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Ecart dit Rousselin

Dossier IA44005639 réalisé en 2015

Préambule : En Pays du Vignoble nantais, les « villages à communs » sont des hameaux ou écarts dont les habitants possèdent en commun et de manière indivise un ou plusieurs biens fonciers, souvent sous forme d’une aire non bâtie en cœur de hameau. L’essentiel du patrimoine bâti qui constitue ces écarts relève de caractéristiques architecturales qui font l’objet de cette présentation.

Présentation générale

Rousselin est un "village à communs" de type 2 c’est-à-dire que son architecture s’implante en rangée et en îlots sur un espace à usage et propriété collectifs. La trame villageoise compacte a connu peu de modifications depuis le début du XIXe siècle. Le commun du Rousselin, dont l’emprise foncière n’a pas évolué, correspond aux espaces incultes et zones inondables en bordure de la Sèvre. L’architecture du hameau témoigne de l’activité de minoterie et les habitations et dépendances rurales y sont caractéristiques du sud du territoire.

Paysage général

La répartition actuelle des sols témoigne d’une certaine permanence avec l'organisation lisible sur le plan napoléonien.

En 1809

Le parcellaire environnant, lisible sur le plan cadastral de 1809, est constitué d’une grande majorité de terres labourables dédiées à la culture céréalière, des prés et quelques pâtures en bordure de la Sèvre et à l’ouest du bourg de Boussay.

En 2015

Le paysage général actuel est légèrement modifié : les prés ceinturent toujours le cours de la Sèvre mais les terres labourables sont remplacées par des prairies. Les jardins potagers aux abords des habitations du Rousselin sont en friche. L’urbanisation progressive du bourg de Boussay a entraîné la disparition de la zone de prés qui l’entourait au XIXe siècle.

Le paysage aux alentours du Rousselin est un paysage de bocage typique en cette zone limitrophe avec la Vendée.

La voirie actuelle reprend le tracé de la voirie établie au XIXe siècle : l’écart est desservi par deux chemins de communication, au sud et au nord, depuis le bourg de la commune, en passant par la Poupelinière. Une passerelle, déjà identifiée sur le cadastre de 1809, permet de traverser la Sèvre pour rejoindre l’écart de la Guignardière en la commune de Bruffière.

Activité économique

En 1809

Les matrices du cadastre de 1809 recensent 10 propriétaires dans l’écart pour 11 maisons, 4 masures, 3 moulins et 12 dépendances (6 écuries, 3 fours, 2 granges, 1 toit à porcs).

Parmi ces habitants, huit meuniers, un maçon et un tisserand sont recensés.

L'analyse anthroponymique et plusieurs cas de propriétés tenues en indivision tendent à établir l'importance des liens familiaux qui unissent la plupart des habitants de cet écart.

L’étude de la propriété foncière des habitants indique qu’ils vivent, en plus de leur activité artisanale, d’une modeste activité de polyculture. Ils possèdent tous plusieurs parcelles de jardins, attenantes à leurs habitations ainsi que des terres et prés situés à l’est de l’écart, le long de la Sèvre.

Le moulin à foulon, qui servait à battre (ou fouler) la laine explique la présence d’un tisserand sur l’écart. Plusieurs bâtiments sont tenus en indivis : le four (1809, O-192) et les deux moulins à eau (1809, O-195 et 196) appartiennent à cinq meuniers, un autre four (1809, O-186 1) appartient de façon commune au maçon et à un meunier, trois habitations (1809, O-225, 227, 228) appartiennent à deux habitants en indivis.

En 2015

En 1868, les matrices du cadastre indiquent que le moulin (1809 O-194’) est en ruines. Néanmoins, l’activité de minoterie semble persister jusqu’au début du XXe siècle puisque sont recensés en 1901 six meuniers, un tisserand et une dévideuse.

Aujourd’hui, toute activité de minoterie a cessé. Une auberge s’est implantée au pied des moulins, et une entreprise de location de bateaux pédaliers s’est installée au nord de l’écart, à proximité directe de l’espace commun qui sert d’embarcadère pour les bateaux.

