Dossier IA53003372 | Réalisé par
Davy Christian
Davy Christian

Chercheur au service Patrimoine de la Région Pays de la Loire

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Foisneau Nicolas
Foisneau Nicolas

Chercheur à l'Inventaire général, au service puis direction du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne, de 2001 à 2020.

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Manoir, puis ferme, actuellement maison - le Petit-Valtro, Saulges
Auteur
Guillotin Yves
Guillotin Yves

Photographe, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.

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Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Communauté de communes d'Erve-et-Charnie - Meslay-du-Maine
  • Commune Saulges
  • Lieu-dit le Petit-Valtro
  • Cadastre 1838 G1 4, 11  ; 1982 G 41, 45
  • Dénominations
    manoir, ferme
  • Destinations
    maison
  • Parties constituantes non étudiées
    douves, chapelle, étable, porcherie

D'après Angot, le seigneur de Valtro était vassal de celui de Thorigné et partiellement de celui des Trées, lui-même vassal de Ballée. A partir de 1384, Il rend hommage directement au seigneur de Ballée pour la haute et moyenne justice. Nicolas de Valtrot est mentionné en 1205 (cartulaire de la Couture). La terre passe à la famille de la Roche à la fin du XIVe siècle, par le mariage de Tiphaine de Valtrot avec Robin de la Roche, puis, à la mort de Fouquet de la Roche vers 1458, à la famille de son gendre, les de Champs. Elle échoit au XVIIe siècle, par mariage, aux Coulonges puis aux la Matraie, et est ensuite vendue, sans doute avant 1674, aux Chartreux de Notre-Dame du Parc. Elle figure sur la carte de Cassini comme simple ferme. Elle est vendue nationalement le 24 mars 1791. En 1891, la ferme s'étend sur 15 hectares 87. Elle est exploitée jusque dans les années 1980. Le logis manorial a été fortement remanié dans le deuxième quart du XIXe siècle, vers 1834 (date portée), ce qui rend difficile son analyse architecturale : percement de nouvelles baies, remplacement de la charpente, construction de l'escalier, réfection intérieure de la partie nord (sauf la cave) et probable construction de la partie sud. La cheminée de la salle principale date vraisemblablement de la première moitié du XVe siècle. Elle porte les armoiries de la famille de la Roche, dont le dernier représentant masculin meurt vers 1458. Elle s'appuie sur un mur de refend qui vient recouper un volume antérieur : en effet, sa construction a obturé une ouverture du mur-gouttereau est. La première phase pourrait appartenir au XIVe siècle : d'abord, certains éléments remployés dans la maçonnerie (piédroit à coussinet dans le mur-gouttereau ouest, fragment d'arc réutilisé lors du rétrécissement de la porte percée dans le mur de la cheminée) peuvent être datés de cette période. Ensuite, l'encorbellement en pierre du mur ouest de la cave témoigne qu'existait au-dessus une cheminée, dont la position sur le gouttereau est caractéristique du XIVe siècle et du début du XVe siècle. Enfin, une partie des solives du plafond de la cave remploie les pièces d'un pan de bois taillées dans des arbres abattus entre 1367 et 1397 (datation par dendrochronologie). La localisation primitive de ce pan-de-bois n'est cependant pas connue, ce qui en limite l'intérêt pour la datation de la construction du manoir. La réfection des plafonds de la cave et de la salle date sans doute du troisième quart du XVIIIe siècle : une poutre de la salle, deux poutres de la cave et les éléments encadrant l'encorbellement ont en effet été taillés dans des bois abattus entre 1752 et 1760. Les bois appartenant au moins à trois phases d'abattage ont alors été remployés : outre celle du XIVe siècle, l'une datée de 1544 (deux solives d'enchevêtrure de la cave et la deuxième poutre de la salle) et l'autre non encore datée. La chapelle a, d'après Angot, été fondée par Robin de la Roche en 1435, en l'honneur de la Trinité et de la Vierge. Elle a été construite au milieu du XVe siècle, d'après les peintures murales. Sa fenêtre sud a sans doute été agrandie au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle probablement, elle a été rétrécie, sa charpente a été refaite et son autel a été déplacé au nord. Une deuxième pièce réutilisant son ancien mur ouest a ensuite été aménagée. Le bâtiment a été converti en dépendance agricole au cours du XIXe siècle. Le logis de fermier-étable a été reconstruit en 1846 (daté par source). La porcherie a été construite ou complètement remaniée au milieu du XIXe siècle.

  • Période(s)
    • Principale : 14e siècle , (incertitude)
    • Principale : 1ère moitié 15e siècle
    • Principale : milieu 15e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 2e quart 19e siècle
    • Secondaire : 16e siècle
  • Dates
    • 1834, porte la date
    • 1846, daté par source

La partie centrale du logis manorial de Valtro est, au moins depuis les transformations du XIXe siècle, dépourvue d'étage. Elle abrite la salle principale. La partie nord dispose d'un étage carré et d'un rez-de-chaussée partiellement enterré qui servait de cave. La partie sud, postérieure, était pourvue, avant sa conversion de fournil en remise et la suppression du plancher, d'un rez-de-chaussée et d'un comble à surcroît. Les éléments d'encadrement de baies médiévaux, en place ou en remploi, sont en granite taillé (grandes baies remaniées de la salle) ou en roussard (fenêtre sud, rétrécie, de la salle, remplois de la fenêtre est de la partie sud). La fenêtre du XVIIe siècle ou du XVIIIe siècle éclairant la pièce située au rez-de-chaussée, à l'est de l'escalier, est encadrée de pierres de calcaire marbrier grossièrement taillées. Les baies du XIXe siècle sont en tuffeau taillé (fenêtres, piédroits d'une des portes) et en granite taillé (porte principale). La cheminée est pourvue de chaque côté de deux corbeaux disposés en redents portés par des piédroits à demi-colonne. L'escalier intérieur est en vis avec jour. La charpente est du type à potence.

La chapelle est pourvue d'une toiture en pavillon. Elle est éclairée d'une fenêtre encadrée de granite, à arc en plein-cintre. Sa partie ouest est couverte en appentis.

Le logis de fermier-étable et la porcherie sont en rez-de-chaussée et à comble à surcroît. Les baies de la partie logis sont dotées de piédroits en grosses briques et d'arcs segmentaires en brique. Celles de la partie étable et de la porcherie sont à piédroits en moellons et linteaux en bois. La pièce nord du logis servait de fournil.

  • Murs
    • calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
  • Toits
    ardoise, tôle nervurée, matériau synthétique en couverture
  • Étages
    1 étage carré, en rez-de-chaussée, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit en pavillon
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier dans-œuvre : escalier en vis avec jour
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • armoiries
  • Précision représentations

    Les armoiries de la famille de la Roche sont sculptées sur le linteau de la cheminée : "chargé d'un sautoir, accompagné en pointe d'un lion rompant" (Angot). Un écusson portant une croix et entouré d'os est sculpté au-dessus de la date de 1834 sur une pierre de calcaire inserrée au-dessus de la porte donnant accès à la salle.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler