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Maisons, fermes : l'habitat à Maillé

Dossier IA85002445 réalisé en 2020

Fiche

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En dehors des éléments remarquables du patrimoine, l'inventaire a permis de relever 226 maisons et fermes ou anciennes fermes situées dans la zone d'un kilomètre à partir de la Sèvre Niortaise, dans le bourg ou, à titre d'exemples, dans le reste de la commune. Ont été prises en compte les constructions antérieures aux années 1960, à l'exception de celles pour lesquelles de récents remaniements rendent l'état d'origine illisible. Parmi ces 226 maisons et fermes ou anciennes fermes, 121 ont fait l'objet d'un dossier documentaire en raison de leur intérêt patrimonial ou de leur représentativité, et 105 d'un simple repérage à des fins statistiques.

Aires d'étudesVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Maillé

Parmi les 226 maisons et fermes ou anciennes fermes relevées à Maillé, quelques-unes présentent des éléments qui peuvent remonter au Moyen-Âge ou au 16e siècle. Il peut s'agir de simples remplois provenant probablement de l'abbaye de Maillezais (gargouille au 12 Grand rue, pierre sculptée 3 place du Port). On relève toutefois au 32 Grand rue, une cheminée qui pourrait remonter au 16e siècle. Elle s'ajoute aux 20 habitations présentant des éléments des 17e ou 18e siècles, soit environ 10 % des maisons et anciennes fermes relevées à Maillé, une proportion assez élevées par rapport à d'autres communes voisines inventoriées. Ces habitations sont souvent repérables à leur petite taille et surtout à la forme de tout ou partie de leurs ouvertures (encadrement chanfreiné, linteau en arc segmentaire ou délardé). Parmi les cabanes ou fermes de marais desséchés créées lors du dessèchement des marais au milieu du 17e siècle, seule la cabane de la Masserie, à Saint-Roman, bien que déplacée pierre par pierre en 1905, présente encore des linteaux remployés dont l'un porte la date 1739. Il s'agit là de la seule date portée apparemment observée à Maillé.

Après la première moitié du 19e siècle qui continue à voir se construire des habitations de taille réduite (42 relevées, soit 18,5 % du total), l'essor économique et démographique de la commune, comme de toute la région, dans les années 1850-1880 se traduit par un mouvement de constructions ou de reconstructions très dynamique. 172 habitations (soit plus des trois quarts) semblent ainsi avoir été édifiées dans la seconde moitié du 19e siècle, dont 104 pour les seules années 1850-1870. Durant cette période, on se dote de logements plus grands et plus confortables, à la place des petites bâtisses d'Ancien Régime qui apparaissent encore sur le plan cadastral de 1835. De nouvelles fermes voient aussi le jour le long de la Sèvre Niortaise ou dans les écarts comme Bazoin et la Croix des Mary, développés à la faveur des aménagements du fleuve et des marais mouillés. 7 maisons de maîtres sortent aussi de terre principalement dans les années 1880-1890, illustrant dans la pierre la réussite de leurs propriétaires, des notables de la commune et de la paroisse. Tel est le cas par exemple des trois demeures qui se succèdent aux 1 rue de la Poste, 7 rue de la Poste (actuel EHPAD) et 1 rue Saint-Pient, propriétés des familles Gousseau, Babin et Pierceau.

Le phénomène s'essouffle cependant dès le début du 20e siècle, parallèlement au déclin démographique de la commune alors engagé. On ne relève plus que 28 habitations construites ou reconstruites à la toute fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, et plus aucune à partir des années 1920-1930. On se contente ensuite parfois d'une extension, avec modernisation de formes et des matériaux (par exemple au 38 rue du Four), ou d'une reprise du décor de la façade et de ses ouvertures, comme au 6 rue du Four.