Architecture et trame de l'écart

Avant 1809

Une maison qui pourrait dater du XVe siècle a été repérée par Christine Toulier lors de l’opération d’inventaire du canton de Clisson (2015, ZW 125 et 126). Cette maison de volume imposant est à deux niveaux et combles à surcroît. Ses murs sont en granit et la toiture à deux pans est recouverte de tuiles creuses. Elle est pourvue d’un escalier de distribution extérieure en pignon. Les encadrements initiaux des baies sont en moellons de granit et à chanfrein. La maison est remaniée au XIXe siècle : des fenêtres et portes en arcs surbaissées sont encadrées de briques minces.

Les maisons d’habitation ont toutes une structure similaire : elles sont à deux niveaux avec une toiture à deux pans couverte de tuiles creuses ; leurs élévations et les encadrements des portes et baies sont en moellons de granite. Les fenêtres sont parfois à chanfrein. Le second niveau est généralement utilisé comme pièce de stockage.

Au XIXe siècle

Une maison d’habitation flanquée d’une dépendance en appentis est construite à l’est de l’écart en bordure du chemin qui mène au cœur villageois (2015, ZW 115). Son organisation et sa mise en œuvre sont les mêmes que les maisons construites avant la levée du cadastre.

Les maisons d’habitation sont quasiment toute remaniées au XIXe siècle (2015, ZW 216, 214, 126, 125), tout comme les trois moulins (2015, ZW 104, 225, 224). Ces remaniements introduisent la brique dont l’usage est facilité par l’industrialisation du XIXe siècle, dans ses encadrements de portes et fenêtre qui sont parfois en forme de demi-lune ou en arc segmentaire. Ces éléments décoratifs font écho a l architecture de style rustique à l’italienne qui se diffuse sur le territoire tout au long du siècle.

Au XXe siècle

Deux maisons d’habitation sont construites à l’est, en haut du chemin qui mène jusqu’en contrebas du lieu-dit (2015, ZW 113, 114, 116). L’une (2015, ZW 113) prend appui sur une soue à porcs construite au XIXe siècle. Elle est à deux niveaux et sa toiture est à deux pans. Ses murs sont enduits. Ses encadrements de portes et baies en briques modernes font référence à l’architecture du style rustique à l’italienne. L’autre (2015, ZW 114,116), est sur le même modèle, mais l’encadrement des portes et baies, ainsi que les chaînages d’angle sont en ciment et imitent la pierre de tuffeau.

Les bâtiments reconstruits ou remaniés (2015, ZW 134, 136, 139, 122, 119) incluent également la brique dans les encadrements des portes et fenêtres La pierre de granit qui encadre les baies et portes sont parfois laissées apparentes.

Dénominationsécart
Aire d'étude et cantonPays du vignoble nantais
AdresseCommune : Boussay
Lieu-dit : Rousselin
Cadastre : 1809 O

L’écart du Rousselin est attesté par la levée du cadastre en 1809 mais cet écart est plus ancien. L’opération d’inventaire du canton de Clisson mené par Christine Toulier a repéré une maison qui pourrait dater du XVe siècle (2018, ZW 125 et 126).

Le site des moulins date probablement de la période médiévale. Les édifices des deux moulins ont probablement été reconstruits au XVIIIe siècle.

Trois habitations sont construites au XIXe siècle et la grande majorité des façades sont remaniées avec l’introduction de la brique dans les encadrements des baies et portes.

Au XXe siècle s’opèrent plusieurs modifications avec la reprise intégrale d’au moins 5 bâtiments.

