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Manoir, puis mairie-école de garçons, aujourd'hui école primaire et maisons - Launay, Saint-Jean-sur-Erve

Dossier IA53002984 réalisé en 2003

Fiche

Dossiers de synthèse

Genrede garçons
Parties constituantes non étudiéesdouves, pont, lavoir
Dénominationsmanoir, mairie, école, école primaire, maison
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes d'Erve-et-Charnie - Sainte-Suzanne
AdresseCommune : Saint-Jean-sur-Erve
Lieu-dit : Launay
Cadastre : 1842 C 299 à 304 ; 1996 AB 36 à 41

La seigneurie de Launay, qui dépendait de la châtellenie de Thorigné, est attestée en 1533. Le manoir figure sur la carte de Cassini (vers 1760) mais pas sur celle de Jaillot. Le censif de Thévalles (1772) indique qu'une forge a existé à proximité. Propriété de la famille du Loir au XVIIe siècle, le domaine est acquis par Pierre de la Jaille dans la deuxième moitié du XVIIe siècle puis passe par mariage aux de Biars au début du XVIIIe siècle. François-René de Biars, appelé seigneur de Saint-Jean, du Châtelet et de Launay, y réside en 1719. Il échoit ensuite aux enfants de son épouse Renée de Bouessay, veuve en premier mariage de Louis-Jean de la Chapelle, puis à la famille du Mans sans doute par le mariage de Marguerite de la Chapelle avec Michel du Mans. En 1825, leurs petits-enfants Adrien et Amand Rousseau de Montfrand le vendent au maître de forges de Moncor Louis-Christophe Bigot, dont le fils Louis-Henri-Julien Bigot, maître de forges d'Aron et député de la Mayenne, le cède en 1863 à Jean-Baptiste Passet. L'ancien logis seigneurial est racheté en 1867 par la commune qui y installe l'école de garçons, auparavant située dans le quartier de Jouvence, et la mairie. Celle-ci est transférée en 1952 ou 1954 dans l'ancienne remise ferroviaire de la compagnie des tramways de la Mayenne. Launay est actuellement occupé par l'école primaire. L'ancien manoir est difficile à dater en raisons des modifications drastiques qu'il a subies au XIXe et au XXe siècle. L'appui mouluré d'une fenêtre d'étage de l'élévation sur cour est le seul indice d'une construction ou d'une transformation peut-être au XVIe siècle. Le bâtiment a été remanié au XVIIIe siècle (escalier) et puis réaménagé et doté de boiseries vraisemblablement au début du XIXe siècle, peut-être après que Louis Bigot eut acquis la propriété, en tout cas avant la date de 1842 qui figure à côté du trait indiquant la taille d'un enfant sur l'embrasure de la porte est de la grande salle du rez-de-chaussée. La charpente, qui remploie des pièces anciennes, a été refaite à l'occasion de l'une de ces deux campagnes. Les encadrements d'ouvertures et le crépi actuels sont le résultat de la réfection réalisée dans les années 1950. Les bâtiments en rez-de-chaussée situés dans l'alignement du logis sont d'anciennes dépendances du manoir. Ils figurent sur le plan cadastral de 1842. Demeurés propriétés privées, ils ont été complètement remaniés dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Le lavoir a été construit en 1875. Le pont est postérieur à 1828, puisque alors le franchissement du canal était assuré par un pont en bois. La salle de classe a été construite sur les fondations d'un bâtiment plus ancien, sans doute au début du XXe siècle.

Période(s)Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 2e quart 19e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle

L'ancien manoir de Launay est élevé entre une cour qui sert actuellement de cour d'école et un jardin carré qui en 1842 était bordé sur trois côtés par des douves. Celles-ci étaient reliées au canal (encore en eau aujourd'hui) dérivant de l'Erve, qui assurait également l'alimentation du Moulin neuf. Le logis principal abrite le logement de l'instituteur. Il possède un étage carré et un étage de comble. Il est construit en moellons de grès actuellement recouverts de crépi. Sa couverture à longs pans et croupes brisés est en ardoise. Ses ouvertures ont été refaites en ciment peint en blanc. Dans la partie nord du rez-de-chaussée prend place une pièce décorée de lambris de hauteur qui d'un côté masquent des placards. Elle a servi de salle du conseil municipal puis a été transformée en garage. Les étages sont desservis par un escalier tournant en bois située au sud. Ils comprennent chacun trois pièces, l'une de petite taille et sans décor, accessible depuis le palier, et deux autres desservies par un couloir latéral longeant le mur-gouttereau est. La pièce nord du premier étage, recoupée par un mur très fin, possède des lambris de hauteur. Les trois autres chambres sont dotées d'alcôves qu'encadrent des placards ou des cabinets. Les boiseries soulignent les éléments forts de la composition : alcôve, placards, cheminée, partie basse des murs dans la pièce nord de l'étage de comble. Des miroirs surmontent les placards latéraux et les cheminées. Les murs porteurs de l'étage de comble sont pour les deux-tiers inférieurs en moellons de grès et pour la partie supérieure en pans de bois. Ils conservent la trace de cinq lucarnes supprimées. La salle de classe, en rez-de-chaussée est disposée perpendiculairement au logis. Elle est précédée sur la cour par un préau. Ses larges baies sont en calcaire marbrier taillé et à l'arrière en grande partie en brique. Les anciennes dépendances du manoir s'inscrivent dans l'alignement du manoir au sud. Elles forment un seul corps de bâtiment couvert d'une croupe au sud, actuellement divisé en trois logements dotés d'un rez-de-chaussée et d'un étage en surcroît. Leurs baies sont majoritairement en ciment peint sauf sur le mur-pignon sud et sur la façade de l'habitation contiguë à l'ancien manoir. Le pont qui permet à l'allée d'enjamber le canal est en moellon de grès. Il possède deux arches basses très surbaissées. Le lavoir se trouve juste à côté, à l'est, sur la rive droite du canal. Il possède une simple structure constituée de poteaux de bois et un toit en appentis couvert d'ardoises. Il a conservé son plancher mobile et ses chaînes.

Mursgrès moellon sans chaîne en pierre de taille crépi
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble, en rez-de-chaussée, étage en surcroît
Couverturestoit à longs pans brisés croupe brisée
toit à longs pans
toit à longs pans croupe
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier tournant à retours avec jour

L'ancien manoir, très remanié, est surtout intéressant pour son décor de boiseries remontant vraisemblablement à la première moitié du 19e siècle.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Mayenne : 3 E 40 187. Étude de Me Jean Josset, notaire à Laval. Vente de la terre de Launay par M. de Montfrand à M. Bigot, 30 novembre 1825.

  • Archives départementales de la Mayenne. 1 Mi 144 (R1). Archives du manoir du Tertre. Amendes et remembrances de la châtellenie , terres, fiefs et seigneuries de Thorigné, tenue par Jehan de Lavigne, 1598-1610.

  • Archives départementales de la Mayenne : O 954 4. Décret du 20 juillet 1867 par lequel Napoléon, empereur des Français, autorise la commune de Saint-Jean-sur-Erve à acheter une maison destinée à servir de nouvelle maison d'école et à vendre aux enchères publiques l'actuelle école.

  • Archives départementales de la Mayenne : O 954 4. Vente à la commune de Saint-Jean-sur-Erve par Jean-Baptiste Passet de la maison de maître de Launay, qui est destinée à devenir une maison d'école. Acte des 7 et 8 octobre 1867 passé devant Maître Dubois, notaire à Laval.

    Archives départementales de la Mayenne, Laval : O 954 4
  • Archives départementales de la Mayenne ; 3 P 395. Matrices des propriétés foncières bâties et non bâties de Saint-Jean-sur-Erve, 1845-1914.

  • Archives départementales de la Mayenne : S 575. Courrier de Louis-Christophe Bigot au préfet de la Mayenne, au sujet de l'établissement de deux rateaux sur les percées alimentant le Moulin neuf situé à Saint-Jean-sur-Erve. 1828.

Bibliographie
  • ANGOT, Alphonse (abbé). Epigraphie de la Mayenne. Laval : Goupil, Paris : Picard, 2 vol., 1907.

    t. 2, p. 286 (au sujet de la pierre tombale de René-François de Biars)
  • ANGOT, Alphonse (abbé), GAUGAIN, Ferdinand (abbé). Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne. Laval : A. Goupil, 4 vol., 1900-1910.

    t. 1, p. 103, 247-248 (article : Biards), 261 (article : Bigot Louis-Julien-Henri)
  • DAVELU, Pierre-François. Répertoire topographique et historique du Maine. 1766-1774. 582 p. [Ouvrage manuscrit, conservé à la médiathèque du Mans : ms 471 / microfilm 148].

    p. 552-553
  • LE PAIGE, André-René (chanoine). Dictionnaire topographique, historique, généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du Maine. Le Mans : Toutain ; Paris : Saugrain, 1777, 2 tomes. Réimpr. Mayenne : imprimerie de l'Ouest, A. Nézan, 1894.

    t. 1, p. 382
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Mayenne - Foisneau Nicolas
Nicolas Foisneau

Chercheur à l'Inventaire général, au service puis direction du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne, de 2001 à 2020.


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- Davy Christian
Christian Davy

Chercheur au service régional de l'inventaire.


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