Logo ={0} - Retour à l'accueil

Hôtel de voyageurs le Plat d’Étain, puis magasin de commerce, actuellement maison, 20, 22 rue Faidherbe, Connerré

Dossier IA72058721 inclus dans Bourg de Connerré : cité intra-muros réalisé en 2018

Fiche

Appellationsle Plat d'Étain
Destinationsmaison, magasin de commerce
Parties constituantes non étudiéescour, dépendance, puits
Dénominationshôtel de voyageurs, magasin de commerce
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Connerré
Adresse : 20, 22 rue
Faidherbe
Cadastre : 1836 C2 375 376 ; 2018 AC 765 766

Cité dès 1575, le Plat d’Étain semble être l'un des plus anciens des plus importants hôtels du vieux Connerré. C'est également une des quelques demeures du bourg datant de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle encore debout : bien que les façades ait été remaniées sans doute à plusieurs reprises, notamment dans la 2e moitié du XXe siècle, les pignons découverts et la toiture fortement pentue sont caractéristiques de la toute fin du Moyen-Age.

Le 21 avril 1731, un important incendie ravage une grande partie du bourg. Le lendemain, un voyageur qui avait assisté au drame depuis l'extérieur du bourg écrit dans une lettre : "l'églize, la chapelle, le prieuré, la maison du plat d'estain et toutes celles de cette rue ont esté brullées le vant y estant". Cet écrit indique non seulement que l'hôtel fut alors ravagé par les flammes, mais qu'il s'agissait d'un édifice emblématique et d'un repère dans le paysage de Connerré au même titre que l'église. C'est ce que confirme une annotation du curé dans les registres paroissiaux de 1739, au sujet d'une crue du Dué où la référence prise pour le niveau de l'inondation est la cuisine du Plat D’Étain. Dans le jardin, un mur en moellons de grès fortement rougis témoigne peut-être de l'incendie de 1731. L'hôtel fut probablement très remanié après l'incendie, une fenêtre en arc segmentaire sur la façade postérieure est datable de cette période.

Plusieurs actes de vente avec la description des bâtiments au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle ont été conservés. On sait ainsi comment s'organisait la "maison et hôtellerie où pendoient pour enseigne des plats d'étain". Elle se composait de deux grands corps de logis attenants et desservis par un même escalier. Le bâtiment principal abritait une cuisine, trois grandes salles basses et deux cabinets au rez-de-chaussée, cinq grandes chambres hautes et quatre cabinets à l'étage, grenier sur le tout. Dans la cour, accessible par un passage couvert, on trouvait une écurie, un fournil sur cave, un puits, une remise, une cave voûtée "pour près de 150 barriques de vin", laquelle se trouve sous une maison voisine - maison dite de la Chambre Verte (comme c'est toujours le cas aujourd'hui). L'ensemble comprenait également une seconde écurie près du Dué, un jardin situé sur l'île de la Motte (rue des Vieux Ponts) et un réservoir à poissons. Le plan terrier de 1787 figure l'ensemble des constructions dont une partie a aujourd'hui disparu. En 1764, l'hôtel est acquis par Charles Gervaiseau curé de Connerré.

Dans les premières années du XIXe siècle, le Plat D’Étain appartient au sieur Jean-Julien Gourmy, aubergiste et futur maire de Connerré, et maître de poste aux chevaux au moins dès 1807. Il semble donc très probable que l'hôtel ait également été relais de poste avant 1816, date à laquelle M. Gourmy achète l'auberge Saint-Jean (à côté de la mairie actuelle) et y installe le relais. Toutefois, aucun document permettant de l'affirmer avec certitude n'a encore été découvert. En 1803, l'hôtel est envisagé pour abriter la gendarmerie mais le projet reste sans suite. L'activité hôtelière s'arrête vraisemblablement à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle. Selon les matrices cadastrales, une maison est construite à l'emplacement de l'écurie en 1880 (enregistrement en 1883). Au début du XXe siècle, d'après les propriétaires, les bâtiments sont occupés par un maréchal-ferrant, par un marchand de vêtements puis un marchand de meubles. C'est aujourd'hui une maison d'habitation.

La tour d'escalier située dans le jardin ne devait pas faire primitivement partie de cet ensemble, mais de la maison actuellement au 17, rue Michel Beaufils, à laquelle elle est adossée. Il pourrait également s'agir d'une construction de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle, aujourd'hui difficilement lisible du fait de son encastrement dans des bâtiments plus récents. Elle a toutefois conservé un petit encorbellement correspondant sans doute à des latrines.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 2e quart 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Le bâtiment principal, orienté au nord-est, présente des baies disposées sans travée, une corniche, ainsi qu'une haute toiture pentue à pignons découverts. La façade postérieure est en partie dissimulée par des adjonctions tardives en pans de bois (seule la partie gauche est visible sur une carte postale du début du XXe siècle), qui laissent néanmoins apparaître une fenêtre en arc segmentaire délardé. Les bâtiments dans le prolongement et en retour, aujourd'hui remaniés en logements, présentent encore une porte charretière.

