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Demeure dite la Seigneurie, puis gendarmerie, presbytère, actuellement maison

Dossier IA85002155 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, mur de clôture, portail, remise, prison
Dénominationsgendarmerie, presbytère, demeure
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 4 rue
du Vivier
Cadastre : 1836 C 665 ; 2019 AI 299

Le siège de la seigneurie de Vix

Cette demeure constituait jusqu'à la Révolution le siège de la seigneurie de Vix, là où logeaient les représentants de l'abbesse de Saintes et où siégeaient les institutions politiques et judiciaires seigneuriales. Lorsque l'île et la terre de Vix sont données par Agnès de Bourgogne, veuve du comte de Poitou, à l'abbaye Notre-Dame-hors-les-murs de Saintes, en 1047, la nouvelle autorité de Vix doit certainement dès cette époque nommer des représentants sur place, étant donné la distance entre Vix et Saintes. Parmi ce personnel figurent les membres d’un tribunal seigneurial, la châtellenie, chargé de défendre les intérêts de l'abbesse, d'entendre les plaintes des habitants, de juger les affaires portées devant lui : non paiement des fermes, de dettes, de redevances seigneuriales, incidents survenus dans les rues ou dans les champs, bagarres, insultes...

Outre son aspect judiciaire, le pouvoir seigneurial de l'abbesse de Saintes s’exerce en effet par la perception d'une partie des récoltes des Vizerons, impôt appelé droit de champart ou de terrage. L'abbesse possède aussi des biens propres, des marais notamment comme le Petit Marais, au nord du Pont aux chèvres. Elle seule dispose du droit de pêcher dans la Sèvre niortaise. De même, elle seule peut posséder un moulin : à Vix, ses trois moulins banaux sont situés l'un à Cassinelle, les deux autres aux futurs Six Moulins. Elle détient également le four banal, situé à l’actuel 1 rue du Port aux rouches. Ces droits et ces propriétés exclusifs sont toutefois affermés à des fermiers seigneuriaux, qui les sous-afferment à leur tour aux paysans vizerons. Ces fermiers seigneuriaux, qui cumulent souvent leurs fonctions avec celles de procureur fiscal par exemple, sont des personnages très influents à Vix : assurant le lien avec l'abbesse de Saintes, et profitant de cette position pour s’enrichir, ils constituent l’élite de la société vizeronne. Le premier connu, Jehan Guyton, sieur de Lonchant, est cité en 1601 comme collecteur du revenu de la cure de Vix pour l'abbesse de Saintes, prieure de Vix. En 1697, Pierre Clisson, sieur de Laubertière, reçoit en ferme la seigneurie de Vix, consistant en "maison noble, cour, grange, jardin, chai, treuil, métairie, cens, rentes, four banal, complant, terrage, dîmes, moulins, droit de pêche dans le rivière de Saivre". A la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, les fonctions de fermier seigneurial sont principalement détenues par trois familles, les Denfer, les Garos et les Gravier, liées entre elles par mariage et dont les membres habitent alors successivement la maison seigneuriale. Dans les années 1780, c'est Pierre Lièvre, époux d'Anne Guérin, enrichi par ses activités de meunier, qui est fermier seigneurial de Vix.

Les bâtiments de la seigneurie

La maison seigneuriale est citée pour la première fois le 31 décembre 1642 lorsque l'abbesse de Saintes donne ses marais de Vix à la nouvelle Société des marais desséchés de Vix-Maillezais. La baillette stipule que les droits à verser à l'abbesse devront être portés à la maison seigneuriale. Plus tard, le 4 mai 1697, lorsque Pierre Clisson devient fermier de la seigneurie de Vix, celle-ci consiste en "maison noble, cour, grange, jardins, chai, treuil, métairie, cens, rentes, four banal, comptant terrage, dîmes, moulins, droits de pêche tant dans la rivière de Saivre que autres lieux dépendant de ladite terre, lots, ventes et honneurs, marais non compris dans le dessèchement et ceux qui appartiennent à ladite dame par les traités faits avec les dessécheurs". Cette description est reprise le 20 mars 1708 lorsque François-Luc Garos et son frère Pierre-Fort deviennent à leur tour fermiers seigneuriaux. Le logis a probablement été construit en ce début du XVIIIe siècle, comme en témoigne le style des cheminées qui se trouvent à l'intérieur.

C’est dans ces bâtiments que se déroulent les séances du tribunal seigneurial, dans la "salle judiciaire de la maison seigneuriale". Celle-ci sert par exemple lors de l'enquête de terrier menée en 1769, après que les lettres de terrier aient été affichées "à la principale porte de la seigneurie de Vix". C’est aussi à la seigneurie que loge le fermier seigneurial, issu au XVIIIe siècle des familles Denfer, Garos et Gravier. C’est enfin dans la Grande grange qui lui est annexée (aujourd'hui 1 rue du Vivier) que sont stockées les parties de récoltes prélevées au titre du droit de terrage.

Le logis seigneurial en 1757

La seigneurie est décrite le 14 avril 1757 lors d’une visite détaillée. Elle se déroule en présence de Pierre Brunetière, procureur à Fontenay-le-Comte, représentant de l'abbesse de Saintes, Marie-Madeleine de Beaudeau de Parabère, d’une part ; de Jean Gerbault, sieur de la Jaussière, demeurant à Fontenay-le-Comte, paroisse de Notre-Dame, et de Pierre Gravier, demeurant paroisse d’Auzay, tous deux anciens fermiers seigneuriaux, d'autre part. Les experts désignés pour la visite sont Louis Gachignard, entrepreneur et maître tailleur de pierres à Fontenay, François Guillebot, charpentier à Doux, paroisse de Doix, et Jacques Chatellier, maçon à Vix. Comme le confirme cette visite, la seigneurie comprend en fait plusieurs parties : le logis seigneurial (en rouge et orange sur le schéma ci-joint), la borderie (en vert), la métairie (en violet) et la Grande grange (en jaune).

En 1757 comme aujourd’hui, on pénètre dans la cour par un portail. Selon un plan de 1865, ce portail comprenait comme aujourd’hui une porte piétonne, à droite, et une porte charretière. Les piliers du portail actuel ont été remployés vers 1900, provenant de Chaillé-les-Marais. En 1757, comme sur le plan de 1865 et comme aujourd’hui, un puits se trouve en entrant dans la cour à droite.

La visite de 1757 décrit de manière précise le logis seigneurial (parcelle C 665 du cadastre de 1836, en rouge sur le schéma ci-joint). Il est qualifié de "nouveau corps de bâtiment", ce qui tend à démontrer qu’il a été construit dans la première moitié du XVIIIe siècle. On entre dans un vestibule par la porte principale, côté cour, une porte centrale à deux battants et surmontée d’un vitrage. A l'autre extrémité du vestibule, une porte donne sur le jardin qui s’étend à l'arrière du logis. Du vestibule on gagne deux pièces situées de chaque côté. A droite, la "principale chambre basse" fait partie de l’ancien appartement de Jean Gerbault, l'ancien fermier seigneurial (lettre D sur le schéma). Son sol est carrelé. Elle donne sur la cour par une fenêtre et sur le jardin par une autre. On y observe aujourd’hui une petite cheminée d’époque XIXe siècle.

En 1757, à gauche du vestibule, la seconde chambre basse, elle aussi carrelée, fait partie de l’ancien appartement de Pierre Gravier, l'autre ancien fermier seigneurial (lettre C sur le schéma). La pièce donne par une fenêtre sur la cour et par une porte vitrée sur le jardin. La visite précise que la cheminée qui se trouvait dans cette pièce a été démolie et qu’on "travaille à sa réédification". On peut donc dater de cette fin des années 1750 la cheminée aujourd’hui visible dans cette pièce, dont le linteau porte des traces de volutes. Dans cette même pièce, on observe aussi actuellement un évier ménagé dans l’épaisseur du mur côté jardin, sous un arc en plein cintre, non mentionné dans la visite de 1757. Cette dernière indique que, comme aujourd’hui, on passe ensuite de cette chambre à une autre petite pièce (lettre B sur le schéma). Là se trouve aujourd’hui une grande cheminée d’époque 1700 environ, dont le linteau est sculpté d’une coquille Saint-Jacques et d’une guirlande de fleurs. La visite de 1757 précise que cette petite pièce précède l’écurie qui se trouve alors dans le prolongement du logis, au nord (lettre A sur le schéma).

