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Demeure, 96 rue Georges-Clemenceau

Dossier IA85002284 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, parc, portail, communs, écurie, mur de clôture
Dénominationsdemeure, maison
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 96 rue
Georges-Clemenceau
Cadastre : 1836 C 895 ; 2019 AK 406

Aucune construction ne figure à cet endroit sur le plan cadastral de 1836. Le terrain appartient alors à Louise Mingueneau, veuve de Louis Mion (1790-1828), une des notables et riches propriétaires de la commune. Le terrain passe brièvement à Armand Grippeau, époux d'Adeline Turgné, notaire, et est revendu sur décision judiciaire le 27 avril 1842 dans le cadre de sa procédure de divorce. L'acheteur est André Carré (1783-1851), propriétaire, époux de Marie Raud (1785-1860), demeurant jusqu'à présent au Petit Thairé du Gué-de-Velluire. Aussitôt (la date est confirmée par le cadastre), André Carré se fait construire là une demeure, celle encore observée de nos jours. Elle matérialise sa réussite économique et sociale. C'est ici qu'il s'éteint en 1851, suivi de son épouse en 1860.

Leur succession entre leurs nombreux enfants et petits-enfants n'est réglée en justice qu'en 1873. Le 9 avril, leurs biens sont vendus aux enchères. La propriété comprend "une maison et ses dépendances, consistant en une cuisine, un vestibule, deux chambres au-dessus, une cave, un corridor, un salon, une petite chambre à côté, cinq chambres hautes, des greniers au-dessus, une petite chambre basse à la suite de la cuisine, un serre-bois, un grenier sur les deux, une remise avec grenier, deux écuries, un fenil au-dessus de l’une d’elles, une vaste cour au nord dans laquelle existent un puits, un hangar, un fournil, une buanderie et une laiterie, un grand jardin dans lequel il y a un puits et une citerne, des lieux d’aisance et des toits". A tout cela s'ajoute un champ "ensemencé en luzerne" et qui touche à la maison à l'ouest.

L'acquéreur de la propriété ainsi vendue, pour la somme de 14200 francs, est Adolphe Mion, né à Vix en 1847, petit-fils de Louis Mion et Louise Mingueneau qui possédaient le terrain en 1836. Marié avec Marie-Louise-Véronique-Andrée Sensenbrenner, il est le beau-frère de Marie-Rose-Thérèse Augereau épouse Sensenbrenner, autre notable de la commune (demeurant au 58-60 rue Georges Clemenceau). Médecin, il exerce à partir de 1873 sa profession dans sa maison nouvellement achetée (un squelette d'étude médicale étant encore visible en 1999 dans le grenier). En 1892, il quitte Vix pour s'établir à Paris, 20 rue Lamartine. Il loue alors sa demeure à un autre médecin, Emmanuel Mainard qui tient là sans doute son cabinet à son tour (selon la tradition orale, le cabinet médical était situé au rez-de-chaussée du corps de bâtiment latéral sud du logis).

Après le décès de son épouse, survenu à Paris le 27 février 1894, Adolphe Mion vend sa propriété, le 12 novembre suivant, pour 16300 francs, à un notable de la paroisse, Jean Pageaud (1860-1938). Il demeure là jusqu'au décès de son épouse, Marie-Rose Brossard (1870-1920). Parmi les quelques travaux qu'il réalise dans la propriété, il fait creuser une nouvelle citerne dans le jardin et donne les pierres excavées à la paroisse pour servir à la construction d'une extension de l'école privée. Le 21 juin 1921, après le décès de Marie-Rose Brossard, a lieu la donation-partage de ses biens et de ceux de son mari. Leur fille Marie-Claire Pageaud, épouse de Camille Clavurier, obtient la demeure familiale, dont son père se réserve toutefois la partie est jusqu'à sa mort. La demeure est ainsi décrite : "Une propriété consistant en un vestibule, deux chambres au-dessus, une cave, un corridor, un salon, une petite chambre à côté, une autre chambre, deux chambres hautes et un cabinet de toilette, un grenier sur ces deux chambres et sur le cabinet, une ancienne chambre au rez-de-chaussée divisée en trois, sise au couchant de la maison, un grenier dessus, une chambre de débarras à côté de la cuisine, une remise à la suite, un grenier sur le tout, deux écuries, un fenil sur l’une d’elles, un hangar, un fournil, une buanderie, une laiterie, une cour au nord avec puits, un jardin au midi dans lequel existent un puits et une citerne, des lieux d’aisance, des toits divers à la suite de l’une des écuries." Après Camille Clavurier et Marie-Claire Pageaud, la propriété passe à leur fils, André Clavurier (1920-2007).

Période(s)Principale : 2e quart 19e siècle
Dates1842, daté par source

La propriété est délimitée par un mur de clôture. Côté rue Georges Clemenceau, au nord-est, il est interrompu par un imposant portail à piliers maçonnés, avec porte piétonne couverte et grilles en ferronnerie. Derrière s'étend une grande cour, puis le logis et ses communs, et enfin un jardin ou parc. Le tout s'inscrit entre les rues Georges Clemenceau et des Rivaux.

L'entrée de la cour est encadrée par de petits communs perpendiculaires à la voie. Le logis s'élève en fond de cour, avec les deux ailes de communs qui lui sont adjointes en retour d'équerre, le tout formant un U. L'aile nord de communs abritait une écurie, et l'aile sud un garage à voitures à cheval, le tout sous des greniers.

Le logis lui-même se compose d'un corps central de bâtiment, encadré par deux corps latéraux plus bas. Le corps central comprend en effet, outre une cave, un rez-de-chaussée surélevé, un étage et un grenier, alors que les deux petites ailes se limitent à un étage, qui plus est moins élevé que celui du corps central. Celui-ci expose côté cour ses trois travées d'ouvertures (une seule pour chacun des corps latéraux), avec porte centrale. Le comble est éclairé par de petites baies horizontales. La façade sur cour (dont on retrouve tous les éléments sur la façade côté jardin) est structurée à l'horizontal par un solin, un bandeau d'appui et une corniche qui vient souligner le toit. Le décor se limite aux pleins de travées appareillés, aux encadrements saillants des ouvertures, à celui, mouluré, de la porte et à la corniche qui surmonte la baie centrale de l'étage. Le tout détermine un ensemble classique sobre et harmonieux. A la base de la façade, un escalier extérieur forme une descente de cave.

(NB : La description intérieure suivante est issue de l'observation des lieux en 1999).

La porte centrale d'entrée, côté cour, ouvre sur le rez-de-chaussée du corps principal de bâtiment, soit d'abord un corridor dans lequel s'élève la cage d'escalier, en bois, à droite. Des éléments de verrière ornent cette cage d'escalier. A gauche du corridor se trouve une chambre avec une cheminée dont le trumeau présente deux pilastres à chapiteaux au décor végétal, soutenant un fronton en arc segmentaire. Celui-ci est orné d'une scène en bas-relief qui représente un putto assis sur une barrique de vin dont il semble boire une partie du contenu, un verre à la main. De part et d'autre se trouvent des corbeilles de fruits, des rameaux de vigne et des têtes humaines portant des pampres en pendentifs aux oreilles.

Derrière cette chambre et le corridor, une salle à manger ouvre sur le jardin. Elle présente une cheminée d'angle et des moulures au plafond. A côté, vers l'ouest, se trouve une petite chambre avec une cheminée en marbre gris. Un salon (ancien cabinet médical selon la tradition orale) occupe le rez-de-chaussée du corps latéral sud, suivi d'une cuisine dans l'angle sud de l'ensemble. De cette cuisine, on entre dans l'aile sud de communs. A l'opposé, le rez-de-chaussée du corps latéral ouest est occupé par une chambre, avant une seconde qui se situe dans l'angle ouest de l'ensemble, jouxtant l'aile nord de communs.

A l'étage du corps principal de bâtiment, une garde-robe et un couloir se trouvent à gauche du palier de l'escalier. De là, en direction du jardin, un couloir central dessert une chambre de chaque côté. Dans l'une d'elles, à l'ouest, on observe une cheminée en marbre rose, au linteau en accolade. L'étage du corps latéral de bâtiment au sud (au-dessus du salon et de la cuisine) est constitué d'une chambre puis d'une seconde. Dans la première se trouve une cheminée dont le trumeau présente un simple décor de pilastres ioniques et de fleurettes. A l'opposé, l'étage du corps latéral de bâtiment ouest est occupé par une ancienne chambre de domestique (Alphonse Caillaud, domestique de Jean Pageaud-Brossard, y habitait, selon la tradition orale). Cette chambre donne sur un grenier dans l'angle ouest de l'ensemble. Enfin, l'escalier central monte au vaste grenier qui règne sur l'ensemble du corps principal de bâtiment.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
TypologiesMaison indépendante, Maison de maître, 5
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 37. 1873, 9 avril : vente aux enchères des biens de la succession d'André Carré et Marie Raud, devant Me Daniel-Lacombe, notaire à Fontenay-le-Comte.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 37. 1894, 12 novembre : vente d'une propriété à Vix par Adolphe Mion à Jean Pageaud époux de Marie Brossard, devant Me Clais, notaire à Fontenay-le-Comte.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

  • Archives notariales de Vix. 1921, 23 juin : donation-partage des biens de Jean Pageaud et Marie Brossard.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis