Dossier IA53000560 | Réalisé par
Foisneau Nicolas
Foisneau Nicolas

Chercheur à l'Inventaire général, au service puis direction du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne, de 2001 à 2020.

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Moulin à farine puis minoterie - la Petite-Bavouze, Ménil
Auteur
Guillotin Yves
Guillotin Yves

Photographe, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

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Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mayenne - Château-Gontier Est
  • Hydrographies la Mayenne
  • Commune Ménil
  • Lieu-dit la Petite-Bavouze
  • Cadastre 1833 A 614, 615  ; 1984 A 304, 309, 310
  • Dénominations
    moulin à farine, minoterie
  • Parties constituantes non étudiées
    maison, porcherie, étable à vaches, étable à chevaux, remise, logement d'ouvriers, entrepôt industriel

Le moulin de la Petite Bavouze, sur la rive droite de la Mayenne, est attesté en 1494. En 1829, il fonctionne grâce à une roue entraînant une paire de meules. La construction du nouveau barrage à écluse oblige son propriétaire et exploitant Michel Maurice, qui le tient de son père (qui l'a acheté en 1820), à le faire réédifier quelques mètres en amont. Les travaux sont menés en 1863 et 1864 pour un coût total de 28710 francs. L'entrepreneur de Tours Genève-Brault, qui est aussi chargé du barrage et de l'écluse, construit le soubassement et le passage d'eau, puis le charpentier et mécanicien de Château-Gontier François Barada édifie le reste du bâtiment et assure la fourniture et le montage du mécanisme et des machines. Le nouveau moulin est doté de quatre paires de meules. L'entrepôt est édifié entre 1833 et 1863. Le logis du meunier est reconstruit au début du XXe siècle. L'écurie est construite en 1906 et le moulin est modernisé en 1907 par l'installation de 4 paires de broyeurs à cylindres fournis par les ateliers de construction mécanique du Mans Deschamps et Houlbert. En 1914, la capacité productive journalière est évaluée à 50 quintaux de farine de blé, en 1917 à 60. Pour améliorer le tamisage, un plansichter est installé par l'entreprise strasbourgeoise Schneider, Jaquet et Cie en 1929. En 1933, pour renforcer la puissance énergétique du moulin, un moteur diesel Deutz de 24 CV de type MIH 332 est commandé à l'entreprise allemande Humboldt Deutzmotoren. En 1936, la capacité de production est évaluée à 70 quintaux. En 1946, Marcel Maurice remplace son père Charles qui exploitait le moulin depuis au moins 1907. Trois ans plus tard, il constitue une société à responsabilité limitée avec son frère René. En 1957, l'usine assure la transformation de 7909 quintaux de blé de commerce, 992 de blé d'échange, 653 de céréales secondaires et 2652 de céréales secondaires à façon. En 1958, les quatre paires de broyeurs à cylindres du premier étage sont remplacés par de nouvelles de la marque Lafon (Tours) et une brosse à blé de la marque Cesbron (Angers) est installée au deuxième étage. Le système de transport de la farine par aspiration date sans doute aussi de cette époque. Dans les mêmes années est construit un nouvel entrepôt à grains où sont stockés les sacs de blé. Les deux dernières paires de meules sont démontées dans les années 1970 et une nouvelle paire de broyeurs de la marque Socam (Paris) est installée au deuxième étage. Le stockage du grain se fait désormais dans un silo adossé à l'entrepôt et le blé est acheminé directement depuis l'extérieur vers l'étage en surcroît par une soufflerie. Le plansichter est remplacé en 1976 par un nouveau modèle de la marque Schneider, Jaquet et Cie. A la mort de René puis de Marcel Maurice en 1977 et 1978, Bernard Maurice, qui a fait construire une seconde maison juste au-dessus du site (parcelle 979a), reprend la société. Dans les années 1980, il cesse définitivement d'employer l'énergie hydraulique (qui demeurait un appoint) au profit de l'électricité. Il installe en 1981 au premier étage une peseuse-ensacheuse automatique fabriquée à Rodez par les établissements Layrolle. Il met fin à l'activité du moulin en juin 1999 et se spécialise dans la commercialisation de la farine.

Le moulin, de plan rectangulaire, est situé dans le lit de la rivière, entre l'écluse qu'enjambe un pont mobile, conservé, et le pertuis. Il présente deux étages carrés surmontés d'un étage en surcroît et d'un comble. Les ouvertures, à encadrements de calcaire en plein cintre, sont disposées sur chaque côté, à l'exception de la façade est où elle ne sont pas alignées, en une travée centrale unique. Les chaînes d'angle harpées sont également en calcaire taillé. Le coursier unique s'ouvre à l'amont et à l'aval par un arc cintré à claveaux de granite. De la roue ne subsiste que l'axe horizontal. La poquerie constituée d'un muret en brique surmonté de colonnes en fonte est par contre conservée ainsi que le système de transmission qu'il encadre, avec son rouet de fosse et ses pignons latéraux. Au premier étage sont installés notamment, au nord, quatre broyeurs à cylindres fabriqués par les établissements Ph. Lafon de Tours et, au sud, la peseuse-ensacheuse de la marque Layrolles (Rodez) et la mélangeuse à farine de la marque Teisset-Rosc-Brault (Poissy). Au second étage se trouvent deux autres appareils à cylindres destinés aux neuvième et dixième passages, de la marque Socam (Paris), et une brosse à blé de la marque Cesbron (d'Angers), ainsi que le nettoyage et le séparateur à blé. Enfin l'étage en surcroît renferme le plansichter, fabriqué par Schneider, Jaquet et Cie, une bluterie à son et un filtre à air sorti des ateliers Ph. Lafon. Les dépendances sont situées au sud-ouest de la minoterie, là où étaient déjà localisées celles du moulin détruit lors de la canalisation. Elles se composent de trois ensembles de bâtiments. Au sud, la maison du meunier, double en profondeur, comprend un étage carré et un toit à croupes. Ses ouvertures disposées sur la façade principale en trois travées ordonnancées, ses chaînes d'angles harpées et sa corniche allient la brique et la pierre. Au centre sont établies les étables à chevaux et à vaches, en rez-de-chaussée et comble à surcroît, et la porcherie. Au nord, disposés perpendiculairement aux précédents bâtiments, se trouvent la remise, que surmonte un comble à surcroît où logeaient les ouvriers, et les anciens entrepôts à blé. Un silo, détruit depuis 2002, et un entrepôt métalliques ont été ajoutés au-devant.

  • Murs
    • schiste moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    en rez-de-chaussée, 1 étage carré, 2 étages carrés, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit à longs pans croupe
  • Énergies
    • énergie hydraulique
    • énergie électrique achetée
  • Typologies
    moulin de rive
  • État de conservation
    établissement industriel désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété privée