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Manoir de Cardinal

Dossier IA44003603 réalisé en 2005

Fiche

  • Vue d'ensemble depuis le sud.
    Vue d'ensemble depuis le sud.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • cour
    • mur de clôture
    • fossé
    • portail
    • colombier
    • pigeonnier
    • fournil
    • vivier
    • chapelle
    • moulin
    • jardin d'agrément

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Appellationsmanoir de Cardinal
Parties constituantes non étudiéescour, mur de clôture, fossé, portail, colombier, pigeonnier, fournil, vivier, chapelle, moulin, jardin d'agrément
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Lieu-dit : Cardinal
Cadastre : 1819 A 704, 705, 746, 821 ; 2000 ZI 67

On connaît peu de chose sur la seigneurie de Cardinal avant la deuxième moitié du XIVe siècle hormis que Budic, comte de Nantes aurait fait don de cette terre à un personnage de sa cour nommé Lorn, originaire d’Écosse, ayant pour surnom Cardinal, d'où le nom du fief. Vers le milieu du XIVe siècle, Cardinal entre par alliance dans la famille du Verger. Jean du Verger, capitaine de Guérande en 1355, est seigneur du Verger, de Kervarec et de Cardinal. Le 23 février 1393, son fils Jean, rend aveu à Jean IV, par l'intermédiaire de son curateur Perrot Coterel pour son herbregement de Cardinal, ses clostures, courtils, bois domanier. La famille du Verger conserve la seigneurie jusqu'en 1586, date à laquelle Jean Garenne, bourgeois et marchand du Croisic en fait l'acquisition pour 4000 écus. Cardinal passe ensuite, au début du XVIIe siècle, sous l'égide des familles Le Roy puis Chanu. Au début du XIXe siècle, le domaine passe par alliance à la famille Pinczon du Sel. En 1921, Hippolyte Pinczon du Sel vend le manoir à Jacques-Marie-Henry Le Cardinal, marquis de Kernier, député d'Ille-et-Vilaine.

Plusieurs vestiges attestent de la construction, dans la seconde moitié du XIVe ou le premier quart du XVe siècle, d'un corps de bâtiment « primitif » orienté nord-sud : cheminées sur le mur nord, croisée transformée en porte sur le mur ouest, négatif d'une pente de toit, vestiges d'un mur de refend percé d'une porte à l'est de la tour d'escalier. D'après les observations réalisées sur le terrain et les descriptions de la seconde moitié du XVIIe siècle, il aurait pu s'agir d'un ancien logis s'élevant sur deux niveaux, composé au rez-de-chaussée, d'une chambre basse (ayant à l'origine vocation de cuisine ?) et prolongée vers l'est par une grande salle, dont les dimensions avoisinaient les 15 m de long (45 pieds) sur 6,50 m de large (19,50 pieds). Cet ensemble était surmonté d'un étage sous charpente, comme en attestent les vestiges d'une cheminée encore visibles sur le mur nord et la mention en 1688 d'un grand logis ajouré de lucarnes au-dessus de la grande salle.

L'accès à cette grande salle se faisait côté cour, par une porte constituant jusqu'à la fin du XVIIe siècle l'entrée principale du manoir. La salle était éclairée, de ce même côté, par au moins une grande fenêtre, et à l'est, par plusieurs baies ouvrant sur le jardin.

Dès 1688, « la grande salle » est considérée comme partiellement ruinée, notamment au niveau des murs gouttereaux et de la charpente. En 1819 néanmoins, son emplacement figure toujours sur le cadastre mais il est signalé à l'état de ruine. C'est probablement peu après cette date qu'elle fut transformée en écurie.

Ce bâtiment n'était peut-être pas le plus ancien puisque est attestée en 1650, la présence d'un vieux logis auquel était adossée une chapelle, tous deux détruits.

Dans la seconde moitié du XVe ou au tout début du XVIe siècle, fut entreprise la construction de l'aile en retour à l'ouest et d'une tour d'escalier dans l'angle sud-est ; peut-être sur les fondations d'un édifice plus ancien comme pourraient l'indiquer les traces d'arrachement à l'ouest de cette dernière.

Au rez-de-chaussée, l'accès entre la chambre nord et la grande salle fut bouché (la tour d'escalier distribuant désormais ces deux pièces) et l'ancienne croisée de la chambre fut transformée en porte donnant accès à l'aile ouest.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, l'aile ouest constitue visiblement la partie résidentielle du manoir, elle consiste alors en une salle basse servant de cuisine, chambre haute et grenier au-dessus. L'ensemble s'élève sur 19 pieds (6,20 m), soit 2,5 pieds de plus que l'aile est, et mesure 25 pieds de long (8,20 m) sur 16 pieds de large (5,20 m). Sur le mur gouttereau nord, une porte ouvrant sur le vide pourrait correspondre à l'ancien accès aux deux petites galeries où sont les latrines mentionnées en 1650.

Chaque salle de l'aile occidentale est ajourée, côté cour d'une baie équipée de coussièges. Les salles des deux premiers étages sont chauffées par des cheminées dont le style autorise une datation aux alentours des années 1500. Des traces de décors peints, peut-être héraldiques, reprenant un motif « de barres et de bandes de gueules », subsistent encore sur les solives de la salle haute.

Le déclassement de l'aile est, attesté dès la fin du XVIIe siècle entraînant l'abandon de l'accès principal au manoir pourrait expliquer la création d'une nouvelle porte et le curieux raccordement en biais du mur antérieur de l'aile occidentale.

Probablement d'origine médiévale, les dépendances agricoles ont également été très remaniées au XIXe siècle et le fournil construit à cette époque. Il semble que, encore au XVIIe siècle, la cour, autour de laquelle sont ou étaient répartis la plupart des corps de bâtiment, était séparée par un mur d'un jardin qui s'étendait vers l'est.

Un cellier de 28 pieds (9,20 m) de longueur sur 20 pieds (6,60 m) de large surmonté d'une chambre est mentionné à plusieurs reprises et pourrait correspondre, en partie, à la cave voûtée située au nord du logis.

Un colombier est attesté sur la terre de Cardinal dès 1392. Le pigeonnier actuel est plus tardif. Il apparaît en bon état dans les textes du XVIIe siècle.

Portail, tourelles et échauguette pourraient avoir été construits dans le dernier quart du XVIe siècle, comme paraissent en attester les embrasures de tir destinées à l'usage d'armes portatives, de type mousquets.

Période(s)Principale : limite 14e siècle 15e siècle , (?)
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

L'édifice s'élève dans une cour délimitée par un mur de clôture plus ou moins rectangulaire, entouré par un fossé et percé sur son côté sud, près de l'angle sud-ouest, par un portail flanqué de tourelles partiellement en ruine. Dans l'angle du mur et l'une de ces tourelles, on observe les vestiges d'un corps de latrines en encorbellement au-dessus du fossé. Sur l'angle opposé de la clôture, apparaissent les vestiges d'une échauguette. Près du portail, dans la cour, s'élèvent les restes d'un pigeonnier de plan circulaire. À quelque distance au nord-est, se trouve l'étang de Cardinal. Contre le mur ouest de la cour, se trouve une étable (?), en rez-de-chaussée. À l'opposé du colombier, adossé au mur nord de la clôture s'élève le logis dont les bâtiments, que prolongent à quelque distance au sud un corps de dépendance (?), séparaient autrefois la cour, à l'ouest, et le jardin à l'est. Proche de cette dépendance, à l'ouest, s'élève un fournil dont le four est couvert par un toit en appentis massé.

Le corps de logis est bâti en équerre, distribué par une vis hors-œuvre dans l'angle, couverte par un toit conique. L'aile ouest, dont un pignon est découvert, présente un étage carré et un étage de comble. La salle haute conserve encore quelques vestiges de décors peints sur les solives du plafond, constituant peut-être un pseudo décor héraldique « de barres et de bandes de gueules ». L'aile ouest est prolongée de part et d'autre par un corps en rez-de-chaussée couvert en appentis. Dans le corps qui se trouve à l'est, subsistent les vestiges de parois et de cheminées d'un ancien corps de logis. À l'est de ce corps, apparaissent les ruines d'un sous-sol couvert par une voûte en berceau segmentaire. Le corps en retour d'équerre du logis, en rez-de-chaussée et étage de comble, est couvert par un toit à deux versants dont l'un des pignons est découvert.

