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Collégiale Saint-Aubin, place Saint-Aubin

Dossier IA44004435 réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

VocablesSaint-Aubin
AppellationsCollégiale Saint-Aubin
Destinationscollégiale, église paroissiale
Dénominationscollégiale, église
Aire d'étude et cantonGuérande - Guérande
AdresseCommune : Guérande
Adresse : place
Saint-Aubin
Cadastre : 1819 Z 67 ; 1989 AK 79

Selon le cartulaire de Redon, en 854 l'église de Guérande abrite des reliques de Saint-Aubin. L'église est de nouveau citée plusieurs fois dans des actes du troisième quart du IXe siècle.

Les observations archéologiques de 1865, 1876 et 1899 posent question. Les bases de pilier ou chapiteaux remployés en fondation (observation au XIXe siècle) ainsi qu'un bloc décoré retrouvé en fondation d'un contrefort du chevet (fouille de 2006) traduisent selon Christophe Devals, l'existence d'un édifice vers le Xe siècle. Toujours selon le même auteur, cet édifice couvrirait en longueur la superficie du chœur et du chevet actuel et la largeur du chœur et du transept nord (au moins). Le sarcophage trapézoïdal en bâtière actuellement déposé dans la chapelle basse semble attester d'inhumations dans le chœur dès l'époque mérovingienne (VIe - début VIIIe siècles).

Au milieu du XIe siècle, l'abbé Gautier (1036-1055), de l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, fait rédiger par un de ses moines une « vita » complète de saint Aubin ; c'est ce texte qui signale une magnifique basilique à Guérande. Il faut ensuite attendre les années 1114-1139 pour rencontrer une nouvelle mention de la paroisse.

Un acte des années 1140 cite plusieurs chanoines à Guérande, ce qui fait de Saint-Aubin la plus ancienne collégiale du diocèse de Nantes. L'existence d'un collège canonial est confirmée, entre 1157 et 1189, par un acte de l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers. Les textes restent muets jusqu'au début du XIVe siècle. En 1342, les chroniques indiquent que cinq églises de Guérande sont brûlées lors du siège de la ville par Louis d'Espagne. La collégiale est certainement touchée puisque trente ans plus tard, elle est encore l'objet de travaux. Vers 1372, des lettres d'indulgence de Grégoire XI lui sont accordées pour des « réparations » importantes à effectuer et pour « la nécessité de renouveler les calices, livres de chants et ornements dispersés du fait des guerres ». Les textes révèlent une nouvelle phase de reconstruction au début du XVIe siècle. En 1515, Léon X accorde des indulgences pour la reconstruction du clocher ou tour - « campanile seu turris » - de l'église de Guérande. Le 22 avril 1523, un acte du roi de France, accorde 500 écus aux « gens d'Eglise, bourgeois, manans et habitans de la ville de Guerrande » « pour convertir à la redifficacion de l'église de Saint-Aulbin de Guerrande ».

En 1705-1706, un ouragan cause des dommages au clocher qui s'effondre. Une nouvelle tempête en 1785 abat une flèche de la collégiale.

Au XIXe siècle, l'église est restaurée à plusieurs reprises. En 1802, la somme de 20 000 francs est allouée à une première campagne de travaux. L'essentiel de la dépense concerne le clocher. L'année suivante, une lettre anonyme du bureau de bienfaisance adressée au préfet évalue à 10 000 francs la réparation de l'église. Elle observe qu'il est intéressant pour la marine et le commerce que cette église soit entretenue, car son clocher sert de point principal de direction pour l'entrée des vaisseaux en Loire. Au début des années 1850, l'architecte Bourgerel propose une série de devis et de plans pour des travaux à effectuer. Faute de financement suffisants, il faut attendre 1859-1860 pour que débutent les travaux de restauration et de consolidation sous la maîtrise d'œuvre de l'entreprise Théophile Desforges, de Tours.

Vers 1871, la façade ouest est reprise avec la modification de la tour de l'horloge. Elle est remplacée par une tourelle en encorbellement portant une flèche de style néogothique. Cette dernière, effondrée le 28 novembre 1876, est remplacée en 1884-1885 lors de la reconstruction de la façade ouest par l'architecte diocésain Eugène Boismen.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Boismen Eugène
Eugène Boismen

architecte, architecte diocésain


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architecte diocésain attribution par source
Auteur : Bourgerel Gustave architecte départemental attribution par source

L'église se situe au cœur de la ville, bordée de places au Sud et à l'Est. L'archéologie atteste d'inhumations autour de l'édifice. Un cimetière s'étendait autrefois au Nord. L'église adopte un plan allongé avec un chœur à déambulatoire. L'ensemble est construit en pierre de granite (moellon et pierre de taille) sous une toiture d'ardoise à longs pans.

Le mur sud est marqué par un porche de style gothique flamboyant restauré en 1884. Il adopte un plan quadrangulaire flanqué de contreforts d'angles hérissés de pinacles. Il protège un portail à trumeau de style Renaissance. La façade ouest a été entièrement reconstruite par l'architecte départemental Boismen après la chute de la flèche en 1876. Elle est encadrée de contreforts décorés de pinacles et de crochets. Au Sud, une chaire extérieure desservie par un escalier en vis retient l'attention. Seuls quelques exemples comparables sont connus au XVe siècle en Bretagne (Nantes, Le Guerno, Fougères). Le portail ouest à trumeau est surmonté d'une grande fenêtre à remplage terminée par un gable triangulaire. Une tourelle en encorbellement formant campanile surmonte la façade hérissée de flèches polygonales en pierre.

À l'intérieur, la nef de 5 travées est flanquée de collatéraux. Un transept sépare la nef du chœur. Ce dernier, long de 5 travées, se termine par un chevet à pans coupés. Un déambulatoire ouvre sur plusieurs chapelles et une crypte (ou chapelle basse), au Sud.

De grandes arcades séparent la nef des collatéraux. Elles reposent sur une alternance de grosses piles cylindriques et de piliers formés de huit colonnettes. Les vingt-deux scènes historiées qui composent la décoration des chapiteaux de la nef se répartissent sur les trois derniers piliers nord. Les pièces en relief sont parfois mutilées, notamment les jambes ou les bras en saillie des personnages. Selon les pièces d'archives, les chapiteaux numérotés lors de leur remontage au XIXe siècle semblent dans l'ordre. Il manque probablement deux scènes sur le pilier 2. Le chœur long de 27 m. dispose d'un déambulatoire distribuant plusieurs chapelles.

La crypte ou chapelle basse, contre le bras du transept, adopte un plan rectangulaire. Elle est couverte de voûtes à quatre quartiers rayonnants autour d'un pilier central.

Phasage :

Phase romane :

Les observations archéologiques de 1865 et 1868 ont permis à l'organiste Clétiez et à l'architecte Bourgerel d'effectuer des croquis d'éléments lapidaires remployés sous les bases des piles du chœur. Ils se présentent sous l'apparence de chapiteaux renversés ornés de motifs striés. Selon P. Inquello ils sont fréquents dans le domaine roman breton. Enfin, signalons la découverte récente d'un tailloir de style assez comparable, remployé sous un contrefort de l'angle extérieur nord-est du déambulatoire.

Hormis la façade ouest (reconstruite suite à l'écroulement du clocher en 1876), la nef présente un programme très homogène qui se reflète notamment dans le traitement des profils sculptés des bases de colonnes, des chapiteaux végétaux et historiés, dans la nef et les collatéraux.

La nef sous une charpente apparente était flanquée de collatéraux dont on ignore le mode de couvrement (charpente apparente, voûte d'arrêtes ou à quatre quartiers).

La datation des chapiteaux historiés varie selon les auteurs. Pour Anne Autissier, ils peuvent appartenir au dernier tiers du XIIe siècle, tandis qu'Alain Gallicé les date peu après les années 1130.

Phase XIIIe - XIVe siècles :

Au-dessus des chapiteaux romans, les murs de la nef sont surélevés afin d'accueillir un triforium discontinu, alternant percement de baies étroites isolées et triplé de baies. En l'absence de supports supplémentaires, le couvrement reste vraisemblablement charpenté. Les baies hautes, largement remodelées lors de la restauration de la seconde moitié du XIXe siècle, présentaient, comme le montrent les photographies antérieures aux travaux, des moulurations extérieures ondulantes très similaires à celles de la porte de l'escalier intérieur situé dans l'angle sud-ouest du transept. Dans le transept, cette même phase se caractérise par des piles, colonnes et colonnettes à pans coupés supportant des chapiteaux très sommaires.

Les chapiteaux situés au revers du tabernacle du transept sud supportent un arc à pans coupés noyé dans la maçonnerie. On ne peut déterminer s'il ouvrait autrefois depuis le transept vers une abside ou s'il s'agit d'un projet de double déambulatoire. Ce type d'arc se retrouve au-dessus de l'entrée sud du déambulatoire, ainsi que sur l'arc transversal sud du transept.

Le bras nord du transept actuel s'appuie sur un mur préexistant.

Le déambulatoire nord conserve deux lancettes étroites à double ébrasement et double rouleau à pans coupés. Elles reçoivent actuellement les verreries de Saint-Louis et de Saint-Pierre. Les fissures dans l'enduit qui recouvre le mur du déambulatoire laissent supposer la présence d'une autre lancette juste après l'entrée nord du déambulatoire, ainsi qu'à l'ouest de l'entrée de la chapelle Saint-François.

Phase XVe milieu du XVIe siècle :

Cette phase s'appuie très largement sur la structure précédente. Le déambulatoire semble conserver sa largeur de circulation. Le voûtement en tuffeau s'appuie sur des colonnettes portées par des culots à mouluration annulaire ornés sur leur pointe de visages féminins au Sud, et de visages masculins au Nord.

Dans le chœur, les pointes de culots sont décorées de visages d'homme, de femme, de personnage portant un phylactère. L'évasement accueille trois agrafes, l'une en capitale, les deux autres contre la paroi. Le voûtement, tout comme les arcs-boutants, est un ajout de la fin du XIXe siècle. Le chevet plat est percé de trois baies flamboyantes munies de verrières.

Le transept semble reprendre le plan de la phase précédente. Les grosses piles nord-ouest et nord-est présentent des bases adoucies à double bourrelet. En partie haute, les arcs en pénétration à multiples moulurations prismatiques s'appuient sur la structure précédente et voûtent la croisée du transept. Les deux baies de transept sont également de cette campagne. Aucun voûtement n'était prévu sur les bras du transept. La charpente à poinçon sur entrait, lambrissée, était apparente. Les sablières du bras nord présentent encore un décor d'engoulants, ainsi que des mascarons accueillant des figures caractéristiques de la première Renaissance. Sur l'une, on peut lire « 1541 » et « MDXCI » sur l'autre. La nef, comme le montre l'iconographie ancienne, comportait également une charpente du même type.

Cette phase de construction permet de rapprocher Saint-Aubin de Guérande de Notre-Dame du Croisic, construite à partir de 1494 : chevet plat, arcs en pénétration extrêmement moulurés, culots à moulurations annulaires, culots à agrafes.

Le décor atteste que cette période de construction se déroule de la fin du XVe au milieu du XVIe siècle.

Phase XVIIIe siècle :

Le bras sud du transept et le chœur sont couverts de charpentes à portique. Celle du bras sud est datée par inscription de 1756, tandis que sur celle du chœur, on peut lire « 1764 ».

Phase XIXe siècle - XXe siècle :

Au XIXe siècle, l'église est restaurée à plusieurs reprises. Vers 1871, la façade ouest est modifiée par l'architecte Gustave Bourgerel qui construit une haute flèche néogothique flanquée de part et d'autre de pinacles hérissés. La flèche s'effondre en 1876 à la suite d'une tempête. La façade est entièrement reconstruite à l'identique à l'exception de la flèche réduite à une simple tourelle. Cette nouvelle campagne est assurée par l'architecte Eugène Boismen.

En 1903, le clocher de la croisée du transept est repris et rehaussé. Il est abaissé en 1965.

Mursgranite
calcaire
moellon
pierre de taille
grand appareil
Toitardoise, pierre en couverture
Plansplan allongé
Couverturestoit à longs pans
flèche polygonale
pignon découvert
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1840

Annexes

  • Bollandistes : « Acta Sanctorum », « Miracula Albini », 1er mars, p. 62.

    « Ad hujus vici portum quodam tempore armata plurima classis advenit navium Aquilonares piratas asportantium quos nos Normannos vocitare solemus. Efferum adeo nimiumque crudele hominum genus. Horum igitur improviso adventu ita sunt omnes coloni terrae illius perterriti, ut quid agerent, quo se verterent omnino ignorarent. Nam resistendi vires nullae, fugiendi vero nisi relictis parvulis cum uxoribus, cum omni supellectili, nullus aditus.

    Sese tamen tubarum clangore convocantes, omnes ad beati Albini ecclesiam cum magnis votis confugiunt ; Albinum auxiliatorem, Albinum advocatum, Albinum ducem suum atque signiferum plorando rogitantes. Tali trepidatione tumultuantes, quidam vir curialis, claro visu venerabilis, nulli eorum notus, militis specie apparuit, fulgentibus stipatus armis, qui illorum tarditatem increpans, ait : ignavi, modicaeque fidei. Quid dubitatis cum gente, quae sine Deo degit, certamen inire ? Num Christo Domino impossibile est vel in pluribus vel in paucis triumphare ? Cum praesertim B. Albinus jam diu presens expectet paratus vobis auxilium praebere. Mementote David inermem puerum gigantem Goliam cunctis horrendum lapide uno stravisse. Quo dicto, omnes accensi, cum hostibus congrediuntur qui jam aderant pervadere omnia parati, quodque universa diriperent occiderent atque igni traderent indubii. Parvulus vero grex S. Albini in hostem impetum fecit et licet pauci contra plures, contra armatos inermes, indocti contra praeliis assuetos, non suis, sed Dei freti viribus, hostiles cuneos prostraverunt. Nec mora, piratae sentientes Deum pugnare non homines, in fugam versi plura suorum cadavera in littore relinquentes, velocius quam venerant suas adeunt carinas, nec ultra illas pervadere terras ausi sunt.

    Sancti itaque auxiliante, devictis hostibus atque fugatis, postquam inquirentes, in tanto congressu non solum nullum periisse suorum, sed ne vulneratum quidem fuisse, percipiunt illum solummodo militem incognitum, quem confortatorem habuerant suo numero deesse cognoscunt. Quo eventu valde dolentes tristesque effecti, omnia mortuorum corpora diligenter scrutantur ut eum vel sepultura honorarent. Sed illo minime invento, nulli jam dubium fuit quin angelica virtus extitisset, missa a Domino in adjutorium devotae plebis. Hisque ita prospere peractis, omnes cum gaudio ad basilicam concurrunt Sancti confessoris, vota sua solventes cum sacrificio laudis ».

  • MAÎTRE Léon : « Les origines du temporel des évêques de Nantes et de la collégiale Saint-Aubin à Guérande », Bulletin archéologique de l´association bretonne, t. 18, 1900, p. 176-179.

    VIe siècle

    Extrait de la « Compillation des cronycques et ystoyres des Bretons », partie en III livretz par Pierre Le Baut, secrétaire de Jean, sire de Derval [Bibl. nat., ms. franç. 8266, 15ème siècle, parch., chap. LXXIII, 50127 et suiv], traduction du Livre des Miracles de Saint-Aubin

    « En iceulx jours commanza s´eschauffer la rage des Normans plus grant que jamais costoyant Neustrie et Bretaigne, vindrent au territoire de Vennes et se applicquèrent à Guerrande, une ville située près le rivaige de la grant océanne, laquelle estoit lors grandement peuplée, et, pour la grant habondance du sel qui là est fait, estoit très riche. Pour la venue desquelx, les habitans d´icelle terre impourveuz et véants la grant multitude de nefs armées apportans iceulx pirathes, ung genre de cruelz effrenez, desquelx le souverain désir estoit espandre sang humain, captiver les hommes et se enrichir de leurs despoilles ravies. Ilz furent tellement espoventez, qu´ilz ne savoient quelle part tourner, quar ils n´avoient force ne puissance de résister ne de fuyr nulles, sinon qu´ilz habandonnassent et laissassent leurs petiz enfans, leurs femmes et tous leurs biens.

    Et ja s´espendoient leurs annemis par la terre, toutes foiz au son de leurs trompes, ilz s´entre appellèrent et se armèrent ensemble et lors touz furent à l´église du glorieux confesseur saint Aulbin, lequel grandement ils honnorent en celles parties, ainsi que appreuve la magnificence de l´église, par leur estude en l´onneur de lui construite. Là offrirent ilz veuz et prières à saint Aubin en le dépriant estre leur advocat, leur duc et conducteur et qu´il preneist la cure de délivrer son peuple du glayve de ses annemis.

    Laquelle prière fut incontinent exaulcée, quar eulx ne ayant aucuncs chiefs, ducs, princes ou gouverneurs en terre qui pugnast pour leur tuicion et deffense, pour ce que, comme dit est, estoient les filz Allain le Grant, Judicaël et Colledoch, lasches et paresceux et peu valloient à la deffense du païs, Nostre Seigneur qui jamais n´abandonne ceulx qui en lui ont ferme espérance, ne voullant laisser périr ceulx qui le déprioient si assiduellement.

    Comme ils fussent en celle paour et crainte et desespérez de humain aide, il leur envoya ung chief.

    Ce fut un chevalier, à armes respendissans, qui par nul d´eux n´estoit congneu, lequel clerement s´aparut à la face de tous et blasmant leur tardité et paresce leur dist : « O meschants gens et de petite foy, pourquoy doubtez vous faire estrif avecques gens qui n´a point Dieu en son aide. Comme il soit possible Nostre Seigneur triumpher en pleusiers ou en peu, mesmement comme le benoist Aulbin soit japieça présent attendant et appareillé vous donner aide. Remembrez vous, je vous prie, de David, jeune enfant sans armes, qui Golias le jéant à tous redoubté, occist d´une pierre.

    Laquelle chose dicte, eulx tous embrasez en corage assemblèrent avecques leurs annemis non doubteux qui estoient présens appareillez de assaillir affin qu´ilz derompeissent, occissent ou embrasassent chaiscunnes choses. Mais la petite assemblée de ceulx qui au moustier Saint-Aulbin estoient assemblez faisants impétuosité contre leurs annemis, jascoit ce que ilz fussent petit numbre contre pluseurs, dézarmez contre les armez, non savantz contre les acoustumez à batailler, ne usans pas de leurs forces leurs annemis fortement prosternèrent.

    Et sans demeure, les pirathes sentans Dieu les oppugner et non pas les hommes, tournèrent en fuge et délaissans ou rivaige pluseurs charoignes des leurs, plus ignelement que ilz n´estoient venuz, rentrèrent en leurs neffs, ne depuis ne osèrent assaillir icelles terres.

    Et adonc leurs annemis vaincus et chacez, comme ilz se emquérissent du nombre des leurs, en si grant assemblée ne trouvèrent aucun qui fust playé, mes ils apperceurent que celui seul chevalier non congneu que peu par avant, eulz frémissans, ilz avoient eu bon conforteur, deffaillir de leur numbre. Par lequel événement ils furent moult dolents et faiz tristes, quar ilz suspeczonnoient qu´il fust occis, pour ce que il avoit devant tous sailli sur les compaignies des annemis.

    Et pour ce encerchèrent diligemment tous les corps des mors, affin que son corps fust honnoré par sépulture ; mais icellui non trouvé, ne fut nulle doubte que la vertu angélique, par le mérite du saint évesque Aulbin, fut envoyée de Nostre Seigneur en aide à son dévot peuple.

    Et adonc, ces choses ainsi beneuréement faites et appareillées, tous avecques grant joye et liesce, ensemble coururent à l´église du saint confesseur lui poyer et rendre leurs veux avecques sacrifices de louanges ».

  • MOLLAT G. : « L´institution de la prévôté dans l´église collégiale de Saint-Aubin de Guérande », Bulletin de la société archéologique et historique de Nantes et de Loire-inférieure, 1901, t. 42, p. 119-122.

    1312

    Bulle de Clément V instituant la prévôté à Saint-Aubin de Guérande, prieuré de Grauzel, près Malausane, diocèse de Vaison, 13 juillet 1312, tiré des Archives Vaticanes, reg. Vat. 59, f° 141 v°, cap. 678.

    « Venerabili fratri Danieli, episcopo Nannectensi. Habet tue peticionis assertio quod cum in ecclesia Guerrandiensi, Nannectensi diocesis, in qua quatuordecim canonicorum et totidem prebendarum numerus spectantium ad tuam collacionem existat, nulla dignitas habetur, vix inter eosdem canonicos aliquis reperitur, qui se, cum est opus, pro eadem ecclesia que proprio carere dinoscitur defensore, murum defensionis opponat ; quare nobis humiliter supplicasti, ut providere super hoc eidem ecclesie de oportuno remedio dignaremur. Nos igitur tuis supplicacionibus inclinati, ac volentes quod eadem ecclesia per defectum defensionis hujusmodi aliquod in in ipsius bonis dispendium patiatur, fraternitati tue, constituendi in eadem ecclesia dignitatem prepositure et unum de ipsius ecclesie cononicis, qui eandem preposituram obtineat, creandi prepositum, ace idem prepositure obtineat, creandi prepositum, ace idem prepositure unam de capellaniis ipsius ecclesie Guerrandiensis, ad collacionem capituli ejusdem ecclesie communiter pertinentibus, si vacat ibidem ad presens vel quamprimu vacaverit, quam idem prepositus duxerit acceptandam, post acceptacionem hujusmodi eidem prepositure annectendi et eciam uniendi, plenam concedimus auctoritate presencium facultatem ; ita quod post annexionem et unionem hujusmodi liceat eidem preposito ejusdem capellanie possessionem auctoritate propria, cujuscumque assensu minime requisito, apprehendere et eam licite retinere, tuis et successorum tuorum episcoporum Nannectensium, qui pro tempore fuerint, et quorumlibet aliorum ordinariorum juribus semper salvis. Non obstantibus si aliqui, super provisionibus sibi faciendis de beneficiis ecclesiasticis ad dicti capituli collacionem spectantibus, in dicta diocesis speciales, vel in illis partibus generales dicte Sedis vel legatorum ejus litteras impetrarint, quibus quoad assecutionem aliorum beneficiorum nullum per hoc volumus prejudicium generari ; seu quibuscumque privilegiis, litteris et indulgenciis apostolicis generalibus vel specialibus, quorumcumque tenorum existant, per que, presentibus non expressa vel totaliter non inserta, effectus earum impedri valeat quomodolibet vel differri, et de quibus quorumcumque totis tenoribus habenda sit in nostris litteris mencio specialis. Datumin prioratu de Grausello, etc. III idus Julii, anno septimo ; Reg. Clementis V (bened), n° 4706 [le mot « spectantium » doit être limité à « proebendarum »].

  • GALLICÉ Alain : « Guérande au Moyen Âge. Guérande, Le Croisic, le pays guérandais du milieu du XIVe au milieu du XVIe siècle », Presses Universitaires de Rennes, 2003, p. 59.

    [LE BEL J. : « Les vrayes chroniques », éd. M.-L. POLAIN, Bruxelles, 1863, p. 295-300]

    « Dynant » avant de gagner « une moult grosse et forte ville séant sur mer, qu´on nomme Garlande, et l´assiega par terre. Si trouva essez pres grande quantité de vasseaulx et naves plaines de vins, que marchans avoient la amené pour vendre ; si eurent tantost lesdis marchans vendu leur vin et furent mal payez. Lendemain ledit messire Loys fist prendre toutes ces naves, et ens monter gens d´armes, Espagnolz et Gennevois, et assaillit-on la ville par mer et par terre ; et ne se deffendi guères longuement, car assez tost elle fut prise à force, et toute robee et exilee, et mis à l´espee petis et grands, femmes et enfans, et cinq esglises arses et violees, dont ledit messire Loys fut grandement couroussé, et en fit pour ce pendre quatorze qui avoient ce fait ».

  • MOLLAT Guillaume : « Études et documents sur l´histoire de Bretagne (XIIIè-XVIè siècle), XXVI, La reconstruction du campanile de l´église Saint-Aubin de Guérande (1515) », [Reg. Vat. 1193, f. 1 r° ; Secrètes, t. 206, p. 59], Annales de Bretagne, t. 26, n° 1, novembre 1910, p. 159-161.