Les communs

Les états de section du cadastre napoléonien (1809) recensent un espace commun aux habitants du Rousselin désigné sous le terme de « rocher pâture » (1809, O 183). Lors d’une première révision du cadastre en 1937, ce même espace est à nouveau recensé comme bien commun sous la mention de « friche » (1937, O 231). Une seconde révision du cadastre en 1962 désigne toujours la même friche comme bien commun aux habitants du Rousselin (1962, O 317). Cette parcelle correspond strictement à l’espace encore commun aujourd’hui d’après le cadastre actuel (2015, ZW 105). Il s’agit d’une parcelle d’une superficie de 2356 m² en bordure de la Sèvre qui comprend à la fois la berge végétalisée et le chemin goudronné permettant d’accéder aux moulins en contrebas. Selon un accord passé avec la commune, les habitants entretiennent annuellement la parcelle végétalisée et la collectivité se charge de l’entretien de la route.

Période(s)Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Rousselin se situe sur une zone de plateau (à 50 mètres d’altitude) au sud de la commune de Boussay. Il s’implante en bordure direct de la Sèvre, frontière naturelle avec la commune la Bruffière (département de la Vendée). Le village s'accroche sur une pente raide qui en une centaine de mètres fait passer d'un plateau situé à environ 75 mètres d'altitude à une vallée encaissée de 35 mètres environ d'altitude.

La structure de l'écart et ses communs

Il existe actuellement un espace commun aux habitants du hameau. Il s’agit d’une ancienne terre au substrat rocheux qui borde la rive de la Sèvre. Ancienne zone inondable impropre à la culture, cet espace est probablement devenu commun car ne faisait aucunement l’objet de convoitises pour devenir propriété privée. Cet espace qui s’inscrit dans le prolongement des pâtures qui bordent la Sèvre a probablement servi de lieu de pacage pour les bestiaux des habitants de l’écart. C’était également le lieu où les « trous à chaux » étaient creusés. Ces « trous à chaux » étaient utilisés pour éteindre la chaux vive à l’aide d’une grande quantité d’eau (prélevée de la Sèvre). Cette chaux était ensuite mélangée à du sable également récupéré en bord de Sèvre pour réaliser le mortier qui permet sceller les pierres des élévations des bâtiments du lieu-dit, et blanchir l’intérieur des murs des habitations. Les techniques de maçonnerie s’étant modernisées au XXe siècle, cet usage disparaît. Le commun est aujourd’hui un lieu de passage régulier puisqu’il fait partie d’un chemin de randonnée sur lequel sont implantés plusieurs panneaux d’interprétation du paysage et de l’architecture. L’extrémité nord du commun sert d’embarcadère pour des bateaux pédaliers à une entreprise de location implantée à la fin du XXe siècle.

Les bâtiments implantés en bordure du commun s’étagent au long d'un chemin en pente forte ; seuls les bâtiments implantés en bas de la pente donnent accès directement sur le commun.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique ; 3 P 23 4 : Cadastre de Boussay : état des sections (A à O) des propriétés foncières, sans date.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 23 4
  • Archives départementales de Loire-Atlantique ; 3 P 23 5-6 : Cadastre de Boussay : matrice des propriétés foncières, 1823-1914.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 23 5-6
  • Archives départementales de Loire-Atlantique ; 3 P 23 7-8 : Cadastre de Boussay : matrice des propriétés bâties, 1882-1936.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 23 7-8
  • AD Loire-Atlantique ; 3 P 23 9-10 : Cadastre de Boussay : matrice des propriétés non bâties, 1915-1936.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 23 9-10
  • Archives départementales de Loire-Atlantique ; 3 P 23 24-34 : Cadastre de Boussay : matrice des propriétés bâties et non bâties, 1952-1979.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 23 24-34
Bibliographie
  • LES AMIS DE BOUSSAY A TRAVERS LES AGES. Vivre le XXe siècle à Boussay, tome 1 : 1900-1949. Vieillevigne : Impr. 2000, 2003, 215 p.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Syndicat Mixte du SCoT et du Pays du Vignoble Nantais - Orillard Marion
Orillard Marion

Chargée de mission Inventaire - Syndicat mixte du SCoT et du Pays du Vignoble Nantais


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