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Fontevraud-l'Abbaye, Montsoreau : présentation de l'aire d'étude

Dossier IA49010671 réalisé en 2010

Fiche

Présentation de l'aire d'étude Fontevraud-l'Abbaye - Montsoreau

1. Deux communes

L'aire sur laquelle porte cette opération est réduite à deux communes.

Montsoreau est une petite commune de 493 habitants et de 519 hectares, historiquement constituée de trois pôles : à l'ouest un premier noyau lâche, bâti autour de la paroisse primitive de Saint-Pierre-de-Rest sur le site d'une villa tardo-antique, à l'est un bourg castral plus dense, formé plus tardivement sur un site stratégique de promontoire dominant la confluence de la Loire et de la Vienne à la frontière entre Anjou et Touraine, au centre, enfin, l'ancien site portuaire de Montsoreau. Les falaises calcaires limitent l'extension du bourg, si ce n'est dans le vallon qui creuse le coteau au débouché du cours du ruisseau de l'Arceau.

Hormis les berges et coteaux, d'exploitation limitée, l'activité agricole est essentiellement tournée vers le plateau viticole qui forme l'intérieur des terres de la commune et ne compte que de très rares habitations.

Au nord, le territoire communal comprend un secteur outre Loire, formé de tronçons d'îles (dont la principale, l'île au Than) rattachées aux berges par des remblais anciens. Cette partition de la commune sur les deux rives de la Loire témoigne, avec le pont de Varennes-Montsoreau qui fait depuis 1917 la liaison entre ces berges, du passé de Montsoreau comme point de franchissement de la Loire, autrefois par bac.

La qualité architecturale du bâti et le point de vue sur le village depuis le fleuve en font un des sites les plus pittoresques du Val de Loire, apprécié des touristes et villégiateurs au point qu'un tiers des logements actuels correspondent à des résidences secondaires.

Fontevraud-l'Abbaye est une commune de plus grande envergure, avec 1.500 habitants pour 1.483 hectares (dont plus de la moitié en bois et landes). Le village naquît de la fondation de Robert d'Arbrissel, vers 1101, même si les recherches archéologiques des dernières décennies ont montré qu'une exploitation agricole préexistait à cette installation que les textes avaient pourtant toujours présentée comme pionnière en un « désert [...] préservé de tout contact humain », lieu « inculte et aride, planté de buissons d'épines », « petite forêt ou ronceraie ». Un bourg monastique se développa autour de cette abbaye, laquelle disposait par ailleurs d'une emprise au sol étendue à de nombreuses dépendances, bâtiments, jardins et clos. La Révolution mit fin à la communauté, puis une décision impériale fit des bâtiments une prison dont les derniers détenus occupaient encore les lieux au milieu des années 1980.

Au-delà du bourg, des écarts, proches, se sont eux aussi développés, pour être progressivement incorporés à Fontevraud, notamment au XIXe siècle, à mesure du comblement sur rue des interstices qui les séparaient les uns des autres. Le village actuel se présente dès lors comme désarticulé, déroulant, au long de la R.D. n° 947 et de ses embranchements, des secteurs bâtis sans cohérence d'ensemble. Contrairement à Montsoreau, le patrimoine fontevriste est ainsi plus discret, dans l'ombre de l'abbaye ; plutôt que d'être embrassé d'un seul regard, il se révèle par une approche plus ponctuelle.

2. Une aire d'étude cohérente

Plutôt que simple juxtaposition de deux territoires, le choix d'une telle aire permet d'envisager l'extrême cohérence qu'il y a à lier l'étude de ces deux communes.

D'un point de vue géographique et hydrographique, tout d'abord, elles forment la courte vallée et l'essentiel du bassin versant d'un même affluent mineur de la Loire, le ruisseau de la Fontaine d'Evrault, puis de l'Arceau, dont le tracé correspond à l'axe de communication qui relie Fontevraud-l'Abbaye et à la Loire.

Point de rupture de charge et carrefour important, à la convergence d'un des tracés de la route Poitiers-Loudun-Le Mans et des vallées de la Loire et de la Vienne, le port fluvial de Montsoreau fut ainsi longtemps au cœur des échanges générés par l'abbaye, puis par la prison de Fontevraud.

Plus largement, une interdépendance ancienne existe entre les deux villages, ne serait-ce que du fait qu'une grande part des terres sur lesquelles s'installa la communauté de Robert d'Arbrissel, lui furent données par le seigneur de Montsoreau. Le foncier ancien et d'une manière générale l'histoire de ces deux finages virent donc s'entremêler les possessions et intérêts des seigneurs de Montsoreau et des abbesses de Fontevraud.

Par ailleurs, les points marquants du bâti et du paysage agricole comme les données géologiques ont constitué le cadre de nombreuses caractéristiques communes à ces territoires, en particulier l'habitat troglodytique, l'activité d'extraction du tufeau ou encore la gestion de l'eau.

Cette aire d'étude dispose, encore, d'une identité architecturale forte, aux traits communs (matériaux, mise en œuvre, vocabulaire architectural) et matérialisée notamment par de nombreux édifices remarquables des XVe-XVIIIe siècles.

Enfin, des rives ligériennes de Montsoreau au domaine forestier de Fontevraud, l'aire « Montsoreau-Fontevraud-l'Abbaye » constitue à elle seule une coupe nord-sud des plus représentatives des éléments géologiques et paysagers, mais aussi des activités et aménagements anthropiques caractéristiques du canton de Saumur-Sud.

Aires d'étudesFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau
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