Dossier IA49009618 | Réalisé par
Maison des bénédictins de Turpenay 18, quai Alexandre-Dumas ; 27, rue Jehanne-d'Arc, Montsoreau
Auteur
Rousseau Bruno
Rousseau Bruno

Photographe auprès du Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine jusqu'en 2018.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Fontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur canton Sud
  • Commune Montsoreau
  • Adresse 18 quai Alexandre-Dumas , 27 rue Jehanne-d'Arc
  • Cadastre 1813 B1 119  ; 1936 B1 91  ; 2011 B 91
  • Dénominations
    maison

Cette maison, autrefois logis relevant de l'abbaye de Turpenay (37), fait partie des rares bâtiments anciens qui bordent la route de Loire. Très remaniée, elle conserve toutefois des vestiges médiévaux notables.

Cette maison était l'hôtel et maison noble de l'abbaye de Turpenay (diocèse de Tours). Plusieurs fois remaniée, elle présente des éléments qui semblent remonter au XIVe siècle. À la fin de l'Ancien Régime, affermée par ces bénédictins qui se réservaient l'usage des deux chambres hautes, elle était le siège d'une exploitation viticole dont les vignes, le Clos des Pères, étaient situées à environ 300m, sur le plateau qui surplombe le bourg.

Confisquée comme bien national, cette maison est vendue à M. Gasnault, au sein d'un lot qui, pour 20.000 francs, comprenait tous les biens qui dépendaient de l'abbaye de Turpenay à Montsoreau (dont le Clos des Pères, voir notice consacrée à ce site).

Peu documentée puisque l'essentiel de ses archives a disparu, l'abbaye de Turpenay (Saint-Benoît-la-Forêt, Indre-et-Loire) fut fondée en 1127 dans la forêt de Chinon par Foulques V, dit le Jeune, alors comte d'Anjou, de Touraine et du Maine. Elle connut un développement restreint, mais possédait quelques domaines dans l'actuel Maine-et-Loire, comme à Montsoreau et à Turquant.

Il se pourrait que cette maison succède, en cet endroit ou aux environs, à un autre bâtiment relevant des bénédictins de Turpenay, puisque la présence de ces moines à Montsoreau remonte au milieu du XIIe siècle. Vers 1140-1150, en effet, Guillaume III de Montsoreau, à la suite des libéralités de son suzerain, avait fait don aux bénédictins qui venaient de fonder Turpenay d'une « maison sise à Montsoreau, servant à la fois d'hôtellerie et de lieu de dépôt » (cf. O. de Chavigny, p. 425, voir bibliographie, ci-dessous, qui cite Dom Housseau, t. V, n°1633). En 1171, il leur confère également « le droit de construire, dans l'enceinte de son château de Montsoreau, des maisons qui seraient libres de tout droit et de toute redevance » (ibid., p. 426, qui cite Dom Housseau, t. V, n°1184 et 1185). Ces concessions furent confirmées en 1220 par Gautier de Montsoreau (ibid., qui cite Dom Housseau, t. VI, n°2500). Dès les XIIe et XIIIe siècles, Turpenay possède ainsi plusieurs bâtiments, maisons et dépendances, à Montsoreau. Les aveux de Jeanne Chabot, dame de Montsoreau, au roi René en 1480 confirment la présence de ces biens, que l'on peut alors, sans plus de détails, tous localiser dans la partie orientale du village.

C'est précisément dans ce secteur que se situe cette maison, dont l'essentiel du gros œuvre paraît en place au XIVe siècle, mais qui connaît des transformations dont au XVIe siècle le percement d'une baie dans le pignon est.

Pendant la Révolution française, la maison est saisie au titre des biens nationaux, comme relevant de ceux de première origine. La maison et le Clos des Pères sont acquis en enchères publiques, pour 20.000 livres, lors du 10e état des adjudications des biens nationaux immobiliers du district de Saumur, le 21 février 1791. L'adjudicateur est par Pierre Gasnault, marchand demeurant à Montsoreau, mais il agit au nom de Paul-Jean-François Lemercier de la Rivière, qui réside à Saint-Domingue et possède de nombreux autres biens immobiliers dans ce secteur du village.

Entre le XVIIIe et le début du XIXe siècle, le corps principal est rehaussé (sans que l'on ne sache si c'est avant ou après la Révolution). Par la suite, la maison connaît des aménagements intérieurs et des reprises de baies, puis en partie sud la démolition d'une aile et le remaniement de la façade sur cour vers 1887 (date retenue par l'administration fiscale) et des modifications plus ponctuelles au fil du XXe et au début du XXIe siècles (façades enduites, aménagements intérieurs).