La visite de 1757 se poursuit à l’étage du logis auquel on accède par un escalier dans le vestibule. Il s’agit aujourd’hui d’un escalier en bois mais il semble qu’il était en pierre (vendu dans les années 1970). En 1757, il est surmonté d’un cabinet de travail occupé par le fermier Jean Gerbault. Sur le palier, une fenêtre donne sur la cour, une autre sur le jardin. A droite du logis (à gauche lorsqu’on arrive en haut de l’escalier, lettre D sur le schéma) se trouve une chambre occupée par Gerbault, comme celle au-dessous, au rez-de-chaussée. On y voit aujourd’hui une petite cheminée d’époque XIXe siècle. De l’autre côté de l’escalier (lettre C sur le schéma), Pierre Gravier dispose de la dernière chambre, au-dessus de celle qui lui est dévolue au rez-de-chaussée. Dans cette pièce se trouve une grande cheminée en pierre dont le linteau est sculpté de fleurs et d’une étoile.

L’écurie (lettre A sur le schéma), que le cadastre de 1836 montre perpendiculaire au logis, comprise entre lui et le mur de clôture, comprend en fait selon la visite de 1757 une grande et une petite écurie, des toits à cochons, une "poulaillerie" et un colombier avec des latrines en rez-de-chaussée. Tout cela n’apparaît plus sur le plan de 1865, à l’exception de latrines, un petit bâtiment de plan carré, à l’angle nord-est du bâtiment, déjà mentionné en 1757.

A l'opposé, les communs qui se trouvent au sud de la cour comprennent en 1757 un grand cellier qui donne sur la cour au nord (repère E du schéma) ; un "cellier ou chambre noire du côté de l'église", avec un escalier qui monte dans les greniers (repère G, actuelle chaufferie de l'église) ; un "petit cellier par derrière l'église", dont a bénéficié Pierre Gravier, et abritant deux mets à treuil ou pressoir, une en pierre et une en bois, et un tonneau (repère H sur le schéma, ancienne sacristie de l'église) ; et enfin une "prison bestiale" (pour les animaux errants ?) (repère F du schéma).

A l’est du logis, le jardin (parcelle C 666 du cadastre de 1836) est entouré, aujourd’hui comme en 1757, par un mur d’enceinte, haut, en 1757, de trois à quatre pieds. En 1757 comme aujourd’hui, une petite porte percée dans le mur donne dans la rue Pousse-Fenouil. La visite de 1757 mentionne "dans le coin au soleil levant" un cave "nouvellement construite", de 24 pieds de long, 16 de large, 7 de haut, avec deux ouvertures dans la voûte pour donner du jour. On y accède par un escalier de quatorze marches en pierre de taille, abrité par un ballet "tout neuf". En 1757 déjà, le jardin est agrémenté d’arbres.