    1515

    « Cum itaque, sicut accepimus, campanile seu turris ecclesie de Guerrandia, Nannetensis diocesis, alias magne altitudinis, in cujus summitate noctis tempore, ad obviandum periculis maris navigantibus versus Guerrandiam lumen conservari consueverat, quo modo ipsum iter navigantibus versus Guerrandia lumen conservari consueverat, quo modo ipsum iter navigantibus ostenderetur, et propterea multum necessaria, nuper demolita et collapsa fuerit, post cujus terris demolitionem jam XXV naves et ultra ipso mari submerse fuerunt, et nisi campanile seu turris ipsa celeriter restauretur quam plurime alie naves, ut verisimiliter credi potest, in dicto mari, quod in partibus illis valde superbum et inflactum videtur, periclitabuntur. Nos cupientes pro navigantibus felici portu ut campanile seu turris ipsa in pristinum statum reformetur et ecclesia ipsa, que in illis partibus insignis existit et ad quam Charissima in Christo filia nostra Claudia, Francorum regina christianissima et ducissa Britanie, singulariter gerit devotionis affectum, congruis frequentetur honoribus et christifidelibus in debita veneratione habeatur, ac in suis aliis structuris et edificiis debite conservetur, manuteneatur et reparetur, et ad constructionem ipsius turris necnon reparationem, manutentionem et conservationem predicta manus promptius porrigant adjutrices, quo ex hoc ibidem dono celestis gratie uberius conspexerint se refectos, de omnipotentis Dei misericordia et beatorum Petri et Pauli apostolorumejus auctoritate confisi omnibus et singulis utriusque sexus christifidelibus, vere penitentibus et confessis, qui dictam ecclesiam in Annunciationis et Nativitatis Beate Marie Virginis proxime venturis, a primis vesperis usque ad secundas vesperas festivitatum earumdem, devote visitaverint et ad instaurationem campanilis seu turris necnon reparationem, conservationem et manutentionem predictas manus porrexerint adjutrices, seu mulieres pregnantes et valitudinarii aut aliqua infirmitate seu senectute gravati, aut alias aliquo impedimento detenti, illam personaliter visitare non valentes, aliquid ex propriis bonis juxta eorum possibilitatem per alios transmiserint plenariam omnium peccatorum suorum, de quibus corde contriti et ore confessi fuerint, indulgentiam et remissionem elargimur ; et nichilominus ut fideles ipsi indulgentiam predictam uberius consequi valeant dilecto filio moderno et pro tempore existenti dicte ecclesie rectori seu gubernatori tot presbyteros seculares vel cujusvis ordinis regularis quot ei pro audiendis confessionibus christifidelium illuc confluentium necessarii videbuntur deputandi, ipsisque sic deputatis presbyteris ecclesiam predictam pro consequenda indulgentia predicta visitantium confessiones audiendi illisque diligenter auditis eos et eorum singulos ab omnibus eorum peccatis, criminibus, excessibus et delictis quantum quoque gravibus et enormibus, etiam in casibus sedi apostolice reservatis, exceptis contentis in bulla que legitur in Cena Domini, absolvendi, eisque penitentiam salutarem injugendi necnon vota quecumque, ultramarino, liminum apostolorum Petri et Pauli ac Sancti Jacobi in Compostella, necnon castitatis et religionis votis dumtaxat exceptis, in reparationis et constructionis turris et ecclesie hujusmodi expressa juxta voluntatem et arbitrium presbyterorum et confessorum et facultates confitentium predictorum commutandi facultatem concedendi, auctoritate apostolica, tenore presentium litterarum concedimus et facultatem, presentibus post triennium minime valituris. Datum Bononie, anno Incarnationis dominice millesimo quinguentesimo quinto decimo, septimo Kalendas Januarii, pontificatus nostri anno tertio ».

  • Ponts-et-Chaussées. Département de la Loire-Inférieure. Navigation. Rapport adressé à Monsieur l´Ingénieur en chef, sur la réparation à faire à la tour de Guérande, qui sert de point de remarque aux marins qui viennent du large, 10 juin 1820 (Archives de l´Institut de France).

    « La tour de l´église de Guérande est construite toute en granit et sert, dit-on, aux navires qui viennent du large par la latitude de belle-Ile, pour passer entre le four et la banche, c´est sous ce rapport que sa réparation et son entretien peuvent être mis à la charge du Gouvernement.

    Dans ce rapport, il ne sera question que de la partie supérieure de cette tour qui se trouve au dessus de l´église, et qui seule menace ruine.La portion de la tour que l´on voit au dessus de l´église est supportée par une voûte extrêmement épaisse et solide, formée par le cintre de la grande porte d´entrée, et comme ce mur de pignon est un peu moins épais que la largeur de la base de cette tour, on a racheté cette différence par des pierres de taille posées en saillie les unes sur les autres qui forment entr´elles une espèce de cul de lampe d´une grande solidité. La forme de cette tour est octogonale et régulière, les côtés de l´octogone sont réciproquement égaux. Les axes de cet octogone mesurés en dedans sont de 4m45 sur 3m40.Les murs au dessus de la plate-forme où se termine l´escalier, et sur laquelle s´élève la partie de la tour dont nous nous occupons, sont des parpaings et ont 0m27 d´épaisseur et environ 6m10 de hauteur. En dedans et parallèlement aux murs d´enceinte on a construit de petits murs de 0m60 de hauteur sur 0m30 d´épaisseur, ces petits murs sur lesquels portent un système de charpente dont il sera parlé ne sont pas également éloignés des murs d´enceinte, deux côtés de l´octogone que forment ces murs n´en sont éloignés que de 0m50 et partout ailleurs cette distance est de 0m58. Les deux murs des bouts de l´octogone d´enceinte qui sont parallèles aux murs latéraux de l´Eglise sont soutenus extérieurement par deux grands et forts arcs boutants en pierre de taille ; si en construisant cet édifice on eut pu soutenir emblablement, les autres murs, on ne serait pas aujourd´hui occupé de le réparer. Sur les petits murs extérieurs est élevé un assemblage de charpente qui soutient le beffroi. Cet assemblage est composé de 16 poteaux joints deux à deux, et placées sur les 8 angles de l´octogone, de liens et de grandes et de petites croix de St André. Les poteaux qui sont composés de plusieurs pièces assemblées entr´elles a trait de Jupiter ont depuis le mur sur lequel ils portent jusqu´au chapeau qui sert de base à la calotte du beffroi 11m20 de hauteur, et à partir du dessus de ce chapeau le beffroi a environ 4m50 de hauteur, il est composé en charpente et couvert en plomb. A 8m50 au dessus des petits murs intérieurs, il y a un toit légèrement bombé, lequel a sa partie supérieure a la forme du poligône d´enceinte. Les pièces de charpente qui forment la partie supérieure de ce toit sont assemblées avec les poteaux, et des chevrons assemblés aussi avec les poteaux ont l´about inférieur posé sur une sablière placée sur le sommet des murs de l´octogone d´enceinte, et à chacun des chevrons est adapté un coyau. Tout ce toit tant la partie légèrement bombée qui forme le dessus que les pans qui sétendent jusqu´au bout des coyaux est couvert de plomb. La partie des poteaux qu´on aperçoit au dessus de ce toit, et qui jusqu´au Chapeau a 2m60 de longueur est également couvert en plomb et cette couverture tient à celle du toit, pour que l´eau ne puisse pas s´introduire dans la partie couverte de la tour, du moins voilà ce qui avait été fait lors de l´exécution primitive, et peut-être refait quelques fois depuis. On voit que la couverture de plomb a été réparée dans beaucoup d´endroits et a diverses reprises. Dans les murs d´enceinte il y a plusieurs fenêtres de dimensions différentes, quelques unes ont été en partie ou en totalité bouchées. D´après ce qu´on vient de décrire on voit que le beffroi qui est très lourd par lui-même et qui contient une grosse cloche et trois moyennes, est entièrement supporté par le système de charpente, dont nous avons parlé, et qui a sa base posée sur les petits murs élevés dans l´Intérieur de la tour. Le toit placé au dessous du beffroi est aussi soutenu par ces poteaux, et par les murs de la tour sur lesquels portent l´about inférieur des chevrons et les coyaux. Les bois qui, depuis un temps immémorial, composent cet assemblage ou pour mieux dire ce faisceau de charpente, souvent mouillés par l´eau de la pluie qui tombait pales fenêtres et par les filtrations qui se formaient, faute d´un entretien soigné, se sont en partie pourris, chargés d´un poid énorme, ils se sont affaissés et écartés, et les tenons des liens et des jambes de force ont été brisés, ou chassés de leurs mortaises. Ces bois manquant de leur force première, de celle nécessaire pour soutenir le beffroi et le toit intermédiaire, tout ce système est descendu ensemble et a charge s´est reportée sur les murs de la tour, et par la position des chevrons ils ont dû être poussés en dehors et c´est ce qui est arrivé mais ces murs n´opposant pas à la poussée qui tendait à les renverser une résistance égale, ils n´ont pas tous faire le même mouvement. Ce mouvement a été peu sensible pour les murs qui sont soutenus par des arcs-boutans tandis que les autres ont été chassés, d´environ 0m16 ; le surplomb n´est pas si grand à l´extérieur, parce qu´il paraît que les murs avaient un fruit. Ces murs poussés en dehors se sont détachés des autres et à leur séparation, il s´est fait des lézardes sur la plus grande partie de leur hauteur. Il ne pouvait en être autrement puisque les murs du nord et du sud on résisté, tandis que ceux de l´Est et l´O., qui n´avaient aucun support extérieur, ont cédé à la puissance qui tendait et qui tend encore à la renverser.Il paraît qu´il y a bien du temps qu´on s´est aperçu des efforts de cette poussée sur les murs de la tour, puisque les fers qu´on a employés pour augmenter la résistance des ces murs sont entièrement oxydés. Nous avons remarqué que les réparations qu´on a faites dans ce genre et qui, je le répète, datent de fort loin, étaient très mal entendues puisque les tirans en fer qui traversaient les murs pour embrasser des branches de fer placées près d´eux à l´extérieur avaient leur autre bois fixé sur les poteaux ou sur les lieux qui, eux-mêmes, n´avaient plus la force nécessaire pour soutenir le poids du beffroi et du toit intermédiaire. Pour empêcher la pluie de tomber sur les bois qui seuls pouvaient soutenir l´édifice, on a bouché plusieurs fenêtres et ce travail est si ancien, que l´épaisseur du mur fait en briques et qui avait 0m11 d´épaisseur au moins est réduit aujourd´hui a 0m29 et encore ce reste est il prêt à tomber en poussière. Il paraît d´ailleurs que depuis un grand nombre d´années on n´a fait aucune réparation à cette tour, car tout en général, les plombs, les bois, les fers et la maçonnerie tout dans un état de dégradation affligeant. En 1814, les conseil général du Dépt vota 10000f pour réparer ou reconstruire la tour de Guérande, dans le premier cas nous croyons la somme trop forte, dans le second elle serait bien insuffisante. Nous sommes persuadé qu´en réparant convenablement cette tour, on peut encore en assurer la durée pendant un très grand nombre d´années, et qu´il convient beaucoup moins de prendre ce parti que de songer à la reconstruire. D´après tout ce que nous avons décrit on voit que c´est sur le système en charpente placé au centre de la tour que repose aujourd´hui la solidité de l´édifice ; le but principal qu´on doit chercher dans la réparation est donc de fortifier ce système, et pour ainsi dire, d´y attacher ensuite les murs qui tendent à s´écarter. Les pièces de bois qui forment les poteaux n´ayant que 3m 60 de longueur, il sera aisé, en prenant les précautions nécessaires, de changer celles qu´il ne serait pas prudent de conserver ; nous nous sommes assuré qu´on pourra monter ces pièces de bois par l´escalier. Pour lier tous les poteaux entr´eux et les empêcher de s´écarter on les embrasserait par des moises horizontales qui se croiseraient à angles droits. Sur la hauteur des poteaux comprise entre le mur d´appui et le toit intermédiaire, on placerait quatre cours de moises, et chaque cours serait composé de quatre moises. On formerait chaque moise de deux pièces lesquelles embrasseraient es poteaux et seraient solidement boulonnées. Tous les poteaux ainsi fixés à leur place, et liés solidement entr´eux, tant par les moises horizontales que par les croix de Saint-André et les liens qui tiennent encore, et tous ceux qu´on aurait la possibilité de remplacer, présenteraient un ensemble, un tout de la plus grande force, et plus que suffisant pour porter le beffroi et le toit intermédiaire, des lors la poussée de ce toit cesserait d´agir sur les murs et avec elle la puissance qui tend à les renverser. Pour soutenir et fortifier ces murs, on placerait ainsi qu´on l´a fait anciennement des verges de fer à l´extérieur, lesquelles seraient saisies par des tirans dont on fixerait solidement le bout aux moises horizontales. On multiplierait ces tirans et ces verges autant qu´on le croirait nécessaire. Il sera convenable aussi de faire quelques reprises des ? et des rejointoiemts à ces murs, et de boucher toutes les fenêtres à l´exception des ouvertures indispensables pour donner du jour, mais ces ouvertures devront être laissées de préférence au nord, vu que les plaies sont moins fréquentes de ce côté. Le plomb qui couvre le comble ou toit intermédiaire, celui qui couvre les poteaux entre ce toit et le beffroi est usé, et il sera nécessaire de le changer, soit en totalité ou en partie ; le plombier en décidera. Il en sera peut-être de même de celui qui couvre le beffroi que nous n´avons pu ni examiner, ni faire examiner. Il est à croire qu´il sera indispensable de changer quelque pièce de charpente du toit intermédiaire, mais on ne pourra s´en assurer que lorsqu´on aura levé le plomb qui le couvre, soit pour le replacer en partie, soit pour le changer entièrement. Nous pensons qu´il serait bien nécessaire de descendre les 3 cloches qui servent à sonner les quarts, ou de les placer au centre de l´assemblage en charpente s´il est possible ; leur position actuelle sur l´un des côtés du beffroi contribue beaucoup à l´affaissement de cette partie ; elles ont fait incliner sensiblement les poteaux, et paraissent porter sur le toit qui actuellement pousse les murs en dehors. Voilà les principales réparations qui nous paraissent urgentes et indispensables pour assurer pendant un bien grand nombre d´années la durée de la tour de Guérande. Nous n´avons pu préciser que la principale réparation à faire, celle qui consiste à fortifier le système de charpente auquel se rattache maintenant toute la solidité de la partie supérieure de l´édifice. Quant à toutes les autres, nous les avons indiquées, et c´est dans le cours du travail qu´on verra jusqu´où elles devront s´étendre ou s´arrêter. Les réparations consistent à fournir et à employer de nouveaux matériaux tels que, bois, fer, plomb, pierre et briques, et à réparer et remployer les anciens ; ce n´est, je le répète, qu´en exécutant le travail qu´on découvrira tout celui qu´il serait indispensable de faire. Pour réparer certaine partie de l´édifice la main d´œuvre sera difficile et fort chère et il est impossible de l´estimer. Il faudra établir des échafaudages très dispendieux et toutes les réparations extérieures se feront en partie par des hommes suspendus à la corde nouée qui, à chaque instant, seront obligés de changer d´endroit. Il nous paraît impossible de pouvoir mettre ce travail en adjudication, tout ce qu´on pourrait adjuger ce serait les bois au mètre cube, les fers et le plomb au kilogramme, vendus à pied d´œuvre.