Mursgranite
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toitardoise
Étagessous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementsvoûte en berceau segmentaire
Couverturestoit à longs pans
appentis
appentis massé
toit conique
pignon couvert
pignon découvert
Escaliersescalier hors-œuvre : escalier en vis en maçonnerie
États conservationsremanié
Techniquespeinture
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Prisage de Cardinal, 31 mars-6 avril 1650 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; E 1478).

    Dame Charlotte Tessier [ ] laquelle a remontré qu´en execution du jugement audit sept de ce mois rendu entre elle en qualitté de créancière dud. Sieur de Miroux et jouissante par continuation du bail de ces fruits de la maison de Cardinal et noble homme Raoul Phillipes Foucquer, sieur de Quersalyo, saizissant lad. terre de Cardinal, honnorable femme Louise Ricordel, et Jullien Montfort, aussy créanciers dud. Sieur Miroux portant entre autres chois sur les deffaut d´avoir commis d´experts pour voir et viziter les logements de lad. maison de Cardinal suivant le jugement du vingt cinquiesme septembre aussy dernier, la nommination d´office de personnes de Jacques Pattier et Estienne Rorsays, massons, Raoul Couttel et Jullien Jouin, couvreurs d´ardoizes, Pierre Gicquel et Charles Masseur, charpentiers [ ].

    Et ayant vizités le pignon de la cuisine vers le midy, ont dit qu´il est ventreux et surplombé, menacant ruiner, et qu´il est bezoing de desmollir cinq à six pieds au dessous de la ras de lad. longere, et herissonner led. pignon pourquoy ils estiment qu´il cousterait cents livres en fournissant pierres, terres et œuvre de main. Que la longere de la grande salle vers le midy est fors vielle et caducque, ventreuse, menacante ruine et chute, et pour la restablir il faudroit cent francs en se servant des vieux materiaux, et que la longere de lad. salle vers le nord est aussy vieille et caducque, ventrue et surplombée, laquelle est appuiée par deux estançons en forme de croix de saint André, et que pour pareillement la desmollir et icelle restablir estiment qu´il cousteroit cent quatre vingt livres.

    [ ] dans la petite salle servant de cuisine, il manque une planche à la porte. Que dans la grande salle, il manque à la grande fenestre deux bastans par abas, qu´il faut refaire à neuf le chassis dormant, qu´une des trois poultres au-dessus est pourrie, laquelle il faut changer, et que des deux autres, on n´en peut juger au vray a causse que la terrasse quy est au-dessus est toutte pourie par les pluies continuelles quy y ont entrées. Que la grande porte par laquelle on entre de la cour dans la grande salle est pourie et ainsy qu´il est necessaire d´en faire une neuve. Que pareillement la porte par laquelle on entre dans le jardin est pourie et qu´il en faut refaire une autre et que pour conserver toutte la charpente du grand logis il serait necessaire de la desandre et ensuite la relever, d´autant qu´elle est pourie en partye par abas aussy bien que les jambes de force par surplus qui sont tombées sur la terrasse, et qu´il n´y a aucune fermeture de bois dans les lucarnes du grand logis au dessus de la grande salle. Qu´ils n´ont peus juger des reparations au scellier quy est au bout de la salle sans veoir le haut quy est fermé a cleffs et estiment qu´il est necessaire de reffaire de neuf les lieux au derriere. Que dans le petit logis vers soleil levant donnant sur la cour, il faut changer deux poultreaux dessus dessous, y faire une porte neuve de bois et une fenestre au forme de lucarne. Que dans le petit logis au joignant de l´escurie, il faut quatorze solliveaux et une porte et que dans les tourillons au deux costés du grand portail ont veus qu´il ne a point de porte ni de trape dans chacque et enffin que la porte de la cour au joignant de la grange vers Querroland est toutte en morceaux, et quil est bezoing d´en faire une neuve [ ] et ont aussi veu que la couverture d´une petite maison quy est au bout de lad. escurie du costé du grand portail qui est fort indigente de reparation, vieille et caducque. Qu´il est necssaire de reparer la couverture des deux tourelles qui sont des deux costés dud. grand portail, mesme celle de la fuye. Que la couverture de la grande salle est entierement vieille, ruysnée et caducque, et que pour conserver la charpente et ce qu´il y a de chevrons, mesme le reste de l´ardoize, il la faut mestre a bas. Que la couverture d´une petite maison qui est vers le bois au bout du levant de lad. salle est aussy toute vielle et caducque, et partye tombée par terre, et qu´il faut recouvrir tout a neuf la couverture de deux petites latrinnes au nord de la petite salle servant de cuisine quy est aussy fort caducque. Qu´il est pareillement necessaire de reparer la couverture de lad. petite salle qui est fort vieille et caducque aussy bien que celle de l´escalier, et le plafont joignant led. escallier, et que reparant lesd. couvertures elles peuvent encore subsister ainsy que la couverture d´une petite maison ouvrante au couchant de la grande cour et ladite maison laquelle il est seulement necessaire de reparer d´ardoizes saillantes [ ].

