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Ferme de Champfleury (ruinée), Montsoreau

Dossier IA49010750 réalisé en 2010

Fiche

Malgré son état de ruine, en surface, le site souterrain de Champfleury conserve un spectaculaire ensemble de caves vinicoles et un pigeonnier troglodytique remarquable.

Appellationsferme de Champfleury
Parties constituantes non étudiéesabri troglodytique, carrière, pigeonnier, pressoir
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Lieu-dit : Champfleury
Adresse : voie communale n°8 de Dampierre-sur-Loire au C.D. n°947
Cadastre : 1813 C 336 ; 2011 C 3
Précisionsœuvre située en partie sur la commune Turquant

Le toponyme de Champfleury est très anciennement attesté à Montsoreau : on trouve ainsi mention de terres à « Champfluri » en 1238.

Dans l'état actuel des connaissances, on ne connaît pas la date d'établissement d'un premier édifice à Champfleury ni l'origine de son statut, mais les registres paroissiaux de Turquant et de Fontevraud-l'Abbaye conservent la mention de Vincent Hurtault, sieur de Champfleury (attesté en 1646 et 1677) puis de Clément-Jean Valette, écuyer et sieur de Champfleury (attesté en 1726 et 1732), ce qui indiquerait que ce domaine ait été, à cette époque, un fief noble, dont les bâtiments (s'ils préexistent à l'arrivée des Van Voorn) sont peut-être déjà déclassés en exploitation rurale.

Les constructions que l'on peut y observer aujourd'hui, réduites à l'état de ruines, datent du XVIIe ou plus probablement du XVIIIe siècle. Il se peut qu'ait alors existé une activité d'extraction immédiatement au sud de Champfleury, dont l'expansion souterraine, relativement restreinte, se fit sous le domaine et de part et d'autre de la limite des deux paroisses de Turquant et Montsoreau (aujourd'hui limite communale).

Dans le second quart du XVIIIe siècle, l'ensemble des domaines alentours est acquis par André III Van Voorn (1685-1762) qui a épousé Marie-Anne François en 1718 à Turquant. Il est alors l'héritier d'une famille de négociants anversois notamment investis dans le commerce des vins d'Anjou et établis depuis la seconde moitié du XVIIe siècle en Saumurois (Le Thoureil). Du fait de ses acquisitions, il devient seigneur de la Chauvellière, la Herpinière et Champfleury.

À cette date, Champfleury est ainsi une ferme viticole constituée de vignobles réputés comme parmi les meilleurs de Montsoreau et de Turquant et que les Van Voorn administrent depuis leur très proche manoir de la Chauvellière (à Turquant).

C'est assurément dans le contexte du développement de production de vin en direction d'un marché international que furent aménagées les caves souterraines de Champfleury, qui réoccupèrent, en partie, des galeries de l'ancienne carrière de tuffeau, mais furent probablement aussi l'occasion de nouveaux percements. La date de 1763, gravée sur la porte d'une salle souterraine atteste du lien entre les imposantes caves vinicoles et dépendances troglodytiques que l'on y trouve et l'activité des Van Voorn.

Le successeur d'André III, André IV Van Voorn (1725-An II) cède plus tard (avant 1782) l'ensemble de ses domaines de Montsoreau et Turquant, qui furent par la suite démembrés.

Sur le plan cadastral de 1813, Champfleury est constitué d'une parcelle irrégulière close de murs bordée d'un long bâtiment à l'est, d'un plus petit au nord (four et bûcher ?) et de deux autres à l'ouest qui encadrent l'entrée (à moins qu'il ne s'agisse ici d'un même bâtiment avec passage couvert). Ce plan peut correspondre tant à une ferme qu'à un ancien manoir déclassé.

Champfleury conserva son activité vinicole jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle et les cavités souterraines connurent de nouveaux aménagements (notamment de confortement). C'est peut-être la crise phylloxérique qui provoqua l'abandon du site et, en 1886, la maison qui formait l'habitation principale fut démolie. Il ne reste aujourd'hui presque plus rien des bâtiments, largement ruinés.

Une série de graffitis attestent que les galeries souterraines furent utilisées comme abri anti-aérien durant la Seconde Guerre mondiale, lors des bombardements allemands de juin 1940.