    Nous proposons donc de faire faire ces travaux par régie et d´en charger un homme intelligent, actif et habitué à de pareils ouvrages. Je crois que M. Perraudeau, père, qui a réparé et repris sous œuvre plusieurs maisons à Nantes avec succès, et qui a vu et examiné les ouvrages à faire à la Tour de Guérande, conviendrait parfaitement s´il voulait s´en charger. Le conseil du département avait voté en 1814 une somme de 10,000# pour aider à la reconstruction de la tour de Guérande, sans doute parce qu´il pensait qu´on ne pouvait la réparer, mais nous sommes convaincu du contraire et nous estimons qu´en dépensant une somme de 3,000f ou a peu près, on assurerait la durée de cet édifice pendant un bien grand nombre d´années.

    Nantes le 10 Juin 1820.

    Signé : f. Plantier. Vu par l´ingénieur en chef, soussigné conformément à sa lettre de ce jour à M. le Préfet. Nantes, le 13 juillet 1820. Signé : A apetit.

    Vu par le Préfet. Nantes le 5 aout 1820. Signé : Crosse.

  • Construction d´un clocher sur la façade ouest de la collégiale Saint-Aubin, 30 janvier 1821 (Archives de l´Institut de France ; n° 209).

    « Monsieur le Secrétaire perpétuel, Il existe sur le bord de la mer dans le Dépt de la Loire Infre deux tours, celles de Batz et de Guérande, qui ont de l´intérêt sous un double rapport : comme ancien monument et comme servant à diriger les navigateurs. On a eu le projet de faire des réparations à ces tours et l´on m´a soumis des propositions pour cela. J´ignore ce que les fonds permettront de faire. Mais en attendant je crois devoir vous communiquer les pièces qui m´ont été adressées et je les joins à la présente pour être remises comme renseignement à l´académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Nouveau rapport adressé à M. l´Ingénieur en Chef sur les réparations à faire sur la tour de Guérande. Dans mon rapport du 10 juin dernier j´ai donné la description de la tour de Guérande et fait connaître l´état de dégradation inquiétant où elle est, les causes de ces dégradations, les moyens qu´on devait employer pour les arrêter et en prévenir d´autres. Dans les réparations à faire et qu´on a pu apercevoir, il en est dont on ne peut calculer ni l´étendue, ni la valeur ; il en est d´autres enfin qu´on peut assez précises pour calculer la valeur des matériaux à y employer. Ayant depuis le 10 juin recueilli de nouveaux renseignements, je me propose dans ce rapport de donner l´estimation précise et éventuelle des réparations qu´il est indispensable de faire pour préserver d´une destruction totale la partie supérieure de la Tour de Guérande ; je dis l´estimation précise et éventuelle des réparations, parce que si une partie des fournitures et des ouvrages peut être assez rigoureusement estimée pour en passer une adjudication, l´emploi de quelques matériaux, la fourniture et l´emploi de quelques autres ne peuvent être estimées que par approximation. Tel est le levage des bois, des fersJ´ai dit dans mon rapport du 10 juin que ce n´est qu´en faisant les réparations qu´on pourrait s´assurer où ils devaient s´étendre et s´arrêter ; je répète ici cette vérité qui est applicable à plusieurs parties de l´édifice qu´on ne peut bien examiner, principalement au plomb qui couvre le toit intermédiaire et le beffroy, et aux bois qui sont couverts par le plomb. Dans ce rapport je ferai donc connaître dans une colonne les prix des matériaux vendus à pied-d´œuvre et celui de la main d´œuvre pour les préparer et dans l´autre l´estimation incertaine du levage, de la pose Sur la première partie de l´estimation, il sera aisé de passer un marché, et dans ce cas l´entrepreneur s´engagera à fournir au prix de son marché tous les matériaux soit que cette quantité soit plus ou moins grande que celle calculée, ce qui sera vérifié avant qu´ils soient employés. Quant aux échafaudages à faire pour le levage des matériaux, au levage et à la pose des matériaux, je persiste toujours dans la proposition que j´ai faite de nommer un régisseur qui non seulement serait chargé de faire faire ce travail, mais même de demander à l´entrepreneur, d´après mon visa, la quantité de matériaux qu´on serait obligé d´employer au-delà des quantités prévues. Ce régisseur veillerait aussi à ce que les panes et les rejointoiements, que par l´extérieur de la tour ferait reconnaître nécessaire, fussent fait. Ce régisseur pourrait en même temps s´occuper des ouvrages à la tour de Batz sur lesquels je viens de terminer mon rapport et dont quelques uns sont pas moins urgens que ceux à faire à celle de Guérande.

    Moises horizontales.

    Pour envelopper les poteaux qui soutiennent le beffroi on placera sur toute la hauteur des poteaux quatre cours de moises. Chaque cours sera composé de 4 moises, 2 auront 5m70 de long chacune et 2 autres 4m70. Chaque moise sera composée de deux pièces de 0m41 sur 0m16 qui embrasseront les poteaux et seront liées entrelles par 3 boulons à vis et écrou de 0m57 de long et de 0m27 de grosseur. (suit le détail des pièces et des prix).

    Tirans en fer pour lier les murs avec les moises.

    On estime qu´il sera nécessaire d´employer 10 tirans. Chaque tiran sera composé d´une tranche de fer de 1m40 de long qui traversera le mur d´un bout, et de l´autre sera fixé sur les moises par deux boulons à vis et écrou. Le bout qui traversera la muraille sera travaillé pour embrasser une verge de fer de 0m34 d´épaisseur et 0m04 de large. Cette branche aura 1m20 de long. Le tiran dans la partie qui ne s´étendra pas sur les moises aura 0m027 de grosse quarée et dans la partie longue d´environ 0m48 qui sera fixée sur les moises, cette branche aura 0m024 d´épaisseur et 0m034 de largeur laquelle sera (?) les endroits destinés à recevoir les boulons. Chaque boulon aura tête et vis compris 0m22 de long et 0m02 de grosseur [suit le détail des pièces et prix].

    Pièces des poteaux à changer.

    On estime qu´il sera nécessaire de changer 8 pièces des poteaux qui ensemble donneront une longueur de 28m8 [suit une énumération de pièces et de prix].

  • Église Saint-Aubin, 1858 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Lettre du curé Sorin à l´évêque : « L´église paroissiale de la ville de Guérande qui présente tant d´intérêt sous les différents rapports de l´antiquité, de l´histoire de l´art et qui, pour ces motifs, mérite si justement d´être conservée, est cependant dans un tel état de dépérissement que plusieurs de ses parties considérables menacent ruine pour une époque qui pourrait bien être prochaine. Il y a déjà, Monseigneur, plusieurs années que les administrations de Guérande, soit civiles, soit ecclésiastiques, voyant, avec regret, un si beau monument se détériorer de plus en plus, se demandaient avec inquiétude si Guérande serait condamnée à voir tomber son église sans chercher à faire, au moins, les réparations les plus urgentes de conservation. Pour éviter ce malheur, la fabrique se décida à demander à M. Bourgerel, architecte, des plans et devis d´une restauration complète. Ce travail nous ayant été remis, nous vîmes que la somme des dépenses se montait au chiffre de 141 185 f. ». Chiffre énorme. Cependant, « comme le devis range les réparations à faire en trois catégories différentes, dont la première sous le titre de réparations urgentes et de conservation ne demande qu´un chiffre de 70 000 f, la fabrique, dans sa délibération du 7 octobre 1855, crut qu´elle pouvait réunir une somme assez forte pour arriver à ce résultat. Elle décida donc qu´elle demanderait à être autorisée à vendre quelques salines et une ferme, pour la somme de 5000 f, qu´elle inviterait le conseil municipal à son secours, qu´elle ouvrirait dans la paroisse une souscription volontaire. Le conseil municipal vote dans sa séance du 22 décembre 1855 une somme de 20 000 f. la souscription fournit également 20 000 f, ce qui donne une somme totale de 46 000 f. Somme insuffisante « pour faire toutes les réparations de conservation ». Il manque encore 25 000 f. Demande de secours à l´évêque pour « commencer les réparations à l´église selon les plans et devis que nous présentons ». Pour titres à l´allocution demandée, nous pouvons alléguer 1er : l´intérêt que présente l´église de Guérande sous le triple rapport d´antiquité, de l´art et d´histoire. Elle date des 11è, 14è et 16è siècles. Elle présente dans son architecture des détails riches, curieux et intéressants. Elle est le lieu où la guerre de Succession au duché de Bretagne a pris fin ; c´est sur l´autel de St Aubin que la paix a été jurée et signée ; 2° Les dépenses énormes qui ont été faites par la commune de Guérande dans ces dernières années pour reconstruction de son hospice qui a coûté près de 100 000 f ; pour établir et entretenir de nombreuses écoles de garçons et de filles, soit dans la ville, soit à Trescalan, soit à Saillé ; pour la construction à la Turballe d´un port qui lui coûtera 15 000 f ; pour les réparations de l´église de Saint-Aubin qui lui coûtera 20 000 f ; pour la reconstruction des églises de Trescalan et de la Madeleine, à qui il a été donné 6 000 f ; pour le percement de la rue dite de Saillé pour lequel elle aura à payer la somme de 10 000 f comme indemnité des expropriations ; nous rappellerons enfin les dépenses que les habitants de Guérande font pour le soulagement des malheureux en faveur desquels ils ont dépensé plus de 4000 f chaque année ; rappelons également la souscription généreuse qui vient d´être faite qui a donné 20 000 f ; quand une commune s´est épuisée à de si grandes entreprises, elle peut espérer d´être écoutée favorablement lorsqu´elle demande à être secourue pour une œuvre devenant urgente de plus en plus.

