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Launay, demeure puis ferme, actuellement maison.

Dossier IA72001679 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesgrange, étable, logement, remise, porcherie, fournil
Dénominationsferme, demeure
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes Maine 301 - Bonnétable
AdresseCommune : Saint-Georges-du-Rosay
Lieu-dit : Launay
Cadastre : 1835 A 718-733 ; 2014 A 481-495
Précisions

Le fonds actuel de Launay réunit l'ancien fonds du même nom et celui de la ferme de La Bouilleterie.

Du 3e quart du XVe siècle, au plus tôt, jusqu'au dernier quart du XVIe siècle, la terre, fief et seigneurie de Launay appartenait à la famille Verdier, originaire de La Ferté-Bernard. Claude Verdier était sieur de Laulnay en 1586.

Au milieu du XVIIe siècle, le lieu, métairie, fief et seigneurie de Launay, propriété de la famille Danguy relevant de la seigneurie de Rosay, était composé d'un logis flanqué d'un côté d'une galerie menant à une boulangerie et de l'autre d'étables, d'une grange-étable, d'un toit à porcs, d'une grande aistrage avec puits, de deux jardins, l'un jouxtant la cour et l'autre derrière le logis, de trois vergers, d'un étang et d'un bois de haute futaie. Jardins et vergers étaient clos de haies épineuses. Le logis, la galerie et la boulangerie étaient en murs et couverts de tuiles, les deux dernières étaient voûtés. Les autres bâtiments étaient en charpente et couverts de bardeaux. Le logis était composé de deux corps de bâtiments s'exploitant par une mesme entrée, distribués au sous-sol en caves voûtées, au rez-de-chaussée en deux chambres à cheminée séparées par l'escalier, l'une pour le maître ouvrant sur la galerie, l'autre pour le fermier, et à l'étage en deux chambres à cheminées avec boiseries dessus.

En 1768, Louis Durand, négociant de Bonnétable, acquit le lieu de Launay déjà diminuée d'une partie des bois et de quelques terres, et y aurait mené des travaux vers 1770. Le même bailla en 1780 une chambre basse à feu faisant partie de la maison de maître, grenier et cave de la dite maison dont le surplus demeure réservé, avec le jardin et la pépinière derrière, le tout dénommé métairie des Aulnaies.

En 1835, le fonds de Launay, était composé d'une douzaine de parcelles circonscrites par un réseau de chemin, dont au sud l'ancienne route de Bonnétable à La Ferté-Bernard. La cour, desservie par une allée, était bordée par la mare et cinq bâtiments dont le logis, placé entre la cour et un jardin clos de douves. Plusieurs jardins entourent la cour, dont un jardin neuf et un récemment abandonné. En 1842, une nouvelle maison fut construite dans la cour pour Théodore Durand, maire de Bonnétable, puis désaffectée en 1876.

Le lieu et bordage de La Bouilleterie était composé en 1616 d'un logis et d'une grange-étable sous même faîte dans une cour jouxtant celle de Launay, d'un jardin, de deux closeaux et d'une mare, le tout relevant censivement de la seigneurie de Launay. Le logis était distribué en maison manable en laquelle y a demy pignon de muraille four et cheminée et en bouge de chambre. Réuni au fonds de Launay après cette date, le lieu et métairie de La Boutterie en fut distrait vers 1667 puis y fut réuni une dernière fois vers 1849 pour Pierre Gallois, propriétaire à Bonnétable. Le lieu, enkysté à l'est de la cour de Launay, comprenait alors un bâtiment divisé en maison et bâtiment rural, une cour et deux jardins.

Synthèse

La demeure est inscrite dans une ellipse bocagère limitée par des chemins et de fossés, remontant au plus tôt au Moyen-Age. Les croix de chemin dites Croix de Launay élevées à proximité de l’ellipse auraient porté la date 1200.

Le logis, le fournil et sans doute le jardin clos de douves ont été construits dans le 4e quart du XVIe siècle (date portée 1580 sur la voûte du fournil) probablement pour la famille Verdier, appartenant à la bourgeoisie fertoise.

