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Maison, 50 et 51 quai Albert-Chassagne

Dossier IA44004540 réalisé en 2004

Fiche

Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonPaimbœuf (commune)
AdresseCommune : Paimbœuf
Adresse : 50, 51 quai
Albert-Chassagne
Cadastre : 1810 254 ; 267, 268; 1999 A 3ème feuille 537, 540, 1231

Réserve foncière au sud du port des Quatre Amarres, les terrains compris entre l'actuelle rue du docteur Colomb et les premières maisons représentées à gauche (à l'est) sur le plan de la rade établi en 1730 par Jacques-André Portail sont vides de toute construction ; y figure seulement en rouge une contrainte d'alignement. Propriété du duc de Villeroy jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, le terrain ici considéré contenant plus d'un hectare, alors planté en blé, est arrenté, le 24 novembre 1747, à François Lafite, commissaire au bureau des classes de la marine. Deux ans plus tard, la maison est représentée en élévation sur le plan figuré de Paimbœuf ; il est précisé, en légende, qu'elle a été construite par M. Lafite la même année que la maison voisine, à l'est, élevée en 1749. Un litige autour d'un contrat passé entre François Lafite, dit commissaire au bureau des classes de la marine et un marchand de briques en 1748 (livraison de 74 000 briques doubles), pourrait concerner la construction. Les minutes du plan figuré et le document définitif produit en 1749 ne s'accordent pas sur la représentation de la façade de la maison du côté de la Loire. Si l'organisation générale est la même, deux corps de bâtiment semblables de part et d'autre d'un corps central surélevé, le document définitif ne représente pas d'étage carré mais un étage de comble ce que tendrait à confirmer le dessin par Ozanne en 1776. A la mort du commanditaire, la maison est divisée en deux lots (l'origine de la situation actuelle) entre les deux héritières : Charlotte Françoise Lafite, veuve de Jean Giraud armateur et capitaine de navires et Yvonne Anne Lafite, la future épouse de Jean Pierre Louvel, sous commissaire de la marine. Au moment du partage en 1774, le premier lot comprenait le corps central contenant l'escalier et le corps situé à l'ouest (n°51) ; le second, le corps oriental, l'aile opposée en retour sur le jardin et le reste du terrain comprenant le vivier (n° 50). Il était précisé pour le second lot que les chambres hautes étaient en grenier ce qui confirme l'absence d'un étage carré à l'est. Si le corps central est resté homogène (malgré le remplacement de l'escalier), les baies de part et d'autre trahissent diverses interventions. La façade du corps situé à l'ouest (n° 51) a été reprise à la fin du XVIIIe siècle (surélévation et modification des ouvertures) parallèlement à des interventions à l'intérieur de la maison (cheminée Louis XVI, lambris, escalier secondaire en charpente). L'absence de symétrie entre les deux corps de part et d'autre du corps central a été atténuée dans la seconde moitié du XIXe siècle après qu'un incendie eut détruit l'étage de comble de la partie amont (n° 50), ce dernier ayant été remplacé par un étage carré, mais de moindre hauteur que celui existant à l'ouest. De cette campagne de travaux date l'aménagement intérieur de la partie adressée au n° 50. La présence de la famille Lafite originaire du Pays basque est tôt repérée. En 1710, Alexandre Lafite arrente un vaste terrain de près d'un hectare limité au nord et à l'ouest par la chapelle du Haut-Paimbœuf et le chemin qui, depuis la Loire se dirige vers Nantes. En 1718, le registre de la capitation signale un de Lafite, comme l'un des deux noms les plus imposés de Paimbœuf. Il s'agit vraisemblablement d'Alexandre Lafite (épouse Marie Bodin), père de Julie Lafite (époux Claude Lory), rentière de la métairie du Petit-Paimbœuf et de François Lafite, commissaire au bureau des classes de la marine (épouse Graton). En 1722, il arrente un deuxième terrain de près d'un hectare à l'ouest et au nord du chemin qui se dirige vers Nantes. Seule ou associée aux familles Lory, Bodin ou Graton, la famille arrentera un nombre important de terrains à bâtir sur la commune. Le terrain arrenté quai Chassagne au duc de Villeroy en 1747 a été sous-arrenté à l'est à Jean Milsent charpentier constructeur de navires en deux lots distincts, en août 1748 pour le terrain à bâtir et en avril 1751 pour le jardin situé au sud. Le terrain situé à l'angle de la rue des Jardins et de la rue Beausoleil a été récemment distrait de l'ensemble, divisé en trois lots à bâtir.

Période(s)Principale : milieu 18e siècle
Dates1749, daté par source

La maison, élevée sur un soubassement de granite, est construite en moellons enduit avec modénature en pierre de taille de tuffeau. Il s'agissait à l'origine d'un corps de bâtiment double en profondeur d'un étage carré accessible depuis l'escalier contenu dans l'avant-corps central. Divisé, remanié, il est actuellement distribué par trois escaliers en charpente. L'un tournant à retours avec jour a remplacé au XIXe siècle l'escalier central, les deux autres articulent les corps secondaires au corps principal ; l'escalier situé à l'ouest construit au début du XIXe siècle est directement accessible depuis la rue Beausoleil. De la division datent les deux portails, l'un sur le quai, le second sur la rue Beausoleil (actuellement muré) à l'origine en impasse et privée ; ils permettaient l'accès au jardin dont la partie ouest longeant la rue Beausoleil était bordée contre le mur de clôture d'une allée couverte en tuile. A gauche du premier portail sur le quai, se trouve une petite maison aujourd'hui murée du côté de la rue servant au XVIIIe siècle de boutique. Les sols étaient à l'origine carrelés, les carreaux posés sur des planches de bois d'environ trente centimètres de large et cinq à sept centimètres d'épaisseur couvert d'un enduit à la chaux. Ces planches portent les traces de nombreux percements signes d'une utilisation antérieure ; les navires voués au déchirage en étaient souvent pourvoyeurs.

Mursgneiss
granite
moellon enduit
tuffeau pierre de taille
Toitardoise
Plansplan régulier
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
escalier dans-œuvre : escalier tournant en charpente
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Rolle rentier de Mesdemoiselles Grou pour les rentes qui leur sont dues sur les maisons de Paimboeuf mentionnant, dans la marge, l'origine de propriété. Arrentement de sept boisselées et demi de terre (10940,37 m2) plantée en blé à François Lafitte par le duc de Villeroy le 24 octrobre 1747. [1772].

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 1 E 757
  • Etude de Me Marot. Marché passé entre François Lafitte et Julien Baconnais, marchand de briques et tuiles pour la livraison de 74 000 briques doubles. 12 décembre 1748.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 4 E 51/17
  • Etude de Me Dorfeuille Cabal. Attournance consenties par les sieurs Milsant et demoiselle Lafitte aux demoiselles Grou avec rappel de la date d'arrentement de l'ensemble du terrain le 24 novembre 1747 par François Lafitte et la cession d'une partie de ce dernier le 29 août 1748 et le 7 avril 1751 aux sieurs Milsant. 8 juillet 1769.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 4 E 51/21
  • Etude de Me Aubinais. Succession et partage des biens de François Lafitte, commissaire au bureau des classes de la marine, à Paimboeuf, entre ses deux filles, Charlotte Françoise Lafitte et Yvonne Anne Lafitte. 23 Juillet 1774.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 4 E 91/11
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Lelièvre Françoise
Françoise Lelièvre

Chercheur, Service Patrimoine, Région Pays de la Loire.


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