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Maison seigneuriale dite Grande Maison, 18 rue de l'Église

Dossier IA72058789 réalisé en 2018

Fiche

Précision dénominationmaison seigneuriale
AppellationsGrande Maison
Destinationsgarage de réparation automobile
Parties constituantes non étudiéescour, dépendance
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Saint-Calais
AdresseCommune : Valennes
Adresse : 18 rue de l'
Église
Cadastre : 1829 C4 658 ; 2018 AB 187

Cette maison, parmi les plus anciennes du bourg, figure sur le cadastre napoléonien de 1829. Elle passe souvent pour avoir servi de presbytère de Valennes, mais aucun document n'a permis de confirmer cette tradition, vraisemblablement erronée : il s'agit en effet de l'ancienne maison seigneuriale de Valennes, fief mentionné par les textes à partir du XIIe siècle et vraisemblablement d'une certaine importance, à la frontière du Haut Maine et du Bas Vendômois. La famille de Valennes s'éteint au milieu du XIVe siècle, période à laquelle le fief passe aux Daillon du Lude, tandis que la Quentinière, qui en est probablement un démembrement, s'émancipe aux mains de la famille Quentin (puis de Saint-Quentin). La maison seigneuriale est vraisemblablement reconstruite à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, si l'on en juge par le volume, la toiture pentue, les baies chanfreinées, l'escalier à vis et la cheminée subsistant à l'étage.

Les seigneuries de Valennes et de la Quentinière sont de nouveau réunies par Honorat de Bueil, seigneur de Racan, dans les années 1650. L'histoire de la demeure, dite Grande Maison, se confond donc ensuite avec celle de la Quentinière, où se trouve le château des seigneurs. La gestion du fief de Valennes est confiée à des régisseurs qui logent dans l'ancienne maison seigneuriale. Ainsi, selon les registres paroissiaux et les "chroniques de Valennes" du curé Jean Arthuis (2e moitié du XIXe siècle), la demeure est occupée au début du XVIIe siècle par Jean Dupont, sieur de la Hélière et fermier général des terres et seigneuries de Valennes et Berfay. Celui-ci sera en conflit pendant plusieurs années avec le curé Séverin Advisard, refusant de lui verser les dîmes.

Selon un aveu de 1767, que l'on trouvait dans les archives de la Quentinière aujourd'hui disparues, le seigneur de la Quentinière reconnaissait tenir son fief de la seigneurie de Valennes et déclarait ainsi "la maison seigneuriale de Vallaines scituée au devant de l'église paroissiale dudit lieu, composée de plusieurs chambres basses et hautes, caves dessous ; un autre bâtiment étant au derrière servant de fournil et d'écurie avec un petit jardin entre ledit logis ; le tout se tenant l'un l'autre, joignant par le devant la rue basse, par derrière le ruisseau de Boutry, d'un costé à la grange dîmeresse du presbytère, la rue qui va aux Murs entre deux, et d'autre côté aux héritiers Baillard".

Quand arrive la Révolution, la seigneurie appartient à la famille de Courtarvel. La demeure est alors habitée par un certain Jacques Valet, probablement régisseur. Saisie comme bien national suite à l'émigration des Courtarvel, elle est vendue le 15 mai 1799 à Charles Valet dis Dabas, fabricant de toiles et peut-être fils du précédent, pour 60 000 livres. D'après l'estimation et l'acte de vente, la demeure comprend alors au rez-de-chaussée deux chambres à feu, une chambre froide, un cellier et une petite portion de cave, au premier quatre chambres à feu et grenier sur le tout, une petite cour avec puits à margelle en bois et jardin, une étable et une boulangerie. La maison est "construite pour la majeure partie à mur, le surplus en colombage" et est couverte pour partie de tuiles, pour partie de bardeaux.

S'il subsiste les encadrements en grès roussard primitifs, la plupart des ouvertures ont été remaniées dès le XIXe siècle (suppression des meneaux des fenêtres peut-être pour raisons fiscales, fermeture de la porte primitive et ouverture de nouvelles baies en arc segmentaire à chambranles en briques) puis à nouveau dans la 2e moitié du XXe siècle (nouveaux percements et cimentage du chambranle de certaines baies). La partie supérieure du gouttereau postérieur, en pan de bois, a été recouverte par un bardage en bois à la même époque. Quant au bâtiment de dépendance, bien que partiellement sis sur des fondations anciennes, il a été considérablement remanié, agrandi, voire reconstruit aux XIXe et XXe siècles. L'ensemble accueillait un garage automobile dans la 2e moitié du XXe siècle.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

La maison, face à l'église, est orientée au sud-est. L'imposant volume d'origine est conservé, avec sa toiture à forte pente caractéristique. Les pignons étaient probablement primitivement découverts. La façade principale a été remaniée, mais on devine aisément trois fenêtres chanfreinées à meneaux, deux à l'étage, une au rez-de-chaussée à gauche. L'encadrement de la porte, à droite, est nettement visible. Deux fenêtres à encadrements en briques et linteau en arc segmentaire ont été percées au rez-de-chaussée. Le mur-pignon côté rue des Sabotiers présente une baie chanfreinée pourvue d'une grille, une petite ouverture au niveau du comble, et une croix sculptée au sommet. La façade arrière comprend, au rez-de-chaussée, une porte et une fenêtre chanfreinée, ainsi que l'ancienne porte de la cave et des soupiraux aujourd'hui murés. L'étage, à cloison en pan de bois, a été recouvert d'un bardage.

L'intérieur a été transformé et rescindé, on distingue néanmoins au rez-de-chaussée et à l'étage quatre pièces principales, dont une, à l'étage, a conservé une cheminée très remaniée, mais dont un corbeau est en forme de pyramide inversée. Une partie des cloisons en pans de bois est conservée, notamment celles de la cage carrée dans laquelle se déploie un escalier à vis en bois dont la vis est facettée. La cave semi-enterrée est de petites dimensions et plafonnée. Les combles sont divisés par une cloison en pan de bois ; la charpente, très certainement initialement à chevrons formant ferme, a été considérablement transformée mais conserve sans doute quelques pièces d'origine (fermes principales et contreventement).

De l'autre côté de la cour se trouve un bâtiment de dépendance rectangulaire très remanié. On remarque à l'arrière une petite arche de pierre sur le Boutry, qui menait peut-être au jardin de la demeure.

Mursgrès moellon enduit
silex
calcaire
Toittuile plate
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis en charpente
État de conservationremanié
Techniquessculpture
Précision représentations

Croix ornant le sommet du pignon.

Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Q 186. 1799, 15 mai (26 floréal an VII) : acte de vente de la Grande Maison de Valennes comme bien national.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Q 187. 1799, 19 février (1er ventôse an VII) : procès-verbal d'estimation de la Grande Maison de Valennes.

  • Archives diocésaines du Maine ; boîte 1505. Papiers concernant la paroisse de Valennes.

Documents figurés
  • 1829 : plan cadastral napoléonien de Valennes. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\373).

Bibliographie
  • Le patrimoine des communes de la Sarthe. Paris : Flohic éditions, 2000. 2 vol.

    p. 1653
  • LEDRU, Ambroise. Châteaux de la Sarthe, la Quentinière. Le Mans, 1909.

    p. 5
  • PASTY DE LA HYLAIS, Emmanuel-Jacques. Le Bas-Vendômois historique et monumental (1878). Paris : le Livre d'histoire, 2015.

    p. 94
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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