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Couvent de jacobins Saint-Yves, rue du Faubourg-Bizienne

Dossier IA44004390 réalisé en 2005

Fiche

Genrede frères prêcheurs
Vocablessaint-Yves
Appellationscouvent Saint-Yves
Destinationsdétruit
Parties constituantes non étudiéeséglise
Dénominationscouvent
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Adresse : rue du Faubourg-Bizienne

En 1404, Jean V, duc de Bretagne obtient du pape Benoît XIII l'autorisation de fonder un couvent de frères prêcheurs à Guérande. En 1408, Jean V crée un couvent Dominicain dans le faubourg Bizienne, à l'emplacement même d'une chapelle de la Sainte Trinité. Cette décision entraîne une forte protestation des chanoines de la collégiale Saint-Aubin de Guérande. Malgré cette opposition la première pierre aurait été posée le 16 mars 1409 et la chapelle consacrée le 16 septembre 1441. Afin de permettre le développement de l'établissement religieux, Jean V accorde les droits sur les vins vendus lors d'une foire annuelle instituée le jour de la Saint-Yves. Cette foire se tient devant les portes du monastère. Le Duc accorde également l'usufruit, pendant 12 ans, de 55 œillets de marais salants. Ces privilèges sont confirmés par ses successeurs puis par les rois François 1er, Louis XIV et Louis XV.

Le 19 janvier 1705, une violente tempête cause d'importants dégâts à l'église qui se voit amputée de son clocher.

Le 3 novembre 1766, les ossements du cimetière sont transférés en l'église Saint-Yves.

En 1792, les Dominicains déclarent posséder : une maison devant leur communauté avec une pièce de terre et de jardin, deux vieilles maisons faubourg Bizienne, un moulin à vent au lieu dit Moulin de la Place, des vignes dans le parc du Sable et dans les clos Saint-Aubin, Reignier, Gludi et Mesmerini. Ils bénéficient également de rentes foncières pour une maison rue Saint-Michel, une maison près de la Chapelle de la Trinité, une maison et un jardin près de la fontaine Bizienne, une rente hypothèque sur le près du Moulin proche du faubourg Saint-Armel et une rente hypothèque sur quatre maisons à Saillé rue du Four.

À la fin du XVIIIe siècle, le monastère est démantelé, vendu 18400 livres par un certain Hocmard. L'église est achetée 80 livres par M. Chevarriau. Le mobilier est vendu aux enchères publiques en 1792. Les bâtiments ont été détruits au XIXe siècle.

Période(s)Principale : 1ère moitié 15e siècle
Principale : 17e siècle
Dates1408, daté par source

L'ancien couvent Saint-Yves se situait à l'angle de la rue du faubourg Bizienne et de l'Allée de Progalais. Les descriptions faites au XVIIIe siècle permettent de connaître l'organisation de cet ensemble. Il se composait d'une maison conventuelle pouvant héberger une quinzaine de religieux et comprenant deux dortoirs (l'un de quatre, l'autre de neuf cellules), un réfectoire, une cuisine, trois infirmeries, une bibliothèque, deux salles dont une assez vaste pour accueillir les États de Bretagne en 1625. L'abbé Grégoire dans son état du diocèse de Nantes signale dans le réfectoire deux tableaux : l'un représentant le Christ, l'autre la Cène. Ils sont conservés dans la collégiale Saint-Aubin.

L'église était divisée en deux corps : l'un qualifié de « majeur », accueillant le chœur avec stalles et orgues, l'autre qualifié de mineur et réservé aux fidèles. On y trouvait les autels de Saint-Averin et de la Vierge. Plusieurs sépultures et enfeus appartenant notamment aux familles Colveuc, d'Ust, du verger, Beaulieu en Mesquer étaient installés dans l'église. Les dépendances se composait d'un pressoir et d'une buanderie. Il y avait un jardin potager, un jardin fruitier et au jardin légumier. Le tout était clos de murs. L'entrée se faisait au Nord, dans la rue Bizienne par un portail à passage piéton et cocher.

Aujourd'hui on peut observer quelques vestiges épars du monastère. L'angle ouest de la parcelle AH360 du cadastre actuel, est aménagé d'une plate forme rectangulaire maçonnée formant belvédère. Sur la parcelle AH215 on observe les ruines d'un bâtiment construit en pierre taillé avec calage d'ardoise. On remarque dans les propriétés voisines de nombreux éléments lapidaires. Sur le parement interne du mur de clôture de la parcelle AH364, on peut voir le remploi d'une large arcature en plein cintre moulurée. Une plaque avec inscription « S. Yves » et la porte piétonne de l'ancien portail du couvent sont remployés dans la maison construite sur la parcelle AH362. Des fragments de fûts de colonnes, des bases et des chapiteaux ont été observés dans les jardins alentour.

Une maison est conservée dans l'enclos, en retrait de la rue du faubourg Bizienne (cadastre AH 271). Cette demeure n'a pu être visitée. Construite sur un plan rectangulaire à deux niveaux (rez-de-chaussée, étage carré), elle est couverte d'une toiture d'ardoise à longs pans avec pignons découverts. Elle conserve à l'intérieur une cheminée ancienne en granite.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • « Études et documents sur l´histoire de Bretagne », XXV, La fondation des dominicains à Guérande (1404-1409), pièce justificative, Annales de Bretagne, t. XXV, n° 4, juillet 1910, p. 720-721.

    Bulle de Benoit XIII autorisant la fondation des Dominicains à Guérande, donné à Saint-Victor de Marseille, le 19 mars 1404 [Reg. Avinion. 316, f. 429 v° ; Archives départementales de Loire-Atlantique, E 43, original scellé de plomb sur lacs de soie].

    Dilecto filio nobili viro Johanni duci Britannie salutem.

    Exigit tue devotionis affectus, quo nos et Romanam Ecclesiam revereris, ut petitionibus tuis, illis presertim que divini cultus augmentum et ordinis fratrum Predicatorum propagationem respiciunt, favorabiliter annuamus. Exhibita siquidem nobis pro parte tua petitio continebat quod in villa de Garrandia, Nannetensis diocesis, cujus dominus existis, aut alio loco civitati Nannetensi propinquiori qui ab ipsa villa per quatuordecim leucas distat, aliqua domus alicujus ordinis mendicantium non existit, et quod ipsa villa est sita in patria populosa, fertili et abundanti, et prope mare, et ad meam multi mercatores et extranei tam per mare quam per terram de diversis mundi partibus accedunt continue, et quod in ea ultra tria milia habitantium existunt, ex quorum et personarum ibi confluentium et partium predictarum elemosinis multi fratres alicujus ordinis mendicantium poterunt congrue substentari aca lia eis onera incumbentia supportare, quodque tu, zelo devotionis accensus, in dicta villa unum locum congruum et decentem ad usum fratrum ordinis fratrumpredicatorum concedere et in eo ad omnipotentis Dei et Beate Marie Virginis, ejus matris, ac sancti Yvonis laudem et gloriam, et ut verbum Dei in illis partibus per amplius predicetur, in honore et sub vocabulo dicti sancti unam ecclesiam, capellam vel oratorium cum campanili, campana, cimiterio, domibus et aliis necessariis officinis ad usum ipsorum fratrum ordinis Predicatorum fundare, et construi ac edificari facere desideras et proponis ; quare pro parte tua fuit nobis humiliter supplicatum ut eisdem fratribus ordinis fratrum Predicatorum recipiendi locum ipsum tibi que in eo ecclesiam, cappelam seu oratorium cum campanili, campana, cimiterio, domibus et aliis necessariis ad usum ipsorum fratrum construendi et edificandi licentiam concedere de benignitate apostolica dignaremur. Nos igitur, qui ipsum ordinem gerimus in viceribus caritatis et divinum cultum augeri totis desideriis affectamus, tuis in hac parte supplicationibus inclinati, eisdem fratribus locum ipsum recipiendi et tibi in eo construendi et edificandi hujusmodi ecclesiam, seu cappellam vel oratorium cum campanili, campana, cimiterio, domibus et aliis officinis ad usum ipsorum fratrum, jure tamen parrochialis ecclesie et cujuslibet alterius in omnibus semper salvo, ac venerabilis fratris nostri episcopi Nannetensis licentia minime requisita, felicis recordationis Bonifacii pape VIII predecessoris nostri qua inhibetur ne aliqui fratres ordinum mendicantium in aliqua civitate, castro, villa vel alio loco domos vel loca quacumque recipere de novo presumant absque Sedis Apostolice licentia speciali, faciente plenam et expressam de inhibitione hujusmodi mentionem, et quibuslibet aliis constitutionibus apostolicis contrariis nequaquam obstantibus, plenam et liberam auctoritate apostolica tenore presentium licentiam elargimur, et insuper tibi eadem auctoritate concedimus quod prior et fratres, qui in hujusmodi loco pro tempore morabuntur, omnibus libertatibus, exemptionibus, privilegiis et gratiis aliis fratribus dicti ordinis a prefata Sede generaliter concessis gaudeant et utantur. Nulli etc. Datum apud Sanctum Victorem prope Massiliam, XIV kalendas aprilis, pontificatus nostri anno decimo.

    Sur le repli : H. de Brayo.

  • inventaire et vente de biens mobiliers appartenant à la noblesse et au clergé (Archives départementales de Loire-Atlantique ; Q 511)

    Visite du couvent le 20 janvier 1791 (extrait du minutier du greffe de la municipalité de Guérande) ; par Charles Moyson et henry Hardouin, officiers municipaux et communaires de Guérande.

    [ ] nous sommes transportés de compagnie à la porte du couvent, à l´extrémité du faubourg Bizienne et au couchant de la même ville, et après avoir été introduit par un domestique de la communauté, en la chambre du ci-devant prieur Mr Paris, avec les religieux présents [ ]. Les pères ne font pas opposition. Ils déclinent leur âge, leur profession en religion, etc. On leur demande s´il veulent ou non continuer la vie commune ; trois disent que non, le quatrième répond par écrit. Suit la visite de la maison qui consiste savoir l´église y attenant et séparée en deux corps vers le Nord. Dans le corps majeur il y a un chœur avec stalles, jeu d´orgues de 8 pieds au bas avec une chaire à prêcher au milieu et le maître autel au haut. Dans le corps mineur est l´autel de la vierge et une vielle armoire où est partie du linge de l´église et 4 confessionnaux tant dans le chœur que dans le grand corps de l´église au-devant. La partie de l´Est consiste dans 4 cellule dans le même collidor, au dehors est la chambre du chapitre. Celle du midi contient 9 cellules dans un même collidor. La partie du couchant contient 3 infirmeries et la bibliothèque au dessus avec une chambre de domestiques.

    Les bas sont de grands réfectoires, la cuisine et 2 salles dégarnies, et la menuiserie, quoiqu´il n´y ait que 13 chambres en totalité autrement nommées cellules où on en pourrait former 6 dans le cas de nécessité en réduisant les religieux à l´étroit.

    Dans cette enceinte est le (dortoir ?) au milieu duquel est un grand et beau puits.

    À l´extrémité de cette maison est une cour au couchant où il y a une petite bâtisse qui renferme un pressoir avec ses ustensiles servant tous les ans à pressurer le vin, une petite buanderie y joignant,un petit jardin à côté fermé de murailles, dans la même cour, un puits. Au milieu de la cour de la maison, un jardin fruitier, un jardin légumier, un autre jardin potager ; au couchant un pré formé de murs et clôture avec un petit étang entre le jardin et la prée, pour le service et lavage de ladite communauté.

    Au devant de la même maison un jardin appelé le jardin de la sacristie tout en un tenant et un autre même enclos fermé de murailles, pouvant contenir 6 à 8 journaliers. Nous avons remarqué dans les jardins et (dortoirs ?) une grande quantité d´ardoise et de fétaux de paille ça et là.

    Les couvertures de la maison ont le plus urgent besoin de fétaux et d´ardoises. Les fenêtres des collidors et des appartements ci-devant dans un état de vétusté et quelqu´une de pourriture, ainsi que les carrelages et portes des chambres, exceptées celle actuellement occupées par les religieux qui peuvent résister quelques temps.

    Nous avons ensuite monté jusque dans les greniers toujours accompagnés des mêmes religieux, nous avons vu que la couverture de cette maison est dans un état de délabrement et de dépérissement imminent si on ne fait pas de réparation à la couverture de cette maison sous peu, grande partie des appartements deviendront inhabitable et l´autre s´écroulera, les dégâts et les dégradations nous ont paru provenir des ouragans qui règnent depuis un mois.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. H 296.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. Q 511. Inventaire et vente de biens mobiliers appartenant à la noblesse et au clergé.

Bibliographie
  • BOCERET, E. de. Les établissements hospitaliers et religieux de Guérande ; le couvent des Jacobins. Revue historique de l´ouest, décembre 1895.

    p. 881-898.
  • GUÉRIFF, Fernand. La collégiale Saint-Aubin de Guérande. Le Pouliguen, 1985.

    p. 59.
  • LANCIEN, Josick. Sur les pas des Dominicains ou souvenir du couvent Saint-Yves de Guérande. A.P.H.R.N, n° 66, 2002.

    p. 35-40.
  • LE GOUVELLO, H.-Y. L´ancien culte de Saint Yves au diocèse de Nantes, première partie . La semaine religieuse du diocèse de Nantes, 1889.

    p. 546-549, 463-464 et 484-488.
  • MARTIN, H. Les ordres mendiants en Bretagne (vers 1230-vers 1250). Paris, 1975.

    p. 63-65, 101, 103, 115, 116, 146, 157, 167, 208, 219 (n. 94), 225, 237, 239, 243, 247, 251, 256, 270, 281, 297, 324, 328 et 382.
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Tome 2.

    p. 166.
  • ORCEAU, Robert. Les chapelles du diocèse de Nantes. ms., Archives de la société archéologique de Nantes, t. 1, 1960.

    p. 57.
  • ORIEUX, Eugène. Nantes et la Loire-Inférieure. Tome 2, Nantes, 1898.

    p. 259.
  • QUILGARS, Henri. A travers la ville de Guérande : guide historique et archéologique contenant un plan de la ville. Nantes, Librairie Durance, 1913.

    p. 35 et 42.
  • Études et documents sur l´histoire de Bretagne, n° 25, La fondation des dominicains à Guérande (1404-1409). Annales de Bretagne, t. 25, n° 4, juillet 1910.

    p. 719-721.
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Ville de Guérande - Dufrêche Frédéric
Frédéric Dufrêche

Société Atemporelle.


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