Des élévations extérieures du logis, formé alors de deux corps de bâtiment sans doute suffisamment dissemblables pour que le fait ait été noté au milieu du XVIIe siècle, ne subsistent qu'un piédroit de porte d'entrée dans l'axe de la première volée de l'escalier et la trace d'une baie (?) près de la fenêtre du rez-de-chaussée de la travée droite. Des aménagements intérieurs subsistent les deux caves voûtées, accessibles chacune par un escalier droit sous les deux murs-pignons, l'escalier rampe-sur-rampe montant jusqu'au comble et, de part et d'autre de l'escalier, les deux pièces du rez-de-chaussée, ornées chacune d'une corniche de plafond portée sur des modillons. La pièce de droite était l'ancien logement de fermier et celle de gauche, avec cheminée à consoles à volutes, l'ancienne salle de maître avec accès à la galerie voûtée, détruite après 1835, qui menait au fournil. Ce dernier, peut-être amputé d'un étage (départ d'escalier droit bouché), et fortifié (meurtrières battant l'ancienne douve et le jardin), est remarquable par son couvrement (voûte en berceau plein cintre ornée d'une armoirie) et par ses baies intérieure couvertes en plein cintre. Qualifiée de boulangerie dès le milieu du XVIIe siècle, sa fonction d'origine n'est pas connue.

Dans la 2e moitié du XVIIIe siècle (vers 1770 ?), le logis fut remanié pour Louis Durand, négociant à Bonnétable. Les deux corps furent réunis en un seul, couvert d'un toit à croupes et percé de baies disposées en travées (3 sur la cour et 4 sur le jardin, avec deux fausses baies à l'emplacement de l'escalier). A l'intérieur, la cheminée du logement de fermier fut remplacée par l'actuelle, à piédroits galbés, et l'étage entièrement redistribué : création d'un couloir longitudinal desservant deux chambres, munies chacune d'une garde-robe et d'une cheminée à manteau chantourné et trumeau garni d'une glace d'un tableau (tableau subsistant étudié).

Le corps de bâtiment en pan-de-bois chemisé en maçonnerie flanquant la droite du logis abritait peut-être les étables mentionnées au milieu du XVIIe siècle et remaniées par la suite. Le corps gauche a remplacé au XXe siècle un corps de bâtiment construit après 1835 à l'emplacement de la galerie. Les deux petites fenêtres de part et d'autre de la porte d'entrée du corps principal et la lucarne de droite datent du 1er quart du XXIe siècle.

La grange est formée de deux bâtiments en pans-de-bois, augmentés vers la cour, chemisés en maçonnerie et réunis par un même toit avant 1835 pour créer une vaste grange desservie par le porche, seul exemple de ce type repéré dans le canton.

La remise et le logement ont été construits vers 1842 pour Théodore Durand, maire de Bonnétable, en prolongement des étables aujourd'hui disparues. La charpente à la Philibert Delorme qui couvre le bâtiment est peut-être plus ancienne et semble avoir été remontée : les numéros des fermes ne se suivent pas.

La porcherie peut dater de la seconde moitié du XIXe siècle ou de la limite des XIXe et XXe siècles.

L'ancien logis de la ferme de La Bouilleterie, en ruines, a été construit avant 1835 en deux campagnes successives et partiellement repris après cette date (chambranles des baies en pierre de taille de la partie droite).

Les autres parties agricoles sont été détruites dans le 1er quart du XXIe siècle.

Période(s)Principale : 4e quart 16e siècle , porte la date
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : Temps modernes
Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle , (?)
Dates1580, porte la date

Composition d'ensemble

Le fonds d'une douzaine de parcelles est inscrit dans un parcellaire ovale délimité par la R.D. 59, des chemins ruraux et au moins un talus avec fossé au sud.

Depuis le sud, l'allée donne sur la cour bordée sur trois côtés des bâtiments du logis, du fournil, de la grange, des vestiges des étables, de la remise-logement et de la mare, et suivie d'un jardins clos de douves asséchées. Au nord-est, une cour désaffectée rassemble les vestige du logement de fermier et les porcheries. Les autres parcelles sont en bois, en herbe ou en labours.