Période(s)Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Un habitat regroupé sur les anciennes terres hautes, des hameaux dans les marais

Comme toutes les communes du Marais poitevin, l'habitat à Maillé se caractérise d'abord par sa concentration presque exclusive sur les terres hautes, ancienne presqu'île du golfe des Pictons. C'est ici, en bordure de marais cependant, que s'est développé le bourg, qui concentre 62 % des habitations relevées, et le hameau de la Grande Bernegoue. Même lorsqu'elles se sont aventurées dans les marais, qu'ils soient mouillés ou desséchés, les habitations sont souvent restées regroupées : seulement 11 maisons et fermes isolées ont été comptabilisées. Dans ces marais, elles constituent majoritairement des petits hameaux comme Saint-Roman, Bazoin ou la Croix des Mary. Parmi les habitations isolées, une seule hutte est encore observée, près de l'aqueduc (maison qui abritait des huttiers chargés de la surveillance de la digue sur laquelle elle est construite) ; les ruines de la cabane de Bois-Dieu ont aussi été étudiées. Dans les marais mouillés, les fermes sont construites sur une petite surélévation de terrain qui permet de résister plus longtemps à la montée des eaux en hiver. Parfois, on a adossé les bâtiments au chemin de halage, lui-même surélevé.

La concentration majoritaire de l'habitat sur les terres hautes se traduit par une grande densité des constructions. 77 % des maisons sont ainsi attenantes (c'est-à-dire accolées les unes aux autres, avec tout au plus une petite cour ou un petit jardin). 45 % des habitations sont en alignement sur la voie, formant alors souvent des fronts bâtis le long de la rue, par exemple de part et d'autre de la Grand rue, dans le bourg. 20 % sont perpendiculaires à la voie, le logis étant alors au plus près de la rue et prolongé par des dépendances, ce qui permet d'optimiser l'espace. Dans la partie sud du bourg comme à la Grande Bernegoue, on retrouve l'organisation des habitations et des dépendances entre la rue principale et la voie d'eau qui s'écoule à proximité, l'une comme l'autre constituant jusqu'au milieu du 20e siècle les principaux axes de circulation. C'est d'ailleurs dans cette configuration, à la Grande Bernegoue notamment, rue d'Andremont et rue de Cibule, que l'on observe les fermes dont les bâtiments, perpendiculaires à la voie, descendent en arrière vers le cours d'eau, en l'occurrence la Vieille Autise.

Une taille des logements contrastée, un décor discret

Construites pour les trois quarts dans la seconde moitié du 19e siècle, les habitations relevées à Maillé sont des logements assez grands, traduisant la recherche de davantage de place et de confort à cette époque. Le nombre de travées (alignements verticaux) d'ouvertures sur les façades en est un indice : 43 % des façades présentent ainsi 3 ou 4 travées. De même, 54 % des habitations possèdent un étage ; une seule (10 place Joseph-Herbert) en présente deux. Les habitations qui présentent plus de 4 travées sont rares : on en observe à 5 ou 6 travées à Bazoin, là où les constructions se sont allongées parallèlement à la Sèvre Niortaise.

Toutefois, on relève aussi à Maillé une proportion encore très importante de petits logements, héritiers des habitations d'Ancien Régime : les façades qui présentent 2 voire une seule travée d'ouvertures restent ainsi majoritaires (46 %). C'est là encore un indice révélateur de la forte concentration de l'habitat et du manque de place en résultant, notamment dans le bourg. De même, 43 % des habitations sont en rez-de-chaussée, avec dans la quasi-totalité des cas un grenier au-dessus, le plus souvent habitable.

