise
Étagesen rez-de-chaussée, 2 étages carrés, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Énergiesénergie hydraulique turbine hydraulique
Typologiesmoulin de rive
États conservationsétablissement industriel désaffecté
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Ravitaillement. Tableau des minoteries et moulins d'après l'importance de leur production, 1914, 1917.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : 6 M 629
  • Ravitaillement. Liste des moulins et minoteries du département, 1935.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : 6 M 630
  • Enquête préalable au contingentement de la production des moulins, 1936.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : 6 M 631
  • Matrices des propriétés foncières bâties et non bâties de Saint-Sulpice : augmentations et diminutions.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : 3 P 433
  • Reconstruction et règlement du moulin de la Rongère, à Saint-Sulpice, 1877-1879.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : S 453
  • Convention d'indemnisation du marquis de Chavagnac pour le déplacement du moulin de la Rongère, à Saint-Sulpice, 1875-1876.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : S 498
  • Rôle général des anciennes contributions directes de Saint-Sulpice, 1940-1972

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : 1366 W 1320-1321
Documents figurés
  • Plans des 26 chaussées ou barrages situés dans la partie navigable de la rivière Mayenne / dessinés par L.-X. Deslandes de Lancelot. 1828. Album de 26 dess. : encre et aquarelle.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : S 466
Bibliographie
  • ANGOT, Alphonse (abbé), GAUGAIN, Ferdinand (abbé). Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne. Laval : Goupil, 4 vol., 1900-1910.

    t. 3, p. 450
Périodiques
  • A propos d'une balade le long de la Mayenne. Moulins de la Mayenne, bulletin de liaison de l'association des Amis des moulins de la Mayenne, n° 40, novembre 1999.

    p. 3-5
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Mayenne - Foisneau Nicolas
Nicolas Foisneau

Chercheur à l'Inventaire général, au service du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne.


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