La Seigneurie après la Révolution

Les fermiers seigneuriaux de Vix continuent à habiter la Seigneurie jusqu'à la Révolution. Les derniers occupant en date sont Luc-René Denfer du Clouzy (1736-1807) et Marie-Anne Fleury, veuve de Pierre Gravier (elle y habite encore au 1er février 1791). La châtellenie de Vix est supprimée en 1791 et, comme tous les biens de l'abbesse de Saintes, la maison seigneuriale et ses annexes sont saisies comme bien national. Les terres de la métairie sont les premières estimées, le 9 août 1791, suivies le 31 janvier 1794 par les bâtiments de la maison seigneuriale, de la métairie et de la Grande grange. L'expert qui procède à l'estimation, Venant Gaudicheau est lié par son épouse, Françoise Denfer, à une des familles qui occupaient jusque-là les fonctions de fermier seigneurial. La maison de la seigneurie est vendue aux enchères le 5 mars 1794. L'acquéreur n'est autre que Luc-René Denfer du Clouzy, précédant occupant des lieux. Commandant de la garde nationale de Fontenay-le-Comte, il est aussi directeur de la Société des marais desséchés de Vix-Maillezais. Le 14 juillet 1800, on lui décerne une couronne civique en tant que premier blessé lors de l'attaque de Fontenay-le-Comte par les insurgés vendéens en mai 1793. Resté parmi la notabilité de Vix, il obtient en 1804 de la municipalité le droit d'ouvrir une porte entre sa demeure et l'église pour y accéder directement (sans doute via les communs au sud de la cour, dans le mur desquels des ouvertures, aujourd'hui murées ou non, ont effectivement été pratiquées). Denfer du Clouzy meurt le 22 avril 1807 en sa demeure de l'ancienne seigneurie qui, de 1801 à 1812, après le rétablissement du culte dans l'église, sert de presbytère au curé.

La propriété passe alors à sa fille, Marie-Stéphanie Denfer (1773-1820), et à son gendre, Alexis-François Bernard (1764-1837), ancien maire de Fontenay-le-Comte, sous-préfet de Montaigu puis de Fontenay-le-Comte. En 1809, la municipalité leur propose d'acquérir l'ancienne seigneurie qui sert de presbytère depuis 1801, mais le projet échoue. Le 23 juin 1810, les époux Bernard vendent alors la Seigneurie à leur oncle, André PIet-Roquépine (1743-1811), époux de Catherine Denfer, ancien négociant, maire de Vix (qui a par ailleurs racheté et habite l'ancien presbytère). Il revend aussitôt l'ancienne maison seigneuriale ainsi que la borderie, le 28 juin, à Pierre Richard, percepteur des contributions directes de Vix. La Seigneurie est ainsi décrite : "La cuisine, le salon, une autre chambre basse, une petite chambre à côté, donnant sur la cour d'entrée, deux chambres hautes, un cellier ; le chai avec les pressoirs qui y sont placés, dont la sortie du chai est du côté de la sacristie de l'église ; trois greniers l'un sur le cellier et les deux autres sur les caveaux et chai, le long du mur qui sépare lesdits greniers construits ; le jardin renfermé de murs de toutes parts au bout du nord, la petite cour derrière la maison avec la remise et la laiterie dans ladite cour, au levant." Piet-Roquépine conserve un temps l'ancienne métairie qu'il cède en 1811. La vente impose la construction d'un petit mur de séparation entre elle et la maison seigneuriale, tel qu'il existe encore aujourd'hui.

Le 27 août 1811, Pierre Richard s'entend avec le curé et les représentants de la paroisse pour murer la porte et la fenêtre qui communiquent de sa propriété dans l'église car elles constituent une servitude "très gênante pour l'église et pouvant donner même quelques distractions aux fidèles". Le lendemain, 28 août, Pierre Richard vend à Jean Rousseau l'ancien chai de la seigneurie, soit une partie des communs au sud de la cour (repères G et H sur le schéma ; ce chai deviendra la chaufferie et la sacristie de l'église). Le 29 août, Pierre Richard se sépare d'une autre partie de la Seigneurie, à savoir l'ancienne borderie (2 rue du Vivier ; en vert sur le schéma), vendue à Pierre Légeron.

