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Maisons, fermes : l'habitat à Sainte-Radégonde-des-Noyers

Dossier IA85001924 réalisé en 2017

Fiche

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En dehors des éléments remarquables du patrimoine, l'inventaire a permis de relever 76 maisons et fermes ou anciennes fermes situées dans la zone d’un kilomètre à partir de la Sèvre Niortaise, dans le bourg ou, à titre d’exemples, dans le reste des marais desséchés. Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 1960, à l'exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l'état d'origine illisible. Parmi ces 76 maisons et fermes ou anciennes fermes, 21 ont fait l'objet d'un dossier documentaire en raison de leur intérêt patrimonial ou de leur représentativité, et 55 d'un repérage à des fins statistiques.

Aires d'étudesVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Sainte-Radégonde-des-Noyers

Parmi les 76 maisons et fermes ou anciennes fermes relevées au cours de l’étude, près de la moitié ont été construites ou reconstruites en tout ou partie dans les années 1850-1870. Ceci illustre l’essor économique et démographique et l’élévation du niveau de vie des habitants de cette époque. Le phénomène est ensuite considérablement ralenti : on ne compte plus que 13 nouvelles constructions à la fin du XIXe siècle et vers 1900, 4 dans la première moitié du XXe siècle. A l’opposé de la chronologie, les traces d’Ancien Régime sont relativement nombreuses. Un seul bâtiment (le logis de l’ancienne ferme du Grand Bot Neuf, qui dépendait de l’abbaye de Moreilles), tout en ayant été remanié au XIXe siècle, présente des éléments qui semblent remonter au XVe ou XVIe siècle, en tout cas au début du XVIIe (la date 1624 y est inscrite).

13 maisons et fermes ou anciennes fermes ont été construites, au moins en partie, au XVIIIe siècle ou dans les premières années du XIXe. Il s’agit surtout de cabanes de marais desséchés comme les Bardettes, la Vacherie, Tournebride ou, plus au sud, la Prée Mizotière, située dans des marais alors récemment poldérisés. Ces fermes éparpillées dans les marais sont le fruit d’une volonté, très tôt exprimée, d’implanter des colons dans les nouvelles terres mises en valeur. Ainsi, le 23 septembre 1655, tout en décidant de se partager les marais déjà desséchés, les membres de la Société du Vieux marais de Champagné s’entendent pour construire sur chacune de leurs nouvelles cabanes une habitation pour un fermier, et pour faire creuser des puits « aux endroits les plus convenables ». La toponymie de ces cabanes est liée à leur situation géographique (Tournebride, près du virage du pont de la Courbe), à leur environnement naturel (la Sablière, la Roselière), ou encore à l’histoire des dessèchements, marquée au début du XVIIe siècle par la présence d’investisseurs hollandais (La Haye, Hollande, l’Orange) ou de propriétaires ecclésiastiques (Saint-Ignace, Saint-André, Sainte-Marie).

Période(s)Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Les trois quarts des bâtiments relevés sont des maisons (56 répertoriées), presque toutes situées dans le bourg. Les deux tiers d’entre elles sont des maisons indépendantes, c’est-à-dire séparées les unes des autres par un espace libre plus ou moins important (cour, jardin). Les deux tiers également sont placées en retrait par rapport à la voie, traduisant là aussi une occupation peu dense du parcellaire. Ces maisons sont, pour plus de la moitié, en simple de rez-de-chaussée. Sept seulement disposent en plus, sur toute leur longueur, d’un niveau supplémentaire utilisé en grenier. On dénombre enfin cinq maisons en simple rez-de-chaussée mais dont une partie est surmontée d’un grenier, souvent accessible par un escalier extérieur. Si le logement ne s’étend pas en hauteur, il s’étire en revanche souvent en longueur, sans être très grand : les maisons en rez-de-chaussée présentent presque toutes trois ou quatre ouvertures en façade ; deux en présentent même six, et une en offre huit. On compte tout de même vingt maisons avec un étage. Le logement est alors de taille plus confortable, avec deux ou trois travées (alignements verticaux) d’ouvertures en façade. On dénombre enfin quatre maisons de maître, logis de notables bénéficiant de communs et d’un grand jardin (par exemple 4 place de la Mairie, maison datée de 1839 ; ou 3 rue de la Voie, maison qui porte la date 1864).

Parmi les 20 fermes ou anciennes fermes relevées, la moitié sont situées dans le bourg, à l’abri de l’inondation. Les dix autres se trouvent dans la zone d’un kilomètre prise en compte à partir de la Sèvre Niortaise, ou bien ont été étudiées dans le reste des marais desséchés, à titre d’exemples représentatifs. Leur présence dans les marais inondables est rendue possible par des techniques de construction telles que la surélévation du sol de la parcelle, qui freine l’inondation. Il faut ajouter à ces exploitations 17 maisons rurales (dont 14 dans le bourg), c’est-à-dire des habitations dont la vocation agricole n’est pas affirmée mais qui disposent tout de même de petites dépendances (toits, étable…). La majorité des fermes (13) sont à bâtiments séparés, sans contrainte d’espace. On relève toutefois quatre exemples de fermes de plan allongé (dont Saint-André), dans lesquelles les dépendances sont placées dans le prolongement du logis. Presque tous les logis de ferme possèdent sinon un étage, du moins un niveau de grenier. Ils n’en demeurent pas moins de taille limitée (une seule, voire deux travées d’ouvertures en façade seulement) : priorité est donnée aux dépendances. Celles-ci comprennent presque toujours une grange et une étable, signe de l’importance de l’élevage jusqu’au milieu du XXe siècle. Sept granges dont la façade est placée sur le mur pignon ont été dénombrées. Ce sont là les granges les plus grandes, capables d’accueillir des récoltes ou du matériel important dans le volume central qu’encadrent des étables. Quatre exemples de granges doubles, construites parallèlement l’une à l’autre, ont été relevés.

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