Antérieure à la construction de la route de Loire, cette maison n'est pas à l'alignement sur l'actuel quai Alexandre Dumas. On y accédait donc, comme on peut toujours le faire, par la rue Jehanne-d'Arc, ancienne route de Montsoreau à Candes. Séparée de cette chaussée par une cour, la maison était ainsi élevée en fond de parcelle tournant le dos à la Loire, tout en disposant d'un accès aux berges.

Les remaniements successifs de la maison ne permettent pas une analyse suffisamment précise du bâti, mais il semblerait que le logis médiéval ait conservé son emprise au sol et une large partie de ses élévations. Un puissant mur de refend intérieur divise l'édifice dont l'épaisseur servait à abriter les conduits des quatre cheminées (toutes disparues ou totalement remaniées) qui équipaient chacune des pièces, deux en rez-de-chaussée et deux à l'étage-carré (disposition originelle encore perceptible, malgré les cloisonnements ultérieurs). Le traitement originel des façades ne se perçoit plus aujourd'hui qu'en pignon est, élevé en petit appareil de tuffeau. Une iconographie ancienne permet d'attester que le gouttereau nord, de nos jours enduit, était même nature, ce qui laisse à penser que la maison dut être bâtie uniformément de cette manière. Des reprises d'assises en partie haute se distinguent et témoignent d'un rehaussement de la maison qui ne devait pas compter de surcroît à l'origine.

Les remaniements survenus empêchent d'établir la manière dont se faisait la distribution verticale initiale, mais il est possible qu'elle se fit sur cour, peut-être par une tourelle qui flanquait la façade sud et dut être détruite lors des travaux qui affectèrent cette façade à la fin du XIXe siècle ; un escalier intérieur en charpente édifié contre le massif des cheminées assure aujourd'hui ce rôle.

Le pignon ouest porte l'élément le plus notable de cette maison : une étroite fenêtre à l'étage-carré, désormais obturée, à chanfrein et remplage trilobé, avec forte embrasure intérieure, qui date probablement du XIVe siècle. À l'intérieur, la salle est du rez-de-chaussée conserve une porte (murée) couverte d'un arc brisé, encadrée d'un chanfrein à congés qui pourrait remonter à la même époque. Petite et quadrangulaire, une autre baie est à noter qui, seule, ajoure le pignon est : son encadrement en quard-de-rond et le corps de moulure de son appui saillant permettent d'y voir un remaniement du XVIe siècle. Les autres baies sont toutes des remaniements tardifs.

L'actuel toit d'ardoise à longs pans et pignons couverts procède d'un surhaussement de la maison, vraisemblablement au XVIIIe ou au début du XIXe siècle, afin de doter le bâtiment d'un grand volume de stockage avec un haut surcroît et une charpente à fermes et à pannes, avec fermettes très haute. Ce grenier devait être très ventilé, car, malgré l'enduit, on entrevoit en façade nord les traces d'une série d'anciennes petites baies quadrangulaires, obturées, qui scandaient régulièrement le surcroît.

La façade sud, en moyen appareil de tuffeau, est dotée d'un décor de moulurations caractéristique de la fin du XIXe siècle où elle fut remaniée.

Dans sa configuration originelle où elle était desservie depuis le sud (par l'actuelle rue Jehanne-d'Arc), la maison était précédée d'une cour bordée de dépendances (écuries à la fin du XVIIIe siècle), aujourd'hui remaniées en logements secondaires (gîtes).

  • Murs
    • enduit
    • petit appareil
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, comble à surcroît
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents d'archives

  • Archives départementales de Maine-et-Loire. 189 H 8. Abbaye de Fontevraud : domaine de Montsoreau. Foi et hommage des moines de Turpenay au seigneur de Montsoreau (septembre 1717).

  • Archives départementales de Maine-et-Loire. 1 Q 210. Biens nationaux. Estimation des biens de 1ère et 2e origine ; district de Saumur ; biens de la 1ère origine ; procès-verbaux d'estimation : Montsoreau, f°34 (novembre 1790).

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 1 Q 491. Biens nationaux. District de Saumur, procès-verbaux de ventes des biens mobiliers de 1ère origine, 10e état : maison des bénédictins de Turpenay, à Montsoreau (21 février 1791), pages 269-328.

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 1 Q 717. Biens nationaux. District de Saumur, inventaire des biens mobiliers de 1ère origine : maison des bénédictins de Turpenay, à Montsoreau (1790-An II).

Bibliographie

  • CHAVIGNY, Octave de [Octave DESMÉ de CHAVIGNY]. Notice historique sur les anciens seigneurs de Montsoreau du Xe au XVIIe siècle. In Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1886-1887-1888, tome VII, Tours : 1888.

    p. 413-453 et p. 586-620

Annexes

  • Archives départementales de Maine-et-Loire ; 189 H 8 et 1 Q 210.
Date d'enquête 2010 ; Dernière mise à jour en 2010
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
(c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine
Articulation des dossiers