  • Église Saint-Aubin, 1858 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Extrait du conseil de fabrique : composé de Sorin, curé, de Couessin, Martin de la Moutte, Auger, Chatal, Bigarré, de Mausigny, de la Tocnaye, de la Plazede. Objet : délibérer sur la restauration de l´église, sur les ressources à y affecter, sur les secours à demander à l´état, sur l´aliénation de divers immeubles dont le produit serait destiné à cette restauration. Le conseil de fabrique considérant que l´église « qui nécessite tant d´intérêt sous les différents rapports de l´antiquité, de l´art et de l´histoire, va toujours se détériorant de plus en plus dans plusieurs de ses parties qui menacent ruine ; que ne pouvant faire de suite toutes les réparations utiles, il serait nécessaire de faire au moins celles qui sont urgentes pour la conservation ; que les réparations les plus urgentes sont celles comprises dans la 1ère catégorie du devis sous la dénomination de réparations urgentes et dont le chiffre s´élevait à 70 580 f. ; que le conseil municipal dans sa séance du 22 décembre 1855 a voté une somme de 20 000 f (approuvé et recouvré par le préfet) ; que M. le curé et M. le maire ayant de concert ouvert une souscription libre dans la paroisse, cette sourscription a produit une somme de 20 000 f ; qu´il possède à Bouzère des immeubles non grevés de fondations qu´il peut vendre ; que ces différentes sommes s´élèvent ensemble à 45 000 f cependant insuffisant pour arriver à faire les réparations de conservation ; que le conseil municipal, la commission des hospices, les habitants et la fabrique ont fait des sacrifices pour différentes œuvres qui ont épuisé leurs ressources ; qu´après la vente des immeubles susnommés, la fabrique ne pourra compter que sur des éventualités incertaines et toujours peu productives ; arrête qu´il sera demandé aux autorités supérieures l´autorisation d´entreprendre les réparations comprises dans le devis sous la dénomination de travaux urgents et s´élevant à la somme de 70580 f ; que les 45 000 f seront employés aux travaux urgents ; que la ferme de Bouzère et les 11 salines seront vendues ; qu´il sera sollicité auprès de l´état la somme de 25 580 f.

  • Église Saint-Aubin, 18 avril 1864 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Lettre du curé Plormel à M. Laborde : Depuis que je m´occupe de la paroisse de Guérande, « j´ai en tête un projet que je veux vous soumettre. Notre grande église qui offre un ensemble si intéressant manque de voûtes et ses lambris sont dans un état bien mauvais. La partie basse, bien plus ancienne, offrirait des difficultés sérieuses, mais non insurmontables. La partie haute, au dire des hommes de l´art, peut être voûtée sans aucune crainte pour la solidité de l´édifice, en établissant toutefois des arcs-boutants qui ont été prévus dans la construction. C´est cette partie que je voudrais voûter, si monseigneur l´a pour agréable, et que puisse réaliser les fonds suffisants. Déjà, j´ai fait dresser des plans et devis par notre architecte et j´ai pressenti l´opinion du conseil municipal et du conseil de fabrique qui ne demandent pas mieux ». « J´ai à ma disposition une somme de 20 000 f (12 000 f offerts pour cette œuvre ; 4 000 f par le gouvernement l´année dernière ; 4 000 f d´annuités par le conseil municipal il y a quelques années). Cette somme, d´après le devis de M. Bourgerel, nous donnerait le moyen de faire les arcs-boutants extérieurs et la voûte principale du chœur, c'est-à-dire la portion de l´édifice qui attend depuis des siècles son couronnement ; vous vous rappelez peut-être que la naissance des voûtes existe en cet endroit. Une somme de sept mille francs nous mettrait à même de faire les bas-côtés de cette partie. Je ne désespère pas d´y arriver. Du reste, et ceci est entre nous, une somme de douze mille francs et une autre de cinq mille doivent, à une époque plus ou moins éloignée, revenir à l´église pour les réparations et constructions. Ces deux sommes sont déjà déposées. M. de Beauchaine doit faire appel à son conseil et aux plus imposés pour la continuation des centimes additionnels, dans le but de refaire la tour (Cure ?), et il a l´espoir du succès ; ce serait une somme de trente mille francs. Pour le moment, je vous demanderais la permission de donner suite à mon projet de voûte pour la grande nef du chœur. Tout le monde est bien disposé, douze mille francs me sont donnés ad hoc ; n´est-ce pas le moment de commencer ? Je n´attends que votre réponse pour me mettre en campagne. Je ne vous envoie pas les plans et devis mais je les tiens à votre disposition pour le cas où vous auriez besoin de les voir.

  • Église Saint-Aubin, 1865 (Archives diocésaines de Nantes, EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Note des principaux griefs reprochés à Monsieur l´architecte :

    1°/ A la façade sud-ouest, une galerie enfouie sous le toit, une rosace qui manque, un clocheton tombé par défaut de solidité.

    2°/ Le carrelage de l´église en mauvaise qualité de pierres.

    3°/ Piliers de la chaire et son f vis-à-vis faits et défaits plusieurs fois.

    4°/ La couverture de l´église défaite sans autorisation malgré M. Sorin, l´ancien curé, laissant la pluie pénétrer de tous côtés dans l´église bien plus après qu´avant, ce qui a nécessité une réparation immédiate qui a coûté plus de mille francs.

    5°/ Gargouille non creusée et laissée sans conduit.

    6°/ Affouillement des piliers du chœur entièrement négligé lors des fouilles générales.

    7°/ Fenêtres des chapelles de Saint-François et du Sacré-Cœur refaites sans autorisation ; toitures de ces chapelles démolies sans nécessité.

    8°/ Travaux accessoires à la confection des voûtes du chœur non prévus tels que l´exhaussement des murs des bas-côtés.

    9°/ Défaut d´alignement des clés de voûtes.

    10°/ Naissance des nervures irrégulièrement posées.

    11°/ Mauvaise taille des tuffeaux faisant craindre pour la solidité des voûtes.

    12°/ L´autel de la chapelle Sainte-Anne trop étroit forçant à creuser le mur pour y mettre l´entablement.

    13°/ Travaux de la Vraie Croix faits sans autorisation. Arcade commandée en pierres blanches.

    14°/ Une cloison démolie dans le clocher sans nécessité.

    15°/ Piliers sous l´orgue commandés sans autorisation.

    16°/ Défaut complet de surveillance.

    17°/ Achève tout, sa lettre insolente &a &a.

    18°/ Défaut d´un plan général.

    Pour copie conforme, les membres du conseil de fabrique.

  • Église Saint-Aubin, 7 janvier 1866 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Extrait du conseil de la fabrique à laquelle assistaient MM. Lallement, maire de Guérande, de la Plazède, de Latocnaye, de Guerrif, Chatal, de Latour, de Brégeot, de Manqigny sous la présidence de M. Plormel, curé. Un des membres de la commission instituée à la dernière séance pour surveiller les travaux de l´église rend compte au conseil de ce qui s´est passé pour la chapelle de la Vraie Croix. L´architecte M. Bourgerel, sans avoir préalablement soumis les plans et devis de la restauration de cette chapelle en avait ordonné les travaux ; la commission réunie aux membres du Bureau ayant vu que les piliers en granit de cette chapelle avaient été démolis en partie pour y placer la naissance d´une arcade en pierres blanches, ainsi que la muraille au-dessus, s´opposa à ce qu´elle appelait avec raison une grande faute d´architecture, puisque toutes les arcades de l´église sans exception sont en granit. Conseil de fabrique réuni pour dépenses supplémentaires. Ce nonobstant, l´arcade en granit a été commandée et est en voie d´exécution sans que la fabrique en ait eu connaissance Les meneaux de la fenêtre sont faits et le vieux vitrail replacé en attendant qu´on puisse en mettre un nouveau. Le conseil remercie sa commission des peines et soins qu´elle s´est donnée et pour les autres travaux pour l´église + gratitude « à la personne pieuse restaurateur de cette chapelle ». « Quant à ce qui concerne l´architecte ordonnateur de ces travaux faits en dehors de toute délibération de la fabrique, le conseil qui a déjà inutilement à plusieurs reprises témoigné son mécontentement pour le mépris qui était fait de son autorité croit devoir rappeler de nouveau que lui seul peut ordonner une dépense quelconque dans l´église dont les intérêts lui sont confiés ». « M. Bourgerel, architecte de l´église St Aubin, instruit de la formation de la commission en question et la trouvant gênante pour lui, ne tenant aucun compte de la différence qu´il y a entre celui qui paie et celui qui est payé, considération indignée par le bon sens et les convenances, ´est permis d´écrire une lettre inconcevable à M. le curé sans qu´elle ait été provoquée. Cette lettre lue au Conseil est dans les termes d´une telle inconvenance que le conseil décide à l´unanimité que désormais aucun rapport ne peut exister entre lui et cet architecte. Il ordonne qu´elle soit inscrite au registre de ses délibérations, que le compte-rendu de cette séance soit immédiatement envoyé à l´évêché, enfin il demande la révocation de l´auteur de cette insolente bravade.

    Dans sa dernière séance, le conseil avait eu à rappeler le défaut de surveillance, des travaux faits et refaits, d´autres exécutés sans autorisation et dont la fabrique avait été forcée d´ordonnancer la dépense ; cette fois, ce sont les fenêtres des chapelles de St François et du Sacré-Cœur démolies, les toitures de ces chapelles refaites à neuf, sans que même M. le curé en ait eu connaissance ; les vieilles démolies sans nécessité et enlevées avec si peu de soin qu´on en a rien conservé. C´est l´ordre donné de reconstruire les piliers sous les orgues et dont M. le curé a suspendu le travail dès qu´il s´en est aperçu. Ce sont les travaux accessoires qu´il n´a pas su prévoir et qui, conséquence forcée de la confection des voûtes du chœur et de ses bas-côtés vont entraîner la fabrique dans des dépenses bien au-dessus de ses ressources. C´est lors des fouilles faites dans l´église pour reconnaître son niveau primitif d´avoir négligé l´affouillement de la partie du chœur ce qui occasionnera, dans l´avenir, des dépenses très fortes pour remettre les chapelles latérales en harmonie avec le reste. C´est la mauvaise taille des tuffeaux pour les voûtes que l´on a du masquer par le badigeonnage qui les recouvre. C´est enfin le peu de surveillance et l´absence d´un plan général ; par ces considérations, le conseil insiste pour que l´architecte soit changé immédiatement, après avoir toutefois rendu ses comptes.

  • Église Saint-Aubin, 11 janvier 1865 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Lettre du curé Plormel au vicaire général M. Brihard ?) : « Vous avez dû recevoir un rapport contre l´architecte de note église ; la signature du maire et la mienne n´y figurent pas, parce que nous avons cru, dans l´intérêt du bien général, devoir nous tenir à l´écart. Ces messieurs qui l´ont rédigé ont des griefs qui datent de loin ; avant mon arrivée à la cure de Guérande, ils avaient souvent formulé des plaintes, et ils ont saisi volontiers l´occasion pour tenter d´en finir. La lettre qui a excité ces derniers mécontentements n´a été provoqué par moi ni directement ni indirectement. Et s´il a plu à M. Bourgerel de m´adresser des condoléances, je dois dire qu´elles n´étaient provoquées en aucune manière. J´avais bien prévu que la nomination d´une commission pour la surveillance de ses travaux ne pouvait que lui être désagréable, et prévoyant aussi un éclat toujours désagréable, je m´étais abstenu. En résumé, je crois que l´architecte aurait dû prévoir des accessoires qui, une fois les travaux commencés, sont devenus nécessaires, et qui comportent peut-être le principal. Je lui en ai fait plusieurs fois des observations. Malgré des instances réitérées, il ne fournissait point à temps ses plans et devis, et se contentait de donner des ordres à l´entrepreneur. Il a souvent pris pour des réalités de simples projets. Ses visites ont été extrêmement rares ; ainsi, nous ne l´avons pas vu depuis 4 mois. Je ne crois pas versé dans les travaux d´église, et il ne me semble point praticien.