Gendarmerie, presbytère puis simple demeure (de 1850 à nos jours)

Ainsi démembrée, l'ancienne seigneurie apparaît sur le plan cadastral de 1836. Un corps de bâtiment est alors accolé à l'ouest du logis (appentis ?) et un autre en retour d'équerre le long du mur de clôture au nord. Ces éléments ont probablement disparu au XIXe siècle. Au cadastre de 1836, la propriété appartient à M. Baudry, notaire à Fontenay-le-Comte, et passe aussitôt à Armand Pageaud (1808-1886) qui y demeure. Géomètre, il est l'auteur du plan cadastral de Vix en 1836. Après la mort de sa fille en 1842, il part vivre à Fontenay-le-Comte. Les locaux de l'ancienne seigneurie, disponibles, sont affectés en 1850 à la brigade de gendarmerie que la municipalité de Vix vient d'obtenir. Le 2 novembre 1851, le conseil municipal, réclamant des gendarmes à cheval, indique que "le local habité par la brigade est muni d'une vaste écurie, de fournils très suffisants et d'une cour assez spacieuse, en un mot toutes les servitudes désirables pour le logement des chevaux". Le logis est réaménagé pour loger les gendarmes. Les deux grandes pièces au rez-de-chaussée et les deux à l'étage sont subdivisées par des cloisons en bois. C'est sans doute aussi à cette époque qu'est aménagée la prison, avec porte à barreaux et à grosse serrure (observée en 1997 à l'extrémité est des communs). Les recensements de population entre 1856 et 1896 mentionnent entre quatre et six gendarmes avec leurs familles. La gendarmerie demeure là jusqu'à ce qu'en 1900, la municipalité décide de la transférer dans un nouvel immeuble, près de la mairie.

La propriété reste peu de temps sans occupants. Quelques années après, la séparation des Eglises et de l'Etat prive le curé et son vicaire du presbytère. Un des notables de la paroisse, Jean Pageaud (1860-1938) et son épouse Marie-Rose Brossard (1870-1920), qui demeurent au 96 rue Georges Clemenceau, décident alors de racheter l'ancienne seigneurie-gendarmerie pour la mettre à la disposition du curé. Le 24 mars 1907, la propriété leur est vendue par Louis Armand Césaire Pageaud, géomètre expert, et Juliette Epaud, son épouse, demeurant à Fontenay-le-Comte. De 1907 à 1929, le corps principal de logis abrite dès lors le curé, et la partie en rez-de-chaussée sert de logement au vicaire. Ils ont accès directement à l'église via une ancienne porte murée, provisoirement rétablie, dans les communs au sud de la cour. Lorsque l'association diocésaine rachète le presbytère, le curé et le vicaire s'y établissent à nouveau et quittent la Seigneurie.

Celle-ci redevient une demeure qui, lors du partage des biens des époux Pageaud-Brossard, en 1921, passe à une de leurs filles, Georgette Pageaud (1899-1973). Elle la vend en 1971 à son neveu, André Clavurier, lequel revend la propriété en 1978 à Jean-Marie Boussion.

Période(s)Principale : 1ère moitié 18e siècle

NB : Cette description résulte de l'observation des lieux effectuée en 1997. Des remaniements ont eu lieu depuis, notamment dans les communs au sud de la cour.

La propriété se situe sur le versant nord du centre-bourg, jouxtant l'ancienne église. Elle est délimitée par un mur de clôture qu'interrompt, à l'ouest, un portail à piliers maçonnés, accompagné d'une porte piétonne couverte (ce portail a été récupéré dans une autre propriété à Chaillé-les-Marais au début du XXe siècle). Une autre baie couverte se trouve dans l'angle nord-est du clos de mur ; il s'agit sans doute d'une baie de décharge permettant le passage des récoltes.

Des communs s'étirent sur le côté sud de la cour, de manière mitoyenne avec l'ancienne église. Ces bâtiments, observés en 2006 et 2009, ont été entre temps transformés et en partie démolis. A l'ouest, une grande écurie, comprenant un fenil, présente une imposante poutre de soutènement et une fenêtre en meurtrière, percée dans l'épais mur de façade. On observe aussi d'anciennes baies murées qui communiquaient avec les autres bâtiments au sud, côté église. A l'extrémité est, une remise (ancienne prison de la gendarmerie ?) se distinguait par ses barreaux et sa lourde serrure.

