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Maison, minoterie (disparue), 82, 84 et 90 rue Georges-Clemenceau, 24 rue des Rivaux

Dossier IA85002275 réalisé en 2019

Fiche

  • La maison vue depuis le nord.
    La maison vue depuis le nord.
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  • Parties constituantes

    • cour
    • jardin
    • mur de clôture
    • logement de contremaître
    • logement
    • logement patronal

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, mur de clôture, logement de contremaître, logement, logement patronal
Dénominationsminoterie
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 82, 84 et 90 rue, Georges-Clemenceau, 24 rue
des Rivaux
Cadastre : 1836 C 905, 910 ; 2019 AK 138, 455, 458

L'atelier de teillage du lin de Jean-Baptiste Rouger

Une petite maison, propriété d'André Bonneau, des cours et des jardins figurent à cet emplacement sur le plan cadastral de 1836. Entre 1845 et 1850, ses héritiers (Rose Bonnaud, Véronique Bonnaud épouse Néron et Charles Guérin époux Bonnaud) vendent les biens de leur père à Jean-Baptiste Rouger (1816-1874), marié à Geneviève Bourgoin. Il s'installe là avec ses parents, Baptiste Rouger et Marie Moreau, laquelle est fille de cabaniers de Vix.

En 1857, selon le cadastre, il fait construire là une maison, tout en installant un premier atelier de teillage du lin dans le bâtiment voisin (78 rue Georges Clemenceau). En 1861, il agrandit son affaire en faisant construire un nouvel atelier, plus grand, au sud-ouest de sa propriété. Il profite alors du développement de la production linière à Vix, encouragée par les autorités locales. Dès 1858 en effet, le comice agricole de Fontenay-le-Comte organise à VIx un premier concours de lins. 705 francs de prime sont décernés à seize cultivateurs des marais desséchés de la région, dont sept de Vix. Les résultats de ce concours, renouvelé les années suivantes, est publié dans l'Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, société savante à laquelle adhèrent plusieurs personnalités attachées aux marais de la région, par exemple M. BIré, membre du conseil d'arrondissement et propriétaire à Vix, ou encore le maire Théodore Guérin. Jean-Baptiste Rouger n'est sans doute pas non plus étranger au développement de ce concours.

En avril 1861, les dirigeants de la Société des marais desséchés de Vix-Maillezais visitent l'atelier de Rouger. Il est alors précisé que celui-ci est allé à Courtrai, en Belgique, pour s'instruire sur l'industrie du textile et en a rapporté une machine à teiller le lin. Cette machine à vapeur fonctionne depuis janvier, emploie dix ouvriers "et donne des résultats magnifiques", au point que la capacité de l'atelier n'est plus suffisante. Une aide financière est attribuée à Rouger qui projette de quadrupler son potentiel mécanique et de quintupler le nombre de ses ouvriers. Dans les semaines suivantes, après enquête publique et accord de la municipalité et du préfet, Rouger transfère son activité dans un nouveau bâtiment construit au sud du précédent, dans le jardin de la maison qu'il a construite en 1857. Une haute cheminée est élevée pour évacuer les fumées des machines à vapeur. La nouvelle configuration des lieux est montrée par un plan établi le 16 mai 1861 (voir ci-joint).

Cette expérience fait des émules et d'autres initiatives de production textile et linière industrielle se font jour. En 1867, M. Faillard, fabricant de chanvre dans l'Oise, propose une collaboration à la Société des marais de Vix-Maillezais, avec création d'une nouvelle usine à Vix pour produire du textile à partir du chanvre des agriculteurs vizerons. Le directeur de la Société s'empresse de lui envoyer des échantillons de lin et de chanvre des environs, l'encourageant à mettre en oeuvre son projet. Mais quelques mois plus tard, Faillard répond qu'il renonce à cause de la qualité, médiocre selon lui, de ces produits. Même la machine de Rouger ne lui convient pas, ses résultats laissant beaucoup à désirer. Les contacts entre Faillard, Rouger et la Société se poursuivent mais la guerre de 1870 met un coup d'arrêt à leurs projets.

L'affaire de Rouger périclite et l'atelier linier est transformé en minoterie. Jean-Baptiste Rouger meurt le 26 octobre 1874 et, le 19 novembre suivant, un inventaire après décès de ses biens est dressé. Dans un hangar prennent place trois machines à battre les trèfles, la luzerne et le blé, tandis que dans la cour se trouvent trois machines locomobiles à double cylindre de la force de six chevaux pour deux d'entre elles, de huit chevaux pour la troisième. Les dettes de Rouger s'élèvent à 39000 francs, dont 31000 dus à Charles-Félix Perreau, avocat à Fontenay-le-Comte. La Société des marais de Vix-Maillezais continuera jusqu'en 1899 à soutenir la culture du lin dans la région sous la forme d'une prime. Le concours linier perdurera jusqu'en 1906 et sera alors supprimé par le conseil municipal.