Au fond du jardin, une tour d'escalier couverte en bâtière est adossée à une maison voisine. Elle est percée d'une entrée de cave voûtée à sa base et présente un petit encorbellement à son sommet, probablement d'anciennes latrines. Un puits aménagé dans un mur est visible à proximité.

Mursgrès moellon enduit (?)
Toittuile plate
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
État de conservationbon état, remanié

Le logement est représentatif des quelques maisons reconstruites après la guerre de Cent Ans et épargnées par l'incendie de 1731, à Connerré.

Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Annexes

  • Les hôtels et auberges de Connerré

    Connerré a compté, au moins depuis le Moyen Age jusqu'au XXe siècle, de très nombreux hôtels et auberges, qui attestent de son important rôle d'étape sur une route de première importance, entre Paris, Nantes et Rennes via Le Mans. Parmi les plus anciens, figurent le Plat d’Étain, l’Écu de France, l'Image Notre-Dame, Saint-Jean, Saint-Jacques, Sainte-Barbe, le Lion d'Or, la Croix Blanche, les Victoires, tous attestés pendant l'Ancien Régime (et peut-être le Saulvage, le Dauphin). Ils sont principalement localisés près des portes du Lion et des Vieux Ponts, c'est-à-dire les entrées de la ville sur la route royale de Paris à Nantes, aussi bien à l'intérieur des remparts qu'à l'extérieur. D'autres hôtels sont créés un peu partout dans le bourg au XIXe siècle, tels les hôtels du Nord, de l'Ouest, de France, de l'Europe, de la Boule d'Or, du Cheval Blanc, du Commerce, de la Gare. En tout, ce sont plus de vingt enseignes qui sont connues par les textes et les photographies anciennes. Il ne reste aujourd'hui plus aucun de ces hôtels en activité.

  • La poste aux chevaux et la poste aux lettres à Connerré.

    Il est très probable que le relais de poste aux chevaux de Connerré, vraisemblablement créé à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle, a occupé plusieurs emplacements dans le bourg, au gré des changements de maîtres de postes. On connaît, grâce aux archives, les noms de plusieurs d'entre eux : Mathurine Mercier avant 1784, Jean Chayé dit Fontaine autour de 1790, Jean Lechable entre 1794 et 1804, Jean-Julien Gourmy, Joseph-Frédéric Vauchelle-Lonchamps à partir de 1825, Félix Lecomte de 1829 à 1840, Belhomme de 1841 à 1868 (voir travaux de Mme Annick Guilleux).

    Il est certain que le relais de poste aux chevaux de Connerré a occupé l'auberge Saint-Jean (ancienne gendarmerie et actuelle annexe de la mairie) entre 1816 et 1825, période à laquelle s'y trouve Jean-Julien Gourmy (aubergiste, maître de poste et maire de Connerré), et peut-être vers 1790 à l'époque où elle appartenait à un autre maître de poste, Jean Chayé. Les autres localisations du relais restent hypothétiques. On peut supposer fortement par exemple qu'il a occupé l'auberge du Plat D’Étain (actuel 22, rue Faidherbe), que possédait M. Gourmy avant l'achat de l'auberge Saint-Jean, mais aucun document ne l'atteste formellement. Par décision du conseil des Postes du 3 décembre 1869, le relais de Connerré sera supprimé définitivement au 1er janvier 1870.

    Connerré possédait également un bureau de la poste aux lettres, attesté par le terrier de 1787 dans l'hôtel de la Croix Blanche, actuellement n°10, 12, 14 rue des Vieux Ponts. Au XIXe siècle, le bureau de poste se situe rue Faidherbe avant de migrer au début du XXe siècle à l'extrémité de la rue Michel Beaufils.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Papiers concernant la paroisse de Connerré.

    Archives diocésaines, Le Mans : Boîte 758
  • Archives départementales de la Sarthe ;13 F 347. Collection Calendini, commune de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 J 33. 1731, 22 avril : lettre évoquant l'incendie de Connerré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 33. 1613-1683 : remembrance de la châtellenie, fief et seigneurie de Connerré.

  • Archives privées. PELLETIER, Alphonse. Notes pour servir à l'histoire de Connerré. Manuscrit, 1914.

    Collection particulière
  • Archives départementales de la Sarthe. 3 P 91. Matrices cadastrales, registres des augmentations et diminutions de construction de Connerré.

Documents figurés
  • 1771 et 1787 : plan du bourg et plan terrier de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 1 Fi 663).

  • 1836 : plan cadastral napoléonien de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\091).

  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.