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Maison dite manoir, la Flémengère

Dossier IA53004396 réalisé en 2021

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, puits, dépendance
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonMayenne - Gorron
AdresseCommune : Saint-Loup-du-Gast
Lieu-dit : la Flémengère
Cadastre : 1835 A2 686 ; 2021 A 336

Il n'y a guère que l'abbé Angot pour nous renseigner sur l'histoire de cette demeure, qu'il est difficile, malgré ses caractéristiques architecturales, de qualifier de manoir au sens strict. En effet, le logis est aujourd'hui privé de son contexte, tout le reste du hameau ayant été détruit au cours du XXe siècle et le réseau viaire ayant été totalement transformé. De plus, l'étude du plan cadastral napoléonien de 1835 ne fait ressortir aucun trait propre à un manoir, pas de cour entourée de communs, pas de trace d'un pourpris, de fossés, de jardins ou autres aménagements susceptibles de confirmer le rang de la demeure. Il semble, au regard des documents conservés, qu'aucune seigneurie n'était attachée à la maison, qu'on peut plutôt qualifier par prudence de gentilhommière.

Le terme Flémengère, primitivement Flamengère, dérive du nom Le Flamenc, qui est celui d'une famille (d'origine flamande ?) citée dès le XIIIe siècle dans le cartulaire de Fontaine-Daniel. En 1211, Ranulf Le Flamenc fait donation du tiers de son héritage à l'abbaye, avec le consentement de ses quatre enfants. La donation est confirmée en 1213 par Juhel de Mayenne, qui abandonne à son tour les droits prélevés sur les biens cédés par ses vassaux aux moines. En 1220, Ranulf cède de nouvelles terres puis, en 1238, une de ses filles et son gendre Jean de Plainchamp, chevalier au diocèse de Dol, vendent à l'abbaye une rente annuelle assise sur le lieu de la Flamengère dans le Maine (Flamengeria). Aucun vestige ne peut toutefois plus être daté de cette période reculée. La période de construction de la maison actuelle reste incertaine : si le volume général semble assez caractéristique des constructions de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle, certaines ouvertures (notamment la porte principale) semblent tirer davantage vers la fin du XVIe siècle voire le début du XVIIe siècle.

Pour la période moderne, on relève des mentions des propriétaires de la Flémengère dans un petit fonds d'archives notariales de Chantrigné : Jean Épinay en 1605, puis la famille Vidis (parfois appelée Vidis-Flémengère) au XVIIIe siècle. A la même période, on retrouve François Vidis engagé dans un procès contre les Letoré, fondateurs de la chapelle Saint-Joseph en contrebas du bourg de Saint-Loup-du-Gast. En 1746, suite au décès de François Vidis et de son épouse, le mobilier de la maison de la Flémengère est mis en vente par le curateur de leurs enfants. Conservée par les actuels propriétaires, une fourchette signée Vidis est peut-être une rescapée de cette vente. Les archives des biens nationaux indiquent que la closerie de la "Flémangère" est saisie à la Révolution car propriété du prêtre déporté Vidis ; un bail est signé le 17 avril 1793 en faveur de Catherine Vidis, dite bonne sœur. A la levée du cadastre, la propriété a changé de mains et appartient à un certain Louis Pouteau, résidant à Mayenne.

Peu de remaniements du bâti sont à signaler. La fenêtre du rez-de-chaussée a été remodelée, tandis qu'un appentis a été ajouté et une porte percée sur la tour dans la 2e moitié du XXe siècle. Un logis annexe, situé sur la droite, a été détruit par un incendie en 1975. Laissée à l'abandon, la toiture percée ouverte aux intempéries, la maison est rachetée par ses actuels propriétaires et entièrement restaurée. Un gîte bénéficiant d'une vue imprenable sur la vallée de la Mayenne est construit à proximité.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle, limite 16e siècle 17e siècle , (?)
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

La demeure est implantée sur un coteau, mais la vue aujourd'hui dégagée sur la Mayenne et sa vallée n'est que le résultat de la disparition du reste du hameau. Elle est construite en moellons de schiste, les chaînages d'angles et les encadrements des ouvertures sont en granite. La façade principale, orientée au sud-ouest, présente deux travées irrégulières. Au rez-de-chaussée, la porte principale du logis est mise en valeur par un encadrement mouluré. Une porte basse cintrée chanfreinée est placée à gauche. L'étage est éclairé par deux fenêtres à feuillures, dont les grilles ont disparu et dont l'appui est sculpté en forme de corde. Une tour circulaire est adossée à la demeure.

La différence de niveau entre les deux pièces du rez-de-chaussée, séparées par une cloison en pan-de-bois hourdé de briques, reste inexpliquée. La pièce "noble", à droite, est plus élevée de quelques dizaines de centimètres et présente une imposante cheminée en granite, avec consoles à redents arrondis. La fonction initiale de la pièce de gauche, sans cheminée et percée de petites ouvertures, est inconnue. Une porte à large chanfrein donne depuis la pièce principale sur l'escalier à vis en bois, tournant autour d'un noyau circulaire. Il dessert deux pièces à l'étage (ancienne latrine sur le palier) puis le comble.

Mursschiste moellon
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrementscharpente en bois apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier intérieur : escalier en vis sans jour en charpente
État de conservationbon état, restauré
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Mayenne ; 114 J 5. Archives notariales de Chantrigné non classées, papiers concernant la famille Vidis-Flémengère, XVIIIe siècle.

  • Archives départementales de la Mayenne ; Q 905 à 907. Biens nationaux, sommiers des baux des biens aliénés (1792-1806).

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Saint-Loup-du-Gast, 1835. (Archives départementales de la Mayenne ; 3 P 2822).

Bibliographie
  • ANGOT, Alphonse (abbé). Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne. Laval : Goupil, 1902.

  • Le patrimoine des communes de la Mayenne. Paris : Éditions Flohic, 2002.

  • GROSSE-DUPERON, Albert, GOUVRION, Émile. Cartulaire de l’abbaye cistercienne de Fontaine-Daniel (Mayenne). Mayenne : Poirier-Béalu, 1896.

    p. 77, 87, 94, 125, 126, 160
(c) Conseil départemental de la Mayenne ; (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Barreau Pierrick
Barreau Pierrick

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois jusqu'en octobre 2020. Depuis novembre 2020, chercheur auprès du Conseil départemental de la Mayenne.


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