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Maison de retraite (EHPAD) Saint-Joseph

Dossier IA85002151 réalisé en 2019

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, jardin
Dénominationsmaison de retraite
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 1 rue
de la Fontaine
Cadastre : 1836 C 688, 689 et 690 ; 2019 AK 11, 12, 379

La Vieille cure de Vix

La maison de retraite a succédé à divers bâtiments qui figurent sur le plan cadastral de 1836, connus encore au début du XIXe siècle sous le nom de "Vieille cure". Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle en effet, c'est là que se trouve le presbytère (mentionné dès le XVe siècle), avant la construction, à l'est, d'une "Nouvelle cure" en 1753 (voir l'histoire de l'ancien presbytère, démoli en 1996). Le plan cadastral de 1836 montre les lieux : une habitation perpendiculaire à la rue, sur le côté ouest d'une cour (comme aujourd'hui) (parcelle 689), et des dépendances en arrière de la cour, disposées selon un axe est-ouest (parcelle 690). Au nord s'étend un jardin, descendant jusqu'à la route d'eau et au port de la Cure. A l'ouest, dans l'angle formé par la rue Pousse-Fenouil et la rue de la Fontaine, se trouvait une autre maison qui appartenait en 1836 à Pierre Jarrion époux Lorit.

La cure de Vix est saisie comme bien national à la Révolution. Elle est acquise le 20 juin 1796 par Guillaume Hervé, ancien curé réfractaire de Vix, qui la revend dès le 13 novembre suivant à André Piet-Roquépine (1743-1811), lié par son épouse à la famille Denfer, notables de Vix sous l'Ancien Régime. L'acte désigne la "maison et presbytère de Vix", consistant en deux corps de bâtiments sous la dénomination de Vieille et Nouvelle cure. Piet-Roquépine en fait alors sa demeure. Il y meurt le 16 janvier 1811. Un inventaire après décès de ses biens mobiliers est établi du 11 au 19 février suivant. L'opération désigne la "Nouvelle cure" (soit l'ancien presbytère, à l'est) et la "Vieille cure", à la place de la partie ancienne de la maison de retraite actuelle. Cette "Vieille cure" comprend "un appartement où logent les deux serviteurs, à l'extrémité de la cour au couchant", avec une chambre, un cellier, un grenier, une boulangerie et un autre appartement "appelé le magasin".

La propriété Alligné

Après la mort de Piet-Roquépine, la propriété est divisée en deux. Le 18 mai 1812, la commune entreprend de racheter la "Nouvelle cure" pour y rétablir le curé. La "Vieille cure", à l'ouest, avec le jardin qui lui correspond au nord, est séparée du presbytère et vendue le 20 septembre 1812 à Pierre Alligné (1776-1836), fermier à la cabane du Grand Sablon, époux d'Anne Moreau. L'acte de vente parle de "la maison connue sous le nom de Vieille cure de Vix", soit deux chambres à feu, un cellier, un chai, un grenier sur le tout, une buanderie, deux toits à cochons, un hangar, une écurie et un toit à volaille. Un mur devra être construit pour couper la cour en deux "de manière que les bâtiments de la Vieille cure n'auront plus aucun droit de passage sur la Nouvelle cure". En 1829, PIerre Alligné achète à la commune un droit de passage de 26 mètres de long sur 3 de large qui, depuis l'ouest, donnait accès au presbytère en passant devant la "Vieille Cure".

Pierre Alligné installe là une auberge. Après sa mort en 1836, elle passe à son gendre, Jean Guinaudeau, fermier à Montnommé. Le bâtiment est démoli en 1888. Une nouvelle maison est alors construite pour le compte de René Guérin (1845-1913) époux de Marie Alligné (1853-1931) (cousine des Alligné-Guinaudeau). Celle-ci, veuve, vend la propriété le 15 avril 1925 (devant Puiroux, notaire à Vix) à Augustin Renoux et son épouse, Marie-Rose Clavurier. Ceux-ci la lègue le 20 mars 1936 (devant Guérin, notaire au Poiré-sur-Velluire) à leur fille, Hélène Renoux, épouse de Roger Arnaud, demeurant à La Rochelle ; ses parents en gardent toutefois l'usufruit jusqu'à leur décès en 1955 et 1961.

La création de la maison de retraite Saint-Joseph

A la fin de l'année 1960, l'abbé Joseph Godet est nommé curé de Vix. Constant le nombre croissant de personnes pauvres et âgées dans la commune, il prend l'initiative de créer une maison de retraite, avec l'aide des religieuses de l'Union chrétienne déjà présentes à Vix (7 place Charles-De-Gaulle) depuis 1936. Le décès de Marie-Rose Clavurier veuve Renoux, en 1961, rend disponible sa maison, située entre l'église et le presbytère. Elle est acquise auprès de sa fille, veuve Arnaud, le 16 février 1962 grâce à des dons et à une souscription. Le 27 est constituée l'association de bienfaisance Maison Saint-Joseph (en hommage à l'abbé Godet), dont le conseil d'administration tient sa première séance le 11 mars. Il est présidé par Jean Prouzeau, avec Jeanne Philippe, veuve Pannetier, et Henri Sureau comme vice-présidents, Pascal Clavurier secrétaire, l'abbé Godet trésorier, sœur Saint Vincent, religieuse de l'Union chrétienne, trésorière adjointe (sœur Gemma lui succédera en 1965), Paul Bouhier, Maurice Plaire et Raymond Meunier, membres du conseil d'administration. Les statuts de l'association de bienfaisance sont déposés le 17 mars et publiés au journal officiel le 30. Une fois la maison Alligné-Renoux aménagée, la nouvelle maison de retraite, d'une capacité de 11 places, ouvre ses portes aux premiers pensionnaires le 15 novembre. Elle est bénite par Mgr Cazeaux, évêque de Luçon, le 19 mai 1963.

Les demandes d'inscription affluant, il est décidé en décembre 1964 d'agrandir une première fois l'établissement en prolongeant le bâtiment d'une aile en arrière de la cour, vers l'est (comme autrefois les dépendances de la "Vieille cure"). Les plans, établis par le cabinet Ramé, de La Roche-sur-Yon, sont approuvés le 8 février 1967. Le projet prévoit un long bâtiment de 24 chambres, avec cuisine, ainsi que le réaménagement du rez-de-chaussée du premier bâtiment. Les travaux sont adjugés le 10 janvier 1968 à Octave Venant, entrepreneur à L'Hermenault, pour le gros-œuvre. Ils sont en cours en 1969. L'ensemble des opérations s'achève en février 1970. La maison de retraite comprend désormais deux corps de bâtiments perpendiculaires, avec hall d'entrée, 12 chambres au rez-de-chaussée, 24 à l'étage, 4 salles d'eau, une salle de réunion, une salle de réception, une lingerie, une chaufferie, une cuisine et son annexe, et une cave. La bénédiction de l'établissement par Mgr Paty, évêque de Luçon, a lieu le 5 juillet 1970. Quelques mois plus tard, l'abbé Godet quitte la paroisse de Vix, son œuvre accomplie. Il laisse la maison de retraite dans les mains de son conseil d'administration et des religieuses de l'Union chrétienne.

Plusieurs extensions jusqu'à nos jours

Plusieurs extensions sont réalisées au cours des années et décennies suivantes. Dès 1969, on a acquis de Mme veuve Arnaud, née Renoux, fille de l'ancienne propriétaire des lieux, la bâtisse qui jouxtait la maison de retraite à l'ouest, dans l'angle formé par la rue de la Fontaine et la rue Poussefenouil. Cette aile ouest est aménagée en 1974. Une nouvelle aile nord-est est édifiée dans le prolongement de celle de 1970, avec salles de réunion et 3 chambres au rez-de-chaussée, 6 à l'étage. Les travaux, conçus par le cabinet Albert, de La Roche-sur-Yon, sont adjugés le 22 novembre 1979, et la nouvelle aile est bénite le 14 octobre 1981 par le curé Hubert You, en présence de la supérieure générale de l'Union chrétienne.

En 1983, les religieuses renoncent à la direction de l'établissement, trop complexe. Un directeur est alors recruté et un logement de fonction est construit en 1984 à l'est, dans une partie du jardin du presbytère. En 1987, la maison de retraite compte 54 chambres et 60 pensionnaires. Envisagée dès 1988 et 1993, mais repoussée en raison de difficultés techniques et financières, une nouvelle extension (avec création d'un cantou) est décidée en 1995, suivant le projet du cabinet Cornet. Les projets de vente du presbytère par le diocèse facilitent l'opération. Cette vente est effective à l'automne 1996. Au même moment, les religieuses de l'Union chrétienne quittent Vix et la maison de retraite. La première pierre de la nouvelle extension est posée le 28 février 1997, et les nouveaux locaux sont investis un an plus tard. Pas convention avec la DDASS et le Conseil général, la maison de retraite devient EHPAD le 1er janvier 2003. D'autres extensions suivront, jusqu'à la création de résidences autonomes en 2019.

Période(s)Principale : limite 19e siècle 20e siècle, 4e quart 20e siècle

La partie la plus ancienne de la maison de retraite est la maison qui ouvre sur la rue de la Fontaine. Il s'agit d'une habitation à un étage, couverte d'un toit à croupes. La façade, au sud, est marquée par une corniche, un bandeau et un solin. La façade présente trois travées d'ouvertures, réparties symétriquement autour de la porte centrale, avec encadrements saillants et linteaux en arc segmentaire.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
Statut de la propriétépropriété d'une association

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 38/378. 1796, 13 novembre (23 brumaire an 5) : vente du presbytère de Vix par Guillaume Hervé à André Piet-Roquépine.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/73. 1811, 11 au 19 février : inventaire après décès des biens d'André Piet-Roquépine.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/74. 1812, 18 mai : vente de la "Nouvelle cure" de Vix par les héritiers Piet-Roquépine à la municipalité de Vix ; 1812, 20 septembre 1812 : vente de la "Vieille cure" de Vix par les mêmes à Pierre Alligné.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 1 Q 191. 1796, 19 juin (1er messidor an 4) : procès-verbal d'estimation comme bien national de la cure de Vix.

  • Archives de l'EPHAD Saint-Joseph de Vix. 1962-1996 : registre des délibérations du conseil d'administration.

  • Archives municipales, Vix. 1 N 2 à 10. 1803-1990 : actes notariés concernant des biens communaux à Vix.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

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