Structure et matériaux

Le logis est composé d'un corps principal sur sous-sol à un étage carré et un étage de comble, flanqué de deux corps en rez-de-chaussée, les autres bâtiments sont en rez-de-chaussée. Le fournil est composé d'un corps principal et d'un corps secondaire au droit du premier, abritant la masse du four. La grange réunit sous un même faîte deux corps de bâtiments et est accessible depuis la cour par un porche, auquel est accotée une partie agricole en appentis.

Les bâtiments sont principalement en moellons avec chaînes d'angles en pierre de taille (en grès et calcaire pour le logis, en grès pour les autres) et partiellement enduits. Le corps droit du logis et la grange sont des bâtiments sur poteaux de bois chemisés en maçonnerie de moellons, le porche de la grange est en pan-de-bois sur mur bahut. Les étables, ruinées, étaient partie en pan-de-bois et partie en maçonnerie de moellons. Le logement de fermier, également ruiné, était en maçonnerie de moellons sans chaînes. Les pignons sont généralement essentés de planches.

Les chambranles des baies sont en pierre de taille calcaire, en bois (logement de fermier, grange) ou en briques et bois pour le corps secondaire du fournil. L'élévation sur cour du corps principal du logis compte trois travées de baies couvertes chacune d'un arc segmentaire délardé à clé passante (et deux baies surnuméraires récentes au rez-de-chaussée), l'élévation sur jardin quatre travées des mêmes baies, dont deux fausses simulées dans l'enduit. Le fournil est défendu par des meurtrières.

Couvertures

Le corps principal du logis est couvert de croupes, la remise-logement d'un toit en carène sur une charpente à la Philibert Delorme, les autres bâtiments de longs pans.

Distribution

Le corps principal du logis est distribué en deux caves au sous-sol, deux pièces au rez-de-chaussée et à l'étage en deux chambres avec garde robe de part et d'autre de l'escalier, desservies par un couloir longitudinal. Ces quatre dernières pièces sont pourvues de cheminées. L'étage de comble compte quatre pièces. L'escalier rampe-sur-rampe occupe le centre du logis, ses volées sont portées par des voûtes en berceau plein-cintre.

Le fournil est couvert d'une voûte en plein-cintre portant des armoiries bûchées et la date 1580.

Mursmoellon enduit partiel
moellon sans chaîne en pierre de taille enduit partiel
pan de bois
Toittuile plate
Étagessous-sol, en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementsvoûte en berceau plein-cintre
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
croupe
toit en carène
appentis
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier droit en maçonnerie, sur voûte
escalier dans-œuvre : escalier droit
États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Sarthe : 4 E 37/117 : Minutes de l'étude de Simon Fréart, notaire au mans, pour l'année 1667.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 4 E 37/117
  • AD Sarthe : 13 F 2363. Comptes de fabrique de Saint-Georges-du-Rosay. 1579-1597.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 13 F 2363
  • Archives départementales de la Sarthe. 3 P 285/13. Etat de section du plan cadastral de Saint-Georges-du-Rosay. 1836.

  • AD Sarthe : 3 P 285 / 14. Commune de Saint-Georges-du-Rosay. Matrice des propriétés foncières vol.1. Folios 1 à 380, avec table alphabétique générale des propriétaires pour les deux volumes. 1838-1913.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 3 P 285 / 14
  • Archives départementales de la Sarthe. Non classé. Archives privées du Mortier à Saint-Georges-du-Rosay. Fin XVIe - XIXe siècle. (déposées aux archives départementales de la Sarthe en janvier 2014).

  • Copie de divers actes notariés concernant la terre de Launay à Saint-Georges-du-Rosay, XVIIe et XVIIIe siècles.

    Collection particulière
Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Saint-Georges-du-Rosay. 1835. (Archives départementales de la Sarthe ; PC 285).

Bibliographie
  • ESNAULT, Gustave. Inventaire des minutes anciennes des notaires du Mans (XVIIe et XVIIIe siècles). Publié et annoté par l'abbé Em.-Louis Chambois. Le Mans : Leguicheux, 1895-1898

    t. III, pp. 15-16.
  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, suivi d'une biographie et d'une bibliographie. 6 tomes. Le Mans : Monnoyer ; Paris : Bachelier, 1829-1842.

    T. V, pp. 227-228
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