Quant au décor sur les façades, il est la plupart du temps très discret : il se limite très souvent aux appuis des fenêtres, saillants, parfois à une corniche sous la ligne du toit (17 % des cas). Un soin particulier est parfois apporté à la disposition des ouvertures, les travées, lorsqu'elles sont par trois, étant disposées symétriquement autour de la porte centrale (22 % des cas). La forme du toit apparaît parfois plus élaborée, surtout à partir de la seconde moitié du 19e siècle, avec non plus seulement deux pans de toit mais quatre, formant des croupes de toit (19 % des cas). Parfois, on reconnaît sur la façade le témoin de l'ancienne présence d'un magasin de commerce ou d'un atelier d'artisan. Il s'agit souvent d'une ouverture plus grande que les autres, avec un pas-de-porte ouvrant sur la rue. 28 bâtiments présentant encore ce type de témoignage ont ainsi été relevés, qu'il s'agissent de magasins (14), d'ateliers (8) ou de cafés (4). Ces établissements étaient cependant bien plus nombreux jusque dans les années 1960, mais ils n'ont bien souvent pas gardé la trace de leurs anciennes activités.

La seconde moitié du 19e siècle a vu aussi la construction des 7 demeures ou maisons de maîtres relevées dans la commune. A chaque fois, le décor s'étoffe un peu (encadrements des baies saillants, porte centrale, corniche en pierre de taille...) et le toit s'élève. A la fin du 19e siècle, sur ces mêmes demeures, de nouveaux matériaux apparaissent en couverture : celles situées aux 1 et 7 rue de la Poste et 1 rue Saint-Pient sont ainsi couvertes en tuile mécanique, procédé alors novateur par rapport à la traditionnelle tuile creuse. Une seule demeure, à la Pichonnière, est couverte en ardoise, signe de richesse encore plus distinctif.

Des fermes aux bâtiments regroupés

Si l'on observe en particulier les 114 fermes ou anciennes fermes relevées à Maillé, on retrouve certaines caractéristiques de l'habitat en général. La très grande majorité d'entre elles est ainsi concentrée sur les terres hautes, dans le bourg à 42 %, dans les hameaux (notamment la Grande Bernegoue) à 52 %. Le bourg affirme ainsi un caractère agricole certain, en plus de ses activités commerciales et artisanales. 7 fermes ou anciennes fermes sont totalement isolées. 4 cabanes de marais desséchés ont enfin été relevées (à Saint-Roman, au Bois-Dieu et à l'aqueduc).

Regroupées sur les terres hautes, les fermes ont leurs bâtiments (logis et dépendances) eux-mêmes concentrés sur leur parcelle. 72 % des fermes sont ainsi à bâtiments jointifs, accolés les uns aux autres (les autres étant séparés, répartis autour d'une ou plusieurs cours). Parmi ces 82 fermes à bâtiments jointifs, la majorité (44 %) voient leurs logis et dépendances disposés dans l'alignement les uns des autres. 16 fermes sont même du type bloc en longueur : le logis et les dépendances sont alors placés en prolongement et sous le même toit. On compte enfin 12 fermes de plan massé : les dépendances sont alors placées en arrière du logis, toujours sous le même toit.

Les dépendances de ces fermes sont représentatives de la polyculture pratiquée dans les petites et moyennes exploitations du Marais aux 19e et 20e siècles. Granges et étables sont toujours présentes, parfois accompagnées d'écuries, de hangars agricoles (ou "ballet") pour abriter le matériel (33 relevés), de toits à porcs ou à volailles, reconnaissables à leurs petites dimensions et ouvertures, ou encore de fournils et buanderies. On observe parfois sur les murs extérieurs des granges-étables, des anneaux d'attache aménagés dans l'épaisseur de l'élévation, en perçant un moellon et en en retirant un au-dessus et au-dessous : ces orifices servaient à attacher les animaux (voir par exemple au 46 rue des Loges). Enfin, 8 granges-étables dont la façade est placée sur le mur pignon ont été relevées. Ce sont généralement des dépendances liées à d'importantes exploitations vouées à l'élevage. Ces vastes bâtiments permettaient en effet d'abriter des troupeaux nombreux et les récoltes de foin pour les nourrir. On y pénètre par une grande porte centrale, pour les récoltes et le matériel, encadrée par deux plus petites, pour les animaux. A l'intérieur, ceux-ci étaient répartis sur les côtés, de part et d'autre d'une allée centrale.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée ; 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 303).

Liens web

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


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