  • Papier terrier de Cardinal, 20 janvier 1680 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; B 1511, f° 2271-2271).

    Par devant les notaires royaux de la Cour et Sénéchaussée de Guérande soubsignés, résidant en la ville de Guérande, est comparu en personne, noble homme Raoul Philippes Fouques, sieur de Kersalio, demeurant en icelle ville de Guérande, saisissant les héritages appartenants à escuier Raoul Phelippes Le Roy, sieur de Miroux, lequel, pour satisfaire aux ordonnances de MM. Les commissaires députés par sa Majesté pour la confection du papier terrier et réformation de son domaine de Guérande et aux assignations publiques faictes en conséquence d´icelle et la sentence rendue par Mesdicts sieurs les Commissaires le [ ] dernier entre [ ] establi a [ ] sur les héritages dudit sieur de Miroux demandeur et ledit sieur de Kersalio defandeur, par laquelle il lui est enjoint de fournir déclaration des héritages, par lui fait saisir que le dit sieur du Miroux et à ses périls et fortunes, a reconnu et déclaré que le dit sieur du Miroux aurait et procédait avant la dite saisie tant noblement, à foix, hommage et rachat qu´à simple obéissance en la censive et mouvance de sa majesté à cause de son domaine de Guérande, la maison noble de Cardinal située en la paroisse de Guérande et consistant en plusieurs logements couverts d´ardoise et particulièrement en une salle basse et grenier au-dessus contenant de longueur 45 pieds et de profondeur 19 pieds 1/2, et de hauteur 16 pieds 1/2.

    Un logis servant de cuisine et composé d´une chambre basse et chambre haute et grenier au-dessus contenant de longueur 25 pieds et de largeur par le dedans 16 pieds et de hauteur 19 pieds.

    Pour la servitude desquels logis il y a une tourelle de la largeur de 8 pieds et de hauteur 24 pieds avec 30 marches de pierre de taille, un cellier au derrière dudit logis avec une chambre au-dessus contenant 28 pieds de longueur et 29 pieds de profondeur et de hauteur 10 pieds.

    Une écurie contenant 28 pieds de longueur, 24 pieds de profondeur et 10 pieds de hauteur, un petit jart et laicterie au bout de ladite écurie contenant 6 pieds 1/2 de muraille.

    Les murailles de la chapelle et de ce logis au joignant avec autre vieille masure étant à côté de la cour vers le soleil levant, une fuye et refuge à pigeons, la cour au devant de la dite maison, le tout fermé et cernoyé de murailles, un jardin au bout de ladite maison vers le nord, autre jardin.

    Le fond de tous lesquels logis, cour, jardin, issues contenant 103 sillons à la gaule revenant à un journal, deux tiers, quatre cordées.