Le logis se compose de deux corps de bâtiments dans le prolongement l'un de l'autre. Le corps de bâtiment nord est en simple rez-de-chaussée. Le corps de bâtiment sud, principal, possède un étage, sous un toit à croupes que souligne une corniche. Sa façade ouest présente trois travées d'ouvertures, avec pleins de travées appareillés, encadrements et appuis saillants et porte centrale. Celle-ci ouvre sur un corridor traversant, avec un escalier en bois. A droite du corridor, côté sud, une grande pièce est éclairée à l'ouest comme à l'est par une grande fenêtre. Elle présente l'emplacement d'une ancienne petite cheminée du XIXe siècle. Du temps de la gendarmerie, cette pièce était divisée par une cloison en bois dont il reste les traces. Du corridor central, à gauche, vers le nord, on entre dans une autre grande pièce, elle-aussi éclairée à l'ouest et à l'est par une fenêtre de chaque côté. Dans cette pièce, on observe un évier en pierre aménagé dans l'épaisseur du mur est, et surtout, contre le mur nord, une cheminée (première moitié du XVIIIe siècle ?) dont le linteau présente des traces de volutes décoratives. A gauche de cette cheminée, une petite porte conduit au corps de bâtiment nord qui prolonge le corps principal du logis. Ce corps de bâtiment nord, en simple rez-de-chaussée, présente une pièce unique, éclairée par une porte et deux fenêtres de chaque côté, à l'ouest et à l'est. On y trouve une pierre d'évier sous une des fenêtres à l'est, et, sur le mur nord, une grande cheminée (première moitié du XVIIIe siècle ?) ornée d'une coquille Saint-Jacques et de guirlandes végétales sculptées.

L'escalier en bois situé dans le corridor central du corps principal de bâtiment, monte à l'étage de celui-ci. Comme au rez-de-chaussée, il aboutit, après un palier, à une grande pièce de chaque côté, qui fut divisée par une cloison en bois du temps de la gendarmerie. Dans la pièce sud, on observe une cheminée sans décor. La pièce nord, au contraire, présente une grande cheminée en pierre, dont le linteau est décoré d'une étoile et de fleurs sculptées.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 3 E 26/121, fol. 65. 1697, 4 mai : ferme de la seigneurie de Vix par l'abbesse de Saintes à Pierre Clisson.

  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 3 E 26/132, fol. 33. 1708, 20 mars : ferme de la seigneurie de Vix par l'abbesse de Saintes à François-Luc et Pierre-Fort Garos.

  • Archives départementales de la Charente-Maritime, 3 E 26/463. 1757, 14 avril : procès-verbal de visite de la seigneurie de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, B 1232. 1769 : enquête de terrier de la seigneurie de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/72. 1810, 23 juin : vente par François-Alexis Bernard et Marie-Stéphanie Denfer à André Piet-Roquépine de l'ancienne maison seigneuriale de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/72. 1810, 28 juin : vente de l'ancienne maison seigneuriale par André Piet-Roquépine à Pierre Richard.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/73. 1811, 27 août : accord entre Pierre Richard, propriétaire de l'ancienne maison seigneuriale de Vix, et les représentants de la paroisse de Vix, pour faire murer une porte communiquant entre la seigneurie et l'église.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/232. 1907, 24 mars : vente de la Seigneurie de Vix par Louis Armand Césaire Pageaud et Juliette Epaud à Jean Pageaud et Marie-Louise Brossard.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 1 Q 191. 1794, 31 janvier (12 pluviôse an 2) : procès-verbal d'estimation comme bien national de la maison seigneuriale de Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 1 Q 613. 1794, 5 mars (15 ventôse an 2) : procès-verbal de vente comme bien national de la maison seigneuriale de Vix.

  • Archives municipales de Vix. Registres des délibérations du conseil municipal.

  • Archives paroissiales de Maillé. Paroisse de Vix, carton 7. 1809-1862 : acquisition, aménagement et reconstruction du presbytère.

  • Archives notariales de Vix. 1921, 23 juin : donation-partage des biens de Jean Pageaud et Marie Brossard.

Documents figurés
  • 1882, 22 mai : Plan de la caserne de la gendarmerie (de Vix), par Victor Clair. (Archives départementales de la Vendée, 39 Fi 269).

  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

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