Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Guérande - Guérande
  • Commune Guérande
  • Lieu-dit Careil
  • Cadastre 1819 I2 521 à 529 ; 2000 BP 66
  • Dénominations
    manoir, château fort
  • Appellations
    manoir de careil, château de Careil
  • Parties constituantes non étudiées
    portail, cour, clôture, écurie, remise, puits, vivier, jardin d'agrément

La seigneurie de Careil est attestée dès 1471. Elle appartient à cette date à Pierre Lecomte. Marguerite Lecomte, sa fille ou sa sœur, épouse Guillaume du Bouays, seigneur de Baulac en Goven et lui apporte la terre. Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, la seigneurie appartient à Jean du Bouays, fils de Jean et de Françoise de Kermeno. Ce dernier pourrait être à l'origine de la grande phase de fortifications du château dans le 3e quart du XVIe siècle. Jean du Bouays figure, en effet, dès 1558 parmi les chefs protestants bretons et prend visiblement une part active lors des guerres de Religions. Il participe notamment à la prise d'armes de 1568 et à celle de Donzères en 1570. Durant le mouvement populaire qui les chassa du Croisic, ce fut à Careil que les protestants se retirèrent. Sa terre, érigée en châtellenie par Charles IX en 1571, passe ensuite par mariage dans la famille Marec'h puis de la Chapelle. En 1674, Henri de la Chapelle partage la châtellenie entre ses frères et sœurs : Henriette de la Chapelle reçoit le château et la seigneurie, son frère René, les terres qui en dépendent. En 1699, les deux parts sont vendues : l'une d'elle est achetée par Guillaume Charault et Marie Le Besson et l'autre adjugée à Michel Roger, avocat au parlement de Paris. Au milieu du XVIIIe siècle, Louis Foucher, seigneur de la Feslière hérite d'une partie du domaine et en entreprend la reconstitution.

La châtellenie de Careil s'étendait sur 8 paroisses (Saint-Aubin de Guérande, Escoublac, Saint-André-des-Eaux, Saint-Nazaire, Saint-Lyphard, Saint-Molf, Mesquer et Batz). La haute justice de Careil comprenait six baillages (Careil, Marsaint, Mérionnec, Trévedy, Bissin et Penchâteau) qui furent unis à la châtellenie en 1571. Le seigneur de Careil était patron de trois chapellenies : celle de Saint-Just au bourg de Careil, celle de Notre-Dame-La-Blanche en la chapelle du même nom et celle de Saint-Jean fondée en la collégiale de Guérande. Il possédait, en outre, dans l'église paroissiale Saint-Michel de Guérande une chapelle joignant le chanceau du côté de l'épître, et dans l'église conventuelle des dominicains de Guérande un enfeu à côté de l'autel Saint-Pierre. Le domaine proche Careil comprenait en 1673 le château et manoir de Careil avec ses galeries, cour, tourelles et guérites, mâchicoulis, pont-levis [ ] le grand portail de ladite cour avec ses deux tours dont l'une appelée tour de l'horloge [ ], l'estang dudit lieu et la chapelle Saint-Servais, un colombier et refuge à pigeons [ ].

  • Période(s)
    • Principale : 13e siècle , (incertitude)
    • Principale : 14e siècle , (incertitude)
    • Principale : limite 15e siècle 16e siècle
    • Principale : 1ère moitié 16e siècle
    • Principale : 2e moitié 16e siècle
    • Principale : 2e moitié 17e siècle

Posée sur un bâtiment sensiblement plus étroit que le bâtiment actuel, la charpente pourrait dater du XIIIe ou du XIVe siècle. Les aisseliers courbes de l'une des fermes (fig. 53) suggèrent la présence, à l'origine, de salles hautes sous charpente.

Le logis fut remanié à la charnière des XVe et XVIe siècle :

1/ Reconstruction probable du gouttereau sud, percé de deux travées de croisées, en avant du mur précédent, conférant une plus grande épaisseur au corps de logis, dont on perçoit les dimensions originelles sur le parement oriental du mur de refend, dans le comble (fig. 59) ;

2/ Construction d'une tour d'escalier hors-œuvre, adossée à la face nord, dans laquelle s'inscrit une large vis en maçonnerie dont ne subsiste que le premier niveau ;

3/ Pose d'un plancher prenant appui sur les entraits de la charpente. Elle a entraîné, dans le comble, le percement d'une porte (fig. 57) au nord du mur de refend qui sépare la grande pièce de la petite, au centre du logis. Son couvrement en arc brisé avec joint à la clef (fig. 58) suggère le possible remploi d'un encadrement datant de la construction initiale de l'édifice.

La présence, au second niveau de la façade principale, des vestiges d'une ouverture dont il ne reste qu'un piédroit (fig. 42), de facture identique à celle de la porte de la vis à l'étage, de même que la présence d'une ferme (dont il ne subsiste que l'entrait) à peu de distance du pignon ouest, donnent à penser que le corps de logis se prolongeait à l'ouest.

Une seconde campagne de remaniement est intervenue dans la seconde moitié du XVIe siècle avec le décor de la porte flanquée de pilastres (fig. 28) et la construction de trois lucarnes (fig. 39 à 41) également flanquées de pilastres et ornées de lucarnes à coquilles.

L'aménagement et le décor de la grande salle du rez-de-chaussée furent repris au XVIIe siècle, avec la reconstruction de la cheminée (mais les vestiges de la cheminée antérieure sont encore visibles derrière le linteau) et la pose d'un lambris de revêtement.

Dans la seconde moitié, et plus probablement dans le dernier quart du XVIe siècle, furent entrepris d'importants travaux de fortification.

1/ Construction, sur la face principale du logis, à l'est, d'un petit cabinet (fig. 29) distribué par une vis dans l'angle demi hors-œuvre, à l'angle duquel s'élève une tourelle percée de meurtrières de fusillade.

2/ Construction du portail (?) flanqué de tours en demi-cercle (fig. 25).

3/ Aménagement, contre les murs ouest et sud de l'aile en retour d'équerre à l'ouest de la cour (construite pour la circonstance ?), d'un chemin de ronde communiquant avec deux tours implantées aux angles de ce bâtiment.

4/ Bordant le côté est de la cour, aujourd'hui détruit, un autre corps de bâtiment était également doté d'un chemin de ronde (à tout le moins sur son pignon méridional), dont les vestiges sont visibles sur une gravure du XIXe siècle (fig. 3).

À la rencontre du corps de logis et de l'aile en retour à l'ouest, un petit corps de bâtiment à un étage, dans lequel se trouve un évier du XVe siècle (fig. 76), correspond peut-être à une ancienne cuisine construite ou aménagée au cours des travaux de la fin de la période médiévale.

L'élévation orientale de l'aile en retour a été remaniée au XVIIe siècle, peut-être vers 1662 (chiffre 62 inscrit sur l'une des lucarnes pour 1662 ?). Son aménagement en logement, écurie et remise (porte cochère), attesté vers 1658, pourrait dater de cette époque. La cheminée médiévale adossée au pignon méridional correspond à un remploi effectué dans le second quart du XXe siècle. Détruite à une période indéterminée, la tour sur l'angle sud-ouest des anciennes écuries a été partiellement reconstruite au début du XXe siècle.

  • Murs
    • granite
    • appareil mixte
    • moellon sans chaîne en pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    en rez-de-chaussée, 1 étage carré
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à l'impériale
    • pignon couvert
    • pignon découvert
  • Escaliers
    • escalier hors-œuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
    • escalier demi-hors-œuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
  • État de conservation
    remanié
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1925/05/16