    Un petit parc et pièce de terre dans lequel est un petit bois de haute futaie de la dite maison de Cardinal située au derrière d´icelle joignant d´un côté le jardin du dit lieu et d´autre côté en bout le pré du moulin contenant un journal et un tiers de journal ou environ.

    Un petit quanton de pré situé dans le pré, derrière joignant d´un côté le pré du moulin, d´autre côté d´un bout le pré de Kerroland et d´autre bout le bois ci-devant, contenant un tiers de journal, une corde et un tiers de corde ou environ. Dans le dit pré derrière un autre quanton de pré joignant de toute part terres et dépendances de la dite maison de Kerrolland fors d´un bout la pièce ci après contenant un quart de journal ou environ.

    Une vieille masure et son emplacement de maison avec un jardin au derrière, rue, issue, au devant joignant d´un côté terre dudit lieu de Kerroland, d´autre côté et en bout le jardin de la grange et le bois ci devant et d´autre bout le chemin qui conduit de la dite maison de Cardinal à Guérande contenant un huitième de journal et deux cordes ou environ (autres terres labourables) : le pré du moulin, le parc du moulin, le pré de gentres, le parc des flots.

    Le parc muré de la dite maison de Cardinal sous labeurs et pastures cernoyé de vieux fossés joignant d´un côté le grand bois ci devant d´un bout le chemin qui conduit de la dite maison de Cardinal au moulin à vent contenant un journal, deux tiers et sixième journal, une corde un tiers ou environ [ ].

    Le grand étang de Cardinal avec son estache de moulin à eau et ruisseau chaussée le tout contenant huit journaux et un tiers de journal, le petit étang de Sainte-Barbe aussi avec son ruisseau et chaussée contenant deux tiers de journal et un dixième et trois cordes ou environ, la métairie du bout du bois.

  • Procès verbal de l´état de la maison de Cardinal, 20 septembre 1688 (Archives départementales de Loire-Atlantique ; B 9152).

    Dame Charlotte Tessier [ ] laquelle a remontré qu´en execution du jugement audit sept de ce mois rendu entre elle en qualitté de créancière dud. Sieur de Miroux et jouissante par continuation du bail de ces fruits de la maison de Cardinal et noble homme Raoul Phillipes Foucquer, sieur de Quersalyo, saizissant lad. terre de Cardinal, honnorable femme Louise Ricordel, et Jullien Montfort, aussy créanciers dud. Sieur Miroux portant entre autres chois sur les deffaut d´avoir commis d´experts pour voir et viziter les logements de lad. maison de Cardinal suivant le jugement du vingt cinquiesme septembre aussy dernier, la nommination d´office de personnes de Jacques Pattier et Estienne Rorsays, massons, Raoul Couttel et Jullien Jouin, couvreurs d´ardoizes, Pierre Gicquel et Charles Masseur, charpentiers [ ].

    Et ayant vizités le pignon de la cuisine vers le midy, ont dit qu´il est ventreux et surplombé, menacant ruiner, et qu´il est bezoing de desmollir cinq à six pieds au dessous de la ras de lad. longere, et herissonner led. pignon pourquoy ils estiment qu´il cousterait cents livres en fournissant pierres, terres et œuvre de main. Que la longere de la grande salle vers le midy est fors vielle et caducque, ventreuse, menacante ruine et chute, et pour la restablir il faudroit cent francs en se servant des vieux materiaux, et que la longere de lad. salle vers le nord est aussy vieille et caducque, ventrue et surplombée, laquelle est appuiée par deux estançons en forme de croix de saint André, et que pour pareillement la desmollir et icelle restablir estiment qu´il cousteroit cent quatre vingt livres.

