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Les châteaux et manoirs de l'aire d'étude : La Forêt de Bercé

Dossier IA72001499 réalisé en 2012

Fiche

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Aires d'étudesForêt de Bercé
Dénominationschâteau, manoir

CHÂTEAUX. Les premiers aveux ou dénombrements retrouvés remontent au XIVe siècle (la Moinerie et la Pilletière à Jupilles, Beaumont-Pied-de-Bœuf : mention d´hébergements). Il est difficile dans l´état actuel de la recherche de pouvoir identifier d´éventuels édifices d´origine médiévale. Les cinq châteaux recensés ont été construits ou reconstruits en très grande partie à partir de la seconde moitié du XVe siècle, modifiés et agrandis (étage à la Couetterie, nouvelle aile aux Etangs-l´Archevêque, avant-corps central à la Pilletière) jusqu´au XIXe siècle - qui est également celui de la destruction. MANOIRS. Le lieu seigneurial de la Cour est mentionné dès le XIIIe siècle comme siège d´une seigneurie rurale. Nous n´avons retrouvé aucune autre mention médiévale pour les autres manoirs. A l´exception du manoir des Roches, qui a pu être édifié dès le XIVe siècle (cf. cheminée de l´étage) et conserve de cette époque la partie ouest du logis, les manoirs du territoire ont été construits ou reconstruits à partir de la seconde moitié du XVe siècle. L´ampleur de la (re) construction de la fin du XVe et du XVIe siècle est notable. Cependant, dans deux cas au moins, les chantiers n´ont pas été aboutis pour des raisons inconnues, apparemment dans la seconde moitié du XVIe ou au début du XVIIe siècle : pierres en attente et tour d´escalier postérieure au logis à la Cour ; pavillon de Chanteloup non achevé. Par ailleurs, subsistent sur le territoire quelques maisons à la volumétrie importante, bâties ou non sur un fief, que l´on peut dater au plus tôt de la fin du XVe siècle. Ces maisons, que l'on a qualifiée de maître, pour lesquelles aucune archive antérieure au XVIIIe siècle n´a été encore retrouvée ont été converties en fermes à une époque indéterminée entre le XVIe siècle (peut-être à la suite de remembrements de fiefs) et le XIXe siècle.

Période(s)Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle

Les châteaux

L'emprise de la forêt royale a laissé peu de place à la constitution de vastes domaines aristocratiques. Parmi les 5 châteaux recensés, 3 subsistent en tout ou partie significative : la Couetterie à Beaumont-Pied-de-Bœuf, la Pilletière à Jupilles, les Étangs-l'Archevêque à Saint-Vincent-du-Lorouër. Les deux autres ont été détruits au XIXe et ne sont qu'à l'état de vestiges : chapelle à la Moinerie à Jupilles et tour ronde à Beaumont-Pied-de-Bœuf. Quatre de ces châteaux ont été édifiés en plat pays : au bas du bourg (Beaumont-Pied-de-Bœuf) ou en plaine (la Couetterie, les Étangs-l'Archevêque, la Moinerie). Seul le château de la Pilletière domine réellement la vallée et une voie qui fut stratégique. Le site de chaque château a été aménagé voire réaménagé de manière tout à fait symbolique et ostentatoire selon les époques. Il était pourvu d'éléments défensifs pour la plupart disparus, comme les douves (Beaumont-Pied-de-Bœuf, La Couetterie), le mur d'enceinte (la Moinerie, la Pilletière), les tours (Beaumont-Pied-de-Bœuf) et quelques éléments bâtis bastionnés (la Pilletière). Les domaines ont probablement subi des réaménagements paysagers sous l'Ancien Régime (allées et contre-allées, jardins d'agrément) et jusqu'au XIXe siècle (création de parcs paysagers), ce qui reste difficile à appréhender. Les châteaux sont de vastes compositions dont les plans initiaux ont évolué au cours des siècles (les Etangs l'Archevêque, la Couetterie). Deux chapelles domestiques ont été édifiées, hors du château, sous l'Ancien Régime : l'une dédiée à sainte Catherine à la Moinerie, l'autre à saint Nicolas (1698, disparue) à la Couetterie. Les fuies, prérogatives du seigneur, ont disparu mais sont mentionnées dans les documents d'archives.