    N´ayant eu que de bons rapports avec M. Bourgerel, malgré des observations parfois un peu vives, je suis contrarié de ce qui lui arrive ; mais si vous pouviez lui faire comprendre qu´il ferait prudemment et sagement de se désister, je vous en saurais bon gré. Vous aurez pu reconnaître dans la rédaction du rapport le style employé dans une lettre récente pour obtenir un excat que monseigneur ne voulait donner qu´en certaines conditions. Le style, c´est l´homme. J´ai entendu parler très avantageusement de M. Boismain ; ces messieurs l´accepteraient, je crois, très volontiers ».

  • Cahier de réunions du bureau de la fabrique de Saint-Aubin de Guérande, 5 mars 1866 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 1 E).

    Délibération du conseil de fabrique : « Le bureau consulté pour savoir si la partie qui se trouve au-dessus de l´arcade de la chapelle de la Vraie-Croix sera en granit ou en moellons, décide que pour se conformer à c qui existe partout ailleurs, cette partie sera en granit. M. Michée pense que la différence par mètre sera d´à peu près 9 f. Le granit de Nantes que l´entrepreneur M. Mallet fait tailler sur place est plus beau, plus difficile à travailler mais plus cher. A Guérande, le granit tout placé vaut 100 f le mètre, à Nantes, il coûte 70 f à 80 f prêt sur la carrière. Sur la demande faite par plusieurs membres, il est appris que ces travaux faits en dehors de toute communication avec la fabrique étaient exécutés sans qu´aucun devis eut été présenté. M. le président ajoute que l´entrepreneur était convenu de n´en être soldé que sur le pied des autres travaux mais sans subir aucun rabais. Si les frais étaient plus considérables, il en supporterait seul les conséquences. M. le curé annonce au bureau que certainement à la belle saison la voûte de Saint-Joseph pourrait se faire. M. Mallet, l´entrepreneur, ne veut consentir à aucun rabais. Le bureau est d´avis qu´il y ait à ce sujet une adjudication. Quoique ce soit un travail complètement indépendant de tout ce qui s´est fait jusqu´à ce moment, le bureau et la commission sont unanimement de l´avis qu´avant de songer un instant à en charger M. Bourgerel, ses comptes soient rendus. M. le curé fait observer qu´au dernier conseil de fabrique, il a été conservé pour architecte. Il lui est répondu que le vote de la fabrique doit être entendu en ce sens qu´il n´a pas été révoqué immédiatement. Deux membres présents à la réunion qui avaient voté pour M. Bourgerel expliquent leur vote en ce sens qu´ils ne le conservaient que pour achever les travaux commencés mais nullement pour l´avenir. Ces mêmes membres se joignent à tous les autres pour qu´on exige par une lettre pressante cette reddition de comptes immédiate, parce que dans ce moment où les travaux sont arrêtés, cette discussion de plans et devis n´apportera aucun retard aux réparations projetées à St Joseph ». « Le bureau et la commission demandent également que l´entrepreneur mette sous leurs yeux les plans et devis de tout ce qui se fait et doit se faire à la Vraie-Croix. Tous s´étonnent et regrettent que cette restauration ait été faite sans la participation de la fabrique qui aurait eut à faire des observations désormais inutiles. M. le président met sous les yeux de la réunion les plans de la nouvelle flèche qui doit remplacer la tour actuelle avec le devis qui est annexé. L´autorisation pour percevoir les centimes additionnels consacrés à cette tour est arrivée ».

  • Cahier de réunions du bureau de la fabrique de Saint-Aubin de Guérande, 16 juin 1866 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 1 E).

    Délibération du conseil de fabrique : M. le curé, après avoir dit au conseil qu´il avait plusieurs fois écrit avec instance à l´architecte pour obtenir de lui son compte si souvent et si inutilement demandé, lit une lettre qu´il vient d´en recevoir par laquelle il lui annonce que n´ayant pas le temps d´examiner le compte de l´entrepreneur, il le lui envoie pour que la commission en prenne connaissance. Il lui dit en même temps qu´il y aura à faire une vérification du toisage. Le conseil reconnaissant que c´est d´abord à l´architecte de faire cette vérification des qualités des prix des matériaux, de la main d´œuvre, le toisé, juge qu´un avis de sa part serait au moins prématuré. Il remet son examen jusqu´après l´apuration et l´acceptation des travaux par l´architecte. Seulement, il demande à être prévenu de l´expertise pour y adjoindre si bon lui semble un expert à lui qui puisse lui rendre des faits un compte exact pour servir de base à ses observations ultérieures. Elles auront alors d´autant plus raison d´être que les travaux ont été faits sans surveillance. Un des membres du bureau rappelle que la commission qui a vérifié les comptes de l´architecte pour les travaux faits à l´hospice de Guérande a pu faire diminuer 4000 f sur le total de la dépense. Le bureau prie son président de vouloir bien évoquer de suite à l´architecte le compte en question, en lui faisant de nouveau connaître la volonté de la fabrique de l´avoir définitif dans le plus bref délai. Le conseil témoigne encore son mécontentement de ces retards injustifiables qui l´empêchent de satisfaire les désirs des bienfaiteurs de l´église de voir faire de suite les restaurations pour lesquelles ils donnent des fonds ». « La voûte de la Vraie Croix est finie mais l´entrepreneur n´a pas voulu faire la partie de muraille qui est au-dessus de l´arcade avant de savoir si l´on voûterait la partie de la nef qui avoisine la chapelle. Dans ce cas, cette dépense serait inutile. M. le curé ajoute qu´il lui a été donné de l´argent pour cet objet. Un membre observe que c´est la même chose que pour la chapelle Saint-Joseph, que ce travail pourrait être autorisé indépendamment de toute reddition des comptes. M. le curé répond à cela que quoiqu´autorisé par le conseil exécuter la réparation de Saint-Joseph, il n´a pas voulu en prendre la responsabilité jusqu´à ce que la fabrique ait décidé si elle remplacerait ou non son architecte actuel. Il pense qu´il ne faudrait pas donner cette raison de nouveaux travaux à exécuter pour accélérer la reddition des comptes, parce que ce serait lui faire présumer qu´il continuerait à être l´architecte de St Aubin. Le conseil se rend à la justesse de ces raisons. Il ne décidera rien, ni pour le mur en question, ni pour la voûte d´à côté jusqu´à la liquidation de tout le passé. Il paraît constaté que les travaux supplémentaires tels que la reconstruction des toits des chapelles de Saint-François et du sacré-Cœur étaient devenus nécessaires. En tous cas, c´est comme l´a déclaré bien des fois la fabrique, une faute impardonnable de l´architecte de n´avoir pas su les prévoir. Le devis primitif a été à peu près doublé sans que la plupart du temps, la fabrique ait été consultée sur l´opportunité et la nécessité de ces nouvelles dépenses ».

  • Cahier de réunions du bureau de la fabrique de Saint-Aubin de Guérande, janvier 1867 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 1 E).

    Délibération du conseil de fabrique : M. le curé entretient le bureau des voûtes de la chapelle de Saint-Joseph, de l´intersection entre cette chapelle et celle de la Sainte-Vierge, ainsi que de celle projetée près la chapelle de la Vraie-Croix. Sur sa demande, le bureau consent à donner cette confection de voûtes de gré à gré à Michée, entrepreneur à Guérande, mais sous ces conditions sine qua non : Il les fera sur le même pied que les voûtes déjà faites avec un rabais de 5 % ; tous les frais d´échaffaudages, de déblais et toutes les autres dépenses quelconques occasionnées par ce travail sont à sa charge ; il devra garantir les vitraux des fenêtres, les autels et leurs retables, et réparer à son compte tous dégâts qui seraient faits par suite des travaux ; il devra par des plafonds surjointés empêcher la poussière de tomber ; ces divers travaux seront exécutés dans le laps de temps fixé par l´architecte.La fabrique a ajouté en sus un quart de ce temps. Passée cette époque, Michée devra à la fabrique une somme de 50 f par semaine qui dépasserait l´époque fixée.

    Le bureau considérant l´état de vétusté de la fenêtre qui est près des chaises, et les fréquentes réparations qui en sont la conséquence, prie M. le curé de faire faire le devis de la réparation à neuf et entière comprenant les meneaux et le vitrail. Le bureau prie également son président de vouloir bien s´occuper de suite des devis du chapitre et du chœur, ordonnés dans le dernier conseil de fabrique ».

  • Confréries, 10 septembre 1867 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 7 C).

    Lettre de Plormel à l´évêque : « je suis heureux de vous dire que la voûte du transept de notre église touche à sa fin. Reste encore à voûter le bas de l´église, travail important et difficile. Nous espérons commencer prochainement, avec la ressource des centimes additionnels, la flèche en pierre qui doit orner l´entrée principale. Nous n´avons point de dettes. Les six mille francs que le gouvernement vient de nous accorder seront employés à la restauration de nos fenêtres du haut de l´église, restauration des plus urgentes.

  • Visites épiscopales, 1872 (Archives diocésaines de Nantes ; 3 F 10).

    Les fonts baptismaux sont dits « au bas de l´église », décorés par « un grand tableau de 1622 représentant le baptême de N.S. », entourés d´une grille en fer. L´église possède des reliques de la Vraie Croix, de Sainte-Anne, de Saint-François d´Assise, de St Germain, de St Émilien, St Hermeland, St Julien de Brioude, St Philbert, St Félix, St Donatien, St Rogatien, Bienheureuse Françoise d´Amboise. Sur les quatre reliquaires, deux sont à l´autel du St Esprit, un) Ste Anne, un à St François. Grand autel sous l´invocation de St Aubin.

    Les autels latéraux du côté de l´évangile : Ste Anne, Ste Vierge, la Vraie Croix. Statues : Ste Anne, Vierge, St Dominique, St Jean. Tableaux : Ste Anne, Cène, Rosaire, Madeleine, Christ.

    Les autels latéraux du côté de l´épître : Quatre, un autre au milieu sous la grande fenêtre. Sacré-cœur, St François d´Assise, St Joseph, Ste Marguerite, St Esprit. Statues : NS, l´ange gardien, St Joseph, St Louis de Gonzague, St Pierre, St François, Ste Famille, la collégiale en 1642, Ste Marguerite, Sacré-Cœur.

    Chœur et transept ont des voûtes neuves. Les lambris mauvais. 8 belles verrières neuves ou nouvellement restaurées.

    Clocher « forme carrée, peu gracieuse, au milieu de l´église ».

    Les murs, à l´intérieur : solides, un peu humides dans la partie basse. A l´extérieur : solides, restaurés en partie.

    Cimetière de 61 ares et 10 centiares. Fosses tous les 50 cm, à 1m50 de profondeur. Renouvelées tous les 15 ans.

    Presbytère ; il n´est pas celui antérieur à 1789. Il a été donné à la commune par Mlle Duard en 1819. L´intérieur a été restauré, l´extérieur laisse à désirer.

    Hospice avec un ouvroir, desservi par les sœurs de la sagesse de St Laurent, six sœurs, soixante lits pour malades, vieillards, orphelins, jeunes filles de l´ouvroir.

    École de la congrégation de la Mennais de Ploërmel. Sept frères, 250 enfants.

    École de sœurs. Congrégation de St Laurent et des ursulines de Jésus, de Chavagnes. Sept sœurs. Une école, un pensionnat, un asile, 300 enfants. L´asile seul est communal.

    Chapelle de Careil est dite vouée à St Mathieu.

  • Cahier de réunions du bureau de la fabrique de Saint-Aubin de Guérande, 11 novembre 1875 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 1 E).