La minoterie Perreau puis Jourdain et Barrerie

Dans un premier temps, l'entreprise Rouger est rachetée par une société en commandite constituée par Théophile Simonneau et Henri Bontemps, notaire, puis elle est rachetée le 14 avril 1884 par Charles-Félix Perreau, pour le compte de son fils Paul (alors âgé de 21 ans), et sans doute en paiement de sa créance. La minoterie est toutefois encore tenue en 1886 (au recensement) par Théophile Simonneau. La maison est reconstruite en 1888, prenant alors son aspect actuel. Agrandie en 1894, la minoterie est reprise au lendemain de la Première Guerre mondiale par Fernand Jourdain (1889-1955).

Celui-ci est le fils de Joseph dit Pierre Jourdain et d'Emma Sarrazin. Son père est aubergiste et cultivateur maraîcher, et une partie de sa clientèle se trouve à Paris, sous les halles. En 1913, Fernand, qui a fait son service militaire dans un régiment de dragons, épouse Marguerite Beaumont, fille d'un des mandataires de son père à Paris. Ils vivent un temps dans la capitale où naît, en 1915, leur fille Jeanne. Pendant la guerre, Fernand atteint le grade de lieutenant. Cité, il reçoit la légion d'honneur en 1938. Entre temps, après avoir vendu l'affaire parisienne de son beau-père, il réinvestit cet argent en rachetant la minoterie Perreau, à Vix. Il s'y installe en 1921.

Au recensement de 1926, la minoterie Jourdain emploie Paul Mocquet, meunier, et Louis Philippe, mécanicien. En 1936, ce dernier, ainsi que Daniel Quillet, Edouard Salardenne, Edouard Lhomme et Georges Garreau sont meuniers employés à la minoterie Jourdain, Raoul Beaupuy y est chauffeur. La guerre 1939-1945 donne un coup d'arrêt aux activités de la minoterie, privée de ses marchés rochelais et charentais. Après 1945, Marcel Barrerie, gendre et successeur de Fernand Jourdain, reconstitue une clientèle dans le bassin de la Sèvre Niortaise, sans retrouver le niveau de production d'avant guerre. La minoterie cesse ses activités vers 1968. Ses bâtiments sont vendus à la municipalité et démolis en 1995 pour créer un parking (la haute cheminée a disparu dès 1938).

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1888, daté par source

La maison, imposante, rappelle l'importance de l'ancien établissement minotier dont elle abritait les patrons. Haute de deux étages, elle est placée en alignement sur la voie. La façade est couronnée par une corniche et soulignée par un solin en parement de faux moellons équarris hexagonaux. La façade présente en outre autre travées d'ouvertures, avec appuis saillants. La porte possède un encadrement mouluré et une corniche.

De l'ancienne minoterie qui s'élevait au sud-ouest, à l'emplacement de l'actuel parking derrière l'espace culturel Nina-Vasseur, il ne demeure qu'un petit logement, rue des Rivaux. En simple rez-de-chaussée, il prolongeait l'usine. Celle-ci comprenait principalement un grand corps de bâtiment à deux étages et étage de comble, avec quatre travées d'ouvertures en façade. Il était prolongé vers le sud-ouest par un autre corps de bâtiment en rez-de-chaussée avec grenier, puis par le logement en simple rez-de-chaussée. La haute cheminée en brique surplombait l'ensemble.

Faisait aussi partie de la minoterie un logement de contremaître, situé 88 rue Georges Clemenceau. Il s'agit d'une petite habitation en simple rez-de-chaussée, avec deux baies en façade, encadrements saillants, bandeau et solin.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile mécanique
Étages2 étages carrés
Couvrements
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
TypologiesMaison attenante, Maison de maître, 4
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/142. 1874, 19 novembre : inventaire après décès des biens de Jean-Baptiste Rouger.

  • Archives départementales de la Vendée, 62 J, archives de la Société des marais desséchés de Vix-Maillezais, liasse 75, dossier 3. 1867-1868 : correspondance entre M. Faillard et le directeur de la Société des marais de Vix-Maillezais.

    Archives départementales de la Vendée, La Roche-sur-Yon : 62 J, liasse 75, dossier 3
  • Archives départementales de la Vendée, 5 M 324. 1840-1939 : dossiers d'établissements classés, commune de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 1 R 637, classe 1909, matricule 602. Fiche de registre matricule militaire de Fernand Jourdain, Vix.

  • Informations et documentation fournis par M. Pierre Barrerie, Vix, juillet 2019.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

Bibliographie
  • Archives départementales de la Vendée, 62 J, archives de la Société des marais desséchés de Vix-Maillezais, liasse 89. 1861, 29-30 avril : rapport du directeur de la Société des marais de Vix-Maillezais.

  • SUIRE, Yannis. L'histoire de l'environnement dans le Marais poitevin, seconde moitié du XVIe siècle - début du XXe siècle. Thèse d'Ecole nationale des Chartes, 2002.

    p. 1052-1053
  • MARTINEAU, Roger. Villages de France aux Marais poitevins, volume 2. Vix : chez l'auteur, 1988, 208 p.

    p. 99
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis