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Maison de notable L'Hermitage, 56 rue de l'Hermitage, Fontevraud-l'Abbaye

Dossier IA49010693 réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale.
    Vue générale.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • pressoir
    • remise
    • jardin

Cette maison est caractéristique d'une architecture de qualité de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle, nettement influencée par les chantiers de l'abbaye réalisés sous Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, abbesse dont le probable commanditaire de cette maison était l'aumônier. Le souci d'un traitement différentiel des façades est à noter : pour un observateur venu du village, le site offre ainsi un écrin à la chapelle Notre-Dame-de-Pitié et, sous cet angle de vue, la maison donne à voir ses plus belles travées et multiplie les effets de plastique muraux (enduit, bossages, appareil). Cette mise en scène par la mise en oeuvre architecturale continue de faire de cette demeure l'une des plus élégantes du village. Enfin, cette maison est également remarquable en ce qu'elle conserve, malgré quelques remaniements, d'importants éléments originels, tant en ce qui concerne le logis que ses dépendances.

Genrede prêtre
Appellationsmaison L'Hermitage, puis Le Parquet
Parties constituantes non étudiéespressoir, remise, jardin
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Fontevraud-l'Abbaye
Lieu-dit : le Parquet
Adresse : 56 rue de l'
Hermitage
Cadastre : 1813 E 956 à 958 ; 1965 F2 309 ; 2009 F 1013, 1014

La maison, attestée en 1705 et dite "nouvellement bâtie" en 1709, doit avoir été construite entre la fin du XVIIe et le tout début du XVIIIe siècle, très vraisemblablement pour Joseph Michel Le Cirier (prêtre aumônier de l'abbesse de Fontevraud). Implantée en lieu-dit alors nommé le Clos-Claireau, elle comptait à l'origine des bâtiments d'exploitation viticole et un clos de vigne attenant. Elle connut quelques remaniements depuis le XVIIIe siècle (percement d'une baie en façade postérieure, obturation de deux autres en façade occidentale ; construction de deux petits flanquements en appentis ; suppression ou modernisation de cheminées). Les dépendances agricoles ont été davantage modifiées : l'appentis en fond de jardin est partiellement ruiné après avoir été amplifié au XIXe siècle ; le bâtiment à l'ouest a été nettement repris dans son élévation, à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle.

Période(s)Principale : limite 17e siècle 18e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu attribution par source
Personnalité : Le Cirier Joseph Michel commanditaire attribution par source

Cette maison est située à immédiate proximité de la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, aux confins sud-est du village, sur la route menant à Couziers.

Elle est de plan rectangulaire régulier. La façade principale et la façade latérale occidentale se distinguent par des éléments d'ornementation : ici, les encadrements des baies et les chaînes, à bossage en tables, sont harpés. Ces façades sont en effet les plus visibles quand l'on approche de la propriété depuis la chapelle Notre-Dame de Pitié ou lorsque l'on accédait à la maison par l'ancien portail. De même, l'étage-carré, entre bandeau de niveau et corniche, est mis en valeur par un moyen appareil de tuffeau alors que le rez-de-chaussée est en moellons enduits.

La façade postérieure, exposée au sud et non visible depuis la rue, est bâtie en moellons (à l'exception des conduites de cheminées appareillées en tuffeau), sans corniche ni bandeau ; elle n'était, en outre, percée à l'origine que d'une simple petite baie à mi-hauteur de l'élévation, donnant le jour à la volée de l'escalier (une autre baie a, par la suite, été percée au bas de cette façade, côté ouest, certainement lors de l'obturation de celles du rez-de-chaussée de la façade latérale occidentale).

La façade principale compte trois travées et offre un ordonnancement légèrement décentré. Les pièces de la travée est (cuisine au rez-de chaussée, chambre à l'étage-carré) sont ainsi plus petites que celles de la travée ouest (salle de réception au rez-de-chaussée, grande chambre à l'étage-carré). La travée centrale accueille l'escalier tournant sans jour, en charpente avec balustres tournés, qui semble d'origine. Cet escalier et les paliers qu'il dessert assurent la distribution individuelles de toutes les pièces de la maison.

Trois lucarnes éclairent le comble à surcroît, en façade principale : la lucarne centrale (restaurée au XIXe siècle ?) est plus ample, avec ailerons à volutes et fronton-pignon triangulaire ; elle est encadrée de lucarnes constituées chacune d'un œil-de-bœuf à corniche cintrée. Le toit est à longs pans brisés et à croupes, couvert d'ardoises. Cette disposition, qui paraît d'origine, est le plus ancien exemple attesté de toit brisé et à croupes dans une maison de particulier à Fontevraud-l'Abbaye. Le probable commanditaire, aumônier de l'abbesse, s'inspire clairement des modèles qu'il a vu édifier : le prolongement du dortoir et le noviciat de l'abbaye (construits en 1684), le Gros-pavillon de Madame de Montespan (achevé en 1689) et le palais abbatial (construit à la fin du XVIIe siècle).

On passait du logis au principal bâtiment d'exploitation par un long et étroit appentis mansardé en fond de parcelle, qui fut élargi et dont la toiture fut reprise en long pan au XIXe siècle ; il est aujourd'hui en grande partie ruiné.

Le bâtiment d'exploitation, consacré initialement à un usage viticole est déclaré comme écurie en 1824. Ses parties hautes et ses façades nord et est furent largement transformées, mais il conserve des éléments d'origine plus ou moins remaniés (pressoir, enchère, four). Le puits, lui aussi partiellement repris, est toujours visible, adossé à l'ancien mur de clôture. Les piles d'un portail et des pans de mur de cette clôture ancienne sont également conservés en partie, même si un portail plus récent a été élevé après agrandissement du jardin.

Mursbossage
enduit
moyen appareil
moellon
Toitardoise
Plansplan rectangulaire régulier
Étages1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans brisés
appentis
croupe brisée
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours sans jour en charpente
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 178. Notaires. Bail à rente de Joseph Boissonneau et autres à Charles Lardré et sa femme (24 décembre 1709). Deux documents :

    Document 1. Pouvoir de Joseph Michel Boissonneau (4 novembre 1709), avec mention de la maison dans un testament du 20 août 1705 (pièce jointe au bail).

    J'ay sousigné Joseph Michel Boissonneau prêtre curé de Cursay héritier par représentation de deffunte Françoise Cirier ma mère en la ligne paternelle de deffunt Me Joseph Michel Le Cirier prêtre aumônier de Madame l'Abbesse de Fontevrault [...donne pouvoir, conjointement avec les autres héritiers, de requérir la levée des scellés sur les meubles et effets...] de la succession dudit deffunt sieur Le Cirier [...] après toutes fois que les charges du testament olografe dudit deffunt sieur Le Cirier en datte du vingtième aoust mil sept cent cinq auront été aquittées ensemble ses dettes passives si aucunes y a ; et au regard des immeubles, qui consistent seulement en une maison et appartenances appellée Lhermitage près la chapelle Notre-Dame de Pitié la vendre, arrenter ou affermer, aussy conjointement avec lesdits héritiers ou séparément, la part qui my peut appartenir, reçevoir ce qui me pourra revenir [...] fait à Cursay ce quatrième novembre mil sept cent neuf.

    Document 2. Extraits du bail à rente de la maison et de ses dépendances (24 décembre 1709).

    Le vingt quatriesme jour de décembre mil sept cent neuf, avant midy, par devant nous René Serin, notaire royal soubz la cour de Saumur soubzsigné résidant à Fontevraul furent présents establis et soumis Me Henry Pintasse, officier de Madame l'Abbesse de Fontevraud, au nom et comme procureur et agent chargé de Me Joseph Boissonneau, presbtre et curé de Cursay, et y demeurant, et de Jean et Anne Cirier, enfants majeurs du deffunt Augustin Cirier, demeurant à Saint-Aignan [...] et Catherine Boissonneau, veuve Jacques Lemoine, vivant Me chirurgien demeurant audit Fontevraud, d'une part ; et Charles Hardré, marchand selpestrier, et Gabrielle Gilloire sa femme de luy bien et deument othorizée pour l'effet des présentes, demeurant audit Fontevraud, d'autre part. Entre lesquelles partyes a esté fait ce qui ensuit, c'est asseavoir que ledit sieur Pintasse audit nom, et ladite veuve Lemoine sollidairement [...] ont baillé et arranté et par ces présentes baillent et arantent [...] audit Lardré et sa femme [...] sçavoir en la moitié par indivis dans une maison nouvellement bastye apartenances et despendances d'icelle consistant dans un corps de logis couvert d'ardoise, composé de basse et haute chambre, escalier, grenier, combles dessus, cour, jardin, apenty couvert en mensarde, cave, pressoir de pierre et ustancilles d'iceluy telles qu'ils sont sur les lieux y compris les portoires, enchère et cuve, four, puy à eau, et une petite basse chambre à cheminée attenent le pressoir, clos de vigne le tout se tenent ensemble et renfermé en partye de muraille et le reste des terres de fossez et hayes vives contenant le tout trente boissellées ou environ situé au lieu appellé le Clos Claireau proche la chappelle de Nostre Dame de Pitié en cette paroisse joignant d'orient et septentrion au chemin tenu de ce lieu à Cousiers, de midy au bois du sieur Ballue et d'occident à la terre de Claude Liver [...].

    Vocabulaire :

    - portoire : en Anjou, baquet évasé de forme souvent ovale dans lequel on déverse les seaux et paniers de vendanges pour les porter à la cuve, d'une contenance de près de 150 litres.

    - enchère : en Anjou et Charente, citerne en maçonnerie, souvent enterrée, recevant le vin qui s'écoule du pressoir.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 178. Notaires. Bail à rente de Joseph Boissonneau et autres à Charles Hardré et sa femme (24 décembre 1709).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 38 / 7. Notaires. Bail à rente de Jean Maison-Dieu et autres à Charles Hardré et sa femme (10 mars 1712).

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 146 / 1. Cadastre. Etat des sections (1824) : parcelles E 956 à E 958.

    AD Maine-et-Loire. 23 S. Route nationale n°147. Divers documents, dont en 23 S 2 : plan-minute de l'Atlas Trudaine du grand chemin de Montsoreau à Loudun avec ses environs (1747).

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