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Maison, 17 rue du Port, île au Than, Montsoreau

Dossier IA49010736 inclus dans Montsoreau : présentation de la commune réalisé en 2010

Fiche

Cet ensemble de maisons, aujourd'hui réunies en une seule propriété, témoigne de ce que furent les regroupements d'habitations et de familles sous forme de très petits écarts tels qu'ils se constituèrent sur l'Île au Than.

Très éloignées de ce que l'on peut voir en rive gauche dans le reste du finage de Montsoreau, ces structures se rattachent nettement au peuplement et aux modes d'exploitation que l'on connaît alentour en rive droite de la Loire, dans le Val d'Authion, et associent, autour de cours, des demeures et des bâtiments agricoles orientés vers la une agriculture diversifiée et vers l'élevage.

Parties constituantes non étudiéesremise, four, pressoir, grange
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Lieu-dit : l' Île au Than
Adresse : 17 rue du
Port
Cadastre : 1813 A 317, 319, 324 ; 2011 A 287

Cette propriété réunit des édifices qui, au début du XIXe siècle, faisaient partie d'un petit groupe de bâtiments situés au nord de la rue du Port, face à un petit chemin public descendant à la Loire. Ces maisons relevaient toutes de propriétaires différents. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et durant les premières décennies du XXe siècle, ce petit écart connut quelques constructions nouvelles, mais surtout d'importantes destructions. À l'exception d'une maison voisine, nettement remaniée, cette propriété réunit désormais la plupart des bâtiments anciens du lieu.

Le bâtiment qui constitue un corps de passage a été édifié au cours du XIXe siècle, pour servir d'abri à bateau ou peut-être de remise.

Située juste après ce passage, la première maison à l'est peut être datée par ses caractéristiques stylistiques, de la fin du XVIIIe siècle ou du tout début du XIXe siècle.

La rangée de maisons qui clôt la cour correspond à plusieurs habitations et à des dépendances. La plus ancienne maison, au centre de la rangée, fut sans doute construite au XVIIIe siècle (2e moitié ?), pour être agrandie, vraisemblablement peu de temps après, au moyen d'une extension à l'est. Les sources cadastrales sont muettes sur les dates de construction des extensions ouest du bâtiment, composées d'une part d'une habitation, que l'on peut estimer avoir été édifiée vers 1820-1840, puis de dépendances agricoles élevées plus tardivement au cours du XIXe siècle.

Dans la seconde moitié du XXe siècle intervinrent quelques remaniements : des baies de la rangée de fond de parcelle furent reprises et, au centre de la rangée, la plus vieille maison fut dotée d'une lucarne, à l'imitation de celle de l'extension du XIXe siècle, pour rendre habitable le comble à surcroît.

Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Tous les bâtiments de cet ensemble sont élevés en tuffeau et couverts d'ardoises. L'implantation première de cet ensemble correspond à une crête naturelle de l'ancienne Île aux Mignons, qu'occupe la rangée de maisons du fond de cour. Ce petit « montil » permet, en effet, d'échapper à certaines des plus importantes crues de Loire. La maison ouest de cette rangée, extension plus tardive sur un sol un peu plus bas, a été surhaussée d'une assise pour se mettre à niveau du bâti mitoyen. De même, la maison située peu après le corps de passage, à l'est, a été édifiée sur un petit tertre qui semble artificiel.

La maison la plus ancienne, au centre de la rangée, est élevée en moellons de tuffeau. Les baies de la façade ont été reprises, mais la maison, qui n'était constituée initialement que d'une pièce en rez-de-chaussée, possédait dès l'origine une porte et une fenêtre. Le grenier, dont l'ancien accès a disparu, ne disposait initialement pas de lucarne et devait servir au stockage (grenier, fenil ?). La maison abrite une large cheminée, que l'on peut dater du milieu ou de la seconde moitié du XVIIIe siècle, date probable de construction de l'édifice. Là encore érigée en moellons, l'extension orientale, qui consiste en une pièce en rez-de-chaussée dépourvue de cheminée, est sans doute de peu postérieure et s'insère dans la continuité de ce premier bâtiment. Les encadrements de la porte et de la fenêtre ont été repris au XXe siècle. L'accès au comble se fait par une porte haute pendante, en façade principale, à laquelle l'on accède par un escalier extérieur en maçonnerie ; la porte est couverte d'un appentis en retour d'équerre prolongeant le pignon. Une porte ménagée dans le pignon mitoyen permet la communication entre les combles. Cette maison et son extension disposent en façade postérieure d'un flanquement, couvert d'un appentis prolongeant la toiture, à usage de dépendances agricoles (stockage ou abri d'un petit bétail).

L'extension ouest est constituée d'un module semblable à la première maison, soit une pièce à cheminée en rez-de-chaussée, mais dont le comble à surcroît était habitable et doté d'une lucarne à fronton-pignon. Le traitement de cette extension diffère nettement de la maison qu'elle prolonge : le gros œuvre est en moyen appareil de tuffeau et la façade, ordonnancée, présente un décor néoclassique caractéristique de la première moitié du XIXe siècle, avec pilastre toscan soutenant une frise nue et une corniche. C'est sans doute lors de cet agrandissement que cette même corniche a été prolongée pour couronner l'ensemble de la rangée, dans le but d'unifier ce bâti. Plus à l'ouest encore, des dépendances agricoles (grange, four, vestiges d'un pressoir, etc.) jouxtent cet ajout du XIXe siècle et le prolongent en façade postérieure.

Au-devant de la rangée, la maison isolée est édifiée en moyen appareil de tuffeau et couverte d'un toit à longs pans et pignons découverts. Elle est constituée d'une pièce basse à cheminée, avec porte et fenêtre et d'une pièce haute, éclairée d'une lucarne à fronton-pignon avec ailerons à volutes. L'accès à ce comble se fait en façade postérieure par un escalier en maçonnerie sur voûte menant à une porte haute pendante, couverte d'un appentis en retour d'équerre prolongeant le pignon. En façade principale, le nu du mur est en léger retrait par rapport à un ressaut qui l'encadre, évocation épurée des pilastres et frise classiques ; une corniche règne sur l'ensemble. Ce traitement est courant dans les dernières décennies du XVIIIe siècle et au tout début du XIXe siècle.

Cet ensemble aggloméré, constitué originellement des demeures et dépendances de plusieurs foyers, est doté d'un accès commun à la Loire, chemin public qui demeure en place, perpendiculaire au fleuve et au droit du groupe de bâtiments.

Mursmoyen appareil
moellon
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
Escaliersescalier hors-œuvre : escalier droit en maçonnerie
escalier intérieur : escalier droit en charpente
Statut de la propriétépropriété privée
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