    [ ] dans la petite salle servant de cuisine, il manque une planche à la porte. Que dans la grande salle, il manque à la grande fenestre deux bastans par abas, qu´il faut refaire à neuf le chassis dormant, qu´une des trois poultres au-dessus est pourrie, laquelle il faut changer, et que des deux autres, on n´en peut juger au vray a causse que la terrasse quy est au-dessus est toutte pourie par les pluies continuelles quy y ont entrées. Que la grande porte par laquelle on entre de la cour dans la grande salle est pourie et ainsy qu´il est necessaire d´en faire une neuve. Que pareillement la porte par laquelle on entre dans le jardin est pourie et qu´il en faut refaire une autre et que pour conserver toutte la charpente du grand logis il serait necessaire de la desandre et ensuite la relever, d´autant qu´elle est pourie en partye par abas aussy bien que les jambes de force par surplus qui sont tombées sur la terrasse, et qu´il n´y a aucune fermeture de bois dans les lucarnes du grand logis au dessus de la grande salle. Qu´ils n´ont peus juger des reparations au scellier quy est au bout de la salle sans veoir le haut quy est fermé a cleffs et estiment qu´il est necessaire de reffaire de neuf les lieux au derriere. Que dans le petit logis vers soleil levant donnant sur la cour, il faut changer deux poultreaux dessus dessous, y faire une porte neuve de bois et une fenestre au forme de lucarne. Que dans le petit logis au joignant de l´escurie, il faut quatorze solliveaux et une porte et que dans les tourillons au deux costés du grand portail ont veus qu´il ne a point de porte ni de trape dans chacque et enffin que la porte de la cour au joignant de la grange vers Querroland est toutte en morceaux, et quil est bezoing d´en faire une neuve [ ] et ont aussi veu que la couverture d´une petite maison quy est au bout de lad. escurie du costé du grand portail qui est fort indigente de reparation, vieille et caducque. Qu´il est necssaire de reparer la couverture des deux tourelles qui sont des deux costés dud. grand portail, mesme celle de la fuye. Que la couverture de la grande salle est entierement vieille, ruysnée et caducque, et que pour conserver la charpente et ce qu´il y a de chevrons, mesme le reste de l´ardoize, il la faut mestre a bas. Que la couverture d´une petite maison qui est vers le bois au bout du levant de lad. salle est aussy toute vielle et caducque, et partye tombée par terre, et qu´il faut recouvrir tout a neuf la couverture de deux petites latrinnes au nord de la petite salle servant de cuisine quy est aussy fort caducque. Qu´il est pareillement necessaire de reparer la couverture de lad. petite salle qui est fort vieille et caducque aussy bien que celle de l´escalier, et le plafont joignant led. escallier, et que reparant lesd. couvertures elles peuvent encore subsister ainsy que la couverture d´une petite maison ouvrante au couchant de la grande cour et ladite maison laquelle il est seulement necessaire de reparer d´ardoizes saillantes [ ].

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 1456. la maison et le domaine de Cardinal, y compris la terre de Kervarec, possédés par Jean du Verger (1393), par Pierre du Verger, écuyer, sieur du Verger et de Cardinal (1576), par Jean Garenne, acquéreur des droits de Jacques du Verger (1587) ; par Jacques et Marc Garenne (1604), par les héritiers de Jean Garenne et de Julienne Le Mauguen (1608) ; par Jean Leroy, écuyer, sieur de Kersalio (1644), et sa veuve Olive Garenne (1649) ; par les héritiers de Jean Chanu, sieur de Kerhedein (1704), de Joseph et de Noël Chanu, et par Charles Chanu, lieutenant général de l'Amirauté de Vannes (1777). 1393-1777.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 1511, f° 2271-2272. Papier terrier de Cardinal. 20 juin 1680.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 9152. Procès verbal d'état de la maison de Cardinal. 7 juin 1685.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 9152. Procès verbal de l'état de la maison de Cardinal. 20 septembre 1688.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 9152. Procès verbal de l'état de la maison de Cardinal. 12 juillet 1691.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. E 1478. Prisage de Cardinal. 6 avril 1650.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 1 E 265. Seigneurie de Cardinal.

Bibliographie
  • CONDAMINE, Pierre de la. Les vieux logis guérandais : Cardinal. Cahiers du Pays de Guérande, n° 14, 1967.

    p. 17-18.
  • SÉBILO, Aurélia. Essai de caractérisation architecturale des manoirs guérandais. Cahiers du Pays de Guérande, 2003.

  • SÉBILO, Aurélia. L'habitat d'une élite à Guérande durant la période moderne : étude de 7 manoirs. Mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Nantes, 2000, 2 vol.

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