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Ferme dite Civray, actuellement maison

Dossier IA85002708 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, grange, étable, fournil, poulailler, logement
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Maillé
Lieu-dit : Civray
Cadastre : 1835 C 1066 ; 2020 C 750, 752

Un site d'occupation romaine puis médiévale

Le site de Civray, situé à quelques encablures de la voie romaine de Nantes à Saintes via Maillé, la Pichonnière et La Ronde, fut occupé dès l'époque romaine, comme semble l'indiquer la découverte en 1875, par un employé de Pierre Simonneau, alors fermier du lieu, découverte rapportée en 1900 par Louis Brochet, d'une stèle (borne miliaire ?) portant une inscription du début de notre ère. Elle se trouvait à l'angle entre la route de Maillezais à Maillé et le chemin conduisant à Civray. Des tuiles à rebords, probables vestiges d'une villa romaine, ont aussi été mis au jour autour de Civray. En 1903, René Vallette évoque aussi la découverte, dans le jardin de la ferme de Civray, de deux sarcophages d'époque mérovingienne, contenant des ossements.

Le hameau de Civray et les métairies qui le composaient, étaient, sans doute dès le Moyen Âge, une dépendance de l'évêque de Maillezais puis de La Rochelle. Civray semble même avoir constitué une petite seigneurie. En 1691, sont ainsi mentionnés Jean Hardy et François Thibault, fermiers de la seigneurie et terrage de Civray, dans le cadre d'un procès porté devant la justice de la baronnie de Maillezais. Civray est ensuite indiqué par Claude Masse sur sa carte de la région en 1720 et dans le mémoire qui l'accompagne. Il y parle des "métairies de Civray", appartenant à l'évêque de La Rochelle (à la suite de ceux de Maillezais) : "Elles sont grandes et ont beaucoup de logements. Il y a apparence que c'était anciennement un monastère, y ayant les vestiges d'une chapelle et plusieurs autres marques de son établissement." L'ensemble devait déjà s'organiser en plusieurs bâtiments répartis sur les paroisses de Maillezais, au nord, et Maillé, au sud. Au nord du chemin, côté Maillezais, le plan cadastral de cette commune en 1836 montre une importante dépendance disposée de manière oblique par rapport au chemin, comme il en existe encore aujourd'hui une. Côté Maillé, le plan cadastral de 1835 montre le logis et ses communs de retour d'équerre à l'ouest, le tout formant un vaste L comme aujourd'hui. L'essentiel de ces différents bâtiments semblent encore exister de nos jours : le logis comme ses communs et dépendances paraît en effet remonter pour l'essentiel au XVIIe ou XVIIIe siècle. Sur le plan cadastral de Maillé en 1835, la propriété englobe aussi un petit port, appelé le port de Civray, situé au sud, au bord de la Vieille Autise.

Civray après la Révolution

Propriété de l'évêque de La Rochelle, la métairie de Civray fait partie par exemple des dépendances de la seigneurie de Maillé affermées le 20 novembre 1784, pour 8 ans, par l'évêque à Venant Gaudicheau, marchant à Fontenay-le-Comte, et son épouse, Françoise Denfer. La métairie est ensuite saisie et vendue comme bien national le 12 septembre 1791. Le procès-verbal de vente parle de cette métairie "qui autrefois en composait deux", et qui est alors affermée au sieur Gaudicheau. Sont exclus de la vente "les droits de terrages, complans, cens, rentes ou redevances tant ci-devant féodales que foncières et autres droits incorporels, tant fixes que casuels", ainsi que les eaux et pêcheries dépendant de la métairie, le tout devant être régis au profit de la Nation ; ainsi que "la grange des terrages et l'aire où avaient accoutumée se battre lesdits terrages, ensemble la petite chambre où se logeait le granger". L'acquéreur de la métairie est, pour 86 000 livres, Louis Benoit, fermier, demeurant à Fay-sur-Ardin, au nom de Rayty de Villeneuve de Vitré, demeurant à Poitiers.

L'ensemble des bâtiments, de part et d'autre du chemin, change ensuite de mains puisqu'il appartient, selon les cadastres de Maillé et Maillezais en 1835-1836, à Philippe Albert Stapfer (1766-1840), demeurant alors à Paris ou en son château de Talcy, près d'Orléans. Philosophe, théologien protestant et homme politique suisse, il fut ministre des Arts et Sciences de la République helvétique de 1798 à 1800, et ambassadeur de Suisse en France de 1801 à 1803. Marié avec Marie-Madeleine Vincent, il possède les terres et marais de Civray avec ses beaux-frères, Charles-Jules Vincent (1780-1856), conseiller de préfecture à La Rochelle, et Alexandre Bouffé (1774-1832), banquier à Paris. Tous sont les héritiers de leur père et beau-père, Charles Vincens (1757-1796), banquier protestant originaire de La Rochelle, contrôleur puis directeur de la Caisse d'escompte de Paris, et de son épouse, Elisabeth-Pauline Gastebois (1755-1830). Après le ministre Stapfer, Civray passe à son fils, Charles Louis (1799-1880), ingénieur des Ponts et Chaussées à Paris.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la ferme est exploitée puis détenue par la famille Simonneau (dont le tombeau se trouve dans le cimetière de Maillé), soit Pierre Simonneau (1825-1900), cultivateur, époux d'Augustine Simonneau (1829-1899) ; puis leur fils, Pierre Simonneau (1852-1926). Pierre Simonneau-Simonneau achète Civray aux héritiers de Charles-Louis Stapfer en 1886.

Période(s)Principale : 17e siècle, 18e siècle

Les bâtiments de l'ancienne ferme sont répartis de part et d'autre d'un chemin qui marque la limite entre les communes de Maillezais, au nord, et Maillé, au sud. L'essentiel des dépendances prend place au nord. Le logis quant à lui s'élève au sud du chemin, entre une grande cour au nord et un jardin au sud. Un puits se trouve dans la cour, un autre dans le jardin. Une aile de communs prolonge le logis en retour d'équerre à l'ouest de la cour. Son étage est accessible par un escalier extérieur. Cette aile se termine au nord par un logement. A la suite de cette aile, au sud-ouest, se trouvaient un four et un poulailler. Une autre dépendance s'élève au sud-est.

Le logis est un corps de bâtiment de plan rectangulaire, à un étage, sous un toit à croupes. La façade principale, au nord, côté cour, compte trois travées d'ouvertures. Les pleins de travées sont appareillés, et les appuis des baies sont saillants. Une pierre d'évier se trouve à côté de la porte, centrale. Celle-ci ouvre sur un couloir traversant. Il dessert les pièces de chaque côté ainsi que l'étage, via un escalier tournant en pierre de taille. Au rez-de-chaussée comme à l'étage, les deux pièces les plus à l'est renferment une cheminée, sans doute de la première moitié du XVIIIe siècle. Au rez-de-chaussée, à l'est du couloir central, se succèdent une pièce de service avec cheminée et pavement en pierre de taille, puis, dans le prolongement de l'aile de communs, une cuisine avec, là aussi, un pavement en pierre de taille, une cheminée mais aussi un potager en pierre et une pierre d'évier. Au-dessus de cette cuisine, un grenier est éclairé, au sud, par une petite baie en arc chanfreiné et en plein cintre, et à ébrasement intérieur.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
TypologiesFerme à bâtiments séparés ; Maison de maître ; 3
Techniquessculpture
Représentationscoquille volute ornement géométrique ornement végétal
Précision représentations

Les deux cheminées au rez-de-chaussée et à l'étage, dans les pièces les plus à l'est, présentent chacune un décor sculpté, soit pour la cheminée au rez-de-chaussée : des palmes croisées au centre du linteau en accolade ; pour la cheminée de l'étage : une coquille au centre du linteau en accolade, des volutes et des motifs géométriques et végétaux sur les jambages galbés, des motifs végétaux sur le trumeau à encadrement mouluré.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service Historique de la Défense ; 1 VD 60, pièce 51. 1719 : Mémoire sur la carte du 46e quarez de la généralle des côtes du Bas Poitou, païs d'Aunix, Saintonge et partie de la Basse Guyenne, par Claude Masse.

  • Archives départementales de la Vendée ; B 591, fol. 38-38v. 1691, 25 et 27 juin : registre des audiences ordinaires et sommaires de la baronnie de Maillezais, contentieux entre Jean Hardy et François Thibault, fermiers de la seigneurie et terrage de Civray, et Pierre Cardinaud le jeune.

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 E 40/27-1. 1784, 20 novembre : bail à ferme de la seigneurie de Maillé par l'évêque de La Rochelle à Venant Gaudicheau et Françoise Denfer.

  • Archives départementales de la Vendée ; 21 Fi 21/7. 1971 : fiches et photographies du pré-inventaire du canton de Maillezais, commune de Maillé.

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 P 1460 à 1465, 3578, 3579 (complétés par les registres conservés en mairie). 1836-1914 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Maillé.

  • Archives départementales de la Vendée ; 1 Q 562-4, pv n° 119. 1791, 12 septembre : procès-verbal de vente comme biens nationaux de la métairie de Civray et de la cabane de l'Evêquerie, à Maillé, dépendant de l'évêché de La Rochelle.

Documents figurés
  • 1720, 29 octobre : Carte du 46e quarré de la generalle des costes du Bas Poitou, païs d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse Guienne..., par Claude Masse. (Service Historique de la Défense, Vincennes ; J10C 1293, pièce 17).

  • Plan cadastral de Maillé, 1835. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 132 ; complété par l'exemplaire conservé en mairie).

  • Plan cadastral de Maillezais, 1836. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 133).

Bibliographie
  • AILLERY, E., abbé. Chroniques paroissiales, tome 5, 1903-1904, p. 441-553 (Maillé).

    p. 442-444
  • BOURLOTON, Edgar. Une inscription gallo-romaine à Civray, près de Maillezais (Vendée), Revue du Bas-Poitou, 1900.

    p. 197-200
  • ESPERANDIEU, E. Une inscription gallo-romaine à Civray, près de Maillezais (Vendée), Revue du Bas-Poitou, 1900.

    p. 33-36
  • ROHR, Adolf. Philippe Albert Stapfer, une biographie : à Berne de l'Ancien Régime à la Révolution helvétique. Berne, Peter Lang, 2007.

  • THIVERCAY (VALLETTE), René. "Chroniques", Revue du Bas-Poitou, n° 16, 1903.

    p. 97

Liens web

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


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