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Ferme dite la métairie de la Guilletrie, puis Villa Solitaire, actuellement maison, 48 rue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny

Dossier IA85002243 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, étable, hangar agricole, chai, puits, écurie
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 48 rue du
Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny
Cadastre : 1836 C 1435 ; 2019 AP 201, 202

C'est ici que devait se trouver avant la Révolution une ancienne métairie appelée la Guilletrie, à l'origine du nom du quartier. La "maison de la Guilletrie" est citée en 1738 dans un procès devant la justice seigneuriale de Vix. En 1805, un acte de vente d'une propriété voisine mentionne "la muraille de l'enclos de la Guiletrie", appartenant à André Limouzin. Le cadastre de 1836 mentionne ici une maison, effectivement appelée "la Guilletrie" et qui appartient à André Limouzin, enfant mineur (il épousera en 1856 Angélique Daniau). De cette maison, il reste aujourd'hui la partie nord dont une des ouvertures, donnant sur la petite cour à l'est, possède un linteau en arc segmentaire, caractéristique de la fin du 18e siècle ou du début du 19e.

En 1861, Angélique Daniau, veuve d'André Limouzin, cède par adjudication judiciaire à Jean Garreau, cultivateur à Vix, et Henri Texier, cultivateur à Marsilly, qui revendent dès 1862 à Jean-Baptiste Guillon, jardinier, et Jeanne Brouard son épouse, une maison consistant en deux chambres basses avec greniers, plus une écurie, une grange, un four et un jardin, ainsi qu'un petit terrain servant de passage d'accès à la Petite rue. Veuve en 1899, Jeanne Brouard revend en 1901 la petite ferme qu'elle occupe avec ses deux filles Rose et Marie, à François Renard (1848-1907), tailleur d'habits et marchand épicier, époux de Virginie Loriou.

Entre cette acquisition, en 1901, et sa mort, survenue en sa demeure en 1907, François Renard fait agrandir le logis (surélévation de la partie sud, reprise de la façade sud) qui prend alors le nom de "Villa Solitaire" (ce nom provient-il du fait que François Renard et son épouse n'ont pas eu d'enfants et sont restés seuls ?). Une girouette à l'effigie d'un renard (rappel du nom du propriétaire des lieux) est placée au sommet de la nouvelle façade où elle se trouve toujours. Le 20 août 1911, Virginie Loriou, veuve de François Renard, décédé sans enfants, et la soeur et les neveux de celui-ci revendent sa propriété. La description qui en est faite, comparée à celle de 1861-1862, permet de mesurer les agrandissements réalisés : le logis comprend en effet désormais non plus deux mais quatre chambres basses avec grenier.

La petite ferme est dès lors achetée par Lazare Aubineau (1867-1943), époux de Juliette Rondonnet. Cultivateur, Lazare Aubineau (ou "Lazare Binâ") possède aussi un manège de chevaux de bois qu'il propose sur les places des foires et marchés, à Vix et aux environs. Ce manège, Lazare Aubineau l'a acheté dès 1900, pour 2000 francs, à Victor Gaillot, propriétaire à Chaillé-les-Marais, lequel l'avait acquis un an plus tôt auprès de Clément Arnaud, marchand forain à Sant-Xandre, près de La Rochelle. L'acte de vente de 1900 précise que le manège comprend "chevaux, voitures et le plancher sur lequel ils reposent, vergettes, mâts et rouages, en un mot tout le matériel complet à son bon fonctionnement, y compris un orgue à trompettes, deux charriots à quatre roues et une charrette à deux roues pour le transport du matériel, et un cheval baie brun qui sert actuellement à faire marcher le manège". Lazare Aubineau exerce son activité foraine jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Période(s)Principale : 18e siècle, limite 19e siècle 20e siècle

Cette ancienne ferme comprend un logis, au nord, entouré d'une petite cour et d'anciennes dépendances (chai, étable, hangar). Au sud s'étendait un jardin (aujourd'hui construit) au-delà duquel prennent place d'autres dépendances (étable, écurie, hangar). Tout en présentant des ouvertures plus anciennes, côté est, le logis a la particularité d'emprunter la forme architecturale de sa façade, au sud, aux villas de bord de mer de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe, en l'occurrence les villas de type chalet : façade sur le mur pignon, répartition symétrique des ouvertures en une travée centrale entourée de deux baies au rez-de-chaussée. La travée centrale se termine au sommet par un cartouche surmonté d'un fronton et encadré d'ailerons, sur lequel on lit "Villa Solitaire". Une pierre à décor sculpté et mouluré (palme) a été placée (remployée ?) au-dessus de la porte. Enfin, le mur pignon est couronné par une girouette en forme de renard sortant d'un bois.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, étage en surcroît
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans pignon
TypologiesFerme à bâtiments séparés, Villa de type chalet, 1/3
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Extrait du registre des audiences de la seigneurie de Vix, 1737-1738 (Arch. dép. Vendée, B 1230, fol. 12v-13).

    Le 30 mai 1738, Louis Cornuau est condamné pour avoir transgressé le règlement qui interdit de laisser des bêtes mortes à proximité du grand chemin de Vix. La veille, il "fit conduire une jument qui était morte auprès d’un champ appelé la Guilleterie, à environ quarante pas de ladite maison de la Guilleterie. Les chiens l’ont dévorée et emporté plusieurs pièces dans les champs joignant ledit grand chemin".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. B 1230. 1737-1738 : registre des audiences de la justice seigneuriale de Vix.

    fol. 12v-13
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 52/50. 1805, 15 juillet (26 messidor an 13) : vente d'un terrain à bâtir et d'un jardin, proches de l'enclos de la Guilletrie, par Nicolas Bachelier à Jean Bourgoin.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/116. 1861, 11 août : vente par adjudication judiciaire d'une maison à Vix appartenant à Angélique Daniau veuve d'André Limouzin.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/117. 1862, 7 décembre : vente d'une maison à Vix par Jean Garreau et Henri Texier à Jean-Baptiste Guillon et Jeanne Brouard.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/218. 1901, 15 mai : vente d'une maison à Vix par Jeanne Brouard veuve Guillon à François Renard.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Collection particulière. 1899, 16 septembre : acte de vente sous seing-privé d'un manège à chevaux par Clément Arnaud à Victor Gaillot (enregistré à La Rochelle le 2 octobre 1899).

  • Collection particulière. 1900, 25 juillet : acte de vente sous seing-privé d'un manège à chevaux par Victor Gaillot à Lazare Aubineau (enregistré à Fontenay-le-Comte le 1er août 1900).

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

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