Les manoirs

Le manoir est une demeure à la tête d'un domaine agricole appartenant à un propriétaire de fief, noble ou non, ne possédant pas les droits seigneuriaux permettant d'élever un château muni de défenses importantes. Le manoir comprend des parties agricoles importantes liées au logis. Par extension, le terme de manoir est utilisé pour définir l'ensemble du domaine (définition Inventaire Général). Cinq des six manoirs recensés se concentrent à Saint-Pierre-du-Lorouër : aux Roches, aux Clos, à la Cour, à Follet, à Chanteloup (sur lequel les informations sont insuffisantes). Le manoir de la Faverie est situé à Beaumont-Pied-de-Bœuf. S'il n'est pas possible d'élaborer une synthèse à partir d'un corpus si faible, on relève quelques similitudes et singularités. Le manoir de la Cour, qui fut probablement un haut lieu de justice seigneuriale, est édifié en plat pays à proximité de l'église et du bourg de Saint-Pierre-du-Lorouër. Les Roches et Chanteloup sont proches de la forêt de Bercé, tandis que Follet est implanté à mi-coteau, dominant une voie de circulation. La Faverie est en plaine. L'aménagement de l'espace est formellement organisé. Le site est ainsi pourvu d'éléments défensifs comme les douves autour d'une plate-forme fossoyée (la Faverie, La Cour), les ponts (la Faverie), le mur d'enceinte (la Faverie), le bâti bastionné (pavillon de la Faverie), les bouches à feu (la Cour, La Faverie). Après réaménagement, le bâti peut être annoncé par une composition à portes piétonnière et charretière (Follet). Une grande cour, voire une avant-cour ou basse-cour ou cour des communs, organisait les déplacements. Le logis est bâti en fond de cour d'honneur, tandis que les communs et les dépendances agricoles (grange et étables), incluant un logement pour le métayer, sont relégués sur un côté accessible par une seconde entrée. La typologie du bâti originel diffère tout à fait et devra être étudiée sur un territoire plus étendu : logis-porche à Follet, corps de logis en rez-de-chaussée à la Faverie, rez-de-chaussée et étage sous charpente peut-être aux Roches, rez-de-chaussée et étage carré à la Cour et aux Clos. De même, la tourelle d'escalier, quand elle existe, répond à des partis différents. Aux Clos, la galerie d´étage singularise le manoir. Une chapelle intérieure a été relevée aux Clos. La Cour et la Faverie, au moins, disposaient d'une fuie. Toujours en milieu rural, quelques maisons qui n'étaient apparemment pas à l'origine des maisons de ferme ont attiré notre attention. Il s'agit de maisons en terre fieffée, le plus souvent, mais pour la plupart déclassées en fermes à une époque indéterminée sous l'Ancien Régime, peut-être à la suite de remembrements de fiefs : au Petit Poirier à Pruillé-l'Eguillé, à Vaulumiers, à la Piarderie et à Vaux-Thierry à Thoiré-sur-Dinan, à la Mauvière et à la Chevalerie à Saint-Vincent du Lorouër, à la Roche à Jupilles, à la Basse-Cour de Follet à Saint-Pierre-du-Lorouër. Ces maisons jouxtent pour la plupart une ferme. Elles présentent un volume plus important que celui d'une maison rurale. Elles disposent le plus souvent soit d'un étage à cheminée (sans que l'emplacement originel de l'escalier puisse être identifié), soit d'un comble également doté d'une cheminée, soit seulement d'un rez-de-chaussée mais surélevé. Elles comptent une ou deux pièces à feu par niveau. Quelques indices supplémentaires ont conforté l'hypothèse d'un ancien logis de petit seigneur ou de notable : mention d´une muraille (disparue), écu buché sur la cheminée, poutres moulurées.

Décompte des œuvres repérées 11
étudiées 11

Références documentaires

Bibliographie
  • CHAUDUN, Nicolas, DURAND, Jean-Louis, GALARD, Gilles de. Répertoire des manoirs de la Sarthe (XVe-XVIe s.). Paris : éd. Nicolas Chaudun, 2013.

  • GRANDIERE, Roger. Les manoirs ruraux et leurs seigneurs à la fin du XVe siècle (1450-1530), l'exemple du Haut-Maine, mémoire de maîtrise soutenu en 1987 à l'Université du Maine, sous la dir. de Robert Philippe, tapuscrit, Conseil Général de la Sarthe, 1991.

  • HAUDRY, Nelly. La noblesse autour du Grand-Lucé Du début du XVIIIe s. à la veille de la Révolution, Mémoire de Maîtrise : Histoire, ss dir. L. Bourquin, J.-M. Constant et F. Pitou, Université du Maine : Le Mans : 2001.

  • NAUDE DES MOUTIS, Jean-Pierre. Vieux logis de la Sarthe. Paris : éd. des anciennes demeures françaises, 1973.

Périodiques
  • SALCH, Charles-Laurent. Donjons et manoirs du XIIe au XVe siècle en Maine oriental (Sarthe). Châteaux-forts d'Europe, n° 37-38, 2006.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Syndicat de Pays de la Vallée du Loir - Aquilon Stéphanie
Stéphanie Aquilon

Chargée de mission Inventaire du Patrimoine - Syndicat Mixte du Pays Vallée du Loir.


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