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Maison dite Optatus, atelier de fabrication ; 30 avenue de la Gare

Dossier IA85002012 réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiéesjardin, clôture
Dénominationsmaison, atelier de fabrication
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : L'Île-d'Elle
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 30 avenue
de la Gare
Cadastre : 1834 D 784 ; 2017 AD 222

La maison aurait été en construite en 1912. Son appellation, "Optatus", est dérivée du prénom de son commanditaire et propriétaire, Optat Gautron (dont la belle-famille habitait dans la maison voisine, au 32 avenue de la Gare). Il aurait rapporté d'un voyage en Italie certains matériaux (pierre de Toscane, marbre) et certaines formes architecturales (loggia) pour s'en inspirer.

Fils de Joseph Gautron, bourrelier, et de Mélanie Reneau, qui construisent là une première maison en 1875, selon le cadastre, Optat Gautron est né à L'Île-d'Elle le 6 octobre 1877. D'abord bourrelier comme son père, il se marie en 1900 à L'Île-d'Elle avec Irma Pillenière, fille de ses voisins, puis va s'établir à Poitiers où naissent leurs filles, Marguerite en 1902 et Paulette en 1913. Doué pour le commerce et les affaires, il fournit l'armée en équipements textiles pour les soldats pendant la Première Guerre mondiale. En 1919, avec deux associés, il obtient de la municipalité de L'Île-d'Elle la concession d'un terrain communal près de sa maison et y fonde en 1922 une usine de fabrication de vaseline. Il devient conseiller municipal et aussi conseiller d'arrondissement, classé à droite (il soutient les activités de la paroisse et se fait le bienfaiteur de l'Eglise et des Orphelins apprentis d'Auteuil).

Après l'échec de l'usine de vaseline en 1926, il se lance dans la fabrication et/ou la vente d'autres produits : l'opturateur "Optatus", un procédé anti-crevaison pour pneus de vélos et de voitures, ou encore des graines pour ressorts d'amortisseurs. En 1932, il dépose un brevet d'invention, repris en 1939 au Luxembourg, pour la mise en point d'une "tablette pour inscriptions à effacement automatique". La fameuse "ardoise magique" est commercialisée sous la marque "Printator" par les établissements Guyonnet, siégeant à Neuilly. L'atelier de production est installé à L'Île-d'Elle, derrière la maison "Optatus" d'Optat Gautron dont la partie basse, à toit en terrasse, abrite le bureau d'Optat Gautron (il l'a construite pour sa fille Marguerite, épouse Guyonnet, l'autre partie de la maison, à un étage, étant dévolue à son autre fille, Paulette, épouse Roger). Après la mort d'Optat Gautron en 1939, les activités de l'atelier perdurent jusqu'en 1970, date à laquelle la famille Gautron cèdent les droits sur le procédé de fabrication de l'ardoise magique et vendent l'entreprise à la société parisienne SOMA.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle

La maison est située en retrait par rapport à la voie, derrière un jardin délimité par une clôture basse qu'interrompt une porte piétonne couverte. La maison comprend deux corps de bâtiments : l'un, à gauche, à trois niveaux, l'autre, à gauche, en simple rez-de-chaussée, sous un toit en terrasse. Au total, la maison présente en façade une travée d'ouvertures et trois baies au rez-de-chaussée.

La maison présente un abondant décor qui rappelle celui des villas de bord de mer, par l'alliance des formes, des matériaux et des couleurs. L'irrégularité de son plan et de son élévation la rapportent plutôt aux villas de type cottage. Le toit est orné d'une crête de faîtage et présente un débordement. Il est percé d'une lucarne tombante, elle-aussi avec un toit débordant souligné par une bordure de rive et surmonté d'un épi. Cette lucarne s'inscrit dans une travée d'ouvertures qui comprend, au premier étage, une baie jumelée, en arc segmentaire, avec colonnette centrale engagée, impostes et balcon en ferronnerie. Une autre baie jumelée, à linteau droit cette fois, termine la travée au rez-de-chaussée. Une porte avec marquise en verre et en métal la prolonge à gauche. Une troisième baie jumelée est percée sur la façade du corps de bâtiment sous terrasse. Le garde-corps de la fausse terrasse, ajouré, est constitué d'un assemblage d'éléments en terre cuite formant des octogonaux entrelacés.

Enfin, l'originalité de la maison réside dans son décor peint : motifs floraux (des capucines) sur le cartouche en métal, de forme ovale, qui porte l'appellation de la maison ; volutes en mosaïque blanche, jaune et bleue sur les impostes de la baie jumelée de l'étage ; carreaux de faïence en forme de fleurs sous l'appui de la lucarne ; frise de carreaux de faïence à motifs de capucines, verts, jaunes et rouges, de style Art nouveau, prolongeant les précédents, sous la ligne de toit.

Murscalcaire moellon enduit
métal
brique
Toittuile mécanique
Étages1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
terrasse
TypologiesMaison indépendante, Villa de type cottage, 1/3
Techniquescéramique
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 1222 à 1228, 3559. État de section et matrices des propriétés du cadastre de L'Ile-d'Ellle, 1835-1958.

  • Informations transmises par M. Jean-Guy Bluteau, de L'Île-d'Elle, actuel propriétaire de la maison Optatus.

  • Mémorial du Grand-duché de Luxembourg. Recueil officiel des brevets d'invention demandés pendant l'année 1938.

    p. 191
Bibliographie
  • BOURDU Daniel (dir.). Le canton de Chaillé-les-Marais, coll. Mémoire en Images, Alan Sutton, 2004, 128 p.

    p. 116
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