    Délibération du conseil de fabrique : « Le président expose que la tempête qui sévit depuis deux jours à causé à l´église des dégâts considérables : que plusieurs clochetons sont en partie tombés, effondrant dans leur chute une partie du toit de la grande nef de l´église, que la couverture de l´église a beaucoup souffert et qu´il est à craindre qu´il n´arrive des accidents par la chute possible de matériaux soit dans la partie de l´église située près du clocher, soit sur la maison du sonneur de cloches dont les dépendances ont déjà été atteintes. Le bureau après en avoir délibéré est d´avis que les mesures à prendre au sujet du clocher et des clochetons qui en font partie incombent à la commune qui a fait construire le clocher en dehors de la fabrique ; que les réparations à faire à l´église par suite de la chute de plusieurs clochetons ne peuvent tomber à la charge de la fabrique ; que les autres réparations nécessitées par la tempête devront être faites le plus promptement possible aux frais de la fabrique ; que pour éviter qu´il n´arrive de déplorables accidents, le bas de l´église sera interdit au public et entouré d´une clôture, et que d´un autre côté, il sera fourni immédiatement et pendant tout le temps nécessaire, aux frais de la fabrique, au sonneur de cloches, un logement autre que celui qu´il occupe ».

  • Église Saint-Aubin, 29 novembre 1876 (Archives diocésaines de Nantes ; EVPAR, 69, Guérande, 6 D).

    Lettre du curé Plormel à l´évêque : Le 28 novembre 1876, à 18 heures 15, pendant la prière du soir, la flèche s´écroule, « entraînant avec elle dans sa chute, jusqu´à la base, une grande partie de la façade ». La « porte, si riche en sculptures, est à peu près anéantie ; le toit est brisé dans toute la partie qui touchait à l´entrée de l´église ». « La chute a eu lieu vers six heures du soir, par le temps le plus calme ; elle s´est faite en avant de l´édifice, en inclinant vers le nord ». « Nous n´avons heureusement à déplorer ni morts ni blessés. Une seule maison a été effondrée ; les personnes qui s´y trouvaient ont échappé comme miraculeusement à un grand danger ; les dégâts ne seront pas très considérables, on les répare. Les fonts baptismaux, avec un tableau d´une certaine valeur, sont ensevelis sous les décombres. L´architecte Bourgerel est venu, dès ce matin ; il a été effrayé en voyant notre pauvre église en cet état ; il a donné ses conseils, est reparti pour Nantes, et demain, il doit se retrouver à la préfecture avec M. de Pellan. Immédiatement, une cloison en planches va être construite pour nous mettre à couvert, et isoler les ouvriers des fidèles. La partie restaurée n´a point été atteinte, et nous pourrons y célébrer tous nos offices, en attendant une restauration complète qui, je le crains, se fera longtemps attendre ». « Les ouvriers sont à l´œuvre pour déblayer ; M. le maire y met une grande activité, et ne peut se consoler qu´en pensant à la possibilité de réparer un si grand désastre ». « J´avais nourri l´espoir d´une entière restauration et il m´est extrêmement pénible de voir s´éloigner mes espérances ».

  • Ministère de l´Instruction Publique et des Beaux-Arts, Direction des Beaux-Arts, Monuments Historiques, Département de la Loire-Inférieure, Église de Guérande, 6 décembre 1876 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; Archives, Restaurations diverses, 81/44/66/1).

    Monsieur le Ministre,

    Le 30 novembre dernier, le clocher élevé en 1874 sur le mur du portail de l´église de Guérande s´est écroulé, renversant le contrefort de gauche, le haut du mur ouest du bas-côté nord et détruisant la couverture et la charpente de la première travée de la nef. Des matériaux de la flèche lancés dans la direction du NO trouèrent le mur d´une maison et une partie de sa couverture. Heureusement, personne ne fut atteint.

    La commission des Monuments historiques et l´Administration des Cultes se ont toujours désintéressés du projet de construction de ce clocher.

    Au dire de M. le Maire de Guérande, il existerait même à la Préfecture de Nantes, une lettre ministérielle portant refus d´autoriser cette construction. Mais la municipalité n´eut pas connaissance de cette pièce. Elle fit procéder à l´adjudication des travaux, adjudication que la préfecture approuva.

    L´entreprise était achevée lorsqu´en décembre 1874, un ouragan renversa les quatre clochetons des angles et produisit un ébranlement dans les maçonneries nouvelles et dans celles de l´ancien mur du 15è siècle. Une commission de trois architectes, appelée à donner son avis sur la solidité du clocher et de la façade déclara, après examen, ne rien apercevoir d´inquiétant.

    Mais le conseil municipal, moins rassuré, crut devoir prendre des mesures de précaution et demander aux Beaux-Arts un secours en vue de réparer les dégâts.

    La commission décida qu´il n´y avait pas lieu d´intervenir dans une affaire de construction neuve. Elle fit bien, car son intervention lui eut fait attribuer une part de responsabilité dans l´écroulement qui vient d´avoir lieu.

    N´ayant été appelé à connaître ni le mode de construction du nouveau clocher, ni l´état de conservation du mur sur lequel on l´a monté, il me serait difficile, en présence des décombres amoncelés contre les deux faces du portail, de déterminer les causes de ce désastre.

    Il résulterait toutefois des renseignements fournis par M. le maire de Guérande que le mur du 15ème siècle, trop faible pour résister à la charge du nouveau clocher, avait fini par se lézarder d´une façon si alarmante (il y avait augmentation de 4 millim. Par jour dans l´ouverture des lézardes) que l´administration locale avait dû en exiger la démolition. Cette opération était commencée quand survint l´écroulement. Avait-on pris les mesures nécessaires pour le prévenir pendant que l´on démolissait ? M. le maire de Guérande affirme que non. Je n´ai pu constater son dire.

    Du reste, Votre administration n´a, à mon avis, pas plus de raison à intervenir, dans le cas présent, qu´elle n´est intervenue dans celui de l´édification du clocher.

    C´est affaire à décider entre la municipalité qui a commandé l´architecte directeur des travaux et l´entrepreneur quia exécuté.

    Heureusement, l´écroulement s´est fait dans la direction du nord-ouest, circonstance qui a sauvé la chaire extérieure ménagée dans le soubassement du contrefort de droite et l´escalier qui n´a point souffert. Les murs de nef touchant la façade, murs d´ailleurs déjà repris à diverses époques, n´ont été qu´ébrêchés à leurs sommets.

    L´église St Aubin de Guérande qui a subi ce désastre, ne manque pas d´intérêt.

    Son plan a la forme d´une croix latine terminée à l´orient par un mur droit. Des collatéraux bordent la nef et le chœur. Le bas-côté sud du chœur donne entrée à deux grandes chapelles carrées et à une petite salle basse de même forme. Un pilier à colonnettes occupe le milieu de cette salle et reçoit les retombées des arcs-doubleaux et diagonaux des quatre parties voûtées qui la recouvrent. Une seule chapelle s´ouvre dans le bas-côté nord et dans chacun des collatéraux de la nef près du transept.

    Élevé au 12ème siècle, ce monument a été durant les 13è et 15è siècles l´objet de modifications et de reconstructions considérables.

    À l´origine, il se composait de travées voûtées à plan carré sur la nef et les bas-côtés au moyen de piles intermédiaires posées entre les piliers principaux ; ceux-ci étaient composés de colonnes multiples, tandis que de grosses colonnes isolées formaient les piliers intermédiaires.

    Cette disposition que l´on retrouve dans la nef de la cathédrale du Mans et dans les églises du XIIème siècle des provinces de l´est, fut, dès le milieu du XIIIème siècle, profondément modifiée.

    Voulant donner plus d´élévation à l´édifice, les constructeurs de cette époque projetèrent de reporter les voûtes de la nef au sommet des murs. Supprimant les grandes voûtes à plan carré, ils transformèrent la partie haute des murs en triforium et disposèrent sur la face intérieure de ces murs des faisceaux de trois colonnettes engagées destinées à recevoir les retombées de voûtes. Celles-ci ne furent jamais construites, du moins il n´en subsiste pas de traces. Mais la position des faisceaux de colonnettes au droit de chacun des piliers du 12ème siècle prouve que les constructions d´alors abandonnaient dans la nef le système des voûtes à plan carré pour lui substituer celui des voûtes à plan barlong reproduisant la division de celle des collatéraux.

    Au 15ème siècle, on entreprit la reconstruction complète de cette église.

    S´appuyant sur la majeure partie des anciennes fondations, on éleva le chœur, le transept, la première travée de la nef à la suite, les chapelles et la façade principale.

    Une interruption subite des travaux empêcha l´éxécution des voûtes et préserva de la démolition les deux travées subsistantes de la nef du XIIème siècle, remaniées au XIIIème siècle, et les murs de leurs collatéraux avec les bancs en pierre qui en forment le soubassement et portent les bases des colonnes engagées qui soutenaient les voûtes du XIIème siècle.

    À défaut de voûtes en maçonnerie, l´église entière fut fermée, partie au moyen de plafonds en bois, partie en charpente apparente, portant berceaux en bardeaux.

    Puis, on remblaya le sol intérieur au niveau du sol extérieur.

    Depuis un vingtaine d´années, la fabrique de l´église St Aubin est parvenue à l´aide de souscriptions fournies par la population de Guérande, à déblayer et couvrir l´édifice, à réparer les piliers du 15ème siècle, à construire les voûtes du chœur et de ses bas-côtés, celles du transept et des chapelles.

    Aux fenêtres, on a restitué les meneaux détruits. La grande fenêtre à l´orient du chœur qui occupe presque toute la surface du mur droit absidal a été entièrement remontée à neuf et garnie de vitraux peints donnés par les fidèles.

    À l´extérieur, on a reconstruit plusieurs des arcs-boutants du chœur, réparé les maçonneries ruinées et rejointoyé les assises des parements.

    Ces divers ouvrages ont été exécutés en dehors de la direction de votre administration qui, avec raison, n´a voulu prendre aucune part à cette entreprise.

    L´ensemble de ces travaux, tout en laissant à désirer sur quelques points, notamment aux arcs surbaissés qui touchent au mur Est du chœur et présentent quelques disjonctions dans les maçonneries des arcs, a donné un résultat satisfaisant.

    Aujourd’hui, les constructions du 15ème siècle, les seules restaurées, ont repris leur importance, et le service du culte a pu être réinstallé d´une façon décente.

    On doit regretter que la consolidation de la face occidentale et la construction du clocher écoulé aient été moins bien traitées.

    Faute de ressources suffisantes, la restauration de la porte du midi, des pignons du transept, des balustrades et d´une partie des corniches supérieures, a été négligée.

    Quant à ce qui subsiste de la nef du XIIème siècle, on n´y a pas touché. C´est, au surplus, aujourd’hui la seule partie de l´église Saint-Aubin qui intéresse le service des Monuments et méritant que votre administration s´occupe de sa conservation.

    Comme il a été dit plus haut, la disposition des travées et de leurs piliers n´est pas ordinaire ; puis les chapiteaux en granit offrent des sculptures intéressantes tant au point de vue de la composition des sujets qu´à celui de la vérité avec laquelle sont exécutés les scènes qu´ils représentent.

    Parmi ces sujets sculptés seulement sur les chapiteaux des piliers nord, on remarque une chasse, un bateleur marchant sur les mains au son des cimbales et du violon ; des griffons ; St Laurent sur le gril ; un personnage couché sur le tour d´une roue et scié en long par deux individus.

    Les chapiteaux des piliers sud sont décorés de chevrons et de crochets.

    Ce reste de construction du XIIè siècle a passablement souffert des modifications apportées au XIIIème siècle à sa disposition première. Les murs sont lézardés, le triforium manque dans le mur méridional de la première travée ; les assises des piliers d´angle qui se lient à la face ouest sont fendues et déliaisonnées ; les piliers intermédiaires des anciennes travées ont perdu leur aplomb ; enfin, il n´existe plus ni voûtes, ni colonnes engagées dans les collatéraux.

    M. le maire de Guérande ayant demandé à l´architecte diocésain de Nantes de rédiger un projet de restauration de cette partie de l´église St Aubin, je pense qu´avant de charger un des architectes attachés à votre service d´étudier cette question, il faut attendre que la commission ait été saisie de l´examen du projet commandé par M. le maire de Guérande.

  • Lettre du préfet au ministre, 3 novembre 1880 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; Archives, Restaurations diverses, 81/44/66/1).

    « L´église réduite d´un tiers est très insuffisante ; la cloison de planches qui la termine provisoirement laisse passage à l´air et pourrait donner lieu à de graves inconvénients pendant l´hiver qui commence. D´un autre côté, les murs ébranlés, restant encore debout, menaçant ruine et présentant un danger réel pour les habitants. Cf registre des délibérations du conseil municipal de Guérande le 17 octobre 1880.

  • Rapport de la commission par M. Lisch sur un projet de restauration, 2 février 1883 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; Archives, Restaurations diverses, 81/44/66/1).

    Le projet de restauration de l´église de Saint-Aubin a déjà été plusieurs fois soumis à l´examen de la commission des monuments historiques, et notamment dans la séance du 28 mai 1881. Nous avions l´honneur à cette époque de faire remarquer à la commission que la première subvention demandée qui s´élevait à 3350 f où se trouvait subitement transformée en une demande de secours de 28 000 f sans qu´aucun devis fut produit comme justification de ce supplément de dépense ; nous ajoutions que le projet approuvé demandait la substitution d´une charpente apparente avec voussure lambrissée aux voûtes en tufeau prévues au devis, et que cette modification devait apporter une économie assez sensible sur l´estimation générale. Pour répondre à ces observations, M. l´architecte déclare que la tourelle de l´escalier donnant sur la façade ne peut être conservée, ce qui produit une dépense de 11585 f, que la construction des voûtes s´élève à 18200 f. Ce qui à son avis lui semble justifier d´une façon suffisante la demande d´un nouveau secours de 28 000 f. Nous ne supposons pas que la commission des monuments historiques partage cette manière de voir, et si la reconstruction de la tourelle peut à la rigueur motiver l´allocation d´un secours, nous pensons qu´il ne doit être accordé qu´à la condition expresse que les instructions données à M. l´architecte seront rigoureusement suivies, c'est-à-dire que les voûtes en tufeau ne seront point exécutées et que la charpente en bois existant déjà dans une partie de l´église sera continuée, avec voussure lambrissée.

  • Lettre de Déverin au ministère de l´instruction publique et des Beaux-arts, 2 janvier 1900 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; Archives, 81/44/66/1).

    Longue fissure à l´angle intérieur du transept nord de l´église. Témoins brisés. Lors de la reprise des voûtes faite, je crois, il y a une trentaine d´années, la liaison avec l´angle du contrefort a été exécutée fort sommairement, et par manque de cohésion, il s´est produit sur ce point une rupture dans les maçonneries. Dissimulée derrière un autel moderne, la crevasse a pu rester peu visible pendant longtemps ; mais s´étant accentuée, peu à peu, elle s´est enfin étendue sur toute la hauteur (1500 environ). Contrefort dissocié de la voûte, donc fau chaînage. + raccords de couverture et rétablissement balustrade voisine [ci-joint un schéma explicatif].

  • Lettre de l´architecte en chef des monuments historiques Haubold au directeur des Beaux-arts, 18 mars 1920 (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; Archives, 81/44/66/1).

    Le 5 décembre dernier, le préfet de Loire Inférieure autorise l´érection, dans l´église de Guérande, du monument aux morts de la guerre. Le sculpteur, M. F. Ferraud (Ferrand ?), 20 rue Fouré à Nantes, chargé de l´exécution de ce projet, ne peut commencer son travail, la pierre de Lavoux qu´il a commandée ne pouvant pas être transportée du fait de la crise des transports. Je vous serais très obligé si vous pouviez intervenir auprès du directeur de la Cie du chemin de fer Paris Orléans pour qu´il fasse mettre un wagon à la disposition de la maison Livet et Pommier de Poitiers. Cette maison doit faire expédier la pierre en gare de Jardres, près Angoulême, à un entrepositaire de Nantes, mme veuve Loiret, quai de fort-Maillard, pour M. Ferraud (Ferrand ?), sculpteur.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. Archives, Restaurations diverses, 81/44/66/1. « Divers » en fin de dossier (1852-1888).

  • DRAC des Pays de la Loire, Conservation régionale des monuments historiques. Collégiale Saint-Aubin de Guérande.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 13. Déclaration de 1678.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. B 1511.

    f° 1925.
  • Archives départementales de Loire-Atlantique. G 297 à 307. Fonds collégiale de Guérande.

  • Archives départementales de Loire-Atlantique. 2 O 628. Réparations de la collégiale.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, Guérande, 2 A.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 2 B.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 7 C. Règlement pour la confrérie du très saint sacrement et du sacré cœur de Jésus. 20 juin 1889.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 6 D. Église Saint-Aubin.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 1 E.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 8 E.

  • Archives diocésaines de Nantes. EVPAR, 69, Guérande, 6 F. Lettre du curé Litoust à l´évêque. 8 juin 1833.

Documents figurés
  • Église collégiale de Saint-Aubin de Guérande ; monographie avant les premiers travaux de restauration. 17 planches, Gustave Bourgerel, 1859.

  • Croquis de la façade occidentale de la collégiale de Guérande, légendé : VUË DE L'EGLISE COLLEGIALE DE GUERRANDE DU CÔTÉ DU COUCHANT. Sans date, échelle en pieds (Archives communales de Guérande).

    s.p.
  • Croquis de la façade occidentale de la collégiale Saint-Aubin de Guérande, anonyme, sans date, légendé : VUE DE L'EGLISE COLLEGIALE DE GUERRANDE DU CÔTÉ DU COUCHANT (Musée de Guérande).

    s.p.
  • Croquis de la façade sud de la collégiale Saint-Aubin de Guérande, anonyme, sans date, légendé dans le cartouche de gauche : VUE DE L'EGLISE COLLEGIALE DE GUÉRANDE DU CÔTÉ DU MIDI ; légendé autour de deux lions dressés portant le blason couronné de la ville de Guérande à 20 hermines en pointe : L'EGLISE & LE CHAPITRE DE St AUBIN DE GUÉRANDE FURENT FONDÉS PAR St SALOMON ROY DE BRETAGNE EN 857 ; légendé dans le cartouche de droite : L'EGLISE ET LE CHAPITRE DE St AUBIN DE GUÉRANDE FURENT FONDÉS PA[sic] St SALOMON DE BRETAGNE (Musée de Guérande).

    s.p
  • Photographie ancienne de l'écroulement de la façade occidentale de la collégiale Saint-Aubin de Guérande intervenu le 28 novembre 1876 (Musée de Guérande).

  • Croquis de la façade occidentale de la collégiale Saint-Aubin de Guérande [copié sur un original signé par Juste Fruchard et daté de 1839, publié par Fernand Guériff. La collégiale Saint-Aubin de Guérande. Jean-Marie Pierre éd., Le Pouliguen, 1985, p. 7] (Musée de Guérande).

    s.p
  • Développement d'un Chapiteau de Granit à St Aubin de Guérande. Signé : Stéphen Martin lith 1845 ; Lith : de Thierry Frères ; Gaucherel del. (TAYLOR J., NODIER Ch., DE CAILLEUX, A. Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Paris, Firmin Didot frères impr., vol. 1, 1845, sans page).

    s.p.
  • St Aubin à Guérande ; Rouargue frères del. & sc. (TOUCHARD-LAFOSSE, G. La Loire historique pittoresque et biographique de la source de ce fleuve a son embouchure dans l'océan. Lecesne éd., vol. 5, Tours, 1851.).

    p. 368-369.
  • Album vendéen, 72. Guérande. Signé : T. Drake del ; Imp Lemercier Paris ; Daniaud lith ; Lainé Frères Editeurs à Angers (LEMARCHAND, Albert. Album vendéen. Illustration des histoires de la Vendée militaire. Editions Les Sillons du Temps, impr. Leostic, 1989, Menthon-Saint-Bernard. Reédition de l'ouvrage du même nom, Angers, impr. et libr. Lainé frères, éditeurs, 1856.).

    p. 290.
Bibliographie
  • BOCERET, E. de. Les établissements hospitaliers et religieux de Guérande. Revue historique de l´ouest, décembre 1895.

  • BROUSSILLON, Bertrand de. Cartulaire de l´abbaye de Saint-Aubin d´Angers. Paris, Picard, 1903, t. 2.

    p. 396.
  • COURSON, Aurélien de (éd.). Cartulaire de l´abbaye Saint-Sauveur de Redon (797-1344). Paris, Impr. Impériale, 1863.

  • DEVALS, Christophe. Guérande - Place de la Psalette et rue des Lauriers, rapport de fouille, 2007.

  • DESMARS, J. La presqu'île guérandaise et les bains de mer de la côte. Saint-Nazaire, Pornichet, Le Pouliguen, Le Bourg-de-Batz, Le Croisic, La Turballe, PiriacGuide du touriste. Redon, L. Guihaire libraire, 1869.

    p. 124.
  • GALLICÉ, Alain. Guérande au Moyen Âge. Guérande, Le Croisic, le pays guérandais du milieu du XIVe au milieu du XVIe siècle. Presses universitaires de Rennes, 2005.

    p. 179-186.
  • GRÉGOIRE, P. État du diocèse de Nantes en 1790. Nantes, 1882.

    p. 235.
  • GUÉRIFF, Fernand. La collégiale Saint-Aubin de Guérande. Le Pouliguen, 1985.

    p. 31-37.
  • GUÉRIFF, Fernand. L´énigme de Granonna. Cahier des Amis de Guérande, n° 25, 1979.

    p. 18.
  • INQUELLO, Pascale. Étude architecturale de la collégiale Saint-Aubin à partir du milieu du 13e siècle, t. 1 et 2, mémoire de maîtrise d´histoire de l´art, université de Paris IV (Sorbonne), 1995.

  • LEROUX, Alcide. Notice sur les travaux de M. Bourgerel. Nantes, Mme Vve Camille Mellinet, 1883.

    p. 3-27.
  • QUILGARS, Henri. À travers la ville de Guérande, guide historique et archéologique contenant un plan de la ville. Nantes, librairie Durance, 1913.

    p. 21.
  • QUILGARS, Henri. L´église Saint-Aubin de Guérande, ses origines, ses institutions. Revue de Bretagne et Vendée, Vannes, t. XXXIII, avril 1905, p. 298-312 ; juin 1905, p. 385-397 ; juillet 1905, p. 49-65 : n. 4, p. 308.

  • MAILLART, Émilien. L´art à Nantes au XIXème siècle, Bourgerel.

    p. 262-264.
  • MAÎTRE, Léon. Les origines du temporel des évêques de Nantes et de la collégiale Saint-Aubin à Guérande. Bulletin archéologique de l´association bretonne, t. 18, 1900.

    p. 176-179.
  • MARCHERAY, Paul. Documents inédits. Bulletin de la société archéologique et archéologique de Nantes et de Loire Inférieure, t. 1, 1859-1861.

    p. 135-136.
  • MORICE, Hyacinthe Dom. Mémoires pour servir de preuves à l´histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, t. 1. Paris, éditions du palais royal, réimp. 1974.

  • PREVEL, L. Notice biographique sur Gustave-Benjamin-Alexandre Le Prévost-Bourgerel, architecte. Nantes, imp. V. Forest, E. Grimaud, 1883.

    p. 5-12.
  • RUSSON, J.-B. La collégiale Saint-Aubin de Guérande. Nantes, 1938.

    p. 6.
  • SÉCILLON, Marquis de. La première entrée des évêques de Nantes dans la ville de Guérande. Bulletin de la société archéologique de Nantes et de Loire Inférieure, t. 23, 1884.

    p. 191-199.
  • TRAVERS, Nicolas. Histoire manuscrite des évêques de Nantes.

    p. 157.
  • VIAUD-GRAND-MARAIS, Dr. André Commard de Puylorson, chanoine de la collégiale Saint-Aubin de Guérande, premier historien de Noirmoutier (1710-1769). Revue du Bas-Poitou, Vannes, 1897.

    p. 14-15.
  • Procès-verbal de la séance du 2 mai 1849. Bulletin de la société archéologique de Nantes, 1859-1861.

    p. 321.
  • Abrégé de la vie, des œuvres et des vertus de Pierre-Augustin Cornu, curé de Guérande depuis le 7 avril 1829 jusqu´au 24 mai 1833. Nantes, 1877.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Ville de Guérande - Vincent Gil - Dufrêche Frédéric
Frédéric Dufrêche

Société Atemporelle.


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