Le pigeonnier souterrain de Champfleury, en tant que dépendance troglodytique du manoir de la Chauvellière, a été inscrit sur la liste des monuments historiques par arrêté du 18 juillet 1973.

Le site de Champfleury est pour l'heure à l'abandon.

Période(s)Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Auteur inconnu attribution par source
Personnalité : Van Voorn Adrien III commanditaire attribution par source

Le domaine de Champfleury est situé en limite sud-ouest de Montsoreau, en bord de la et à mi-distance entre La Chauvelière et le moulin de la Herpinière, tous deux situés sur la commune immédiatement voisine de Turquant.

Aujourd'hui envahis d'un couvert végétal, les vestiges architecturaux permettent de restituer le long édifice oriental du cadastre napoléonien. Les pans de murs encore en élévation témoignent ainsi d'un bâtiment d'environ 13x6 mètres, en rez-de-chaussée et couvert d'un toit à longs pans ; dans le gouttereau ouest, qui donnait sur cour, étaient percée une porte charretière et une porte piétonne, couvertes d'arcs en anse de panier. Il pourrait s'agir d'un bâtiment mixte associant habitat et espaces à usage agricole (remise et/ou grange).

Au milieu de ce qui était la cour intérieure, face à ce bâtiment, se trouve une large descente de cave, accessible à un véhicule hippomobile. Bordée d'un four et de caves, dont une était demeurante, cette descente mène à un grand réseau de galeries souterraines creusées dans la roche et confortées de doubleaux maçonnés. Plusieurs de ces galeries ont un couvrement en berceau plein-cintre taillé à même la roche. Des espaces différenciés s'y trouvent, séparés par des murs ou pans rocheux et parfois fermés de portes dont les vantaux sont à claire-voie. On distingue ainsi un pressoir, une enchère et des galeries sans doute destinées au stockage du vin ou à usage de remise, ainsi qu'un pigeonnier de près de deux cents boulins d'où les oiseaux sortaient par un large conduit percé dans la voûte rocheuse.

On peut discerner les vestiges de plusieurs générations d'outils et équipements des XVIIIe et XIXe siècles liés à la viniculture, dont un pressoir sans doute initialement à roue, peut-être plus tard équipé d'un perroquet, puis à vis.

La partie sud du secteur souterrain, sous la route, correspond à d'anciennes galeries d'extraction du tuffeau exploitées avant le XIXe siècle par la méthode du pilier tourné ; ce dernier secteur dispose de sa propre rampe d'accès du côté de Turquant, attestée en 1813. Fermées de murs élevés en moellons, certaines de ces cavités ont été réutilisées, notamment comme lieux de stockage ou de remisage et la voûte rocheuse a en plusieurs endroits été renforcée de doubleaux appareillés à clef saillante, courant XIXe siècle. Un pilier tourné, trop fin, a lui aussi été étayé par une maçonnerie de tuffeau et l'ensemble est consolidé par des cerclages de fer.

Les galeries de la cave de Champfleury et de l'ancienne carrière communiquent entre elles, mais par des passages non accessibles à des véhicules (porte piétonne ou escalier taillé dans la roche).

Parmi les graffitis tracés sur les parois des caves, on distingue des inscriptions du 20 juin 1940 qui relatent l'utilisation des lieux comme refuge lors des bombardements allemands de Saumur et des environs durant cette troisième semaine de juin ; à la suite de ces combats, une autre inscription, datée du 8 juillet 1940 fut tracée par un soldat allemand.

Mursmoellon
État de conservationdésaffecté, vestiges
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH partiellement, 1973/07/18

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 4 Q 13476. Enregistrement. Enregistrement n° 78, vente du domaine de la Chauvellière, à Turquant, par Julienne Lefrançois veuve Dagorne à Daniel Boutet et son épouse Françoise née Goussery (1818).

  • AM Turquant. Sans cote. Registres paroissiaux. Registres des baptêmes, mariages et sépultures (XVIIe-XVIIIe).

  • AM Fontevraud. E 1 / 15. Registres paroissiaux. Registre des baptêmes, mariages et sépultures (1713-1722).

Bibliographie
  • MANASE, Viviane. Des « Hollandais » en Anjou. 303. Arts, recherches et créations, n°79, 1er trimestre 2004.

    p. 262-267
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